PRINCIPAUX FACIÈS BU TERRAIN JURASSIQUE DANS LE JURA
axe calcaire massif ou branchu^ résistant au choc des vagues et dont les genres vivants^ tels que les agaricies, les astrées^ les oculines^ les caryophyllées^ etc.^ construisent encore de nos jours^ dans les mers intertropicales^ les bancs et les récifs coralliens si dangereux aux navires. Ces polypiers sont toujours accompagnés d'autres organismes^ habituels aux récifs coralliens^ qui paraissent se plaire dans les eaux continuellement agitées et renouvelées; ceux-ci sont constitués de manière à résister au choc des vagues^ les uns étant inébranlablement fixés au sol; les autres étant doués d'une structure très élastique qui leur permet de fléchir devant Timpétuosilé des vagues pour se relever ensuite. On y rencontre encore, comme caractéristiques, les divers crinoîdes qui sont soutenus par une longue tige flexible et qui se cramponnent presque tous au sol sous marin par une base large et ramifiée. Les écbinides, surtout ceux à coquille spbéroîdale et à disque aplati, composés d'une multitude de plaquettes épaisses, engrenées les unes dans les autres, et tout à fait propres à amortir les chocs, y abondent en espèces fort variées, appartenant aux genres CidariSy Diadema, Clypeaster. Les spatangoides à coquille mince y manquent presque entièrement. On remarque, parmi les acéphales , des genres dont un grand nombre se fixent solidement au sol et aux autres corps immobiles. Dans ce cas sont les huîtres et les spondyles, à base d'attache large, et à coquille fortement plissée ou dentelée, pourvue d'éminences multiples , crochues , aptes à embrasser de près les divers objets gisant au fond de la mer. D'autres, à coquille plus faible, se logeaient dans des cavités accidentelles ou creusées par eux dans les corps les plus durs et les plus résistants; ce sont les Arca et les genres perforants. D'autres se garantissaient contre les iiyures des vagues, soit en se cachant dans les endroits plus
vaseux et abrités par les coraux et les crinoïdes^ comme «les astartes et leurs analogues^ soit par un développement excessif de la masse calcaire de leur coquille^ comme les trichites, les chamacées, les pernes, etc. D'autres^ enOn^ éludaient les efforts destructeurs de l'océan par Textréme élasticité de leur coquille, tels que les peignes^ les limes et les térébratules, ces dernières étant en outre soutenues par une forte attache ligamenteuse. Les gastéropodes du faciès corallien possèdent des propriétés identiques avec celles des lamellibranches : on y distingue surtout des Turbo, des Trochies, des plcurolomaires, certaines nérinées. Les crustacés^ sans être fréquents, ne manquent cependant pas, surtout ceux qui se rapprochent des pagures et dont on ne trouve guère que les fortes pinces. Les céphalopodes^ au contraire^ et les poissons sont rares; les reptiles paraissent manquer totalement ou ne s'y trouvent qu'accidentellement. Les serpules incrustent abondamment tous les corps soit organiques^ soit inorganiques. Un caractère très important et^ pour ainsi dire^ universel de tous les organismes du faciès corallien^ c'est d'être^ en général, munis d'un test souvent énormément épais, et toujours fortement accidenté par des côtes, des stries^ des piquants^ des nœuds et autres ornements qui leur donnent une physionomie toute particulière.
Les roches de nature vaseuse, telles que les marnes^ les argiles^ les sables terreux, etc., forment un second faciès principal, non moins important que celui dont il vient d'être question, et occupent, dans le Jura, une étendue plus grande que la sienne : c'est le faciès vaseux. On n'y voit presque point de coraux, si ce n'est quelques espèces spongieuses, incrustantes et généralement sans base fixe bien apparente ou à base très faible lorsqu'elle existe. Les échinides le sont un peu moins, surtout les vrais Bchinus et les genres voisins. Les spa-