‹ Prodrome de géologieChapitre 46 sur 170 · TRANSFORMATION DU LIGNEUX EN ACIDE ULMIQUE. \A · texte numérisé non relu

TRANSFORMATION DU LIGNEUX EN ACIDE ULMIQUE. \A

décomposition des matières organiques s'opère dans un milieu saturé d'humidité^ sous une pression qui s'oppose à la dissociation des éléments dont elles se composent. En plaçant dans ces conditions de la sciure de bois de diverses natures , l'auteur de l'expérience a obtenu des produits dont l'aspect et toutes les propriétés rappellent tantôt les bouilles brillantes^ tantôt les houilles ternes. Ces différences tiennent d'ailleurs soit aux conditions de l'expérience^ soit à la nature même du bois employé. Des tiges et des feuilles de plantes couchées entre les lits d'argile laissent dans les mêmes circonstances un enduit charbonneux et des empreintes tout à fait comparables à celles des schistes houillers.

vramsf«rmadon, dans la naforc, da ligneux en liamns et en acide

■tiitf«ac. — Le bois , mis à l'abri du contact de l'humidité^ se conserve pendant très longtemps , ainsi que nous pouvons en jnger par les meubles de nos appartements. Mais ces conditions exceptionnelles de conservation ne persistent pas indéfiniment. Tôt ou tard Je bois finit par être placé sous l'influence de l'air humide; c'est ce qui a lieu dans les forêts et à la surface du sol dès qu'un végétal a cessé d'exister. Les débris de végétaux se décomposent ; une partie de leurs éléments retourne dans l'atmosphère à l'état gazeux; le ligneux lui même disparait en se combinant avec l'oxygène de l'air et en passant, par suite d'une combustion lente , à l'état d'acide carbonique.

f Tous les végétaux , dès qu'ils cessent de vivre , sont sujets à deux espèces de décomf)osition dont l'une porte le nom de «fermentation i>, et l'autre celui de a pourriture » ou de a cornbastion lente»; par cette dernière, les parties combustibles du corps en décomposition se combinent avec l'oxygène de l'air. Le ligneux^ cette partie essentielle des végétaux^ présente dans sa

pourriture un phénomène particulier : c'est qu^au contact de Toxygène ou de Tair, il convertit Toxygène en un volume égal d'acide carbonique : dès que Toxygène disparaît , la pourriture s'arrête. Si on enlève cet acide carbonique ^ et qu'on le remplace par de l'oxygène , la pourriture s'établit de nouveau , et peu à peu cet oxygène est à son tour remplacé par de l'acide carbonique. Puisque le ligneux se compose de carbone et des éléments de l'eau , on peut dire^ d'une manière générale, que sa pourriture est identique dans ses résultats avec la combustion du carbone pur à des températures fort élevées : ainsi, le ligneux se comporte, en brûlant lentement, comme si ni son hydrogène ni son oxygène ne se trouvaient combinés avec du carbone. L'accomplissement de ce phénomène de combustion exige un temps fort long ; la présence de l'eau en est également une condition indispensable. Les alcalis en favorisent les progrès, les acides les entravent; toutes les matières antiseptiques, l'acide sulfureux, les sels mercuriels, les huiles empyreumatiques, etc., les arrêtent entièrement, d (Liebig.)

La décomposition du ligneux et sa transformation partielle en eau et en acide carbonique au contact de l'oxygène de l'air sont un cas particulier d'un phénomène plus général qui s'accomplit autour du globe. En vertu de ce phénomène, les subs* tances mises en relation avec l'atmosphère tendent toujours à s'oxyder; la présence de l'eau rend cette oxydation plus rapide, ainsi que le fer, se transformant en rouille , nous eu montre un exemple. Cette oxydation se fait même sentir sur les combustibles fossiles placés au contact de l'air atmosphérique; elle a notamment pour effet l'amincissement des bancs de houille sur toute l'étendue de leurs affleurements.

L'oxydation des végétaux a pour résultat la formation de Vhumus sur lequel l'oxygène n'exerce plus qu'une influence

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