‹ Prodrome de géologieChapitre 62 sur 170 · TEMPS NÉCESSAIRB A LA FORMATION DU COMBUSTIBLE · texte numérisé non relu

TEMPS NÉCESSAIRB A LA FORMATION DU COMBUSTIBLE

Dans les bassins hcuillers du midi. de la France/quelques couches de liotiille ont jusqu'à trente mètres d'épaisseur et^ d'après ce qui précède^ leur formation aurait exigé une durée de près de 200000 ans. Or^ la production d'une couche de combustible est un phénomène essentiellement continu : pendant toute sa durée , aucune modification ne doit être apportée à la constitution générale de la contrée où il se manifeste; il est peu probable qu'il en ait été ainsi durant un intervalle de 200000 ans dans les localités où se formaient les couches auxquelles je viens de faire allusion. En réalité^ le nombre 6660 ans qui a été indiqué pour représenter le temps qu'a exigé la formation d'une couche de houille d'un mètre d'épaisseur est trop fort. Pour l'adopter sans réserve , il fau'drait oublier que les végétaux dont se composaient les forêts de la période houillère étaient acrogènes et qu'en pressant les unes contre les autres leurs tiges droites et élancées^ ils déterminaient des masses de bois bien plus considérables que celles de nos futaies actuelles ; il faudrait oublier aussi que la yégétation de cette période était bien plus vigoureuse qu'elle ne l'est actuellement dans les régions de la zone tempérée-^ et que les sigillaires^ formées d'un tissu peu dense, avaient une croissance plus rapide que celle des chênes et des h6fa*es de notre époque.

D'ailleurs^ comment admettre qu'une couche de houille d'un mètre d'épaisseur ait nécessité pour sa formation plus de six mille ans , lorsqu'on sait qu'un siècle suffit pour que des plantes aussi humbles que les mousses produisent un banc de tourbe ayant trois mètres de puissance. Une pareille disproportion ne saurait s'expliquer quelle que soit la diminution de volume que la tourbe éprouve par suite de la pression et d'une carbonisation plus complète. Nous pensons que 500 ans ont

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largement suffi à la production d'une couche de houille d'un mètre d'épaisseur; cette manière de voir revient à reconnaître que chaque génération de sigillaires avait une durée de 50 aus^ et que chacune d'elles déterminait une nappe d'un décimètre d'épaisseur par l'accumulation des racines stigmariées, des troncs d'arbres et des plantes croissant entre les sigillaires.

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— Lorsque notre planète se trouvait encore à l'état nébuleux, l'hydrogène et le carbone, alors dissociés, occupaient chacun une zone distincte. Mais, dès que la température a commencé à s'abaisser, les diverses substances ont pu se combiner entre elles; le carbone et l'hydrogène ont donné origine, sous la seule influence des forces physiques, à des composés de divers ordres. Il a dû se former alors des masses considérables d'hydrocarbures qui ont été retenues prisonnières au dessous de l'écorce terrestre primitive, absolument comme toutes les substances qui plus tard devaient, grâce à l'action geysérienne, revenir à la sijrface du globe et contribuer à l'édification du^ masses sédimentaires. Telle est, selon nous, l'origine de l'huile de pétrole formant de vastes nappes souterraines dans l'Amerique septentrionale et d'autres contrées. Aussi, avons-nous considéré les accumulations de substances hydrocarbonées qui existent dans les strates sédimentaires à l'état gazeux , liquide ou solide, comme un cas particulicT du phénomène général désigné sous le nom d'action geyséricnne.

En outre des hydrocarbures d'origine inorganique dont la formation remonte aux temps cosmiques, les terrains sédimentaires se montrent pénétrés de ceux qui naissent journellement dans les foyers volcaniques. Dans ces foyers se continuent, mais sur une plus petite échelle, les réactions chimiques qui

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ooteu liea lorsque toute la masse du globe, encore dépourvue d'enveloppe solide, se trouvait à Tétat incandescent.

Contrairemeot à ce que nous avons constaté pour la houille et h tourbe, il n'existe pour les substances bydrocarbonées aucune relation entre leur âge et leurs caractères pbysiques oa chimiques. Les variations qu'elles présentent quant à leurs difere caractères sont indépendantes des terrains où elles se rencontrent; toutes les formations , depuis les plus anciennes jusqu'aux plus modernes, en possèdent des gisements. Les phénomènes qui leur ont donné naissance se manifestent iudistinctement sous toutes les latitudes, depuis les régions circumpolaires jusqu'à Téquateur; aussi ne devons-nous pas 00U8 étonner s'il n'est pas possible de reconnaître la moindre relation entre la nature des substances hydrocarbonées et leur DXNle de distribution géographique.

■»wmia» gtosiaie «m eooikwiAict foiêiiM. — Tx>rsque les premières roches sédimentaires se sont déposées, la vie n'existait pas encore à la surface du globe, et c'est cette absence de tout tire organisé qui nous a fait considérer les roches carbonées appartenant aux terrains granitique et stratocristallin comme ayantune origine non organique. Les roches carbonées spéciales aces terrains sont le diamant et le graphite. Ces terrains renferment aussi, comme tous ceux qui entrent dans la composition de récorce terrestre, des hydrocarbures. Quelquefois, le quartz du granité présente lui même des traces de ces substances ; certaines variétés de quartz ont une odeur empyreumatique que Ton explique par le mélange intime dans sa masse d'une matière bitumineuse; d'autres sont criblées de caTités très petites contenant deux liquides dont on a pu consteter la nature oléagineuse.

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A mesure que Ton s'élèye dans la série des terrains sédimentaires , on Toit quelques roches prendre une nuance noirfttre et se pénétrer de carbone^ comme les schistes ampéliliques, ou de matières bitumineuses, comme les calcaires fétides. On doit considérer ce carbone et ces matières bitumineuses comme ayant pu avoir une origine organique à dater du moment où les êtres organisés ont commencée habiter la surface du globe ; nous verrons^ dans un des chapitres suivants^ qirii n'est pas impossible que des êtres d'une organisation très simple aient yécu dans les eaux de l'océan pendant la période neptunienne que nous désignons aussi , peut-être à tort . sous le nom de période azoîque.

Dans l'état actuel de nos connaissances^ c'est au terrain silurien qu'il faut rattacher les amas de combustibles fossiles les plus anciens que l'on connaisse. Ces amas existent notamment en Portugal et en Bohême ; le combustible y est à Vélat d'anthracite^ ainsi que dans les gisements de la Loire Inférieure, qui appartiennent au terrain dévonien et dans ceux du département de la Loire et de Sablé, qui dépendent du terrain carbonifère.

On peut dire que la période trilobitique est celle de l'anthracite. Pourtant le combustible placé à la partie inférieure de certains bassins houiliers offre (quelquefois le caractère d'anthracite. Il en est de même pour le combustible qui existe dans les Alpes et les AUeghanys. Le combustible du massif alpin est, en effet, anthraciteuxi et les recherches faites pendant ces dernières années ont démontré , d'une manière incontestable, que les strates où il a son gisement appartiennent bien au terrain houiller et non , comme plusieurs géologues l'ont soutenu jusqu'à présent, au terrain jurassique. Quand on s'éloigne des Alpes pour se rapprocher du centre de la France, on voit le

BiPlRimON OtniRALB DBS COMBUflTIBLBS FOSSILES. ÎI5

ont eu lien lorsque toute la masse du globe, encore dépourvue d'enveloppe solide, se trouvait à Tétat incandescent.

Contrairement à ce que nous avons constaté pour la houille et la tourbe, il n'existe pour les substances bydrocarbonées aucune relation entre leur âge et leurs caractères physiques ou chimiques. Les variations qu'elles présentent quant à leurs divers caractères sont indépendantes des terrains où elles se rencontrent; toutes les formations, depuis les plus anciennes jusqu'aux plus modernes, en possèdent des gisements. Les phénomènes qui leur ont donné naissance se manifestent indistinctement sous toutes les latitudes, depuis les régions circumpolaires jusqu'à l'équateur; aussi ne devons-nous pas nous étonner s'il n'est pas possible de reconnaître la moindre relation entre la nature des substances hydrocarbonées et leur mode de distribution géographique.

. — liOrsque les premières roches sédimentaires se sont déposées, la vie n'existait pas encore à la surface du globe, et c'est cette absence de tout être organisé qui nous a fait considérer les roches carbonées appartenant aux terrains granitique et stratocristallin comme ayantune origine non organique. Les roches carbonées spéciales à ces terrains sont le diamant et le graphite. Ces terrains renterment aussi, comme tous ceux qui entrent dans la composition de l'écorce terrestre, des hydrocarbures. Quelquefois, le quartz du granité présente lui même des traces de ces substances ; certaines variétés de quartz ont une odeur empyreumatique que l'on explique par le mélange intime dans sa masse d'une matière bitumineuse; d'autres sont criblées de caVités très petites contenant deux liquides dont on a pu constater la nature oléagineuse.

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houille^ puisque cette période est la seule pendant laqurile ce combustible s'est formé. Le lecteur trouTera Ténumératton des principaux bassins bouillers dans la partie de cet ouvrage où il sera question du terrain bouiller considéré au point de vue de la géologie systématique.

Toutes les formations comprises entre les terrains permien et miocène inclusivement renferment des gisements de lignite et ne possèdent pas d'autre combustible que cetui-là.

Dans le terrain pliocène se trouvent également des dépôts de combustible; mais le ligneux^ du moins pour les dépôts actuellement émergés, n'y a encore subi qu'une transformation incomplète.

J'ai déjà dit que la tourbe est un combustible spécial aux temps modernes; mais il s'est aussi formé pendant l'ère jovienne et il se forme encore , par voie de charriage , des amas de combustible qui sont cacbés au fond des lacs et des mers.

Les conditions climatologiques exercent une grande influence sur la production des combustibles qui s'accumulent sur place; aussi avons-nous constaté que la bouille et la tourbe n'étaient pas distribuées au basard sur la surface du globe et qu'elles étaient concentrées dans une zone se maintenant à peu près à égale distance de l'équateur et des pôles. Il n'en est pas de même pour le lignite et , en général , pour tous les combustibles formés par voie de charriage. En effets ces combustibles trouvent toujours au fond de la mer une température asseï basse pour que leur carbonisation naturelle puisse s'effectuer. C'est pour cela que les gisements de lignite existent sous toutes les latitudes et se rencontrent dans le voisinage des régions polaires de même qu'entre les tropiques.

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