‹ Prodrome de géologieChapitre 73 sur 170 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

CAUSKS DB l'apparition ET DE LA DISPARITION DES ESPÈCES.

Considérations préliminaires. *- Faunes et flores successives; première idée des races perdues; Cuvier. — Recherche des causes qui ont déterminé l'apparition de chaque espèce. — Hypothèse d'une intervention des masses sidérales. ~ Hypothèse d'un centre de création unique et préexistant. — Hypothèse de la transmutation des espèces; soHdarité existant entre cette hypothèse et la doctrine des générations spontanées. — Théories de Lamarck, des deux Geoffroy Saint Hilairo et de Darwin. — Causes qui ont amené la disparition des espèces; causes accidentelles, causes essentielles. — Impossibilité de trouver la raison d'être des rénovations organiques. — L'espèce au point de vue géologique.

Chaque science présente des faits dont on ne peut guère s'expliquer la nature ou la raison d'être. Mon atleniion va se porter successiveinent sur divers problèmes qui , dans Tétat actuel de nos connaissances^ ne me paraissent pas susceptibles de recevoir une interprétation ou une réponse satisfaisantes. Qu'est-ce que l'espèce? Dans quelle limite une forme organique quelconque peut-elle se motlifier après un nombre plus ou moins grand de siècles ou d'années? Quelles sont les causes qui ont amené l'apparition et la disparition des êtres^ organisés à la surface du globe? Quelle est l'essence des lois qui ont présidé à l'ordre de succession des faunes et des flores? A mesure que ces questions se présenteront à mon examen , je me bornerai à émettre en peu de mots ma manière de voir. Je serai aussi sobre que possible dans les déductions que je tirerai

de Topinion que j'aurai choisie. Je n'aurai pas toujours la prétention d'imposer mon avis à tous mes lecteurs; si j'emploie quehjuefois le ton dogoiatiqne, ce sera afin de ne pas entrer dans des détails que la nature et l'étendue de cet ouvrage ne comportent pas. J'espère d'ailleurs qu'on ne verra pas, dans le soin que je mettrai à ne pas trop prendre part aux controverses qui se sont élevées dans ces derniers temps , ni le témoignage d'une antipathie pour toute discussion scieiitiGque, ni surtout un manque d'estime pour les savants dont je ne partage pas les idées , tout en appréciant beaucoup leurs travaux.

vannei et flores raccesslves : première Idée des races perdues. — La

puissance vitale réside dans les individus existant de nos jours; c'est un dépôt qu'ils ont reçu de leurs ascendants et qu'ils doivent transmettre à d'autres individus destines à leur succéder. Si, par la pensée , on remonte vers les temps anciens , on peut supposer un parent au début de chaque série constituée par les êtres issus les uns des autres , quelle que soit l'étendue que l'on accorde à cette série. En se maintenant dans cet ordre d'idées, on n'éprouve aucun embarras à adopter l'hypothèse de l'éternité des formes organiques ; le problème de la recherche des causes qui ont amené l'apparition de chaque espèce n'offre plus qu'une importance secondaire. Mais la géologie nous démontre que la faune qui anime la surface du globe ne l'a pas toujours habitée; elle nous prouve que les espèces actuelles existent depuis peu et qu'en prenant possession de notre planète, elles ont remplacé d'autres espèces qui avaient elles mêmes succédé à des espèces également disparues.

Si l'on étudie la faune d'une époque quelconque B, on voit qu'elle se compose de trois éléments : urt premier groupe

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