TROISIÈME FAMILLE
CARACTÈRES ESSENTIELS. Serpents Aglyphodontes, dont le dessus et les côtés du corps sont revétus, au lieu d’écailles, de tubercules granulés, enchässés ou sertis dans la peau ; sans grandes plaques symétriques sur le vertex, qui est couvert, ainsi que la gorge, de très-petits tubercules.
Ce groupe, des plus singuliers dans l’ordre des Ophidiens en général, et surtout parmi les espèces du sous-ordre dont tous les crochets dentaires sont sans cannelure, ne comprend jusqu'ici que trois espèces. Cependant elles diffèrent tellement entre elles, comme on le verra, qu’il a été nécessaire d’en fornter autant de genres distincts, qui se rapprochent sous d’autres points de vue. En effet, leur conformation et leurs habitudes, dépendant du lieu de leur séjour, sont tout autres. Les uns sont des Serpents terrestres, voisins des Boas; d’autres, par leurs habitudes, se rapprochent des Serpents venimeux qui se trouvent ordinairement dans la mer ou dans les lacs. Commeil y a peu d'espèces, nous ne croyons pas devoir présenter ici le moyen analytique qui les fait distinguer.
L'un d’eux, et c’est le seul qui présente cette particularité, quoique ayant le dos, la tête et les flancs garnis seulement de tubercules carénés comme certains Sauriens, a le ventre
(1) Ce nom, qui indique des verrues ou des tubercules de la peau, est emprunté de l’expression grecque par laquelle on a désigné une des premières espèces connues. |
4o PRODROME GÉNÉRAL
recouvert de larges plaques qui servent à la reptation comme chez le plus grand nombre des Serpents, et peutêtre même chez la plupart des espèces dendrophides.
Les tubercules du dos sont disposés de manière que, placés deux à deux et parallèlement, puis suivis d’un tubereule impair, ils constituent une crête médiane qui se prolonge jusque sur la queue. De chaque côté il règne une carène saillante, mais formée par une série unique de tubercules. Le, dos semble par cela même creusé d’un double sillon bordé par ces lignes exhaussées.
En outre, et par opposition à ce qu’on observe dans les deux genres suivants, la queue est très-prolongée, et de plus elle est garnie en dessous de plaques qui ne forment qu’une seule rangée : c’est le genre Xénoderme.
Dans les deux autres genres, il n’y a pas de gastrostéges ou de grandes plaques ventrales; le corps est uniformément protégé par des tubercules cornés, dont le centre est trèssaillant. La queue est courte, et tout au plus atteint-elle, en longueur, la dixième partie de celle du tronc; mais ces deux genres sont bien différents pour la forme générale et les habitudes.
Dans l’un de ces genres, qui est terrestre, les flancs sont à peu près arrondis, ainsi que la queue courte, qui peut se recourber un peu en dessous sur elle-même. Elle ést presque trigone et tronquée, et le ventre est plat, quoiqu'il présente dans la ligne médiane une légère saillie correspondante à la série des tubercules, qui se joignent deux à deux sur une sorte de suture. C’est à ces caractères que l’on reconnaît le genre Æcrochorde.
Enfin, dans les Chersydres, qui vivent habituellement dans
.DE LA CLASSIFICATION DES SERPENTS. 41 l’eau, le corps est comprimé de gauche à droite, le dos épais, la ligne moyenne inférieure amincie insensiblement en lame de couteau, comme la queue; celle-ci, quoique recourbée en dessous, offre cependant une ligne tranchante. Les trois genres sont donc faciles à distinguer.
Fous ces Serpents ont été recueillis aux Indesorientales, à Java, à Sumatra.
G. [. Acrocuonne, Hornstedt. — Corps couvert de tubercules arrondis, sans gastrostéges distinctes et à ventre plat.
4. A. de Java ou douteux. — Journal de l'abbé Rozier, t, XXI, fig. cop., p. 524.
G. IT. Cuersyore, Cuvier.— Corps tuberculeux, comprimé, sans gastrostéges et à ventre étroit, tranchant et concave.
1. C. à bandes ou granulé. — Shaw, Zool. gén. , t. HE, fig. 450, p. 576. e
G. HE XÉNODERME, Reinhardt. — Corps arrondi, couvert de gros tubercules en dessus ; ventre revêtu de grandes gastrostéges ; queue longue avec des urostéges.
4. X. gonyonotus, Gray. — Plumbeus, in Stokers’s Australia, Append. 5, tab. 4. (Exemplaire prêté par M. le professeur Lichtenstein de Berlin.)
OPHIDIENS AGLYPHODONTES. CALAMARIENS.