‹ Prodrome de la théorie mécanique de l'électricitéChapitre 2 sur 16 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Nous avons dans toutes nos recherches adopté la méthode qui consiste à les faire tendre toutes vers un but unique que nous nous proposions de réaliser au début. Chaque travail isolé lorsque nous le publiions, représentait pour nous un des rouages d'un ensemble que nous avions en vue. Celte pièce, de même que l'arbre ou la roue isolés, devait dès lors subir la retouche qui y s'impose lorsqu'il s'agit du montage définitif. Il nous eût été

évidemment facile de ne pas montrer au public ces pièces non retouchées, de ne publier le travail qu'après son achèvement. Mais, dans ces conditions, la priorité de l'observation de plusieurs faits nous eût échappé, et, d'autre part, il semblait utile de montrer le développement d'une idée naissante, malgré toutes les faiblesses qui président à l'enfance. Cependant ce dernier point de vue ne correspond pas à la réalité. L'idée que Ton pourrait désigner sous le nom d'embryonnaire, au lieu d'éveiller la curiosité et de pousser à l'examen, ne produit que l'indifférence, si pas davantage.

Le travail que nous présentons aujourd'hui au lecteur est le résultat de la condensation des expériences et des réflexions auxquelles nous nous livrons depuis sept ans sur la nature de l'électricité. Pris dans son ensemble, il exprime la conclusion finale à laquelle nous nous arrêtons.

Une méthode semblable nous a guidé dans le travail auquel nous nous sommes livré précédemment sur les phénomènes

calorifiques. Ces recherches sont condensées dans un livre intitulé: « La chaleur • (1876-1894) (<). Elles ont été particulièrement étudiées et ont fait l'objet de travaux de deux physiciens dont le monde scientifique déplore la perle prématurée : Bartoli et Nadejdine. Qu'il me soit permis d'exprimer ici mes regrets et toute ma reconnaissance.

Un chapitre n'avait pas encore reçu, à cette époque (1894), sa forme définitive, celui qui concerne la région critique. Il a été publié peu de temps après en langue allemande (').

L'expérience que j'ai acquise par cette première publication m'a montré combien il est malaisé de faire adopter des vues et même des faits nouveaux qui contrarient les idées régnantes. C'est seulement à l'heure actuelle que les idées sur le point critique semblent s'orienter en notre faveur. Pour ce qui concerne le présent travail, dont les vues, si elles étaient adoptées, auraient une portée plus considérable, nous ne nourrissons aucune espèce d'illusion; il faudra du temps, peut-être beaucoup de temps.

(*) Desoer, éditeur, Liège.

(») ZeiUchrift fur kompr. und flùss. Gase, SS. 7, 8, 9; 1898.

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