SEIGLE
1 point =1,000 acres
(Base de comté)
Grains mélangés. — Beaucoup de cultivateurs, spécialement dans la province de l'Ontario, ont pour pratique de cultiver deux ou plusieurs céréales ensemble pour l'alimentation du bétail. Le mélange d'avoine et d'orge est celui qui est le plus apprécié, mais on cultive souvent des pois avec l'avoine. En 1930, l'étendue totale en grains mélangés était de 1.1 million d'acres, dont 86.9 pour cent se trouvaient dans la province de l'Ontario. Comme ces grains se donnent principalement aux porcs, leur culture se pratique surtout dans les régions de l'Ontario où l'industrie porcine atteint son plus grand développement, et notamment dans les comtés de Waterloo, Wellington, Perth et Oxford. La culture de grains en mélange n'a jamais été importante dans l'Ouest du Canada.
Maïs ou blé d'Inde. — Le maïs exige une longue saison de végétation, et c'est pourquoi il est peu cultivé pour la production de la graine au Canada, sauf dans une région relativement petite du sud-ouest de l'Ontario. L'étendue en maïs à grain a diminué; elle n'était que de 91,379 acres en 1930 contre 360,758 acres en 1900. Cette culture se pratique surtout dans les comtés d'Essex et de Kent en Ontario. Il se cultive un peu de maïs pour le fourrage dans toutes les provinces du Canada, mais surtout dans l'Ontario et le Québec. En 1930, cette culture occupait 334,208 acres dont 267,323 acres se trouvaient dans l'Ontario. Le fourrage de maïs est employé principalement sous forme d'ensilage dans les régions ou la production du lait est l'industrie principale.
Lin. — La graine de lin produite au Canada se cultive presque exclusivement dans les provinces des Prairies. En 1930, la région où la production était la plus importante se trouvait dans le voisinage de Wartime et de Glidden, dans le centre-ouest de la Saskatchewan, au nord de la rivière du sud de la Saskatchewan. L'étendue consacrée à cette récolte est sujette à de grandes variations. En 1920, cette culture couvrait 1,164,752 acres, tandis qu'en 1930 elle était tombée à 662,129 acres. La graine de lin est employée principalement pour l'extraction de l'huile et la fabrication des tourteaux.
Sarrasin. — La culture du sarrasin est restée à peu près stationnaire en ces quarante dernières années. En 1930, le sarrasin couvrait 351,030 acres, dont 215,180 dans l'Ontario, principalement dans les comtés de l'Est. Québec en avait 92,675 acres et le Nouveau-Brunswick 35,777 en 1930. Le sarrasin est employé principalement pour l'alimentation des volailles, mais une partie est convertie en farine.
Fèves ou haricots. — Les fèves des champs sont une récolte importante pour la vente en nature dans certaines parties de l'Ontario où les conditions de climat favorisent leur production. L'étendue en culture a augmenté; elle couvrait un total de 90,045 acres en 1930. Sur ce total, 90.9 pour cent se trouvaient dans l'Ontario. Les comtés où cette culture est la plus pratiquée sont ceux de Kent, d'Elgin, de Huron et de Middlesex.
Pois. — Les pois des champs étaient autrefois une récolte importante pour l'alimentation du bétail dans l'Ontario, mais leur culture a grandement diminué depuis 1900. Cette diminution ne signifie pas que les pois ont cessé de faire partie des rations du bétail, car la plupart des pois cultivés pour l'alimentation en 1930 étaient cultivés en mélanges avec d'autres grains. Il se cultive également des pois qui sont vendus en vert pour la fabrication des conserves dans les provinces de l'Ontario, du Québec et de la Colombie-Britannique. En 1930, les pois couvraient 73,500 acres au Canada contre 670,320 acres en 1900. Plus de 80 pour cent de la récolte de 1930 était cultivé en Ontario; les principaux comtés de productions étaient ceux de Renfrew, Simcoe et Durham.
Navets. — Dans l'Est du Canada il se cultive des navets pour l'alimentation des bestiaux et pour la table. Il serait difficile d'évaluer la proportion de la récolte qui est affectée à l'un ou à l'autre de ces emplois, car elle dépend presque entièrement de la qualité des navets et du prix offert. En 1930, l'étendue totale en navets était de 104,898 acres dont la moitié se trouvait clans l'Ontario, où les principaux comtés à navets sont ceux de Dufferin, Wellington et Simcoe. Les seules autres provinces où les navets constituent une récolte importante sont celles de Québec et de l'Ile du Prince-Edouard. Les cultivateurs de l'Ile du Prince-Edouard produisent principalement des navets de table, pour les marchés d'exportation.
Betteraves à sucre. — La production de betteraves pour la fabrication du sucre ne se fait que dans des districts de peu d'étendue, dans les provinces de l'Ontario et de l'Alberta. En 1930, il y avait 32,153 acres en betteraves en
Ontario, principalement dans les comtés d'Essex, de Kent et de Lambton. En Alberta l'industrie de la betterave à sucre s'est développée dans la région irréguée du Taber-Raymond, dans la partie au sud du centre de la province.
Tabac. — L'étendue des plantations de tabac au Canada est toujours allée en augmentant et a atteint, en 1930, un total de 48,352 acres. Toute cette étendue, à l'exception de 144 acres, se trouvait dans les provinces d'Ontario et de Québec. Le tabac produit dans le Québec est principalement du type Burley ou foncé; dans l'Ontario, ce sont des tabacs plus clairs, à cigarettes, ainsi que le type Burley. Le tabac exige des conditions spéciales de sol et de climat et c'est pourquoi cette culture est limitée à des districts de relativement peu d'étendue. Dans le Québec, les districts du sud des comtés de Montcalm, Joliette, L'Assomption et Berthier, forment la région à tabac la plus importante. Dans l'Ontario, les principales régions de production sont les comtés de Norfolk et d'Essex; il y a aussi des plantations de moindre étendue dans les comtés de Kent, Elgin et Oxford.
Légumes
On trouve de petits jardins potagers pour la famille sur la plupart des fermes canadiennes, mais la production commerciale de légumes est plus ou moins concentrée dans les districts qui se trouvent à proximité des grandes villes. Les provinces d'Ontario et de Québec viennent au premier rang pour la production des légumes, mais la Colombie-Britannique n'est pas à dédaigner sous ce rapport. En 1930, l'étendue totale en légumes au Canada était de 104,458 acres. Le maïs sucré, qui occupait 30,331 acres en 1930, venait au premier rang sur la liste. Les tomates étaient aussi importantes, elles occupaient 26,146 acres. Les autres légumes sont les pois, les choux et les oignons. Dans l'Ontario, la région de la rive du lac entre Toronto et Hamilton, les comtés de Norfolk, Essex et Prince-Edouard, sont les districts maraîchers les plus importants. Dans le Québec la plupart des jardins maraîchers commerciaux se trouvent dans les environs de Montréal.
Il y avait au Canada en 1930, 21.5 millions de pieds carrés de terre sous verre et sur ce total 11.4 millions de pieds carrés étaient dans l'Ontario. L'in-
dustrie des serres a pris également d'importantes proportions dans le Québec et la Colombie-Britannique. Les pépinières, qui, en 1930, formaient un total de 6,101 acres, se trouvent aussi principalement dans ces trois provinces.
Pommes de terre
Les pommes de terre, une denrée alimentaire régulière chez les familles des cultivateurs canadiens, se cultivent, au moins en petites quantités, sur presque toutes les fermes, et comme une très forte proportion de la récolte est consommée sur la ferme, l'étendue cultivée au Canada varie peu d'une année à l'autre. Elle a cependant légèrement augmenté depuis le premier recensement de 1880. Il y a eu aussi quelques changements dans les régions de production commerciale; c'est dans les provinces des Prairies, la Colombie-Britannique et l'Ile du Prince- Edouard que l'augmentation a été la plus marquée. Par contre, l'étendue en pommes de terre a diminué en Nouvelle-Ecosse; cette étendue qui était de 60,192 acres en 1880 n'était plus que de 22,069 acres en 1930.
Plus que toute autre plante la pomme de terre exige des conditions spéciales de sol et de climat, ce qui explique la spécialisation de certaines régions dans cette culture (Voir carte pointillée ci-jointe) en dehors de la petite étendue qui se cultive sur chaque ferme. La province de l'Ile du Prince-Edouard est notée pour sa production de pommes de terre de semence et de table, dont elle fait de grosses exportations. Une autre région bien adaptée à la production des pommes de terre et développée comme telle, est celle du haut St-Jean, au Nouveau- Brunswick. Dans le Québec, il y a une concentration de cette culture dans la région autour de Montréal. Dans l'Ontario, la production de ce tubercule se fait surtout dans certaines parties des comtés de Simcoe, Wellington, Dufferin et Middlesex, ainsi que dans la région qui entoure la ville de Toronto. Juste au nord de Winnipeg, au Manitoba, se trouve une région spécialisée dans la production des pommes de terre. La région des deltas dans la vallée du bas Fraser et la région d'Ashcroft dans le district de Nicola, en Colombie-Britannique, se sont montrées bonnes pour cette culture.
Vergers
Comme les arbres fruitiers sont exposés à souffrir des grands froids en hiver, leur culture est nécessairement limitée aux districts qui se trouvent plus au sud et pour la plupart près des grandes masses d'eau. Il y a de petits vergers de famille sur la plupart des fermes dans les parties plus anciennes de l'Ontario et
du Québec, mais ici, comme pour les pommes de terre, les régions de production intensive sont relativement peu nombreuses. La production des pommes a atteint son plus haut point en 1900 avec 18.6 millions de boisseaux, et elle est restée relativement constante depuis cette époque. En 1930 elle était à 15.5 millions de boisseaux. La majeure partie de cette production est concentrée dans les trois provinces de la Nouvelle-Ecosse, l'Ontario et la Colombie-Britannique.
En 1930, la Nouvelle-Ecosse a récolté près de 5 millions de boisseaux de pommes. La région des vergers dans cette province est en grande partie limitée à la vallée d'Annapolis. Cette vallée s'étend le long de la côte est de la baie de Fundy, et elle est protégée par la montagne du Nord.
Dans l'Ontario la principale zone fruitière est dans la péninsule du Niagara, qui borde le lac Ontario. Cependant, les principaux districts à pommes sont ces comtés qui bordent le lac Ontario, de l'est de Toronto à Belleville, le comté de Prince-Edouard, celui de Norfolk et la vallée Beaver sur la frontière sud de la baie Géorgienne. En Colombie-Britannique la production des pommes ne se pratique guère que dans la vallée d'Okanagan, à l'intérieur du sud de la province. Il y a également une région à pommes importante dans les cantons de l'Est du Québec, qui a son centre autour des comtés de Rouville, Iberville, Napierville et Chambly.
En 1920 la production canadienne de pêches dépassait un million de boisseaux, contre 43,637 boisseaux en 1890. La principale province de production est l'Ontario, où la culture de ce fruit ne dépasse guère les limites du comté de Lincoln dans la péninsule du Niagara. Il y a aussi d'autres étendues plus petites dans les comtés de Wentworth, Essex, Welland et Norfolk. La seule autre province où la culture des pêches est importante est la Colombie-Britannique où il
1 point - 100 acres (Base do comté)
s'est récolté 94,690 boisseaux en 1930. Il se cultive d'autres fruits comme les prunes, les poires et les cerises dans les mêmes régions que les pêches; la culture de ces fruits est limitée aux provinces de l'Ontario et de la Colombie-Britannique.
Bestiaux
Chevaux. — La traction agricole a été l'objet d'une motorisation considérable dans l'Ouest du Canada, mais la grande majorité des cultivateurs du Dominion comptent encore sur les chevaux pour faire leurs travaux. L'élevage du cheval se pratique généralement sur les fermes, pour le maintien de l'écurie, mais il y a quelques ranches à chevaux principalement dans les contreforts des montagnes de l'Alberta. Ces chevaux des ranches sont généralement expédiés sur l'Est du Canada, pour l'emploi sur la ferme ou dans les villes et il s'en exporte aussi un petit nombre. Sans être aussi active qu'autrefois, la demande de chevaux dans les centres urbains n'a pas complètement disparu. En 1921 la population chevaline du Canada atteignait un total de 3.6 millions de têtes, en 1931 elle n'était plus que de 3,285,431 têtes. La plus grande partie de cette population se trouve dans les trois provinces des Prairies. En 1930, la Saskatchewan venait en tête avec 997,426 chevaux, l'Alberta en comptait 731,739 et le Manitoba 324,659. En 1901, 45.7 pour cent de la population chevaline du Canada se trouvait dans l'Ontario, mais ce pourcentage était tombé à 18.6 pour cent en 1931.
Bêtes bovines. — L'élevage des bêtes à cornes se pratique plus ou moins sur la plupart des fermes canadiennes, et naturellement le genre et le nombre des animaux varient beaucoup suivant les régions. Il serait difficile de déterminer, en se basant sur les données du recensement, quelles sont les régions agricoles qui se concentrent sur la production du bœuf et celles qui se spécialisent en industrie laitière. Dans bien des cas, et spécialement dans l'Ouest du Canada, où l'on garde des bêtes à deux fins, les deux types empiètent l'un sur l'autre. Les cultivateurs qui vendent du lait en nature ou aux fromageries ne gardent ordinairement que des vaches du type laitier. En 1931, la population bovine totale du Canada se chiffrait par 8.1 millions de têtes, accusant une légère diminution sur le chiffre de 1921 qui était de 8.5 millions de têtes. Cette population se répartit ainsi par
provinces: Ontario, 2.5 millions; Québec, 1.7 million; Saskatchewan, 1.2 million; et Alberta, 1.1 million de têtes. La population bovine était moins nombreuse dans les provinces Maritimes, le Manitoba et la Colombie-Britannique; elle est proportionnelle au nombre de fermes occupées dans ces provinces.
La production du lait pour la vente en nature comme branche principale d'exploitation agricole se pratique généralement sur les fermes qui sont à proximité des grands centres urbains; sans doute, Péloignement n'est plus un facteur aussi important qu'autrefois, car les systèmes de transport s'améliorent et deviennent plus rapides; mais, au point de vue général, cette déclaration est encore exacte. Les régions les plus spécialisées dans la production du lait se trouvent dans l'Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique. On trouve
également quelques petites zones de production laitière intensive près des grandes villes de l'Est ou l'Ouest du Canada. Dans le Québec il y a une région laitière importante dans les Cantons de l'Est, au sud et à l'est de Montréal. Les comtés au nord du Saint-Laurent dans l'Ontario, à partir de Kingston jusqu'à la frontière du Québec, sont notés pour leur production fromagère. Le lait utilisé dans la fabrication du fromage se produit ordinairement pendant l'été, et l'abondance des pacages dans cette région se prête bien à ce genre d'industrie laitière. Dans l'ouest de l'Ontario l'industrie laitière se pratique généralement dans toutes les régions, mais elle est spécialement concentrée dans les comtés d'Oxford, de Peel et de York. Dans ces comtés les troupeaux laitiers servent principalement à la production du lait en nature; dans les autres comtés de l'ouest de l'Ontario les cultivateurs vendent plus fréquemment de la crème ou du beurre. En Colombie- Britannique l'industrie laitière est concentrée dans une région relativement petite dans la vallée du bas Fraser, près de Vancouver. On y produit principalement du lait en nature pour le ravitaillement de la ville de Vancouver.
Les régions qui produisent du bœuf sont généralement plus éloignées des grands centres urbains que les régions laitières. Les provinces Maritimes ne sont pas notées pour la production du bœuf; en fait elles n'en produisent pas assez pour s'alimenter. Dans le Québec la principale région pour la production du bœuf est au sud du St-Laurent, mais plus au nord et à l'est que les régions laitières. Le centre du district à bœuf est autour des comtés de Beauce et de Dorchester.
Dans l'Ontario, la région de la production du bœuf est au nord des régions laitières dans les comtés qui bordent le lac Huron et la baie Géorgienne. Cette partie de l'Ontario est un peu accidentée au point de vue topographique, et par là propre à la paissance. Les comtés de Lambton, Huron, Bruce, Grey et la partie nord du Middlesex sont bien connus comme régions de bœufs de boucherie. Dans le centre et la partie est du sud de l'Ontario, les comtés de Peterboro, Lanark et Renfrew se spécialisent également dans cette industrie.
La production du bœuf est une industrie importante dans les provinces des Prairies; les régions de production sont principalement les districts les plus au nord de la partie agricole des provinces, à l'exception de l'Alberta. Il y a au sud de l'Alberta une grande région à "ranches" qui se prolonge dans la partie sudouest de la Saskatchewan. Les méthodes d'élevage que l'on y pratique diffèrent essentiellement de celles de l'Est. Dans les provinces de l'Est les bêtes à cornes passent généralement l'hiver dans de grandes étables tandis que dans celles de l'Ouest, l'engraissement se fait plutôt en plein air. Le ranching est aussi beaucoup pratiqué dans les vallées de l'intérieur de la Colombie-Britannique.
Moutons. — Au Canada l'élevage du mouton se pratique de deux façons différentes. Dans la plupart des provinces les cultivateurs gardent un petit troupeau de moutons comme industrie annexe; pour ce genre d'élevage les races à viande sont employées presque exclusivement. Dans l'Ouest du Canada le ranching se pratique dans certaines régions, mais ici les races à laine prédominent. La population totale de moutons sur les fermes n'a pas beaucoup changé au cours des cinquante années de 1881 à 1931; elle était de 3.0 millons de têtes en 1881 et de 3.6 millions en 1931. L'Ontario venait en tête au point de vue nombre de moutons, avec une population ovine qui dépassait tout juste un million de têtes. L'Alberta venait ensuite avec 785,929 têtes et Québec avec 733,684 têtes en 1931.
L'élevage du mouton n'est pas pratiqué sur une grande échelle en Nouvelle- Ecosse, sauf, peut-être au nord-ouest de la province dans les comtés d'Inverness et d'Antigonish. Il s'élève également des moutons dans l'Ile du Prince-Edouard en assez grand nombre, par rapport à la dimension de la province. Dans le Québec la région ovine la plus développée est celle des comtés de Beauce et de
Kamouraska, mais les moutons sont assez répandus le long de la Gaspésie et dans la région du lac St-Jean. Dans l'ouest du Québec le comté de Pontiac a aussi une population ovine relativement élevée par ferme. Dans l'Ontario, l'élevage des moutons se fait dans presque tous les comtés de la province mais il a atteint son plus grand développement dans ceux qui bordent la baie Géorgienne. Les moutons sont communs sur les fermes du Manitoba, de la Saskatchewan et de l'Alberta, mais c'est seulement sur les ranches, dans les régions de la Saskatchewan et de l'Alberta, que les troupeaux sont nombreux. Les moutons des ranches ont généralement une race à laine fine, du type Mérinos. On trouve des ranches à moutons de même que des ranches à bœufs dans les vallées intérieures de la Colombie-Britannique.
Porcs. — La production porcine au Canada a été développée pour satisfaire à la demande locale, mais au cours des dernières années les produits du porc sont devenus un article d'exportation important. Le type à bacon s'est développé graduellement, à tel point que presque toute la production est aujourd'hui de ce type. La population porcine totale n'a cessé d'augmenter depuis le premier recensement; en 1931 elle était de 4.8 millions de têtes contre 1.2 million en 1881. La distribution des porcs sur les fermes est assez égale sur toute l'étendue du pays, mais les provinces d'Ontario, d'Alberta, de Saskatchewan et de Québec viennent en tête au point de vue de la production. L'Ontario s'est classée première pour cette production pendant toute la période qui s'est écoulée depuis 1881, mais l'Alberta la suit aujourd'hui de très près.
La production porcine n'est pas de première importance sur les fermes maritimes pas plus, du reste, qu'en Colombie-Britannique. Il y a cependant beaucoup de fermes où l'élevage des porcs fait partie du programme général d'exploitation.
Dans le Québec, l'élevage du porc est assez général dans toutes les régions agricoles de la province mais plus spécialement dans les comtés immédiatement au sud du St-Laurent, tels que Nicolet, Yamaska, Bagot, Rouville, Napierville et Laprairie. Dans l'Ontario la situation est à peu près la même que dans le Québec. La population porcine est un peu plus concentrée dans les comtés de production fromagère dans l'Est de l'Ontario et dans les comtés d'Essex, Kent, Lambton, Perth, Waterloo et Oxford dans l'ouest de l'Ontario.
Les régions où la production porcine est le plus développée dans l'Ouest du Canada suivent de près celles où la culture des menus grains (avoine et orge) l'emporte sur celle du blé, c'est-à-dire les régions septentrionales. Dans l'Alberta les régions où il s'élève le plus de porcs s'étendent à travers le nord de la province puis se dirigent vers le sud, le long du côté ouest de la province.
Volailles. — Presque toutes les fermes canadiennes ont une basse-cour au moins assez grande pour fournir des œufs à la famille. En général la basse-cour est relativement petite et ne reçoit souvent que très peu d'attention. Il y a, cependant, dans différentes parties du Canada, des fermes hautement spécialisées dans l'élevage des volailles. La population avicole totale du Canada était
de 70.8 millions d'oiseaux en 1931. En 1891, elle ne dépassait pas 14.1 millions d'oiseaux; ces chiffres montrent éloquemment l'expansion rapide de cette branche de la ferme. L'expansion est générale dans toutes les provinces.
C'est près des grands centres urbains que la production des volailles est le plus développée. Il y a une concentration remarquable de volailles dans les comtés voisins des villes de Montréal et de Québec. L'élevage des volailles se pratique sur une échelle commerciale dans presque tous les comtés du sud-ouest de l'Ontario, spécialement près des grands centres industriels. Une des régions les plus hautement spécialisées en aviculture se trouve dans le bas de la vallée du Fraser en Colombie-Britannique, près de la ville de Vancouver.
L'élevage des animaux à fourrure. — L'élevage des animaux à fourrure sur les fermes canadiennes, comme entreprise de premier plan ou comme une industrie secondaire, s'est développée rapidement en ces dernières années. L'Ile du Prince-Edouard est la première province qui se soit signalée dans la production de fourrures de renard, mais l'industrie s'est depuis répandue dans les autres provinces et en 1931 la province de Québec avait 2,043 fermes à fourrure, l'Ontario 1,218, le Nouveau-Brunswick 753 et l'Ile du Prince-Edouard 648. On trouve également des fermes à fourrure dans toutes les provinces mais en moins grand nombre. Le renard est l'animal le plus élevé pour sa fourrure, mais il y a aussi des rats musqués et des visons.
L'apiculture. — L'apiculture est conduite généralement comme une industrie annexe sur les fermes générales, mais il y a cependant un certain nombre de grands ruchers dans le pays. En 1931 il y avait 279,453 ruches au Canada. L'Ontario se classait en tête parmi les autres provinces pour la production du miel; elle avait, cette année-là, 116,871 ruches. L'élevage des abeilles est allé en augmentant dans les provinces des Prairies et a maintenant atteint des proportions relativement considérables.