‹ Production et fixation des variétés dans les végétauxChapitre 10 sur 23 · D CR · texte numérisé non relu

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fleurs, bien qu'ayant les deux sortes d’organes sexuels parfaitement conformés, ne se fécondent pas et restent stériles; cela vient souvent de ce que les différentsorganes nesont pas aptes en même temps à remplir leur importante fonction. En général l'organe mâle est plus tôt disposé que l'organe femelle, mais presque toujours aussi cette disposition ne dure que très-peu de temps, de sorte que, si l’on ne saisit pas ce temps favorable, il n’y a point de fécondation'. Une plante qu’à peu près tout le monde connaît, le Cobæa, nous en fournit une preuve manifeste; chez eelle-ci les anthères sont déjà vides, lorsque le stigmate devient apte à Ja fécondation ; aussi n’en obtient-on que très-rarement des graines lorsqu'on abandonne les choses à elles-mêmes; si, au contraire, lorsquelestigmate est dans de bonnes conditions, on prend du pollen sur des fleurs quine font que commencer à s'ouvrir, onpeut être à peu près assuré d’avoir des fruits, puis de bonnes graines.

L'inégalité de développement dans les organessexuels du Cobæa est presque toujours déterminée par une température trop élevée ; aussi, lorsque cette dernière s’abaisse jusqu’à un certain degré, le développement de l'organe mâle se trouve ralenti, de sorte qu'il arrive à propos pour féconder organe femelle. C’est ce

fait qui explique comment, à une cer- | taine époque de l'été, presque toutes les | fleurs deCobæa nouent, et pourquoi en- | core ces plantes sont abondamment char- | gées de fruits non mûrs lorsquearrivent | les premières gelées. Une température de 46 à 20 degrés environ, pendant une

période de quelques jours, est très-fa-

vorable à la fécondation des fleurs des Cobæa; dans ces conditions, en effet, le développement des organes mâles et femelles a lieu très-régulièrement, de sorte qu’ils arrivent à propos pour se féconder. Lorsqu’au contraire la température est inférieure à 46 degrés pendant plusieurs jours, le développement des deux

sortes d'organes sexuels ne sé fait pas

régulièrement; l'un est. prêt lorsque l’autre ne l’est pas encore.

1 Le lierre commun nous fournit un exemple de cette durée plus qu'éphèmère; chez cette plante, en effet, à peine les anthères sont-elles ouvertes qu'elles sont déjà sèchesou cornées, ridées; aussi est-il trèsdifficile d’en recueillir le pollen.

Ainsi qu’on le voit, une température trop élevée ou trop basse est nuisible à la fécondation des Cobæa, et dans l’un comme dans l’autre cas cette dernière wa pas lieu si l’on wintervient pour rapprocher les organes sexuels lorsqu'ils sont arrivés au point convenable de développement; et dans ce cas ce ne sont jamais les organes d’une même fleur qui concourent à la fécondation, mais ceux de fleurs différentes. Ici la fécondation, bien que naturelle, est donc indirecte (Voir page 19).

Mais, d’une autre part, nous devons faire observer que toutes les plantes ne se fécondent pas dans les mêmes conditions; sous ce rapport on peut même croire, puisque chacune a son tempéramentparticulier, qu’il doit yavoir pour elle des conditions spéciales où elle devient plus apte à être fécondée. Ge sont ces conditions, sans aucun doute variées à l'infini, qu'il serait très-important de pouvoir déterminer. Mais, de ce côté, il faut en convenir, on n’a encore fait que bien peu d'expériences; c’est à peine si l’on y a pensé.

Le rôle que joue la température dans la fécondation des plantes est très-important; c’est à ce point que, dans certains cas, la température peut modifier tellement le développement des organes sexuels qu’elle peut même changer du tout au tout le moment où ils sont aptes à la fécondation ; par exemple, elle peut faire que, d'antéflorale, la fécondation , devienne postflorale; c’est le cas pour !

les Petunias. Pour ceux-ci, si, lorsqu'ils fleurissent, la température se maintient très-élevée pendant un certain nombre de jours la fécondation est antéflorale; elle se fait au contraire presque en même temps qu'a lieu l’épanouissement des fleurs si la température est moinsélevée. Enfin, sila température est !

basse, la fécondation n’a souvent lieu que | plusieurs jours après que les fleurs sont | épanouies. Il en est de même pour le} Bouillon blanc, pour les Mufhers, les’ Pentsiemon, etc. (note .29). |

On doit comprendre que les conditions de climat, et surtout de milieu, peuvent dans certains cas apporter des .

modifications aux faits que nous venons de citer; nous ne les donnons pas du reste comme absolus, mais comme des renseignements dont on devra tenir

ss

compte lorsqu'on pratiquera la fécondation artificielle.

Observations générales relatives aux semis considérés au poiñt de vue de la production des variétés. — Particularités.

, Ainsi qu'on a pu le voir dans tout ce qui précède, un des points les plus importants relativementaux semis consiste dans un choix judicieux des portegraines; on doit donc apporter à ce choix une attention toute particulière.

On doit encore, ainsi que nous l'avons déjà dit, lorsque les individus choisis appartiennent à des espèces qui s’hybrident facilement, les éloigner de tous ceux avec lesquels ils pourraientjouer, ce qui nest, pas toujours facile à prévoir (note 30). Il est certaines espèces qu’il suffit de rapprocher les unes des autres pour qu’elles se fécondent réciproquement et que les graines qui en résultent donnent des individus plus ou moins différents de ceux dont ils sortent. C’est une propriété qu'on met Souvent à profit lorsqu'on veut obtenir des variétés sans avoir recours à la fé-

\ Condation artificielle. "On remarque

|'tusei que, en général, les plantes de

“, vigueur moyenne sont celles qui con-

servent le mieux leurs caractères

I ne faut pas oublier non plus que, le point de départ de toute variété étant ordinairement en dehors de nos prévisions comme de notre influence, il faut avoir soin de visiter souvent les semis afin de voir si parmi les jeunes plantes il n’y en à pas quelques-unes qui, à certains points de vue, pourraient présenter quelques avantages, ét, dans le cas où il s’en trouverait, on devrait les marquer pour en récolter les graines à part, et même, lorsque la chose est possible, on devra les éloigner, afin de les soustraire à l’inflüence de leurs voisines, si toutefois cela était nécessaire.

C’est en agissant ainsi qu'on est par-

. venu à créer une multitude de races “ renfermant elles-mêmes des sous-races trés-constantes dans leur reproduction.

Cependant, comme tout à des limites, et qu’un type quelconque ne peut s’améliorer indéfiniment, il faut, dans tous les choix, savoir s'arrêter à temps, et ne pas continuer à chercher là où il n’y a

plus rien à obtenir, Ici l'observation seule peut servir de guide. Ainsi, on remarque parfois dans une espèce quelconque que certaine variété, quoique trés-méritante, ne doit plus être prise comme porte-graines ni même comme mère à bouture (note 32) parce qu’elle ne donne plus rien de bon; elle semble épuisée. 11 faut alors, pour obtenir de nouvelles variétés, prendre des graines sur des plantes qui proviennent d’eile, bien que parfois ces plantes paraissent moins belles (note 33), à moins toutefois, lorsque la chose est possible, qu’on ait recours à’hybridation, et qu’à l’aide d’un pollen étranger on cherche de nouveau à apporter une perturbation dans son organisme.

Faisons encore observer que, dans les espèces où les variétés sont nombreuses, on remarque fréquemment chez certaines d’entre elles unetendance à s’affaiblir, à pousser moins ou à de venir sujettes à des maladies particulières qui en rendent la culture très-difficile, parfois presque impossible.

Lorsque ce fait se présente, il ne faut pass’obstiner à conserver ces variétés ; ce qu’il y a alors de mieux à faire, c’est de les abandonner; on peut dire qu’elles sont wsées. C'est un fait que la scienec théorique nie, mais que l'observation et Fexpérience démontrent comme rigoureusement vrai. Nous pourrions en citer de nombreux exemples, nous en indiquerons seulement deux. Îls portent sur les variétés de Pélargoniums connues sous le nom de Reine des Fantaisies et de Reine Hortense (note 32).

Le Pélargonium Reine des Fantaisies a les fleurs grandes, un peu irrégulières ; les deux pétales supérieurs sont d’un rose foncé, violacé ou lilas ;les pétales inférieurs, plus petits, n’ont du violet qu’à la partie supérieure ; la partie inférieure est blanche. Aujourd’hui, ces fleurs n’ont plus de violet qu’au sommet, de plus elles sont plus petites et régulières. Le Pélargonium Reine Horlense a les fleurs régulières, d’un beau rouge foncé velouté au centre; les pétales, entiers, arrondis, ont, comme on

| dit, une bonne forme; ils ont l'onglet

strié, velouté. Cette plante, qui date d'environ dix ans, présentait dès 1862 des traces de dégénérescence; ainsi, on remarquait sur certaines ramifications, des fleurs dont les pétales, au nombre

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