‹ Production et fixation des variétés dans les végétauxChapitre 11 sur 23 · SERRE RARE CE · texte numérisé non relu

SERRE RARE CE

de 6, étaient irréguliérement laciniés, (déchiquetés comme l’on dit vulgairement) ; les fleurs beaucoup plus petites qu’à l’état normal,étaient aussi dispo-

sées en bouquets plus compactes; les:

sépales, au lieu d’être au nombre de 5, étaient au nombre de 6, comme les pétales des fleurs dégénérées.

Il y a aussi des plantes dont l’épuisement ne se traduit que par une diminution dans la vigueur et tout particulièrement dans la dimension des fleurs ; telles sont certaines variétés de Geanotus azureus; ainsi, on en voit qui, après avoir eu des grandes fleurs pendant quelques années, n’en donnent plus que de très-petites, et cela quoi qu'on fasse et quel que soit aussi le soin qu’on donne aux plantes.

Lorsque des faits de dégénérescence ou d’épuisement comme ceux dont nous venons de parler, se montrent, ce qui arrive assez fréquemment chez quelques espèces dont la culture a dépassé certaines limites, telles que les ülaïeuls, les Balsamines, les Reines-Marguerites, les Verveines, les Phlox, etc., on doit faire des semis de graines de ces plantes,” et

rechercher parmi les individus qui en

sortent s’il y en a qui présentent quelque intérêt, et, s’il s’en trouve, on doit les prendre pour créer de nouvelles races. Parfois même les plantes dégénérées et qui présentent tout à coup des caractères insolites peuvent devenir le type de ces séries.

Amélioration des plantes prises à l’état dit sauvage.

Lorqu’on désire améliorer une plante qu’on a prise à l’état sauvage, on doit d'abord la mettre dans un milieu qui surexcite sa végétation et modifie sa

nature; puisrécolter des graines sur les

fleurs qui présentent déjà un peu les caractères qu’on recherche, s’il y en a; dans le cas contraire on les récolte sur les fleurs qui présentent le plus beau développement.

Si on voulait arriver promptement à l'amélioration de ces types sauvages, on se trouverait bien de les soumettre à l’hybridation, c’est-à-dire de pratiquer sur eux la fécondation artificielle, ou du moins de rapprocher ces types sauvages de certains types cultivés avec lesquels ils ont de l’analogie.

Encore un mot au sujet des porte-graines.

Les soins généraux qu’on doit accorder aux porte-graines sont en rapport avec le but qu’on cherche à atteindre.

Nous en avons déjà parlé plusieurs fois.

Si nous revenons Sur ce sujet, c’est d’abord parce qu’il est très-important, ensuite parce qu'il se rattache à d’autres phénomènes, et qu’il est la conséquence d'une grande loi qui relie tous les êtres les uns aux autres par leur affinité réciproque. Nous savons, d’une manière générale, que les individus placés, près des portes-graines, lorsqu'ils ont quelque analogie avec ceux-ci, exercent sur eux une influence plus ou moins grande, qui peut modifier leurs produits. Mais y a-t-il dans un végétal des parties qui, à ce dernier point de vue, ont plus d'influence les unes que les autres? ou bien encore ces parties exercent-elles une puissance d’action relative? C’est ce qu’on ne peut affirmer.

Mais ce qu’il semble le plus raisonnable d'admettre, c’est que toutes les parties doivent exercer une action, et que celle-ci est relative. Partant de ce fait, nous disons que, lorsqu'on ne pourra ou qu'on ne voudra pas pratiquer, Jæ fécondation artificielle, et que néanmoins on voudra obtenir des variétés, on devra faire en-sorte que les porte-graines se

trouvent placés près des plantes qui ont,

des caractères semblables, ou du moins analogues, à ceux qu'on cherche à obtenir.

Après ces observations, en quelque sorte complémentaires, sur les diverses séries de variétés issues de graines que renferme le premier groupe, nous allons aborder l’énumération d’un certain nombre de variétés de plantes produites par accident; elles constituent notre deuxième groupe.

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