PRÉFACE
Nous ne comprenons pas non plus cet autre reproche que la commission fait à notre opuscule: d’être composé « de notes recueillies dans les Jardins et dans les livres pendant plusieurs années … (1) » Sans contester ces faits, qui sufliraient presque à faire notre éloge, nous trouvons néanmoins étrange l'observation, presque le reproche qu’on nous adresse; car, puisqu'il s'agissait de choses-relatives ax jardinage, où fallait-il aller chercher des exemples si ce n’est dans les jardins ? Mais nous rejetons comme faux le reproche « d’avoir recueilli des notes dans les livres », bien que, d’après l’esprit du programme, nous en eussions le droit. Nous sommes d'autant plus surpris de ce reproche que le mémoire couronné est composé en partie de citations puisées dans différents ouvrages, dont l'auteur s’est servi pour tirer des conséquences et appuyer son dire.
Devons-nous ajouter que sur la médaille qu'on nous à décernée pour notre Mémoire On à fait graver le mot Hybridation, chose dont il n’était pas question .dans le programme ct dont le apport n'a pas parlé? Ce fait pourra paraitre quelque peu singulier; car, si la commission a trouvé que la partie du Mémoire qui traite de l’hyÿbridation a une certaine valeur (ce que semble indiquer la légende qui se trouve sur la médaille), comment se fait-il que le rapport n’en parle pas?
Quoi qu'il en soit, nous admettons comme vrais et mérités les reproches que la commission nous a adressés, et nous ajoutons que, selon nous, personne n'en sera surpris lorsqu'on saura que ce travail est entièrement de notre rédaction, et que personne autre que nous n’y a mis la main. D'une auire part aussi, nous devons dire que nous avons mieux aimé être long et nous répéter, sauf à être lourd, que de rester incompris faute de détails suffisants.
Toutefois, nous aimons à croire que la commission a bien jugé, et surtout qu'elle à agi avec impartialité. Du reste, nous n'avons rien à voir à sa décision, ct la brochure que nous publions aujourd’hui, et qui n’est pas une protestation confre cette décision, ne doit pas non plus être mise en concurrence avec le Mémoire que là commission a couronné. |
En livrant cette brochure au public, nous le répétons, nous n’avons d'autre but que de faire connaître certains faits ignorés ou peu connus, qui nous ont paru dignes d'intérêt, tant au point de vue pratique qu’au point de vue scientüfique.
En recopiant notre manuscrit, qui est déposé à la bibliothèque de la Société impériale et centrale d'Horticulture, nous avons remarqué certaines répétitions tellement saillantes et rapprochées l’une de l’autre qu’on n'aurait même pas dû en tenir compt>; nous ne les avons pas reproduites. Du reste, ces répétitions n’altéraient ni ne changeaient en rien le sens des idées; peut-être les rendaient-elles un peu moins claires, c’est tout.
1 « Pour exprimer toute notre pensée à cet égard, nous dirons que c’est peut-être moins un mémoire qu'une réunion par chapitres, enchaînés pius où moins logiquement, de notes recueillies dans les jardins et dans les livres pendant plusieurs années d’une existence consacrée à la pratique intelligente et raisonnée de lhorticulture..… » Journal de la Société impériale et centrale d'Horticulture de la Seine, 1864, page 228,
en
PRÉFACE. en.
Quelques passages, se rapportant à des faits que nous n’avions pu suffisamment étudier, mais que néanmoins nous avions Cru devoir rapporter à cause de l'intérêt qu’ils semblaient présenter, ont été supprimés comme ne nous paraissant par offrir de garanties suffisantes; mais par contre, comme depuis que notre Mémoire a été déposé jusqu'au jour où il a été examiné, il s’est passé presque deux ans, nous avons pu faire de nouvelles observations que nous avons cru devoir ajouter, ainsi que des notes, lorsque cela nous a paru nécessaire.
D'une autre part encore, profitant de la critique faite par le rapporteur de la commission d’éxamen qui dit : Que delongues notes ajoutées dans le texte viennent encore contribuer à le rendre plus confus, nous avons rejeté ces notes à la fin de l'ouvrage, où on les trouvera sous un numéro d'ordre correspondant à un numéro semblable placé dans le texte. Enfin, pour mieux fixer les idées et faire ressorür certains faits de végétation qui, d’après nous, ont une grande importance, nous avons jugé nécessaire de les accompagner de dessins, de manière à appuyer notre dire et à donner au travail que nous publions, un double intérêt : de le rendre à la fois utile à la science et à la pratique; en d’autres termes, de le faire parler aux veux en même temps qu’à l'esprit.
Mai 1865.
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En 1869, la Société impériale et cen- Wale d'Horticulture de la Seine a proposé €t mis au concours la question suivante : Sa
« Exposer, en se basant soit sur des < expériences nouvelles, soit sur des faits « connus, mais bien établis, les circon- € stances qui déterminent la production «et la fixation des variétés dans les € plantes d'ornement. »
Cette question est três-complexe ; pour la bien comprendre et la traiter convenablement, il faut d’abord la simplifier, 4 décomposer, pourrait-on dire, afin de dégager les uns des autres tous les faits Qui, bien qu’ils sy rattachent trés-étroilement, n’en sont cependant que des Corollaires qui peuvent être traités à Part.
En effet, il est facile de reconnaître u'on peut décomposer la question Comme il suit :
1° Comment se forment les variétés?
° Peut-on en provoquer l'apparition?
39 Peut-on, lorsqu'elles sontproduites,
€ conserver, et alors comment?
ais comme dans la nature rien n’est isolé, qu’au contraire tout s’enchaîne, et Cela d'autant plus étroitement que la
Partie qu’on étudie est plus circonscrite, Al s’ensuit que la question proposée tou-
La stabilité des formes, dans un groupe quelconque de Végélaux, est en raison inverse du nombre d'espèces qu’il contient, É
che à beaucoup d’autres, auxquelles même elle est intimement liée. Aussi les divisions que nous venons d’établir sont-elles elles-mêmes tellement complexes qu’on reconnait tout de suite que, comme conséquences, elles nécessitent de nouveaux développements qui embrassent plusieurs ordres de faits. Malgré cela encore, en suivant cette voie, et quelles que soient les divisions et sousdivisions qu’on puisse établir, on con- State que, en définitive, il n’y a là que des effets divers d’une même cause.
Cette cause, c’est ce que, dans les sciences naturelles, on est convenu d’appeler une espèce; c’est donc par celle-ci qu’il faut commencer. :
Or, qu'est-ce que l'espèce?
Dans son acception la plus rigoureuse, le mot espèce signifie type, c’està-dire principe fondamental, origine; d’où il résulte que, commeilne nous sera jamais donné de connaître l’origine des choses d’une manière absolue, l'espèce, quelle qu’elle soit, ne peut être que relative, et plus ou moins conventionnelle.
Mais comme en tout il faut partir d’un principe, et que, à défaut de base absolue, on est forcé, lorsqu'on traite un sujet, de partir d’un point connu, qui
devient alors l’origine (relative, bien en-