OBSERVATIONS PARTICULIÈRES SUR LA FÉCONDATION
Il y a quelques genres de plantes chez lesquellesla fécondation présente certaines particularités qu’il est difficile d’ex- Pliquer, et qui semblent ne pas concor-
der avec les principes généraux que nous avons posés. Ces genres appartiennent au grand groupe désigné par le nom d’'Amentacées. Nous en citerons deux exemples, pris parmi des plantes connues à peu près de tout le monde; ils portent sur les Noyers et sur les Noise:
tiers. Chez ces plantes, en effet, chez les dernières surtout, les fleurs mâles, ou chatons, s’ouvrent souvent bien longtemps avant qu’on ne voie de fleurs femelles, c’est-à-dire d’ovules ; ceux-ci n'apparaissent que longtemps après que les fleurs mâles sont tombées !.
Comment donc se fait-il que dans des conditions en apparence si désavantageuses, ces ovules puissent être fécondés? Pour expliquer ce fait on a dit que le pollen, lorsqu'il s’échappe des anthères, tombe là où il y a des ovules et qu'il s’y conserve jusqu’au moment où les ovules sont aptes à être fécondés.
Si ce fait est vrai, ce que nous ne nions pas, il démontre, ainsi que nous l'avons dit (note 22), qu'il y a des pollens de bien des natures, et de plus qu’il en est même dont les facultés fécondatrices se conservent lorsqu'ils sont exposés à l’air, où ils semblent avoir besoin de subir une sorte d’incubation.
Ce que nous avons dit des Noyers et surtout des Noisetiers, nous pourrions
le dire de certaines espèces de Comiféres.