‹ Profession d'avocat (volume 3)Chapitre 11 sur 94 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

ORIGIITE DE LA PROFESSIOIT o'aVOGAT CHEZ J.SS ARCIEIfS.

La fonction d'avocat est beaucoup plus ancienne que letitre d'avocat.

£n effet , chez toutes les nations policées il y a toiijour&eu des hommes zélés et vertueux, lesquels étant particulièrement versésr dans les principes du droit et de l'équité, aidaient lés autres de leurs conseils, et défendaient en jugement ceux qui n'étaient pas en état de se défendre par eux-mêmes, ou «jlii avaient moins de confiance en leurs propres idées ^ que dans les luiiïièrés de ces généj*eux défenseur^.

Sou!s îa loi dé nature, et sous celle de Moïse, il n'y avait point énco'^« d'avocats, ni autres personnes étaiblies en titre pour défendre les intérêts d'autrui.

Il y avait cependant dès-lors des Tribunaux ;*églés ; mais chacun s'y clefendâit en personne ; ou bien ceux qui voulaient être appuyés de quelqu'un , appelaient avec eux quelques-uns de leurs parens et amis, de sorte que souvent, au lieu d'un défenseur , il en avait plusieurs.

Chez les Juifs il y avait des sages dont l'emploi ressemblait eu quelque ckbsef à celui de nos avocats cohsultans ; i|s étaient établis pôUt* i^oudré lè^ difficultés qui s'élevaieiit parmi le menu peuple, sur quelque point de droit. Leur tûitiistère ^tdit gratuit y ayônf? péUr» véëompènâe quelque portion des dîmes. Us^étaiéntj ^dn^èi^és comikief hké^mbrel du corps des ofiiôiers de

a$ Profession d'as^cat.

justice , et pai*venaient à leur rang à rempEr quelque place de

judicature.

Les Chaldëens, les Babyloniens, les Perse» et les Egyptien» avaient aussi leurs sages et leurs philosophes / qui éclairaient les autres hommes de feurs lumières. Us parlaient souvent en public; mais les plus diserts d'entre eux n'avaient que l'élo»quence naturelle : le talent de la parole n'avait point encoi^e été réduit en art et en principes ; c'est pourquoi l'histoire ne leur donne point le titre d'orateui*s.

Les Egyptiens défendirent même que l'on n'admit plus personne à défendre aucune cause de vive voix dans leurs tribunaux, depuis qu'ils eurent trouvé l'art d'écrire. La crainte qu'ils avaient qu'un orateur ne séduisit les juges par le ton pathétique de sa voix, par Tair composé de son visage, même par des larmes feintes» et par des gestes propres a émouvoir , leur fit ordonner que toute défense serait proposée par écrit.

Mais comme beaucoup de gens n'avaient pa& l'usage des lettres , surtout dans un temps où Finvention en était toute nouvelle^ il fallait nécessairement que ceux qui étaient hors d'état de se défendre eux-mêmes , soit faute d'avoir l'usage de l'écriture, ou d'être versés dans la connaissance des lois, eussent recours à ceux qui possédaient ces talens ». lesquels en cette partie faisaient la même fonction que font encore présentement les avocats , lorsqu'ils défendent une affaii*e qui s'instruit par écrit.

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