‹ Profession d'avocat (volume 3)Chapitre 23 sur 94 · DE LA COMMORICATIOH QTE LES AVOCATS SE FONT DE LECKS SACS · texte numérisé non relu

DE LA COMMORICATIOH QTE LES AVOCATS SE FONT DE LECKS SACS

EVTRE EVX.

Les avocats ne donnent jamais aucun récépissé des pièces qu'on leur remet pour les consultations , causes ou procès , quoiqu'ils soient tous les jours dépositaires de pièces importantes, desquelles dépendent l'honneur et la fortune <)es familles.

Il a toujours été d'usage au parlement de Paris , que les avocats qui sont chargés de quelque affaire l'un contre l'autre , se communiquent mutuellement leurs sacs , sans aucun récépissé ni inventaire : ce qui ne se pratique pas de même en bien d*autres tribunaux.

(i) Il n'y a i>Ias de Basoche •

Histoire abrégée de P Ordre des Avocats, gî

Cette facilite que l'on a de confier aax avocats toutes sorte» de pièces sans récépissé , et qu'ils ont parerliement pour se les communiquer entre eux, est fondée sur leur droiture et leur eiactitude qui sont connues , et il «y a pus d'exemple qu'il en soit jamais arrivé aucun inconvénient.

La cour, bien convaincue des sentimens d'honneur avoc lesquels les avocats se conduisent à cet ^ard » les a toujours soutenus, lorsque quelqu'un a eu la témérité de vouloir rendre leur fidélité suspecte. On en tix)uve un exemple célèbre dans l'arrêt du 3 juillet 1638, rendu en faveur de M. Rieher , avocat , contre le Prieur de Regny, qui avait accusé faussement ledit M*. Rieher d'avoir soustrait une pièce importante de son sac lors de la communication. La cour faisant droit sur la plainte de M^ Riclier, pour Tiusolence commise par ledit Prieur, présent à l'audience , contre M**. Rîcher, le condamne à 4oo liv. parisis, applicables au pain des prisonniers, et en loo liv. de réparation envers M». Rieher.

L'avocat qui donne en communication son sac à son confrère , ne doit point user de ruse ; il doit y mettre toutes les pièces dont il entend se seiw en plaidant : et quand une fois elles ont été ainsi communiquées , on ne peut plus les retirer du sac ; car la communication des sacs de même que la signification et la production , rend toutes les pièces communes auit deux parties , pour en tirer chacune de leur part ttlles inductions que hùtt leur semble.

Pour ce qui est du sato dé la partie adverse, Favocat qui Tft en communication , ddh non-seulement le garder avec fidélité^ nais lîussi avec gratid "sotn , pour empêcher qu'aucune pièce ne s'égare, et ne soit endommagée : il ne doit retirer aucune pièce du sac , ni y faire aucune rature ou apostille; en un mot y rien qui puisse altérer ou changer Vétat des pièces.

Mais s'il croit utile à sa partie de se procurer une copie authentique de quelques pièces , il peut les faire compulser entre les mains de son clerc.

Il n'est pas d'usage que les avocats communiquent leurs sacs aux procureurs, ni à aucune autre personne , lors même que le procureur se présente pour plaider la cause contre un

g4 Profession dayœat,

avocat. Si le procureur veut avoir cominuDÎeatiût) ité pièces^ il doit prendre le sac des matas de son confrère y qui le lui donne sous son récipissé, ou bien il doit charger un avocat^ et ^alors les deux avocats se communiquent leurs sacs eu la ma-* nière ordinaire*

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