V.tUili deê tciencet pkyniquAs. ^g
livres; H fera lui-même un i-eleié décompte dan« Ud re|;»ti'e (le coBinercei l'itrt-unit à ces connaissancei , des notiom de chimie , il s'afiRi-cevra , à la limplc iuspection , des fraudes qui anront pu étj'e commises dans des écritures ; dnns tous les cas, il saurs, s'il eti est allègue, qu'il est passible avec cette science «ren coDstater matériellement l'existence.
Lre* qnestioDs de brevet d'invention , si importantes puisqu'elles foarnistent tux magistrats l'occasion d'assurer à uâ inventeur le fruit des trat-aai de sa vie tout entière , ou de l'en dc[.ouiller ta profit d'un misérable contrefacteur, devien-droDt d'une solution plus facile , lorsqu'à la connaissance ap' prafondie de la législation, ils réuniront encore des' connaissances exactes.
L'aTocat sui-lout , versé dans ces sciences énonçant cUtirement ce qu'il conçoU bien . ne viendra solliciter une décision SOT la cause qu'il sputient, qu'après avoir fait apprécier aux juges l'importance entière des intérêts qu'il défend.
Les sciences tour à tour accusent et protègent.
Dans les procès criminels dvs exemples nombreui ic présentent nù des connaissances scientifiques deviennent tt'unc ^ande néceKÎté pour rendre bonne justice.
A l'appui de cette opinion , nous allons citer succinctement quelques faits d'une date peu éloignée :
Des gendarmes (i], pour se justifier d'avoii' tiiti des coups de pistolet sur deïcitojens, prétendaient avoir reçu euimêracs dei coupa de feu ; ils montraient leuia i/liapt.-aui qu'ils disaient pei-crâpar des balles i il paraissait peu vraisemblable que des chapeaux n'eu9>ent été percés par des balles que d'un côté sèuletnefit, sans qu'elles eussent traversé de part en part. Un hoconie, à qui la scicnoe ^tait familière, consulté sor cette espèce de phénomène, reconnut bientôt à la triangalarité de» ouvertures qu'elles n'étaient point le résultat du choc d'une balle de forme ronde; il démontra qu'elles avaient été f-tîtes aveo une baïonnette.
(i) Aipporl dt M. Fmncirui: AiTjirC de \» rue Siiint-Uenii. litiB^
49^ Utilité des sciences physiques.
Un homme était accusé d'avoir empoisonné sa femme (ij en mettant du sulfate de cuivre dans sa soupe ; Taccusation était précisée ; un témoin déclarait avoir vu mettre le poisou dans une marmite de fonte; du bouillon trouvé chez Taccusé avait été reconnu par un premier expert, comme contenant du sulfate de cuivre ; les charges devenaient accusantes. Une nouvelle expertise est ordonnée; M. Bergeron d'Anguy, conseiller à la cour royale de Paris , est chargé de présider aux opérations des chimistes; un reste de bouillon et la marmite elle-même sont soumis à de nouvelles expériences : à l'inspection de la marmite , les experts s'étonnent de ne pas y retrouver des traces de cuivre, analysent le bouillon sans y rencontrer du sulfate de cuivre; ils déclarent et prouvent par des expériences plusieurs fois répétées , qu'il est impossible de mêlera du bouillon dans une marmite de fer, quelques parcelles de sulfate de cuivre, sans que des traces n'en restent au fond du vase. Cette démonstration fait prononcer l'absolution de raccu>é.
Un témoin prétendait, dans une autre affaire, avoir reconnu un accusé à la lueur de l'amorce du pistolet que celui-ci avait déchargé sur lui. Au nombre des juives se trouvait un de nos plus habiles physiciens, qui déclare le fait de reconnaissance impossible. L'expérience plusieurs fois tentée démontre la fausseté de la déposition.
Un charlatan est accusé d'avoir vendu, sans autorisation, un sirop, dit régénérateur du sang, soupçonné de contenir du mercure (2) ; il est arrêté , et la drogue saisie. Soumise à l'examen chimique par le procédé de Smhhsson , à l'aide d'une pile galvanique composée de feuilles d'étairï et de feuilles d'or , la présence du mercure semble constatée par le blanchissement des feuilles d'or. M. Oriila doute encore, il veut lui-même s'assurer de la fidélité du procédé anglais ,
(i) Cour d assises de Versailles. Avril 18-29. Tentative d'empoisonnement d'un mari sur su femme.
(a) Ce fait est consigné dans le Journal de chimie médicale , 3aB<i€ jS'jq , tome v, n°. 65.
Utilité des scieitcet physiques. ^gS
dont personne ne conteste cependant l'exactitude. Il prépare iaî-méme un sirop analo);ue à celui saisi , mais sans mercure ; il le soumet liiî-méaie à lepreuve de la pile : elle blanchit comme dans le pi-emier cas ; le moyen <le vérifîcation est décieré insuffisant ; le charlatan fut mis en liberté.
En 1839, deux hommes meurent, l'un au cabaret, l'autre diei lui, mais des suites d'une partie de débauche faite at-ec le premier, et dans le même Iteu. La justice ordonne l'autopsie, des chimistes analysent les matières 'contenues dans l'rstomac ; ils reconnaissent, à l'aide de l'acide nitrique, des substances qui se colorent en rouge ^ ils croient dérouvrir ainsi U présence de la liruccine (poison violent). Cependantils doutent encore; l'un d'eux surmonte sa l'épugnance, goûte la substance, ne lui trouve aucune amertume, saveur particulière de la bruccinei ils acquièrent enfin la certitude que la matière rouge trouvée n'est autre que la partie colorante du vin pris avec excès, et déclarent que les deux homtnes ont péri par suite de leur ivrognerie.
En juillet 182^, un pâtissier est accusé d'avoir, parU^ligence, causé des accidens graves en vendant des comestibles préparés dans des vases de cuivre mal ètamés, et soupçonnés de contenir ainsi de l'oxidc de cuivre. MM. Barruel, Olivier d'Auger, chimistes, chargés d'analyser les alimens prépai-és ch« le pâtissier, ne l'encontrent aucune trace de cuivre; l'iocalpé est mis sur leur rapport en liberté.
Des expériences subséquentes démontrent que des viandes gâtées suffisent seules pour causer des accident semblables il ceux auxquels donneraient Heu des substances vénéneuses; les Viandes gfltées sont reconnues plus susceptibles que toute • autre* de produire d'aussi funestes effets.
Les pâtes soupçonnés avaient été faits , au mois dejmiktjt avec du^on; ialé.
Ces exemples, allégués par un jeune magistrat si profondément versé lui-même dans la connaissance des sciences, dont il recommande l'étude, suffisent sans doute pour dé-
494 UtUiié des sciences phjrsiquê$,
montrer l'utilité des sciences physiques dans U profession d'avocat et dans radministi^ation de la justice.
Mais j'ajouterai que l'avocat aurait tort de se reposer uniquement sur les eiplications que son client pouiTa lui donner, et sur les informations qu'il pourra prendre au moment où il faudra consulter ou plaider. La difficulté sera extrême, s'il n'a pas fait entrer d'avance dans ses études générales quelques notions des principales sciences; s'il ignore les premiers principes de la mécanique, de la géométrie et de la chimie; s'il n'a pas pris au moins quelques leçons d*anatoraie, et lu quelques ouvrages de physiologie et de médecine légale, dont la connaissance est si utile dans la poursuite ou la défense des causes criminelles.
A ce sujet , je ne conseillerai pas de lire beaucoup de Iî^tcs, mais seulement quelques-uns des meilleui*s, par exemple, celui du docteur Mahon , Paris, i8ii , 3 vol. in-ia, et les Leçons de médecine légale , de M. Orfila , en 1828 , 3 vol. in-8". Je recommande surtout ceux-ci comme plus modernes, car toutes les sciences se tiennent et s'entr'aidcnt , et l'on ne peut nier que, si l'on parvient aujourd'hui à résoudre beaucoup mieux qu'on ne le faisait autrefois les questions médico-légales relatives à l'empoisonnement (i),à l'infanticide, aux blessures» aux maladies simulées, etc., etc.^ on le doit à ce que la chimie, la physique, l'histoire naturelle, Tanatomie , ont éui perfectionnées et étudiées sous des rapports sous lesquels elles n'avaient pas encore été envisagées.
En parcourant seulement les tables des matières de ces deux ouvrages , on est surpris du grand nombre de cas où la Biédecine légale est appelée ù se pit>duire devant les tribunaux.
Il importe de consulter ce que ces deux habiles pix>res-
^eurs, et surtout le dernier (M. Orûla) , disent des rapports,
des certificats , et des consultations médico-légales , de la
manière de les diriger, de les discuter et de les combatti*e, si
(i) L'ouvrage de M. Oifib doit surtoat être consalté dans les questions d'empoisonnement , parce qu'il a fait ane étude spéciale d« la toxicologie .
l'on y trouve U preuve de la négligeun, <!« la léf{èret« on de l'igocwancfl de ceux qui let ont dresté*.
Je termiuerai par cette i-emarque de Ciceran ;
C'est que si l'étude des sciences, en appai'enee étranf^èrei à U jurisprudence, fouroit à l'orateur des arf^umeDS spéciaui, et «joute ainsi à la force iotrinsèque de sa discussion ; k son tour quand il a pu , tnémc avec le secourt d'autrui , se bien pénétrer de ce qu'il doit dire, et en concevoir nne idée bien nette, il trouve dans la puissance habituelle de ton talent pour la parole, le moyen d'en parler plus habilement que ceut-là m£me qui pouédent la science sans être orateurs (i).