SECTION XV
( M. A. SÉGUIEB. )
CiciROH pensait que l'orateur ne devait rester étranger à aucune science ; qu'il pouvait trouver dans chacune d'elles de puissans mo7en^ pour plaire , intéresser, convaincre (i). Ne pourrait-on pas en dire autant du magistrat et du jurisconsulte?-
[i) Sœpè in bis causi», quas oranes proprias esse oralorum confitcDtiir. eit aliquid. quod nou ei utu lorensi , quem solum oratoribu» eonccdidt , wcA. ei obscurioie nliqoâ scientia sît promundum aUia» snmendani, {De Oratort , lir. I , n*. if' }
4go Uliiiié des sciences physiques.
Que d'ooca&ioas , pour l'un et pour Tautre, de fiûre usage des sciences eiactes dans les nombreux prooë&».pai* exemple, auxquels donnent lieu tous les jours les dëTeloppëinens que notre industrie puise dans rapplicattoD de ces sciences.
Le juge , pour n'être pas obligé de mettre aveuglement la conviction d'uq expert à la place du sentiment dé sa propre conscience , lavocat , s'il ne veut pas rester satis armes et sans moyen» de discussion en présence d*Ml rappbit d'experts o6dtraire aux intérêts de son client, doKent^ls se borner à Fëtude unique des lois et de la jurisprudence ?
Les sciences dont nous paHôns ne trouvent pas seulement leur emploi dans les affaires civiles , elles deviennent presque indispensables dans les procès criminels.
Si dans tous les cas elles ne fournissent point adt magistrats le moyen de juger par eux-mêmes, elles leur donnent au moins toujours la possibilité d'apprécier la capacité des tiperts dont ils croient devoir réclamer les connaissances spéciales.
Leur utilité se fait sentir dans bien des circonstances pour apprécier, soit la vérité des allégations des parties, soit le préjudice réel qu'elles prétendent avoir éprouvé.
Comment un juge arbitrera- t-il les dommages-intérêts à donner à un industriel lésé dans son industrie, s'il est complètement étranger lui-même à cette industrie?
Dans une foule de questions civiles telles que celles de bornage, décontenance, de cours d'eau, etc où le juge
prononce sur l'examen d'un plan ou le rapport d'un expert, le magistrat et l'aAOcat versés dans la géométrie et l'hydraulique, pourraient discuter, vérifier le travail de Tarpenteur ou de l'ingénieur, s'assurer, avant de décider, de son exactitude. Le procès alors sera plaidé et jugé en connaissance de cause. L'avis d'un maître d'école de village , qui se décoie quelquefois du titre de géomètre, parce que par routine il raesui*e à peu près la surface d'une pièce de terre, ne viendra plus remplacer, sans examen, l'opinion des juges de tout un tribunal.
Dans des affaires de commerce, le juge, familier avec les chiffres 7 contrôlera avec facilité le rapport d'un teneur de