CHAPITRE XVIII
Le monde païen allait mourir ; mais avant de disparaître à jamais dans cette nécropole des choses humaines que nous appelons rhistoire^ il voulut résumer sa pensée sous une dernière figure. Au jour marqué pour cette solennelle agonie, une femme se leva sur le bord du Nil comme la radieuse incarnation du génie de l'antiquité. Fille du géomètre Théon, die trouva la science innée à son berceau ; elle apprit sur les genoux de son père l'astronomie ; elle épela pour premier alphabet le firmament; elle mesura l'espace en jouant, du bout de son compas.
Après avoir lu dans le ciel les secrets de Tastre, elle alla étudier à Athènes la métaphysique, cette autre astronomie de la pensée ; elle évoqua sous le platane du Pirée Tesprit errant de Platon ; elle accueillit sur son chaste cœur Tinvisible idéal, et rêveuse comme une jeune fille au sortir du premier baiser, elle revint à Alexandrie. A son retour, la jeunesse néoplatonicienne l'assit dans la chaire vide où murmurait encore le dernier écho de la parole de Plotin.
Elle était belle, mais de cette beauté paisible de la sta-
tue. Son front pâle semblait éteraellement porter le reflet de l'étoile. Jamais son sein ne souleva d'an seul battement le pli de sa ceinture. Elle épousa, par sympathie d'idées, le philosophe Isidore. Mais son mariage ne fut qu'un célibat à deux dans l'étude. Vierge sous le toit nuptial, elle éloignait toute distraction du cœur de sa longue méditation. L'élite de l'intelligence humaine accourut de trois continents au pied de sa chaire, pour entendre encore la dernière parole de la Grèce tomber de cette lèvre parfumée du miel de l'Hybla, et pour voir resplendir sur ce front couronné de verveine la dernière lueur de l'antiquité.
Un disciple l'aima de cet amour brûlant, exalté, qui roule dans ses veines toute la flamme, toute la rêverie des vallées embrasées et infinies de l'Afrique. Elle prit sa lyre et endormit d'une harmonie tombée de son doigt cette passion rugissante dans le désert. Orphée revenait une seconde fois sur la terre sous la figure d'une austère Ménade. La célébrité de cette muse éclose d'un sourire de Platon, égarée sur la limite du cinquième siècle, était une injure vivante à la victoire du christianisme. L'évéque Cyrille, irrité de cette voix d'une autre civilisation qui parlait de quatre siècles en arrière, souffla sa colère à son Église. La population monacale d'Alexandre frémit ; un rêve de sang visita le cénobite à jeun couché dans sa cellule.
Mais la jeune inspirée, fière de sa royauté parmi les Ames, traversait lentement les rues d'Alexandrie, debout dans sa robe de pourpre, sur un char attelé de quatre chevaux blancs, la main flottante sur les rênes, le regard perdu dans les nuages. Elle continuait de méditer en Dieu l'essence de la pensée, et lorsqu'elle avait passé, le frémissement de sa robe flottait derrière elle dans le vent, comme le bruit divin de sa méditation.
Elle n'entendait pas, dans la sérénité de son extase aboyer le moine de Nitrie, ce sombre dogue du désert. Un jour, cependant» le diacre Pierre, suivi d'une populace de saints, alla saisirsur son char la dernière fille de Platon. Il la tratna par les cheveux dans Téglbe de Gésarium, la dépouilla de sa robe, l'insulta dans sa beauté» la déc4>apa, ou plutôt, la déchira lentement avec le tranchant d'une écaille; et lorsqu'elle eut à jamais fermé sa paupière encore pleine des confidences du ciel, il poussa du pied le tronc sanglant de la victime devant le Dieu du calvaire.
Le lendemain, un disciple inconnu rassembla les lam* beaux épars du corps et les déposa pieusement sur un bû* cher. Il jeta dans la flamme le cinname, le papyrus où respirait encore le génie de la Grèce, tout ce que la jeune martyre païenne avait aimé, tout ce qu'elle avait glorifié parmi les vivants.
L'holocauste sublime de toute une civilisation disparut dans un tourbillon de fumée, et depuis ce jour, cette Ame du monde antique qui portait sur la terre le nom d'Hypa* thie, erre mystérieusement sur la brise dans l'attente d'une nouvelle incarnation.
Ainsi mourut tragiquement, de la main du christianisme, la dernière et glorieuse personnification de l'antiquité , emportant dans son flanc vierge le germe stérile de la métaphysique de Platon.
Mais l'amour seul est fécond. Le Christ avait dit : Je suis l'Amour. L'apôtre alla semer ce mot à travers TEurope ; la civilisation suivit le christianisme.
Il y avait; au nord de Tltalie, une contrée bénie entre toutes les contrées. La main qui mesure le vent aux troupeaux en avait d'avance dessiné l'ardiitecture, pour donner une hospitalité supérieure à la civilisation. Cette nouvelle
patrie de rhumanité régénéfée trempait dans deux mers, la Méditerranée et l'Océan, comme si elle aYait à envoyer des messages dans tous les espaces.
Elle portait au Levant et au Midi une ceinture de montagnes qui protégeait le travail intérieur de sa nationalité contre l'incessante perturbation de la conquête. Ainsi que la Grèce et l'Italie, elle était ouverte et accessible par une ^ule frontière à l'invasion. De distance en distance, cette double ceinture de montagnes projetait au centre une longue série de contre-forts, depuis les Vosges jusqu'aux Gévennes, immenses piédestaux verdoyants qui versaient leurs urnes de neige aux vallées.
Quatre fleuves navigables descendaient du haut de ces réservoirs perdus dans la nuit des sapins, pour aller rouler aux deux mers la vie et la richesse. De nombreuses rivières, entrelacées entre elles comme des mailles d'argent, coavraient partout le sol d'un réseau de fertilité et d'un murmure de fratcheur. Nulle part la mystérieuse prévoyance de la géographie n'avait plus admirablement équilibré les plaines avec les montagnes et combiné les diverses puissances de production.
Cette autre terre d'élection, assise à égale distance du pôle et de l'équateur, centralisait et conciliait en elle le Nord et le Midi. Elle étalait également sur son sein, avec une maternelle sympathie, le bouleau, le mélèze, le peuplier, le chêne, le platane, le cormier, l'aune, le saule, le figuier, le châtaignier alpestre, qui boit de préférence l'eau glacée du torrent, et l'olivier frileux, qui distille lentement, pour la lampe, la lumière du soleil. Elle prodiguait avec une infatigable munificence toutes les variétés de moisson : le blé, l'orge, le trèfle, le sainfoin, l'avoine, le seigle, le houblon, le chanvre velu, qui demande un vent tiède pour
échauffer son Apre parfum, le sarrasin neigeux, qui épanouit tristement sa pAle floraison au souffle de l'avalanche. Elle portait dé colline en colline la vigne affectueuse, la grappe chargée du vin le plus sympathique qui ait jamais coulé au banquet de l'humanité. Elle embrassait enfin toutes les familles éparses de végétaux plus ou moins complices et solidaires du progrès, dans l'universalité de son climat.
La Grèce l'avait effleurée, en passant, de la proue de son navire, et lui avait laissé en otage une colonie. Rome l'avait fécondée de son sang et convertie à sa civilisation. La Germanie, ribérie, la Scandinavie, la Judée, la Scythie, allèrent toutes, poussées par je ne sais quel pressentiment, verser dans cette chair si diversement pétrie de la chair de tant de nations, une nouvelle sève de vie, une nouvelle aptitude, une nouvelle faculté. Ainsi le vendangeur jette dans la ciive la vendange, cuivrée ou dorée, pour extraire de la combinaison et de la fermentation, multipliée à Tinfini de chaque grappe avec chaque grappe, un vin plus électrique et plus généreux.
Le printemps joyeux, inconnu & la première humanité dans rÉden de l'Asie, répandait sur cette couche nuptiale de toutes les races la rose et la lavande, la marguerite et l'anémone, le lis et le romarin, l'hièble et le laurier, la verveine brûlante, qui exhale l'arôme du désir, et l'aubépine virginale, qui flotte sur le buisson éomme l'aube douteuse de la lune sur l'eau dormante de l'étang. Toutes ces plantes et toutes ces races vivaient entre elles indissolublement unies, sans avmr à envier les unes aux autres une préférence de la nature. La ronde harmonieuse des saisons leur épanchait alternativement à chacune le rayon adouci du soleil.
Ce contraste perpétuel d'une géographie incidentée de plaines et de montagnes, d'une atmosphère variable tou* jours errante d'une saison à l'autre, inspirait à l'homme, par la contagion de l'exemple, le sentiment de la variété et de l'activité. Le Midi amollit la fibre, le Nord la durcit au contraire au travail ; mais la civilisation ne pouvait venir habiter une terre couverte de glaces et enveloppée de brouillards, pendant trois mois de l'année, submergée de marais et encombrée de fourrés, qu'après avoir forgé et réuni l'arsenal de toutes ses armes offensives et défensives contre la nature : la hache, la scie, la truelle, la vis d'Ârcbimède, le métier à tisser, la roue du moulin; car sans cela l'homme, vaincu par le froid de l'hiver, écrasé sous l'immensité du travail, serait resté éternellement enseveli dans la torpeur de la barbarie.
Ce jour était venu pour l'occident de l'Europe. La prévoyance du progrès avait accumulé là un immense approvisionnement de forêts et de faunes, pour la consommation et la nourriture de cinquante générations. Elle avait semé autant de fois les chênes qu'il y aura plus tard de poutres sur les maisons, et multiplié autant de fois les daims qu'il y aura de tables aux repas. Elle avait déposé dans les entrailles du sol la pierre et le marbre, la chaux et l'argile, le fer et Tétain, et le combustible, précieux tison conservé des premiers cataclysmes, qui couvait le monde moderne, dans l'Érèbe profond de la houillère.
J'ai terminé enfin mon long pèlerinage. J'ai touché le rivage sacré. Elle est là, je la vois, la Gaule aux blonds cheveux. Laissez-moi la saluer en passant et la nommer du nom de mon amour. Elle est couchée au bord de la mer, dans la grâce sauvage de sa jeunesse. Le flot la baise respectueusement de sa lèvre amère et la berce au bruit sourd
de son tonnerre. Elle a sam doute entendu une voix dans Tespace, car, à moitié soulevée sur son coude, elle écoute encore. Le vent de Dieu frémit h travers sa couronne de lierre» h flamme du désir inGni rayonne dans son regard. EUle attend, la coupe à la main, dans le frisson de la pas* sioD, la venue du fiancé.
Le christianisme parut, et la Gaule reconnut son époux. La civilisation antique, ou romaine ou grecque, avait été exclusivement urbaine, renfermée, concentrée dans la cité. La science même de Tassociation, la politique, tirait son nom de la ville, Polis. La ville était donc la société par excellence, Tunique société. Là, en effet, résidait le souve* rain. Là était l'agora; là le forum; là le conseil; là le tribunal ; là la tribune ; là le scrutin. Là était la vie élevée à sa suprême formule : la poésie, la philosophie, l'école, le gymnase, l'art, le théâtre, le marché, l'atelier. Là venait affluer, par conséquent, toute population qui voulait vivre de la vie multiple et abondante du sentiment, de la pensée, de l'art et de l'industrie. Le citoyen libre et nourri par l'esclavage tenait aux murs do la cité par toutes les habjtudes, par toutes les jouissances du corps et de l'esprit. Une réintégration sur le sol qu'il avait quitté depuis des siècles lui paraissait une réduction de son être, une mort partielle, une apostasie de sa dignité, une retraite dans la barbarie.
Là ville existait seule alors. La campagne n'existait pas, si, par existence, on entend l'incorporation de l'homme libre et intelligent à chaque partie du territoire, de sorte que de la montagne à la lande, de la source à la mer, il n'y ait pas une vallée, pas une motte de terre qui ne soit vivante de la vie humaine, de sa pensée. Mais à cette période de civilisation le sol était partout déserté comme frappé d'anathème. L'antiquité, rangée autour de ses thermes et de ses
— 2J0 — théâtres, écoatait à peine retentir au loin» sur le sentier, le bruit de fer que faisait le pas de l'esclave et la cloche du troupeau.
Rome t^dait de plus en plus, par la nature même de sa civilisation, à développer la cité au détriment de la campagne. Elle brisa ainsi la symétrie que la Providence a voulu établir entre l'homme et le sol nécessaire à sa subsistance, elle effaça de sa carte le village, elle fit autour d'elle la stérilité , elle abandonna au parcours du bétail l'immense banlieue qu'elle appelait sa province, et entourée de la verdoyante solitude des Latifundi, alla chercher la moisson, disparue de l'Italie , en Afrique et en Sicile. L'agriculture fuyait à son horizon, en entraînant avec elle la vie même du peuple romain.
L'invasion barbare pénétra aisément à travers les interstices de cette civilisation nue et vide au regard. La politique routière de Rome, en frayant partout des chemins, du Tibre au Rhin et du Rhin au Danube, avait d'avance préparé la conquête. La Barbarie roula en multitude innombrable, aves ses chariots et ses bestiaux, par les longues tranchées creusées à travers les forêts, et remonta sur les chaussées, d'arcs de triomphe en arcs de triomphe, les traces encore fraîches des victoires de César. Elle allait, escortée par la flamme, prenant les villes et les pillant sur son passage. Elle brisa, avec une froide cruauté, ces enclos étroits de l'idée païenne; elle en reversa, elle en répandit la population sur toute la surface du territoire ; emmena avec elle les sciences et les industries en esclavage, et les installa ao grand air des champs, auprès des cantonnements de son armée. Ainsi la tribu victorieuse emportait avec elle les idoles de la tribu vaincue.
La vie politique, auparavant confinée aux murs de la
cité, émigra avec la race conquérante de la ville dans la campagne. Deux influences contribuèrent i cette émigration : la bai4)arie et le christianisme.
La race germanique, perpétuellement errante» avait contracté, dans sa longue pérégrination^ Tinvincible habitude de la vie à cid ouvert» libre comme le vent qui soufflait dans ses cheveux. Elle convoitait l'espace pour dcmner du champ à l'expansion Juvénile de sa vigueur. Trempée pour la chasse et pour la guerre, elle aurait étouffé derrière la pierre de la cité. Aussi, après sa conquête, elle reprit le chemin de la clairière, pour continuer, au milieu des loups et des sangliers, son ancienne existence de braconnage, d'aventures ; et comme elle personnifiait en elle, et concentrait eo elle, du droit de la conquête, la propriété et l'autorité, elle déplaça le pouvoir et le transféra dans la campagne.
L'invasion y trouva la grande ferme, ou la villa patricienne, largement étalée sur le sol au milieu de toutes ses succursales et de toutes ses dépendances : son étable, sa boulangerie, sa forge, sa menuiserie, son atelier de toute nature. Le chef barbare franc, goth, visigoth, bourguignon, y installa son clan, et créa ainsi le village des débris mutilés et transformés de la villa. Mais l'invasion continuait toujours : la bande du lendemain venait arracher h la bande de la veille sa propriété ou plutôt sa capture. Le conquérant, incessamment troublé dans sa conquête, abandonna la ferme romaine assise en plein champ et ouverte de tous côtés. U monta le sentier escarpé de la colline et il bfttit, à la hauteur du vol de Taigle, sur le rocher entouré de précipices, une nouvelle demeure inaccessible aux attaques. Le donjon remplaça la villa.
Le couvent vint habiter la muraille abandonnée par le
guerrier germain. Le cbristianisme avait cherché, dès les premiers jours, le rédemption de Tâme dans la solitude, au fond de bruyères, loin des séductions de la cité. Il était donc sympathique à la campagne et colonisateur par dévo* tion. U avait converti avec le temps le vainqueur à l'Évangile. Cette conversion le couvrait d'inviolabilité. Il descendit hardiment dans la vallée. Il occupa à son tour la grande exploitation rurale du patricien romain, et partout où la villa manquait, il en copia Tarchitecture. H remplaça l'impluvium par le préau, la galerie par le clottre, la cetla par la cellule, la cène par le réfectoire. Comme le seigneur franc, il appela autour de lui et acclimata sur toutes les parties du territoire tous les arts, tous les métiers : la maçonnerie, la sculpture, la tannerie, la tixeranderie, récriture, la peinture. Mais le seigneur franc n'avait institué datis sa résidence que le travail de la main, le moine y transporta le travail de la pensée. Il y traîna le génie de l'antiquité comme le trophée de l'ennemi vaincu, et cacha la poésie, la philosophie grecque ou latine au fond des marais.
Le couvent et le donjon étaient les deux points fixes, les deux centres qui attiraient et groupaient autour d'eux la monade humaine, disséminée et flottante dans l'espace. La population laborieuse, protégée ici par la force et là par la piété, vint successivement asseoir, au pied de leur mur, sa demeure, son industrie. Ici, la maison débordante des flancs de la tourelle, pendait au regard en grappe confuise sur la pente abrupte de la hauteur. C'était le village né du chAteau. U portait presque toujours le prénom du roc ou du mont qui marquait son origine. Là, au contraire, la maison dormait paisiblement à l'ombre du clocher, éparse et blanche, dans la combe ou dans la prairie, comme la
brebis auprès du pasteur. C'était le village né du monastère. Il portait presque toujours le nom du saint, de la sainte qui protégeait son église ou sa chapelle.
Âinsiy après avoir arraché par lambeaux la civilisation des villes pour la disperser en plein vent, le guerrier franc et le christianisme prirent chacun une moitié de l'humanité. Le Franc régna sur le territoire, le christianisme sur l'esprit; l'un eut la richesse, l'autre l'influence: l'un habita le rocher, l'autre la vallée; l'un veilla, l'autre colonisa; et tous les deui, portant sans cesse leur bannière et leur croix en avant, de sommet en sommet, de désert en désert, semèrent derrière leurs pas et répartirent également la graine humaine sur toute la superficie du territoire. Us créèrent ainsi lentement, à leur insu^ cette admirable hiérarchie de la population, qui remonte graduellement du hameau au village, du village au bourg, du bourg à la ville, de la vilJe à la capitale. Ils constituèrent cette nationalité énergique et compacte qui repoussera désormais, par la trame serrée, impénétrable de chacune de ses molécules, toute nouvelle tentative, toute nouvelle fluctuation de conquête. La France, partout couverte, partout abritée de moutiers et de créneaux, pouvait commencer en paix le travail matériel et intellectuel de sa nouvelle civilisation.
Lorsque le voyageur traversait le soir l'immense forôt humide et brumeuse qui roulait un perpétuel gémissement sous l'ombre funèbre de ses rameaux, il pouvait être certain d'entendre, avant la tombée de la nuit, le son de la cloche ou le cri du cor de chasse, et de voir resplendir, devant lui, au dernier feu du couchant, la pierre de la tourelle ou la flèche de l'abbaye. La terre était partout habitée, cultivée, incorporée, identifiée à l'humanité; elle
vivait» elle pensait partout. Il n'y avait pas une glèbe qui n'eût son Ame, et qui» h l'heure de l'action, ne pût se lever et dire : Me voici.