FLEURS I)E RAFFAELLI
point, Dieu merci ! de ces gerbes exagérément gracieusées, dont les fleuristes contemporains nous dégoûtent, meme avant d’y avoir ajouté des oreilles d’âne en ruban et de menus drapeaux estampés de leur étiquette. Les bouquets de Raflaëlli s’exerçent en des tons pâles, sur des fonds d’un blanc froid, qu’il affectionne ; et, parmi des brindilles expressives, les taclies neutres de fleurs sans éclat, pareilles à la cour d’un astre, on y voit éclater l’étoile orangée d’un souci qui les éclaire, à la fois, et les attriste, leur versant, de son cœur ardent et brumeux, la splendeur et l’inquiétude.
De cette apparition des bouquets dans l’œuvre de tout grand peintre, je tire une conclusion à la fois poétique et véridique ; elle m’est fournie par cette noble phrase d’un penseur : « Vous pouvez j uger de la façon dont un homme combattrait par la façon dont il chante. » La réciproque est vraie.