EN S'EN REVENANT UN SOIR DE NOVEMBRE
Piquante est la bouffée à travers la nuit claire, Dans les buissons séchés la bise va sifflant ; Les étoiles au ciel font froid en scintillant, Et j'ai, pour arriver, bien du chemin à faire.
Pourtant je n'ai souci ni de la bise amère,
Ni des lampes d'argent dans le blanc firmament,
Ni de la feuille morte à l'affreux sifflement,
Ni même du bon gîte où tu m'attends, mon frère ;
Car je suis tout rempli de l'accueil de ce soir, Sous un modeste toit où je viens de m'asseoir, Devisant de Milton, l'aveugle au beau visage ;
De son doux Lycidas par l'orage entraîné ; De Laure en robe verte, en l'avril de son âge, Et du féal Pétrarque en pompe couronné.