‹ Profils anglaisChapitre 15 sur 47 · TROIS SONNETS · texte numérisé non relu

TROIS SONNETS

Imités de Wordsworth

Reposez-Vous et Remerciez

(Au SOMMET DU GLENCOE) X

Ayant monté longtemps d'un pas lourd et pesant Les rampes, au sommet désiré du voyage, Près du chemin gravi, bordé de fin herbage, Oh ! qui n'aime à tomber d'un cœur reconnaissant ?

Qui ne s'y coucherait délassé, se berçant Aux propos entre amis, ou seul, au cri sauvage Du faucon, près de là perdu dans le nuage, — Nuage du matin, et qui bientôt descend ?

Mais, le corps étendu, n'oublions pas que l'âme,

De même que l'oiseau monte sans agiter

Son aile, ou qu'au torrent, sans fatiguer sa rame,

Le poisson sait tout droit en flèche remonter, — L'âme (la foi l'aidant et les grâces propices) Peut monter son air pur, ses torrents, ses délices !

1 En Ecosse.

La Cabane du Highlander

Elle est bâtie en terre, et la sauvage fleur Orne un faîte croulant ; toiture mal fermée, Il en sort, le matin, une lente fumée, (Voyez) belle au soleil, blanche et torse en vapeur !

Le clair ruisseau des monts coule auprès : n'ayez

peur D'approcher comme lui ; quand l'âme est bien

formée, On est humble, on se sait, pauvre race, semée Aux rocs, aux durs sentiers, partout où vit un

cœur !

Sous ce toit affaissé de terre et de verdure,

Par ce chemin rampant jusqu'à la porte obscure,

Venez ; plus naturel, le pauvre a ses trésors ;

Un cœur doux, patient, bénissant sur sa route ; Qui, s'il supportait moins, bénirait moins sans

doute. . . .

Ne restez plus ainsi, ne restez pas dehors.

Le Château de Bothwell

Dans les tours de Bothwell, prisonnier autrefois, Plus d'un brave oubliait (tant cette Clyde est belle!)

De pleurer son malheur et sa cause fidèle. Moi-même, en d'autres temps, je vins là ; — je vous vois

Dans ma pensée encor, flots courants, sous vos

bois !

Mais, quoique revenu près des bords que j'appelle, Je ne puis rendre aux lieux de visite nouvelle. — Regret ! — Passé léger, m'allez-vous être un

poids ? . . .

Mieux vaut remercier une ancienne journée, Pour la joie au soleil librement couronnée, Que d'aigrir son désir contre un présent jaloux.

Le Sommeil t'a donné son pouvoir sur les songes, Mémoire ; tu les fais vivants et les prolonges ; Ce que tu sais aimer est-il donc loin de nous ?

Pensées d'août.

NOTES

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