‹ Profils bretonsChapitre 13 sur 13 · M. DE BAUDRY D ASSON · texte numérisé non relu

M. DE BAUDRY D ASSON

Vint la séance du 10 novembre 1880. Ce jour-là, après de nombreux rappels à l'ordre avec inscription au procès-verbal, privation de l'indemnité de député, etc., etc., M. Gambetta frappa d'exclusion temporaire M. de Baudry d'Asson. Le lendemain, le député de la Vendée revint à sa place. La garde du Palais et quelques malheureux soldats commandés par un officier dont cette action a été le plus brillant fait d'armes, et que le grade de général est venu récompenser de cette glorieuse équipée, le colonel Riu, étaient chargés d'appliquer le règlement et d'expulser M. de Baudry d'Asson de la salle des séances.

Entouré de tous les députés de la droite, M. de Baudry d'Asson se défendit avec la plus grande énergie. A la force il opposa la force et quand, les vêtements lacérés, il fut entraîné par des hommes qui s'étaient mis dix contre un, vers le petit local du palais Bourbon qu'il inaugurait, M. de Baudry d'Asson cria : Vive le Roi !

M. de Baudry d'Asson habite en Vendée la magnifique terre de Fonteclose, dans laquelle se trouve enclavé le vieux châtean qui appartenait autrefois à la famille

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Charette, berceau de la grande insurrection de 1793.

Vivant très retiré, M. de Baudry d'Asson s'est consacré à l'élevage et à la culture. Il augmentait le bien-être de ses fermiers en môme temps qu'il faisait venir à très grands frais des machines agricoles. Sous son impulsion, la culture prit un grand développement en Vendée et on vit des terres restées improductives pendant de longues années devenir d'un excellent rapport pour leurs propriétaires.

En 1860, M. de Baudry d'Asson a épousé Mademoiselle de La Rochefoucauld-Bayers, appartenant à une branche de l'illustre famille de La Rochefoucauld depuis longtemps fixée à Nantes. Le député de la Vendée n'habite Paris que juste le temps où il est forcé d'y demeurer par son mandat de député. Là non plus il ne perd pas une occasion de faire le bien.

Un jour on parle devant lui de la triste situation financière des écoles libres dirigées par les frères. Le lendemain il devait accomplir un véritable tour de force. Il avait parié de faire sauter à son cheval, lui le montant, cent barrières espacées seule-

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lement d'un mètre Tune de l'autre. L'enjeu était de 50,000 francs. Il gagna.

Quelques jours après , M. de Baudry d'Asson envoyait à l'archevêque de Paris, les 50,000 fr. qu'il avait gagnés, plus les 50,000 fr. montant de son enjeu. Tout Baudry d'Asson est là.

Voilà que j'ai fini de dessiner ce profil d'un gentilhomme croyant et fidèle qui a su bien tenir sa place au milieu de notre dixneuvième siècle sceptique et railleur^ d'un homme sympathique et aimable dont le portrait m'a tourmenté longtemps, d'un Vendéen au cœur loyal et dévoué à qui je suis heureux d'avoir pu consacrer ces quelques pages comme un public témoignage d'admiration.

Belle et noble figure qui, certes, ne vient pas déparer cette longue suite de Bretons et Vendéens célèbres.

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