‹ Profils d'or et de cendreChapitre 11 sur 87 · LA RÉPONSE · texte numérisé non relu

LA RÉPONSE

Nous avons lu tous deux celte long-ue soirée,

Vois, le feu s'est éteint comme un bouquet fané.

Mais parfois sur la cendre une lueur moirée,

Dans la nuit qui Tentoure a l'air de frissonner.

Le vent qui vient de loin a tressé les nuag'es

Comme une gerbe sombre au-dessus du jardin,

Il semble supporter leurs immenses voyages,

Et son sommeil frémit sous leur vol incertain;

Mais quels lacs, quelles mers ont vu leur eau brumeuse,

Le soleil de là-bas n'est que poussière ici.

Et ses heures s'en vont, mourantes et fumeuses,

Se rejoindre au hasard sur notre ciel noirci.

Nous avons lu tous deux; des mots mélancoliques

Evaporés vers nous de songes étrangers

Planent autour de tious, nuages romantiques,

Dont nous sommes ici les jardins passagers !

Je veux être ce soir ton amante inconnue. Qu'une double aventure accompagne nos pas, Pour que, lorsque en tes bras tu me sentiras nue Tu vainques un amour que tu n'attendais pas !

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