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LE DOUBLE MIROIR

Médaillon du matin, premier cadeau du jour, Dont tu fais des rideaux s'échapper le retour, La g-lace que tu prends d'une main qui hésite, La g-lace entre tes mains luit s'anime et palpite, Et tu semblés lancer, rattrapper le soleil, Gomme une balle d'or offerte à ton réveil ! Avant de te mirer elle a miré l'aurore, Et ton dernier portrait d'hier soir s'évapore Dans la rosée humide où tes cheveux nattés Font pâlir sur ton front toute une aube d'été ! Et les jeunes rayons courent sur ton visage, Ils courent sur les murs en y posant l'image D'autres petits miroirs légers, vides et ronds Petits cadres couverts d'un verre clair et blond ! C'est ainsi qu'au hasard tu jettes ta jeunesse Au matin, qui reçoit sa fragile caresse,

La relance au miroir, la reprend à nouveau Unissant dans ses jeux à travers les carreaux Le soleil du jardin au soleil de la chambre, Qu'enchante par tes mains tout un vol d'oiseaux d'ambre!

A quoi donc pensais-tu, ce soir, lorsque si pâle. Tes joues entre tes mains,

Tu regardais au fond de ton miroir ovale Ton reflet incertain?

Deux bougies éclairaient la glace et ton visage,

Et l'ombre sur le mur Vous confondait tous deux dans un même nuage

Egalement obscur.

On ne voyait que vous dans la chambre endormie,

Et que votre flambeau, Oui semblait éclairer deux âmes ennemies

Dans vos regards jumeaux.

Et la nuit encadrait deux femmes immobiles,

Qui, se voyant vieillir, Chercheraient à g-arder de leur beauté fraj^ile

Un plus fort souvenir !

G4 PROFILS d'or et de CENDRE

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