LA POURSUITE
Ce que cherchent tes yeux, ce qu'appelle ta bouche, Ce cri désespéré qui faiblit peu à peu, Et cette impulsion délirante et farouche Qui impose à ton cœur d'inconscients aveux, Et lamour des lointains, toutes les nostalgies, Et l'amour du passé qui submerg-e ta vie Gomme un cortège las et chancelant d'adieux !
Le murmure attristé de ta secrète angoisse. L'amour dont le désir a déchiré la chair. Tout ce qui te séduit, te conquiert et te froisse, La crainte de demain, le souvenir d'hier. Le changement qui couvre et découvre le monde, Et qui fait tour à tour transparente ou profonde La forêt qui se tord dans l'écume de l'air !
Pajsag-es de vie alternant sur la route !
C'est vous qui nous liez à l'unique chemin !
Et c'est vous que j'entends et c'est vous dont j'écoute
Les espoirs mensong-ers m'appeler vers demain,
Vous clouez chaque jour aux croix du cimetière,
Vous couvrez chaque jour davantage la terre,
Et c'est d'avoir vécu que vous êtes divins !
Mais mon pas est plus lent, ma démarche est plus lasse.
Et mes yeux fatigués connaissent mieux le soir !
Le reg-ret lentement à l'avenir s'enlace,
Le voyage est plus doux qui méprise l'espoir,
Mon corps en vieillissant m'appartient davantage,
Et comme un vieux portrait je vois ma propre image
Et mon cœur nostalgique a son propre miroir !
Ainsi, lorsque la chair par vous se décompose, 0 mort ! qu'elle vieillit et pâlit avant vous. Elle dépasse un peu la vie et se repose... On dirait qu'un destin apitoyé l'absout, Que son désir noyé d'un calme crépuscule. Devenu plus léger, plus faible et plus crédule Sent le monde endormi vibrer à ses genoux !
Chacun respire un peu de sa lointaine enfance Au-dessus du jardin mélancolique et las,
LA DEMEURE TRANSPARENTE qB
Où tous les bruits ont l'air de bercer le silence, Où dans le ciel calmé passe un brouillard lilas, Où son ombre mêlée à l'ombre universelle Semble dormir aux bras d'une terre fidèle Où monte avec douceur un soir qu'on ne voit pas !
94 PROFILS d'or et DB CENDRE