LE BUSTE
Que c'est triste de voir une bouche de pierre Sourire vainement à d'anciens baisers,
Pâle lumière, Passé dont rien jamais ne pourrait apaiser
L'amoureuse poussière...
Que c'est triste de voir sur un visage nu, Que le marbre retient dans son linceul livide,
Cet inconnu, Beauté vers qui toujours notre désir nous guide,
Et pour toujours perdu !
Ah ! ce buste sans nom qui rit sous la lumière ! Une ombre creuse un peu sa secrète pâleur,
Vie éphémère, Et qui crispe un instant son masque de douleur
Sur la bouche de pierre !
I06 PROFJLS d'uR. et de CENDRE
Ah ! que c'est triste, ah ! que c'est triste tout cela, Cette immobilité, cette mort qui nous touche,
Et qui est là, Pareille à l'amoureuse impossible et farouche,
Et qui ne voudrait pas !
LA DEMEURE TRANSPARENTE I07