LES BOUFFONS
Quatre actes. — Scènes de la vie moscovite.
Ah I quel monde I Le père avoue que, pour soutirer l'argent aux plus riches, il faut faire le pitre. Il le fait.
L'un me plaque les cinq doigts sur la figure, l'autre me barbouille de suie, l'autre me force à danser... c'était dur pour commencer; mais Je me suis habitué à faire pantin et paillasse, j'ai cessé de rougir; je suis mainlenanl rompu à tous ces exercices; vois, j'ai la gueule du singe!
Un jouvenceau ridicule demande la main de la cadette, (dix-sept ans} ;il a dépensé Targent qu'un propriétaire de province Tavait chargé de déposer à une caisse publique; il n'a pas de quoi manger, veut se marier, et demande à son futur beau-père une avance de 300 roubles.
Au IVo acte. La fille ainée (vingt-quatre ans) est vendue par son père (il se met à genoux pour la supplier d'accepter ce marché honteux) à un sexagénaire goujat, que la pauvre fille venait elle-même de chasser pour son insolence.
Ah ! merci, me voilà leste et dispos! Des filles pareilles, c'est la fortune !
Pouah! — Le titre vient d'abord des aveux du père qui se reconnaît pitre; puis des farces ridicules que quelques polissons jouent à lui et à son futur gendre. 'Ils ont grisé ce dernier^ et lui ont persuadé d'aller réclamer énergiquement de
Targent à son futur beau-père; le malheureux s'est fait expulser, naturellement.) Au beau-père, ils ont fabriqué un billet de Sainte-Farce d'une valeur de 60,000 roubles, et la joie, puis la déception ont failli tuer le bonhomme.