‹ Profils et types de la littérature russeChapitre 134 sur 148 · Acte · texte numérisé non relu

Acte

Uïie salle d'auberge. Nous apprenons que Vikhorcv a enlevé Eudoxie. 11 attend que la voiture soit attelée, et veut la conduire chez son ami Barantchcvski. Ce bellâtre de garnison, sans cœur, grossier, est bien dessiné. La pauvre petite lui raconte comment elle s'est trouvée mal^ et a obtenu le consentement paternel.

Eddoxie. — Enfln, que sais-je? je revinsà moi, jevois papa près de moi, assis, il pleure... Allons, dit-il, à la grâce de Dieul

ViKHOREv. — Il a consenli: c'est le bouquet! Fallait cela pour notre bonheur. (A part.) Oui, compte là-dessus, mon vieux, qu'on vivra près de toi !

Eddoxie. — Il m'a encore dit un mot; mais cela ne vaut pas la peine de le répéter.

ViKHOBEv. — Quoi donc?

Eudoxie. — Voilà : Il ne t'aime pas, Doxie; il le trompe, il ne lient pas à toi, mais seulement à ton argent. S'il veut, qu'il te prenne sans un rouge liard .

Moi, je pense que Targent ne fait pas le bonheur...

(dépit, stupeur, puis fureur croisjMinte do Vikhorcv)

ViKHOREv. — Je ne demande pas cela. Réponds-moi seulement franchement : te donnera-t-il de l'argent, oui ou non? Eudoxie. — Non.

ViKHORKV. — Non?... Eh bien! alors, qu est-ce que tu fais là? Eudoxie. — Est-ce ma faute, Victor Arkadytsch?

ViKHORKV (se promène dans m chambre.) — Ça ne Sait que s'amOUra-

cher, ça veut se faire épouser par un noble, devenir dame!...

Eudoxie. — Que dites-vous là, Victor Arkadytsch?

Vikhorev.— Les prendre gratis! Halte-là! Tu n'es pas née d'hier , il fallait réfléchir... Mais ça n'aque Tamouren tète, les fadeurs !... CristiîOn n'est pas b(^te à ce point-là! Elles s'imaginent toutes qu'on les prend pour leurs beaux yeux! Elles en deviennent idiotes!

On annonce que les chevaux sont prêts.

394 LTTTKRATURE RUSSE

EcDOxiE. — Où m'avez-vous emmenée?... Oue vais-je dire en renirant?

ViiwHoiiKv. — C'est Ion aiïuire. Pourquoi es-lu venue?

EuDOxiK. — Vous m'avez prise de Ibrce.

ViKHORfcv. — Va (lemander à ton pore 100,000 roubles, alors je t*épouserai, et tu seras dame.

Il se propose, ayant manqué cette affaire-là, de se rendre à Korovaïev, et d'y courtiser d'autres filles de marchands.

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