INTÉRIEUR DE MARCHANDS
Un acte.
Peu fiatteur, cet intérieur de marchands : meubles de mauvais goût, des oiseaux empaillés pendus au plafond... La grand'mère (soixante ans) a seule le souci du commerce; Madame se lève à 11 heures, pour manger, puis s'habille comme une noble ; un beau jour, se trouvant siélégante, elle
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soupirera : « Faut il que le sort m'ait imposé un mari si commun, pansu, hirsute ! »Elle cherche déjà à redresser Tinjusticedusort, guette au passage les jeunes officiers, et la servante Daria porte les petits billets. — Monsieur a horreur du travail; quand il sort, il oublie d'avertir et revient tard... trois jours après. Sa femme et sa belle-sœur décampent aussi, de leur côté. Le commerce va comme il peut.
Schirialov, Tami de la famille, marchand sans scrupules, se targue de ses vols, mais, puni par oQ il a péché, il est volé maintenant par son fils, dont le dévergondage lui empoisonne Texistence. Il en est morfondu. Heureusement que Texpérience lui a fourni un remède admirable : il achète une bouteille de rhum, quelques gousses de piment rouge, mélange, agite, avale et s*endort.
On devine sans peine, que, morte la grand'mère, morte la maison. C'est la faillite inévitable.
SANS DOT Giuq actes. Prose.
Anna Petrovna, veuve, avec fille nubile, est très préoccupée. Elle en perd la mémoire et passe la moitié de la journée à rechercher sa tabatière, son bas en train d'être ravaudé, ses lunettes sans lesquelles elle ne peut lire les lettres de son vieil avocat.
Celui-ci y rend compte des étranges commissions qu'elle lui donne : observer dans les bureaux quel fonctionnaire est mariable. Elle veut trouver un mari pour sa fille, et sa fille est pauvre. Jusqu'ici, on ne trouve donc que des grélés, des estropiés, des disparates.
ACTR I
Scène VII. — Prise de bec de deux entremetteuses qui se rencontrent chez la veuve.
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B<'fj^'Vol*'n-ki e-t assez l-i^n atlraf»^; mais en caricature. ¥Mt\t\o\^ '|»3i ' '^l'-rrhe une f*:'nrjin«:^ de ménage, se pique le rj"/. rh'ifite la h^«uche pl-ine. bref, se conduit devant la fille |#aijvr" chjuïfi" devant la [»lus vile servante de cabaret.
r In 'Je* qijartierf coroiuer^^aol? de Mo?fou. prè< la place do ThëAtre.
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Le jeune Méritsch, que Marie aime, auquel elle l'avoue très gentiment, qu'elle caresse item, -— se conduit comme un goujat.
— Tu veux me raconter les peines? Ah, maïs noni Ne m'empoU sonne pas ces quelques minutes !
Marie. — Ne te fâche pas, Vladimir. . . La paix I (Eiio rcmbrasse.)
Vladiuir. — Plus fort ! Encore! — Je vois maintenant que tu n'es pas une sotte. Hélas ! Marie! Je me souviens d'une femme... cellelà savait aimer!
Marie. — Pourquoi me parles-tu de cela ? Crois-tu que ce me soit agréable T
Vladimir. — Tiens! De la jalousie? J'en suis ravi! J'aime beau- .coup taquiner les jalouses.
Marie. — Non, ce n'est point de la jalousie, tu m'offenses à me parler d*autres femmes au moment même que je t'embrasse.
Il me semble qu'elle a raison !
H bâille, dit des niaiseries, s'esquive au bout de dix minutes.
Vladimir. — Je crains quêta mère ne nous surprenne, ce sorait contrariant pour toi.
Marie. — Eh bien, elle me grondera —voilà tout. Vladimir. — Mais j'aurais ma part ! (ii décampe.)