PRÉFACE
réjouissant de rencontrer là-bas encore Pinfluence civilisatrice de la France, nous en reportons le principal mérite à cette sagesse dont nos écrivains furent les reconnaissants interprètes :
Tarn mites, Graios indicat esse viros.
D'autres écriront une histoire savante, complète, de la littérature russe; je n'ai voulu qu'ébaucher ce travail, et Tébauchei- à ma façon. Bien que plusieurs ouvrages, des romans surtout, aient été traduits, les noms, les faits et gestes de ces écrivains ne sont point couramment connus en France; on ne {)eut donc pas encore, je crois, leur appliquer les procédés de critique convenables à une littérature dont l'inventaire est déjà dressé, dont le catalogue est entre toutes les mains; il conviendrait plutôt de raconter, de présenter, de traduire ; bref, de collaborer modestement à cet inventaire. J'écris dans cette louable intention, me recommandant à moi-même d'être juste envers tous les partis littéraires... Mais on a déjà deviné quel sera mon critérium.
Mon voyage à travers cette civilisation slave m'a trop intéressé pour que je m'en taise, pour que je ne double pas mon plaisir en le faisant partager de mon mieux.
Paris. 1895.