LA LANGUE M
et les divergences s'expliquent assez régulièrement; par exemple, les désinences actuelles étaient primitivement des mots distincts; les désinences verbales avaient le sens et la valeur des pronoms. Les éléments de la grammaire aryenne étaient donc déjà élaborés avant la dispersion de celte race sur r Europe et l'Asie (Korsch, oceoGiuaH Hcropia jiiTepaTypLi).
Les différents idiomes slaves formaient jadis une seule et même langue (oOmlA .ihtbo — (MaBaiicicift iiauii-b) ; c'est du moins une hypothèse admise. « Cette langue ne s'écroula pas^ et de ses ruines ne se forma point une autre langue, comme le français sortit du latin et l'anglais de l'anglosaxon. Au contraire, cette même langue résonne encore, et ne se modifia que dans quelques-unes de ses formes : les difftlrents rameaux de l'arbre slave n'étagent que des nuances » (Bogdanov, 6).
Par rapport à d'autres langues aryennes, au français par exemple, pour lesquelles est arrivée la période néo-analytique (l'expression est deJ. Grim.m, Ueber den Ursprung der Sprnchen), les idiomes slaves sont synthétiques. Le slavon ecclésiastique n'est donc pas, comme on l'a cru longtemps, la souche des idiomes slaves actuels; ceux-ci coexistaient. Le slavon est seulement plus voisin du grec et du sanscrit et, par suite, semble « l'héritier plus direct de cette antique langue slave, dont l'existence est théoriquement admise, qui fut parlée sur les versants de l'Himalaya (Bogdanov, 9).
Du slavon ecclésiastique est venu directement l'idiome bulgare actuel; mais, de même que la traduction biblique de Luther imposa à l'Allemagne le dialecte saxon, ainsi l'évangile de Cyrille lit du slavon ecclésiastique la langue littéraire en Russie, au détriment de l'idiome populaire parlé à la même époque; de sorte que, jusqu'au xi" siècle, les monuments du russe indigène font défaut. « Nous n'avons pas d'écrits authentiques de nos anciens écrivains, et les copies n'en sont pas antérieures au xiv* siècle » (Vodovozov, /IpeBHaii pyccKaH .hit., 100). H faut ainsi admettre ces anciens monuments du xi' siècle sur la foi d'un copiste. Mais les
temps marchèrent; pou à peu les deux idiomes se firent des emprunts récipnjques : l*uu devint moins sacré, Tautre moins rustique.
M Knrja mojhiiim'h *, ne fivui» * ImUCI» .iiu|t'Mt.jHj , mto .iioCijm. MOJHTi»rH, (TOH ui> ('(K')|>aiiiHXi> , lia ii.iouiii,ui\'i>, II lia f»aniyTHXi>*
HTdOlI I10Iîa;MlTl> * (tOh .IKUHMl. : HCTHIIIIO l'oHopH» * KaM'h, MT(» llpll-
Myrb * cBoc iwiHAaiiiiie. Tu }ko , nor^a Mo.iiiiiii>r}i , noitm ki> iwrhTb
CliOK) H 3aTIU)pil ;ll)Opll H MOJUCb ÛTUy THOOMV RTaJ^llt» H OTeUl> TBOtl,
BiUHiuifl xaftiicK', n<)a,wi<m. wGt, nniio... (Saint Matthieu, vi, 5.)
y, kogda juolichxsiay né boudin kak litsemèry, chio lioubiat molitlsiay stoia v sobraniiarh, na plochlchadiach^ i na raspoutiach^ chtoby pokazrf*} sebia lioudiam : isthino yovot*iou vam^ chto primont svot* vozdaianie, Ty jCy kogdn moUclusia, voidi v klètï Jtvoiou i zalvori dveri i molm Ottsou tvoejnnu nfnhit' i Otets tvoï, vidinchtrliu tmnoey vozdcutt tebe iavno...
On voit les rapports de cette écriture avec Talphabet grec. L'analogie des mots avec les autres langues européennes, moins frappante, n'existe pas moins. Je vais, h l'aide de F. Miklosich*, la rechercher prudemment; car j'ai la crainte de Dieu et des savauts de profession.
Les six mots étoiles ont une racine sanscrite que j'admets d'abord, et pour cause, sans discussion.
1) Mo.iiiTi.cH, prier; en sansc. broyer, frotter (la terre avec les genoux). Man, rappelle Mû/ilcy le moulin ; Mûlm, la terre pulvérulente ; le fr. mol, mou.
2) Byjh, futur du verbe être; se retrouve dans le persan.
3) PaniyTiixi», carrefours. Kac. pouti, le chemin. En slavon pat). En se. panthas, (On pense au grec ::cOç, le pied; pacnyrie signifierait : pied écarté. Nous disons bien patte. d*oie au lieu de carrefour.)
4) IloKaaaTi,, montrer. Se. kash, luire.
i. Frantz Miklosich, membre honoraire de notre Institut (f 1891). Ses remarquables ouvrages (écrits eu allemand et imi latin) fout foi dans les questions de philologie slave.