‹ Profils et types de la littérature russeChapitre 52 sur 148 · BOILEAU · texte numérisé non relu

BOILEAU

Le véritable prodige de ce temps-là fut ledit patriarche Nikon' ; sa vie est un roman. Il n'était rien, ne voulait rien être, et laProvidence, lui assignant une tâche, le mena aux honneurs et à la gloire*.

En 1605, dans la province de Nijni-Novogorod, une pauvrepaysanne meurt en accouchant d'un garçon. Une belle-mère vint diriger la maison, et l'enfant connut la brutalité, l'injustice, la faim et le froid. Il connut aussi le chaud ; car s'étant tapi dans le four et endormi, la marâtre faillit l'y brûler ; il fut sauvé par sagrand'mère. Un voisin charitable le recueille, lui apprend à lire, à écrire; mais il faut enfin rentrer à la maison paternelle, au bagne. A douze ans, l'enfant n'y tint plus; il s'enfuit, et entre dans un monastère comme orphelin vagabond. Ginq ans après, un pèlerin le reconnaît, lui apprend la mort de sa belle-mère, la maladie de sa grand'mère et le regret de son père. Le jeune homme retourne au

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