Fenouillot de Falbaire (1727-1800), oé à Salins
Puis viennent les œuvres de Polemkin, le futur prince; les comédies de Térence ; la Dévote de Geîlert; Soa^ale de Thomson; quelques comédies de l'infatigable Goldoni (il a écrit 150 pièces) et une vingtaine d'œuvres de Soumarokov.
Ce tableau est plus instructif qu'une longue dissertation. On voit que le théâtre est importé de toutes pièces, et que les œuvres françaises semblent être préférées, attestant le succès de révolution vers TOccident. Les slavophilesS ceuxlà mêmes que commanderont plus tard K. Aksakov, Kireievski, etc. en soupirèrent, redoutant l'ivraie étrangère au milieu du froment russe; de même que chez nous de bonnes âmes déplorent que l'éducation gréco-latine ait étouffé le génie auvergnat La réforme de Pierre le Grand ne pouvait plaire à beaucoup, d'abord parce que, prudente ou non, elle était réforme, et que l'humanité souffre impatiemment l'innovation ; sa routine lui devient chère; ensuite parce que le tsar commettait là une faute... en théorie. Les patriotes s'interrogeaient avec anxiété : Est-il sage de transporter brusquement l'ouest à l'est? d'arrêter dans sa croissance lente, si Ton veut, mais naturelle, Tarbre slave, et de le greffer à coups de hache? Si la sève se refuse à l'essai, la Russie n'aura plus qu'un trognon; l'imitation deviendra singerie; on dédaignera puis oubliera la tradition nationale, sa langue, et cessera d'être slave sans devenir latin; on sera pseudoeuropéen, hybride... L'objection était sensée, mais l'événement justifia le réformateur. Une littérature nationale ne pousse pas en effet comme les champignons après la pluie; il faut avoir imité beaucoup pour mériter d'être imité à son tour; et dans les efforts de traduction, dans la lutte avec les tournures étrangères, la langue et l'ingéniosité russes avaient plus à gagner qu'à perdre. Le naturel chassé devait
i. Les Slaviané ou Moskvitchi. Le parti adverse, les Zapadniki, fut mené par l'historien Granovski et par le critique Biéliiiski. — Los deux partis se réconcilièrent dans un banquet; — j'entends les chefs, ceux qui dînèrent.
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revenir au galop; à côté de Soumarokov, on voit déjà Von Vizine, et Ozérov suivra de près.
Sans doute il eût mieux valu puiser directement aux sources et ne pas imiter d'après une imitation, commettre un double plagiai; mais lire le grec dans le texte, vous en parlez bien à votre aise! Il s'agissait d'aller vite, de rattraper le temps perdu. Aussi, quelle formidable poussée donna Pierre le Grand ! Quelle époque de rénovation où tout est intéressant à étudier! Si le cadre de mon livre l'eût permis, j'aurais voulu m'arrêter, par exemple, sur le nom de ce Théophane Prokopovitchy archevêque de Novogorod, l'illustre collaborateur du tsar, écrivain et prédicateur éminent, conseiller sûr, le théoricien de la réforme, lequel passerait de nos jours encore pour un esprit trop indépendant. Pensez donc! Il demanda que le consentement des parents fût nécessaire pour tonsurer les enfants; que Ton réprimât le commerce effronté des prétendues reliques, lait de la Sainte Vierge, poils de la barbe du Christ, etc. ; que Ton traduisit le mieux possible en russe les mots grecs et latins de la liturgie, afin que le peuple priant Dieu comprit sa prière; que les hommes et les femmes ne pussent se séquestrer dans un monastère ex abrupto, avant d'avoir connu le monde, avant d'avoir payé leur dette à la société, avant cinquante et quarante ans, respectivement. Et autres propositions abominables! Par la plume et par la parole, il fut le défenseur ardent des plans de son maître et mérita bien de la patrie. A la plaisanterie de Saltykov*, qu'une circulaire envoyée de Saint-Pétersbourg pour provoquer une souscription à sa statue recueillit dans les villes dévouées au gouvernement cinquante centimes, et dans les autres un sou, j'ajouterai : Eh bien, tant pis pour les ingratsi
Il convient aussi de mentionner deux autres célèbres théoriciens qui précisèrent ou proposèrent au tsar plusieurs projets (la mission de Behring, par exemple) : Leibnitz et