CHARLOTTE DIEDE
Il n'est personne en Allemagne qui ne connaisse un ouvrage posthume du baron Guillaume de Humboldt intitulé : Lettres à une amie. Publiées pour la première fois en 1847, douze ans après la mort de l'homme considérable à qui on a élevé un monument en face de Tuniversité de Berlin, ces lettres firent sensation; on n'a cessé depuis lors de les rééditer, elles ont pris place dans toutes les bibliothèques *. C'est le seul livre de Guillaume de Humboldt, frère aine d'Alexandre l'illustre naturaliste, qui ait pénétré dans le grand public. S'il n'avait pas eu une amie, quelque chose aurait manqué à sa gloire : il n'aurait pas été lu des femmes.
Tout le monde savait que Humboldt avait été un homme d'État, un diplomate, qu'il avait représenté plus d'une fois la Prusse auprès des cours étrangères, qu'il avait signé avec le prince de Hardenberg