M. CB10N-DU COLLET
Élu au 2e tour de scrutin, — 7,779 voix.
Mes chers Compatriotes,
De toutes parts, j’ai été invité à briguer Ic3 suffrages des électeurs de notre eirconscripLion.
Sans fausse modestie, j’accepte cet honneur.
Originaire de Sinard, canton du Moneslier-de-Ciermont, je suis né en 1848, et aï vécu de cette yie de travail et d’épargne qui caractérise si bien le tempérament des populations de nos montagnes.
Par ma naissance et par mes débuts, ^appartiens à Pliumbïe classe des laboureurs, ce dont j'ai le droit d'être fier. Je suis donc issu « des nouvelles couches sociales » annoncées par Gambetta en 1872.
Notaire depuis plus de vingt-cinq ans, maire de La Mure depuis vingt ans, et membre* depuis onze ans, du Conseil général de l'Isère, où l’on a bien voulu m’appeler aux fonctions de président de la Commission du budget, je suis arrivé à la situation que j'occupe, bien plus par le travail que par la fortune.
Après trente années consécutives de vie publique, je ne puis être un inconnu pour vous et me crois donc dispensé de vous faire un bruyant étalage de mes convictions et de mes principes, tes uns et les autres vous pont suffisamment connus.
Républicain radical de Gouvernement, mes concitoyens de la ville et du canton de La Mure, à plusieurs reprises depuis vingt-quatre ans, m3ont jugé digne de les représenter et de gérer leurs intérêts. Administrateur communal et départemental, et pas du tout politicien, j’ai consacré les loisirs que m'a laissés ma profession aux affaires de la ville de La Mure et plus spécialement à celles du canton et des sociétés mutuelles d’assistance et de prévoyance de la région.
Mais, comme bien vous le pensez, mes cliers compatriotes, si je ne. me sms pas laisse absorber par la politique, il n’en est pas moins vrai que j’ai suivi avec passion les événements qui ont intéressé et intéressent encore nuire sort commun, à quelque point de vue que ce soit.
Et parmi ces évènements, il en est un, plein d’actualité, au sujet duquel je me crois tenu de vous exprimer mon sentiment: il s'agit de la promulgation de la loi de « Séparation des Églises et de l'État ».
Conçue dans un esprit libéral, cette loi m'apparaît nécessaire, indispensable à la liberté de conscience et des cultes. Quant à |bjn application, elle doit se faire, — comme pour toute loi d'ailleurs — avec fermeté et impartialité, mais aussi avec loyauté et sans parti pris contre les consciences,
Dana le mot de « République », vous avez, mes cliers compatriotes, entrevu comme moi un idéal de justice, de progrès social et de réformes; tous nous avons placé notre confiance dans le Gouvernement républicain, en vue de l'amélioration du sort du plus grand nombre d'entre nous et avons espéré qu’à une augmentation de bien-être viendrait s ajouter bienlèt notte émancipation intellectuelle et sociale.
Ce progrès et ces réformes tant désirés, je ne les attends ni de l’oppression, ni de la
violence, mais seulement d’une politique de concorde qui réunira, enfin, tou* les membres de la grande famille républicaine contre les ennemis irréconciliables de la République,
Une crise récente nous a montré l'ennemi plein d’arrogance, prêt à fondre sur nous et à nous faire expier nos dissensions. C’est là une leçon dont nous devrons tirer profit pour l'avenir.
En résumé, je souscrirai au programme suivant i
« Une République ordonnée et vraiment libérale, mais forte et respectée, basée sur la justice égale pour tous, en même temps que secourable aux faibles.
« Respectueuse de tous les droits, mais résolument réformatrice, économe des deniers publics, ayant souci des contribuables, que l’on perd trop souvent de vue en politique.
« Anticléricale mais non antireligieuse ;
« Antinationaliste, mais gardienne vigilante de l’honneur et de la puissance de la patrie.
« Confiante dans le loyalisme de l’armée nationale chargée, sous la suprématie du pouvoir civil, de défendre le sol, la drapeau et la Constitution.
« Adversaire des utopies communistes et collectivistes, nettement hostile aux moyens violents, à la politique de surenchère, mais constamment et passionnément préoccupée de tous les progrès et, avant tous les autres, du progrès social dont la mutualité constitue lUm des facteurs les plus puissants et les plus immédiats.
« EilGn. protectrice de notre agriculture vraiment trop délaissée, en commençant par l’extension du dégrèvement des cotes foncières ».
Mes chers Compatriotes,
Si vous pensez qu’un des vôtres, bien connu de vous par ses actes beaucoup plus que par ses dhcours, connaissant vos besoins et vos aspirations, peut vous représenter au Parlement,
Si vous estimez que le citoy: n connu, le montagnard, le républicain radical éprouvé, l'administrateur communal que je suis vous présente des garanties suffisantes,
Vous voterez pour moi.
Et, si je suis votre élu, je vous déclare que j’irai siéger dans Tes rangs de l’Union démocratique ou de la Gauche radicale et que je voterai avec les républicains du Bloc des gauches, comme je l’ai toujours fait au Conseil général.
Le canton du Vülard-de-Lans me parait assuré d’avoir son tramway, ainsi qu’en a décidé le Conseil général dans fa dernière session.
Le bourg de Vif compte sur l’établissement prochain du prolongement du tramway de Varces à Vif, voté par le Conseil général à la même session.
Les cantons de Clelles et de Mens attendent l’étude et l’exécution d’un tramway spécial par automobile, pour relier Mens à la gare de Clelles.
Les cantons de la Mure, Corps, Valbonnais et partie celui de Mens, sont assurés aujourd’hui par les votes de la Chambre des Députés du 10 avril et du Sénat le 13 du môme mois, de l’exécution du projet de chemin de fer de la Mure à Gap, par Corps, avec embranchement sur Valbonnais.
Je tiendrai la main à la prompte exécution de ces projets. Il restera à s’occuper des études du prolongement sur Entraigues d’abord, et ensuite sur le Périer pour se' relier avec la ligne du Bourg-d’Oisans, et aussi de celle du projet sur Vaijouffray pour l’exploitation des bois et des marbres.
Et les cantons du Bourg-d’Oisans tt du Monestier-de-Clermont désirent aussi diverses améliorations qui me paraissent justes : je ne les oublierai pas.
Je serai dévoué de tout cœur à fun et à l’autre.
Plus encore que les autres, les cantons montagneux ont droit aux améliorations et aux avantages concédés à ceux de la plaine.
Si je suis élu, vous pouvez compter sur mon énergie et ma ferme volonté de faire aboutir ces entreprises, qui constitueront des progrès réels et des améliorations auxquelles nos populations ont droit. Mon concours le plus dévoué leur est acquis.
Comme député et encore comme conseiller général, aux neuf cantons formant notre circonscription, sans distinction aucune, je promets de prêter mon concours le plus actif, comme je le fais depuis vingt ans à La Mure, pour toutes les améliorations locales. Je serai heureux, croyezde, de pouvoir utiliser mon expérience en administration communale pour le plus grand profit de nos 1Û5 communes,
j ai le plus vif désir de m'occuper tout particulièrement des questions qui touchent à l’agriculture, pour alléger ses charges et aider à son relèvement; j’en dis autant des retraites ouvrières et agricoles.
Je ne perdrai pas de vue non plus les intérêts de la classe ouvrière au milieu de laquelle je vis depuis vingt-cinq ans.
Mutualiste convaincu, membre du Conseil départemental de la Mutualité, délégué par mes collègues du Conseil général, je m'occuperai davantage encore de cette grande oeuvre sociale qui a ses racines dans le travail et l’épargne, par la prévoyance et la solidarité. L’aumône, toujours humiliante pour celui qui la reçoit, fera place à un bien-être au moins relatif qui sauvegardera la dignité humaine.
Au cas où je serai votre élu, je me ferai un devoir, au cours de mon mandat, de visiter toutes les communes de la circonscription pour me rendre compte de vos besoins. Et quoi qu'il advienne, je suis et resterai toujours, mes chers compatriofes, votre tout dévoué serviteur.
Vive la République l
CH ION- DUCGLLET,
Chevalier de la Légion d’honneur,
Notaire,
Président de h Chambre des Notaires de l’arrondissement de Grenoble,
Maire de La Mure,
Conseiller général de l’Isère,
H Président de la Commiss o i du budget.
Circonscription de SAINT-MARCELLIN, M- GHENAVAZ.
Elu au 2e tour de scrutin, — i 0.931 voix»
Mon cher concitoyen,
Pour la troisième fois j’ai l’honneur de solliciter le renouvellement de mon mandat. Je le fais avec confiance, non seulement parce que tous les quatre ans un nombre de suffrages plus considérable m’a marqué la sympathie et l’adhésion du corps électoral, mais parce que j’ai conscience d’avoir accompli mon devoir républicain. Depuis bientôt douze ans, vous me voyez à l'œuvre et vous pouvez me juger sur mes actes. Les adversaires de la République, en tout cas, m’ont jugé, et j’ai la fierté de supporter, dans notre département, de la part de la
réaction cléricale et capitaliste, la campagne la plus jésuitique, la plus violente et la plus acharnée.
C'est qu'avec les Combes, le3 Rrnsson, les Pelîetan, les Briand, les Viviani et tous les illustres inspirateurs de la démocratie française, fui continué sans faiblesse la politique de défense et d’action républicaines. Je suis resté le soldat dévoué du Bloc républicain et je déclare hautement que les républicains n’ont pas d'adversaires k gauche. C'est en vain que certains ont essayé de faire croire le contraire, en m'obligeant à me défendre contre d'odieuses accusations, indignes de républicains, en m'obligeant à dénoncer les alliances équivoques et les compromissions. Toute ma vie politique, tous mes actes, tous mes votes attestent la sincérité de mes déclarations.
En ce qui concerne les intérêts matériels de notre circonscription, si nombreux et si importants, j'emploierai comme par le passé tout mon dévouement et toute mon activité à les défendre. J'indique seulement, sur une question spèciale et pour aller au-devant de reproches inspirés par La mauvaise foi, que, depuis sa création, je fais partira la Chambre du Comité de défense des bouilleurs de cru, dont j'ai soutenu très énergiquement toutes les revendications, à qui j'ai contribué de toutes mes forces à faire rendre enfin justice.
Je dois, mon cher concitoyen, yous indiquer au moins les grandes lignes du programme de mou parti. Les voici :
Le Bloc républicain et socialiste entend suivre demain avec la même fermeté, le même esprit de méthode, la même discipline et le même dévouement, la réalisation des nouvelles réformes politiques, économiques et sociales que réclame la démocratie.
En déchirant le Concordat, par une loi libérale, respectueuse des droits de la conscience, la République qui ne pouvait vivre et se développer qu'à la condition de mettre fin à la domination politique exercée par l'Église sur FÉfat, a couronné son œuvre de laïcisation.
Cette œuvre, nous ne la laisserons jamais entamer!
Aux assauts de la réaction contre les lois laïques, nous saurons opposer la plus vigoureuse résistance, car la sauvegarde de l'émancipation intellectuelle eL morale de là nation est pour nous la préface et la préparation nécessaires de son émancipation économique et sociale.
Mais le Bloc républicain et socialiste ne saurait borner ses efTorls à cette défensive résolue II est un parti de progrès social et d'action réformiste.
Contre l'école égoïste du laisser-faire, nous uffinnons le droit de l'État d'intervenir dans les rapports du capital et du travail pour établir les conditions nécessaires de la justice. Nous voulons créer, pour le prolétariat, par le jeu pacifique des institutions, une situation où celui-ci pourra trouver dans une législation basée sur les principes de la solidarité sociale, les moyens de mieux défendre ses intérêts, de faire valoir plus efficacement se s droits. Nous voulons, en attendant la transformation nécessaire du salariat, qu'iï puisse recevoir la part qui lui revient en équité sur la valeur du produit récolté ou fabriqué.
C'est dire que nous entendons favoriser le large courant qui porte vers l organisatio syndicale les travailleurs de tous les milieux; nous les aiderons à acquérir, pour le développement de cette organisation syndicale, instrument légal de l'émancipation pro'étarienne, toute la liberté et toutes les garanties qu'ils sont en droit d'attendre de la République.
Nous nous efforcerons de prévenir les conflits douloureux qu'entraîne trop souvent la grève, en établissant des procédures d'arbitrage.
Nous nous attacherons à résoudre les problèmes complexes du chômage, de la rêduc- ■ lion des heures de travail, de la participation aux bénéfices; loin de nous enfermer dans un égoïsme do classe qui nous apparaît ait comme une banqueroute républi aine, nous tendrons, prolétaires nous-mêmes, fraternellement la main au prolétariat, pour la conquête de ses droits, pour sa comp’ète émnncipation intellectuelle, morale et matérielle.
La République, fondée au prix de leur sang par les travailleurs, a contracté envers eux une dette sociale que nous ne laisserons pas prescrire I
De même, nous défendrons l'ouvrier contre Je péril que lui cause son isolement en présence d'une industrie de plus en plus centralisée, qui met aux mains de quelques privilégiés
des capitaux immenses. Nous le défendrons contre les trusts; nous ferons rentrer dans le domaine de l’État-, en tenant compte de tous les droits, la plupart des îndusiries monopolisées, mines, chemins de fer, assurances, crédit, au fur et à mesure que l’intérêt général du pays, le souci de sa -défense nationale, les besoins de sa production industrielle et agricole le permettront,
À la démocratie rurale, nous donnerons enfin l’impôt progressif sur le revenu, qui, en frappant chacun selon ses facultés, réelles, exonérera les petits de la charge écrasante qu’ils supportent. Nous assurerons au petit projeté taire, au cultivateur durement éprouvé par des crises trop répétées, une meilleure organisation du crédit agricole et des conditions plus justes de circulation, do vente et de protection de ses produits.
Les masses rurales sont l’immense majorité de la nation et la force de la République; nous nous efforcerons, par une politique économique imbue d’un large esprit démocratique, par la suppression de l’impôt Foncier pour les petites cotes, par la diminution des frais judiciaires, par ïa réforme des droits d’héritage, enfin par la réalisation des grands travaux d’intérêt général depuis longtemps réclamés des diverses régions de la France, de créer des conditions nouvelles de bien-être et de prospérité qui donnent à la démocratie rurale la preuve manifeste et tangible de la gratitude que lui a vouée la République.
Les élus de notre parti ne sc montreront pas moins dévoués aux intérêts des petits commerçants et de la masse des employés de chemins de fer, des employés de commerce et de l'industrie, dts milliers de petits fonctionnaires, facteurs, cantonniers et commis des diverses administrations dont le sort est si digne d'intérêt.
Décidé à pratiquer une politique sévère d’économies, le Bloc républicain et socialiste ne supportera pas cependant que celles-ci soient faites aux dépens des humbles. Il y a assez d’abus à supprimer par ailleurs pour que les droits des petits ne soient ni méconnus ni lésés.
La Bloc républicain et socialiste est un parti de justice et de soldante sociale.
Il ne poursuit qu’un but : le développement et le triomphe des idées de liberté, d’égalité et de fraternité que la Fiance moderne a recueillies de l’impérissable tradition de la Révolution frauçaise.-
Reponssaut toute solidarité avec certaines doctrines, il veut la patrie grande pour la paix, le développement de l'arbitrage international, l’armée respectée, mais fidèle à ses devoirs et obéissante aux lois.
il veut. en un mot une République de travail, de liberté et de progrès.
Tels sont, mon cher concitoyen, les idées qui m’inspireront et le programme que je défendrai ,
Fai la ferme espérance que, le 6 niai prochain, ce programme sortira triomphant des urnes. Le vaillant et démocratique arrondissement de Saint-Marcellin ne démentira pas son passé. Il infligera à la réaction cléricale la leçon définitive que lui méritent son hypocrisie, ses diffamations et ses violences.
Vive la République démocratique et sociale \
Octave CHENAVAZ,.
Conseiller générai de l’Isère, Député sortant.
Candidat du Bloc de gauche.
Appel des £lus républicains de l'arrondissement.
Les élus cantonaux du bloc de gauche, les délégués des comités républicains et socialistes de l’arrondissement, réunis à Saint-Marcellin, le 7 avril 1906, ont pris, à I unanimité, la délibération suivante :
Considérant* l’attitude énergique et sans compromissions du citoyen Chenavaz, député sortant, qui, fidèle à son mandat, a combattu pendant la dernière législature* aviâc toute l’extrême gauche de la Chambre, pour le triomphe de la politique anticléricale* et de réformes sociales, et a voté toutes les grandes lois démocratiques ï
Considérant le dévouement et l’activité apportés par le citoyen Chenavaz à la défense des intérêts locaux, son zèle à soutenir les projets municipaux ©^cantonaux auprès de Y administration -et, du Gouvernement, les heureux résultats obtenus ces dernières années, grâce à son influeuce vigilante;
Considérant qu’en présence des forces réactionnaires et cléricales coalisées; en présence d’une campagne de presse qui dénature odieusement le sens et la portée dès réformes les plus libérales, comme celle de la séparation des Églises et de ■ l’État-, l’intérêt supérieur de la République impose à ses défenseurs une discipline sévère et inflexible ;
Considérant que la division des forces républicaines et socialistes risquerait de mettre en bonne posture, au premier tour, le candidat do f Église et de la réaction; que pour éviter même l’apparence d’un échec dans une circonscription qui soutint pour la République des luttes glorieuses, il est essentiel d’affirmer au premier tour la cohésion inébranlable des partis de gauche ; que nul, plus que le citoyen Octave Chenavaz n’e^t désigné, par son passé, par ses. services, pour être dans la circonscnptîjpn le vaillant porte -drapeau de la République démocratique et sociale;
Considérant que c’est en s’inspirant de ses principes que la fédération socialiste autonome de Pïsère a conclu, avec le parti radical ef radical-socialiste, un pacte de discipline qui convie tous les démocrates sincères à soutenir les députés sortants du Bloc, qui, comme le citoyen Chenavaz, n’ont, pas démérité ;
Les soussignés font appel à fanion et â la dicipliiie de Ions les républicains, sans distinction de nuance, pour consacrer aux prochaines élections la politique du Bloc sur le nom du citoyen Chenavaz et écraser une fois de plus la .réaction cléricale,
(Suivent les signatures.)
r* Circonscription de LA TOUR-DU-PIN.
M. BAJQN.
Élu au 1er tour de sc rutin, — 10.143 voix.
Mes chers concitoyens,
L’union des républicains des groupes de gauche, pratiquée pendant toute cette légiste ture, a substitué la politique des réalisations fécondes à la politique dangereuse de ajournements.
V œuvre démocratique .
Par cette union, des résultats positifs ont été obtenu s, tels que :
La réduction à deux ans du temps de service militaire;
La loi organisant l’assistance obligatoire aux infirmes privés de ressources et aux vieillards ;
Le droit des bouilleurs de cru et la liberté de la distillation pour le récoltant ont été rétablis ï
Enfin, la loi donnant des retraites aux vieux travailleurs de l'industrie, du commerce et de l'agriculture a été votée par la Chambre* Elle est actuellement soumise à Texamen du Sénat,
Dans Tordre politique, la Chambre, sous l'énergique impulsion du ministère Combes, a définitivement laïcisé l'enseignement, et appliqué aux congrégations, sans en excepter les plus puissantes, la loi do sécurité républicaine préparée par Waldeck-Rousseau,
Enfin, pour la séparation des Églises et de l'État, la Chambre a su assurer la liberté de conscience des croyants et des incroyants, en organisant un régime qui s'inspire — quoi qu'en disent ses détracteurs passionnés “du véritable esprit libéral,
La loi laisse aux associations religieuses la totalité des biens ecclésiastiques, elle leur concède la jouissance gratuite et indéfinie des édifie s du culte. Enfin, eüe transfère aux budgets communaux, sous forme de revenus annuels et permanents, la totalité du budget des cubes, au fur et a mesure de sa suppression progressive. C'est un don de 52 millions, renouvelé chaque année aux communes de France, et qui atteindra pour chacune des communes rurales de l'Isère, des sommes variant entre 1,009 et 2,000 francs par an*
En collaborant à ces lois, soit par mes votes, soit par mon action personnelle, je n'ai fait que remplir les engagements que j’avais pris à votre égard.
Les réformes sociales .
IT autres résultats certains seront le fruit de la prochaine législature, si le suffrage universel sait, défendre et maintenir la majorité républicaine et lui donner une nouvelle et vigoureuse impulsion.
ïl faut placer au premier plan la réforme de l'impôt quï, en proportionnant les charges du contribuable à son revenu, rétablira l'équilibre aujourd'hui rompu au détriment des moins fortunés. Le vote définitif, pa - raccord de la Chambre et^u Sénat, de la loi organisant les retraites ouvrières et agricoles, devra compléter cett^ œuvre d3 justice sociale, garantie definitive de notre régime contre l'éternel assaut drê*adveriaires de la République et de la démocratie.
C'est à eetîe œuvre d'incessant progrès que votre représentant devra donner tout son effort, sans jamais perdre de vue les intérêts économiques, agricoles, commerciaux, industrie's et. ouvriers de la France, et en particulier de notre belle région.
Les tissus de soie pure .
En ce quï concerne l'industrie du tissage de ia soie, permet tez-riïôi de vous rappeler que j’ai pris part à toutes les discussions ou il s'est agi de la défendre. Les associations patronales et ouvrières m'en ont rendu témoignage. La loi du 21 décembre 1905, obtenue par d' n cessants efforts, a relevé de 2 francs a k francs, c'est-à-dire doublé les droits sur les tissus suisses et allemands. Les négociations actuellement soutenues dans le sens de nos réclamations complémentaires par le Gouvernement français font prévoir qu'ils seront prochainement relevés de nouveau jusqu’à Satisfaction complète de nos demandes.
Pas d’ennemis à gauche.
Mes chers concitoyens,
C'est par l'union de tous les républicains, par le système politique qui ne connaît pas d’ennemis à gauche, que le programme de la République démocratique et sociale peut aboutir. Je vous promets de ne jamais Toybiier.
Confiant dans votre esprit de clairvoyance et de justice, qui saura bien distinguer la vérité des calomnies intéressées ou des criiiques de parti pris, je vous prie de croire à mon inaltérable et bien cordial dévouement.
Claude-Antoine RÀJQN*
Député sortant.
2° Circonscription de LA TOUR DU-FIN.
M. CIIÀNOZ.
Élu au l*r tour de scrutin, — 9.693 voix.
Mes chers concitoyens,
Pour la troisième fois, je me présente à vos suffrages. Comme en 1900 et en 1902, je veux être le candidat de l'union des républicains, pour la réalisation des réformes inscrites au vieux programme démocratique.
A h Chambre, j'ai appartenu au groupe des gauches. J’ai voté les lois qui assuraient la laïcité de renseignement et la laïcité de l'Étal, La séparation des Églises et, de l'État n’est pas, comme Pont prétendu les partis réactionnaires, une loi d’oppression ; eh la votant, nous avons fait une loi de liberté 1
La derntérè législature n^a pas seulement réalisé des réformes d’ordre politique; on lui doit aussi d'importantes réformes sociales. 11 me suffira de citer la loi sur Ta ssistance obligatoire aux vieillards, aux incurables et aux infirmes ; la loi qui a réduit à deux années la durée du service militaire et le projet de loi sur les retraites ouvrières. La loi sur la réduction du service militaire a opprimé toutes les dispenses et établi ainsi, d'une façon absolue, P égalité entre les Français. Elle a allégé les lourdes charges qui pèsent sur les cultivateurs. Le projet de loi sur les retraites ouvrières contient le principe de la retraite obligatoire pour les travailleurs de l’industrie et de l'agriculture, Ce projet, voté par ^Chambre, est soumis à l'examen du Sénat, Pour appliquer la réforme, il faudra créer des ressources. Ces ressources, nous nous les procurerons en votant l'impôt sur le revenu, qui introduira plus de justice dans Tordre soc al. Les charges des contribuables seront, de la sorte, basées exactement sur le revenu de chacun.
La prochaine législature a une importante œuvre sociale à accomplir. Les élus républicains doivent à ia démocratie de faire entrer dans nos codes les lois sur les retraites ouvrières et sur la réforme de l'impôt.
Le régime démocratique ne pouvant être synonyme de gaspillage, je m’appliquerai à rechercher et à faire prévaloir les idées de stricte économie. Je préconiserai la suppression de certains rouages inutiles ou trop coûteux; défense du petit commerce contre les grands magasins; protection de l'industrie nationale contre les industries étrangères.
Je suis partisan de la suppression des conseils de guerre en temps de paix, de la suppression des périodes d'exercices de vingt-huit et de treize jours.
Pour que ce programme soit exécuté, U est indispensable que, dans le pays, les vrais républicains fassent abstraction de toutes les questions de nuances et serrent les rangs contre IVnnemi commun. L’union doit être facile pour les hommes qui ont le même idéal de liberté et de fraternité, et qui sont animés de ia même foi démocratique.
C’est à cette œuvre d’union que je vous convie, mes chers , concitoyens, si vous me jugez toujours digne de vous représenter.
Je vous demande de continuer avec moi l’œuvre républicaine, et, par votre vote, d’affirmer votre volonté de faire entrer dans nos lois toujours plus de justice, toujours plus de solidarité.
Vive la République démocratique !
A, CHANOZ,
Maire de Morestel, Conseiller général,
Député sortant.
Circonscription de VIENNE.
M. BUYAT.
Élu au 1er tour de scrutin, — 10./fi>3 voix.
Mes chers Concitoyens,
En 1902, je m’adressais à vous dans ccs termes : « Vous n’attendez pas de moi une longue profession de foi. J’y mettrai peu de prome ses. C’est le devoir d’un honnête homme de ne promettre que ce qu’il peut tenir. Mais ce que je puis vous affirmer, c’est que je suis un républicain ardent. Démocrate convaincu, j’ai toujours pensé que la République devait à ses origines et à ses traditions de réaliser tous les progrès qui amélioreront le sort des travailleurs de la terre et de batelier, ainsi que de ces petits commerçants écrasés sous le poids des impôts et des patentes*
La République est, par définition, le gouvernement de tous, mais elle doit surtout jeter un regard de sympathie sur les humbles et les petits. Vous croirez à ma foi démocratique. C’est la même qui animait, aux jours tristes et déjà lointains de l'Empire, le républicain si ferme et si pur fiant je m'honore d’être le lils, »
Aujourd’hui encore je tiens devant vous ce .même langage. Mw j ai le droit de , vous demander un plus large crédit. Quatre années en effet se sont écoulées où vous m’avez vu à l’œuvre.
En 1 902, je ne pouvais que vous demander de faire confiance à mes engagements* À i heure présente, je puis me recommander auprès de vous de mes actes.
Vous avez suivi hus mes votes. Les conservateurs pourront les critiquer tout à leur aise. 11 me suffit de les savoir approuvés par tous les vrais démocrates.
Cest en effet sur eux, et sur eux seuls que je compte pour m’aider à réaliser toujours plus complètement l’union républicaine b gauche, qui caractérise toute notre politique*
C’est à elle que nous devons d’avoir réalisé l’œuvre de laïcisation de ces dernières années.
Par l’entente loyale et cordiale de tout le bloc républicain, le nationalisme a été vaincu et 1 Etat républicain a recouvré, avec sa ..compléta indépendance, une neutralité qui n’étfit qu’apparente.
La loi de séparation doit être appliquée et obêie dans l’esprit où elle a été votée, comme une loi de liberté sauvegardant heureusement les droits de l’État laïque et respectant les droits inviolables de la conscience humaine.
Je m’ôtais engagé à voter U loi réduisant a deux années le service militaire* Mon vote a été acquis à cette réforme d’égalité et de justice, dont les bienfaits ne tarderont pas k se
faire sentir. Mais maintenant que l’armée se confond complètement avec la nation ellemôme, il importe de faire disp iraître au plus tôt la juridiction barbare et surannée des conseils de guerre. Ces tribunaux, impitoyables quand ils jugent de simples soldats ont montré, par de récentes décisions, empreintes d’une iniulgence tendancieuse, une révoltante partialité.
]’ai également donné mon suffrage à la loi réalisant les retraites ouvrières et agricoles. Je ne prétends pas que la Chambre, en la votant, ait fait une œuvre qui soit à l’abri de toute critique. Certaines dispositions du projet de mon éminent ami Antonio Dubod, président du Sénat, me paraissent dignes d’étre prises en considération parce qu’elles étaient avantageuses pour te prolétariat et les contribuables.
Mais celte loi marque néanmoins un sérieux progrès, puisqu’elle a su établir le principe nécessaire d obligation, sans porter atteinte au magnifique effort de solidarité de nos sociétés de secours mutuels.
Maire d’une commune rurale, président du comice agricole de Saint-Symphoricnd Ozon, j ai constamment, dans mes votes, montré la préoccupation de protéger l’agriculture.
Je sais que le cultivateur de nos pays ne peut vivre que s’il vend son blé 25 ou 26 francs. C’est la raison pour laquelle j’ai repoussé la proposition d’un député nationaliste qui tendait à abaisser le droit protecteur.
J'ai toujours donné mon concours le plus dévoué aux sociétés mutuelles agricoles, qui depuis quelques années se sont si heureusement développées dans l’arrondissement.
Le Gouvernement de la République s’honore en les soutenant, parce qu’elles rendent aux travailleurs des ehamps les plus précieux services. Mais le régime démocratique n’aura vraiment payé toute sa dette envers les agriculteurs que lorsqu’il aura modifié notre système fiscal. La terre succombe, écrasée sous le poids des impôts, tandis que la richesse mobilière, — injustement privilégiée, — paye une contribution dérisoire. L’impôt sur le revenu, — établi avec une légitime progression, — permettra de diminuer considérablement l’impôt foncier. Mais vos législateurs devront, avant tout, avoir le scrupuleux souci de ménager les finances publiques et de réaliser sans faiblesse les économies nécessaires. Le contribuable a le devoir de les exiger-
Aucun ouvrier ne peut douter de ma sollicitude. Nul, en effet, ne souhaite plus ardemment leur comp’ète émancipation. J’ai voté et je voterai tonies les mesures destinées à préparer une équitable réglementation du travail favorable au prolétariat. Il importe au plus tôt d’instituer dans notre pays des conseils élus d’arbitrage et de conciliation, composés d’ouvriers et de patrons, qui auront pour but de diminuer l’acuité des conflits économiques et de rendre plus rares les grèves, qui laissent après elles tant de misères et tant de deuil.
Je suis de plus en plus convaincu que la question sociale peut se résoudre sans violence et sans haine, sl le législateur ne considère point le salariat comme un dogme économique. Il faut hardiment proclamer que le travailleur a le droit d’avoir sa part légitime dans la répartition des bénéfices qu’il fait réaliser. Là est l'avenir, là est la vérité.
Modeste ouvrier de 1 œuvre républicaine, je n’aiT en me présentant à vos suffrages, qu’une pensée ; servir de toutes mes forces la seule politique qui puisse convenir à notre pays, celle des réformes démocratiques et sociales.
Vive la République républicaine et démocratique I
Louis BUYÀTj
Député sortant,
Candidat du bloc républicain,
Conseiller général du canton d’Heyrieux,
Maire de Chaponnay,
Président du comice agricole de Saint-âymphonen-d’Ozon.
2fi Circonscription de VIENNE,
M. PUSSONtliBB;
Élu au tour de scrutin, — 9.f63 voix.
Mes chers Compatriotes,
Quel que soit le désir que faî pu avoir de renlrer dans la vie privée, afin de m’occuper davantage de mes affaires personnelles, j’appartiens par trop de liens intimes à la démocratie rurale, qui est la force même de la République, pour ne pas me rendre aux bienveillantes et presque unanimes manifestations de sympathie dont j’ai été l’objet de la part des maires et adjoints des cinq cantons de cette circonscription*
Me voici donc sollicitant vos suffrages pour la quatrième fois. J’ai, du reste, conscience d’avoir fait tous mes efforts pour remplir à tous ïes points de vue les engagements que j’avais pris en 1902 et qui ont regu l’adhésion de ï D * 1 84 électeurs qui ont bien voulu m’accorder leur confiance et m’envoyer de nouveau siéger au ‘Palais-Bourbon.
Au point de vue politique ï
N’appartenant à aucun groupe et encore moins à aucune coterie, j’ai voté, dans la plénitude de mon indépendance, toutes les lois d’ordre social qui ont été présentées ou appuyées par le Gouvernement. Je sais fort bien que, ce faisant, je n’ai pas contenté tout le monde.
Certains partis vivent stérilement dans le regret d’un passé qu’on ne saurait ramoner, tandis que d’autres, ne tenant même point compte du présent, n’entrevoient la société qu’à travers leurs rêves incessants et presque irréalisables. Or, la vérité est entre eux. Elle s’appuie sur l’évolution naturelle et nécessaire dont nous sommes les témoins quotidiens et qui rapproche chaque jour l’homme de f idéal de justice et de liberté auquel il tend par sa nature même.
Quoi qu’il en soit, mes votes ont été dictés par ma conscience. J’ai la conviction profonde qu’en les émettant j'ai servi véritablement les intérêts de mes mandants.
Au point de vue économique :
Conformément à mes promesses, bien des fois répétées, j’ai voté les lois de caractère utile à L exclusion de celles qui pouvaient avoir comme répercussion fatale d’élever les charges des contribuables et, notamment, celles qui pèsent si lourdement sur la propriété rurale, plus inéquitablement frappée qu’aucune autre ; j’ai démontré maintes fois qu’il faut mettre résolument un frein aux dépenses qui n’ont pas un caractère d’utilité absolue.
An point de vue agricole ;
Si mes électeurs de 1902 veulent bien se reporter au programme que j’avais rédigé, alors, ils reconnaîtront que, tant à la tribune qu’auprès de la grande Commission d’agriculture dont j’ai été membre ces quatre dernières années, j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour que les réformes indiquées dans ce programme entrassent définitivement dans la pratique; presque toutes ont été solutionnées.
L’enseignement agricole, celle question que je considère comme capitale et primant toutes les autres, a été l’objet d’une étude attentive et toute spéciale de ma part, elle est aujourd’hui élucidée. Elle fera, dès le début de la prochaine législature, l’objet d’une discussion générale. Un rapport complet en est déposé.
Le Crédit agricole mutuel, sur mon initiative, a été fondé dans tout l'arrondissement de Vienne. Pa/ mes démarches particulières auprès d’amis dévoués, j’ai pu faire souscrire, en quelques jours, une somme importante qui a permis d’obtenir de l’État une avance
de 400:000 francs* La petite culture, mise à l'abri des difficultés 'et de la cherté des emprunts contractés à la campagne, a aujourd'hui à sa disposition 500.000 francs qui peuvent prévenir des déboires et 'sauvegarder nombre de situations difficiles.
La loi des warrants a été suivie par mm avec soin; heureusement modifiée, elle permettra dorénavant aux cultivateurs peu fortunés, aux petits fermiers, de se procurer les avances nécessaires pour doter leurs étables de bétail sélectionné, leurs terres de semences de choix.
Je me suis opposé à toute atteinte à nos droits protecteurs \ à l’heure actuelle, les fis-ures de l’ancienne loi n’existant plus, le droit de 7 francs joue pleinement. Voilà pourquoi le blé, qui vaut 16 francs en Amérique, vaut 23 francs sur nos marchés ; voilà pourquoi rélevage est devenu rémuné:ateur, grâce à la barrière opposée au bétail à son entrée en France.
J’ai prêté constamment mon appui au groupe viticole de la Chambre, dont Pactiou énergique a fait rapporter la mesure inique de la suppres ion du privilège des bouilleurs décru*
Mes démarches à la tribune ont fait apporter des adoucissements et des améliorations aux tarifs fantaisistes et draconiens des transports des denrées agricoles.
Fai pu obtenir de la bienveillance du Ministre de l’ Agriculture une grande marque d’intérêt pour notre élevage du cheval. Le placement du cheval demi-sang rendu difficile par l’automobilisme, il était indispensable d'orienter nos cultivateurs vers le cheval de trait d’une vente facile. Toutes nos stations de monte seront dorénavant pourvues d'un étalon de trait.
Les Ministres de la Guerre et de la Marine ont bien voulu donner satisfaction à la demande que j’ai faite, à la tribune, de généraliser la mesure des achats directs à la culture des fourrages, avoines, vins, bélaiL Les cultivateurs bénéficieront ainsi du large profit prélevé par les intermédiaires qui leur étaient imposés autrefois.
En résumé, au point de vue agricole, je me suis imposé comme d. voir absolu de servir vos intérêts, uniquement et en toutes circonstances. Je vous l’avais promis, j’ai tenu mes engagements.
Sur certaines questions, j'aurais voulu mieux faire encore et obtenir la satisfaction que j’eusse désirée.
Pour la question des périodes des vingt-huit jours entre autres, jugeant ces périodes désastreuses pour ia culture, j’ai voté les premiers amendements Colliard qui tendaient à leur suppression pure et simple. Mais je suis patriote avant-tout; aussi, sous le coup de Forage qui s’amoncelait sur nos frontières, j’ai fait le sacrifice de mes préférences et j'ai écouté la yoix du Ministre de la Guerre qui, s’adressant au patriotisme de tous, nous demandait de ne pas affaiblir nos moyens de défense, surtout en face de la période transitoire, conséquence de la loi de deux ans.
J'espère que bientôt, le rôle pacifique de la France étant aujourd’hui absolument démontré au monde entier, nous pourrons retrouver le calme et la sécurisé grâce auxquels, dans l’avomiy je pourrai voter sans crainte, non seulement la suppression des périodes d’instruction, mais encore la réduction delà durée du service actif.
Au point de vue des communes, je puis dire, avec une légitime satisfaction, que toutes, absolument toutes les demandes des municipalités ont en un résultat favorable, ce qui d’ailleurs est tout en leur honneur et prouve qu’elles ont été inspirées dans leurs demandes par un haut senti me ni de justice.
Celles de ces demandes qui étaient relatives à des subventions sur les fonds du pari mutuel ont été facilitées par la qualité de membre de la Commission de répartition qui m’a été donnée.
Au point de vue des intérêts privés :
Un très grand nombre témoigneront, je n’en doute pas, que j’ai eu pour règle de conduite d'être utile à tous ceux qui ont réclamé justement mon concours. Agir ainsi à faire un peu de bien est, de tomes les tâches d’un représentant, celle qui loi cause le plus de joie,
parce qa5il sait qu’ri atténue une souffrance souvent imméritée et qu'il répare une injustice, conséquence même de notre humanité si imparfaite. L’accomplissement de cette tâche le rend d’autant plus heureux que, devant la misère ou le malheur, amis et adversaires sont égaux. La justice, la solidarité hu naine sont au-dessus de tous les partis politiques. Elles sont trop hautes pour être atteintes par nos lut es»
Tel est le résumé succinct de mes efforts, de mes idées, de mes tendances.
Je serai dans l’avenir ce que j’ai été précédemment : tel j’étais, tel je suis, tel je resterai. Si c'est pour vous, mes chers concitoyens, une garantie suffisante; que vos vptes soient nombreux au jour du scrutin, et cela sans que vous ex:gîez de moi — ce qui me serait u e grande joie si j'étais plus jeune — d’aller vous voir dans chacune de vos quatrevingt-une communes, Je me réserve néanmoins le plaisir de me mettre à la disposition des municipalités qui en témoigneraient le désir après les élections. D’ailleurs, vous me connaissez tous, j’ai dans les cinq cantons des amis nombreux et fidèles qui vous diront, mes chers concitoyen13, si cela était encore nécessaire, que je suis accessible à tous et que les plus humbles comme les plus puissants peuvent compter sur tout mon dévouement. Je ne sais s! je serai attaqué au cours de la campagne qui s'ouvre; mais, regardant de plus haut cçs faiblesses humaines, je trouve dans la satisfaction du devoir accompli toute ma récompense ; ma conscience ne saurait s’êmouvoîr d’attaques par trop intéressées- Et si yqus devez me réélire, le mandat nouveau que je tiendrai de vous aura d’autant plus de valeur à mes yeux qu’il sera la résultante de votre attachement et non pas le fruit du succès couronnant Ja lutte dans laquelle on a pris parti.
Du reste, je livre sans crainte ma vie tout entière à la critique. — Adversaire implacable des théories collectivistes et révolutionnaires dont le succès, en tuant toute énergie individuelle, ferait disparaître ce qu’il y a de p'us élevé et de plus noble chez l’homme : le sentiment de ]a liberté et par suite celui de la dignité; adversaire aussi des régimes déchus, voués désormais aux intrigues misérables et sans résultat, organisés contre la nature même des choses, je resterai le défendeur passionné de la République.
Qui donc parmi vous, et malgré toutes les tentatives faites autour de lui pour dénaturer la vérité, ne voit que ce régime nous a valu trente-cinq années de paix; qu’il a permis de rétablir la puissance delà France, à ce point qu’elle sort respectée et moralement augmentée de la Conférence d’Àïgésiras ?
Qui donc ne voit que cette République, tant calomniée, répand à profusion ^instruction peur le grand bien de la démocratie rurale en particulier ; qu’elle est bienveillante aux déshérités, juste à tous?
Déjà e!le a proclamé Le principe qui honore le plus le temps ou nous vivons, celui de la solidarité humaine.
Bientôt, ayant résolu la réforme fiscale, elle abdtdera la grave question sociale, cause de tant d’agitation, et elle saura la résoudre malgré les entraînements momentanés auxquels nous assistons, entraînements plus que regrettables, sans heurt, sans injustice, sans violence, par Y union progressive et raisonnée du capital et du travail, ces deux adversaires réconciliés.
Que cette République grandisse donc et prospère! Quant à moi, ma devise est : Tout pour la France, par la République et par l'agriculture 1
Simon PLI SSON NIER,
Député sortant.
Vice-président du Conseil général de l’Isère ;
Propriétaire-agriculteur à Prîmarette ;
Ingên eur-constructeur de machines agricoles;
Membre du Conseil supérieur de l’agriculture ;
Membre du Conseil supérieur de V enseignement technique;
Président de Société d’élevage de Par ron dr de Vienne ;
Prérident de la Société du Dauphiné du Crédit agricole mutuel, au capital de 500.000 francs;
Chevalier de la Légion d’honneur.