M. OBY
Elu au 1*T tour de scrutin. — 9.529 voix.
Mes chers compatriotes.
Vous avez bien voulu m’honorer de vos suffrages, le 21 juin 1903, et me choisir «pour voua représenter à la Chambra des Députés.
Vous me donniez alors 9.737 vois.
Je vous avais présenté le programme suivant, ei je crois avoir tout fait pour le réaliser, voulant absolument me rendre digne de votre confiance, ].ugez-en vous-mêmes 1
1° Sur la question du semee militaire, j’ai pensé, avec vous, qu'en réduisant à deux ans le temps à passer sous les drapeaux, nous aurions une armée forte, capable non seulement de nous défendre, mais de défier toute injure de l'étranger.
J'ai donc Yôté la réduction du service militaire à deux ans. J'ai voté également, toujours d'accord avec vous, la réduction des 28 jours et la suppression des 13 jours.
2° Sur la question religieuse, je vous déclare bien nettement que je tenais à la liberté de conscience, comme à toutes les libertés. J’ai yo16 contre la séparation des Églises et de PEut, parce que j'ai estimé que le régime concordataire nous avait assuré cent ans de paix religieuse et parce que vous n’avez jamais élevé une plainte contre ce régime.
3° Je m’étais déclaré favorable à l'extension de la compétence des juges de paix. Je voulais donc assurer une plus pro opte justice et vous éviter des frais toujours en disproportion avec les intérêts en litige. Aussi ai-je voté la loi qui a pour objet détendre la compétence des juges de paix et qui, en même temps, en a exigé plus de titres, vous donnant plus de garanties au point de vue de la capacité et de l’impartialité.
4° Œuvres d'assistance. - — Profondément pénétré des besoins sociaux, j’ai voté la loi sur l’assistance aux vieillards, applicable le 1er janvier 1907. J’ai voté la loi sur les retraites ouvrières. J’ai demandé, dé même, qu’elle soit étendue et qu’elle s’applique aux fermiers dont le prix de fermage est inférieur à 5Û0 francs. Mon amendement a été voté à l’unanimité.
J’ai demandé également que les ouvriers verriers et chapeliers, dont le travail est épuisant, soient admis par anticipation a la retraite. Mon amendement a été pris en considération et les modifications apportées par la Commission au 2e paragraphe de l’article 5 ont été adoptées.
5° Questions agricoles. — J’ai proposé et obtenu que les associations ouvrières des travailleurs agricoles, telles que je les conçois, soient comprises parmi les coopératives admises à bénéficier des prêts du Crédit agricole.
Peu de temps après mon arrivée à la Chambre, j’ai déposé une proposition de loi ayant pour but la création de Chambres d'agriculture destinées à assurer aux cultivateurs une représentation professionnelle à laquelle ils ont droit.
Lors de la discussion du budget de 1905, j'ai réclamé une innovation intéressant 1 élevage et j’ai obtenu que désormais les meilleures juments de l’armée seraient transportées dans des centres agricoles et vendues exclusivement à des cultivateurs. Une vente de 19 juments a eu lieu à Feurs, le lù octobre dernier; une autre, le 6 janvier, et enfin une troisième, à Montbrison, le 13 avril. Pour assurer la livraison d'excellentes juments aux éleveurs et leur éviter des déceptions ultérieures, j’ai déposé une proposition de loi concer-
nant les juments réformées. Cette loi a été votée à l’unanimité par la Chambre, le 28 mai 1904.
j?ai dénoncé à la. Chambre les .abus concernant les indemnités dues pour cause de tuberculose et j’ai obtenu de M* le Ministre l’engagement que la loi serait loyalement appliquée.
Je suis l’un des signataires de la proposition de loi votée par la Chambre, le 27 février 1906, rétablissant le privilège des bouilleurs de cru,
6° Questions politiques, — J’ai voté lu loi sur le secret du vote, assurant la liberté du suffrage universel. J’ai déposé une proposition de loi sur le vote obligatoire. J’estime que tout Français doit à la France et à la République:
Comme contribuable, l’impôt I
Gomme soldat, le service militaire)
Comme citoyen, son bulletin de vote!
Je ne m’en suis donc pas tenu k de simples promesses, ce sont des actes que je vous apporte !
Vous les jugerez!
Quant à mon programme, il sera toujours inspiré par les mêmes idées.
Partisan de toutes les libertés et de toutes les améliorations sociales, je réclamerai :
La liberté de l’enseignement ;
Une répartition plus équitable de l’impôt, le renvoi dans leur foyer des soldais k non engagés n des classes 1902, 1903, 19.04, ^yaiit deux ans de présence au corps;
Le développement de toutes le^ œuvres d’assistance, le vote de toutes les mesures ayant pour objet d’accroître la richesse agricole, industrielle et commerciale et procurant ainsi à tous le bien-être.
Quant aux projets intéressant spécialement notre Forez, vous savez, mes chers compas triotes, avec quelle vigilance je les ai défendus, et mes actes antérieurs sont la garantie la plus sûre du dévouement avec lequel je cnntinuerai à mTen occuper.
Citoyens, vous ne vous laisserez point tromper par de fallacieuses promesses; pesez mes actes et donnez vos suffrages à celui que vous en jugerez le plus digne!
Forêziens, comptez sur moi, comme je compte sur vous !
Vive la République!
Si hésitation! Ni abstentions! Aux urnes!
Joseph ORY, publiciste.
Médecin-vétérinaire, agriculteur,
Député sortant.
lre Circonscription de ROANNE.