M. DEVINS
Élu au lw tour de scrutin. — 13/562 vois.
Chers Concitoyens,
Je viens encore vous demander le renouvellement du mandat législatif que vous m’avez confié en 1898 et en 1902. Je ne dois pas être maintenant un inconnu pour vous, et je ne pense pas qu’il soit nécessaire de longues phrases pour vous dire qui je suis et quelles sont mes aspirations: vous devez connaître mes actes.
La législature qui vient de prendre Ou a vu se réaliser plusieurs importantes réformes qui étaient àPordre du jour de l’opinion publique depuis plusieurs années. De ce nombre sont la loi sur les retraites ouvrières et paysannes, l’assistance aux vieillards, la séparation des Églises et de YÉtii et la réduction à deux ans du service militaire.
En faveur des retraites ouvrières, qui intéressent plusieurs millions de nos concitoyens, la Chambre a voté un projet, actuellement soumis au Sénat, qui pose en principe que tout ouvrier, employé agricole et industriel, aura droit à une retraite constituée par les versements des employeurs, des ouvriers et de FÉtat. Ce projet, consacré par le vote solennel de la Chambre, ne lardera pas à devenir une réalité bienfaisante.
La Chambre a encore adopté la loi d’assistance aux vieillards et aux infirmes, qui donné droit aux personnes incapables, soit par Fâge, soit par les infirmités, de pourvoir à leur subsistance, de toucher des allocations mensuelles suffisantes pour assurer leur existence. Ces secours seront versés par les communes aidées de subventions considérables de FÉtat, et cela dès que sera mise en vigueur cette loi, qui sera appliquée dès le ifiî janvier 1907.
La majorité républicaine du Parlement, dont j'ai Fhonneur de faire partie, a volé cette loi, tant critiquée, de la séparation des Églises et de FÉtat. Je me suis pleinement associé à cette mesure, qui était inscrite dans mon programme depuis mon entrée dans la vie politique, et qui, quoi qu’on en ait dit, est une œuvre parfaitement équitable et respectueuse de la liberté des cultes, comme elle Fest de la liberté de conscience. Son but est de rendre FÉtat neutre en matière religieuse et de décharger celui-ci des soins de cultes qui doivent incomber à ceux qui désirent les pratiquer. D’ailleurs, la loi leur en donne les moyens en laissant aux associations cultuelles chargées des intérêts religieux la disposition des églises et la jouissance de leurs biens ; elle leur procure môme des ressources, en allouant pendant plusieurs années aux ministres des cultes des traitements et- des pensions Importantes. Rien donc, dans les termes ni dans l’esprit de la loi, ne justifie les accusations de tyrannie ou de persécution que certains ont cherché à y voir, pas même cette formalité des inveii-
taires qui a amené ta ut de troubles et qui, cependant, avait été demandée par les représentants autorisés du parti catholique, dans le but d'éviter que rien ne soit détourné de ce qui appartenait à ïa communauté cultuelle* La mauvaise foi des uns, l'ignorance des autres ont pu seules soulever des colères que rien ne saurait expliquer, si ce n3est le désir de cert dns agitateurs d’exploiter la religion au profit de leurs intérêts politiques*
La Chambre a en outre voté une loi essentiellement démocratique et égalitaire, celle qui a réduit à deux ans la durée du service militaire, supprimé toutes les dispenses, et accordé une indemnité aux familles nécessiteuses des soldats sou* les drapeaux. La Chambre aurait voulu compléter cette loi par la réduction des vingt-huit et des treize jours, mais le Sénat ne s’est point encore prononcé sur cette heureuse modification.
Prenant également en mains les intérêts des petits contribuables, le Parlementa encore adopté la loi sur la justice de paix, loi qui augmente la compétence des magistrats cantonaux, simplifie la procédure, en raccourcit la durée et diminue sensiblement les frais de justice, déjà si lourds pour tous*
Avant de se séparer, la majorité répubdeaîne de la Chambre aurait voulu voter l’impôt sur ie revenu, impôt destiné à remplacer l’impôt foncier et celui des portes et fenêtres* L’examen de ce projet a été commencé, et il appartiendra à la prochaine législaiure de lui donn er une sanction définitive. Cette amélioration changera complètement notre régime fiscal, si lourd aux petits propriétaires; elle soulagera les agriculteurs, qui payent des impôts hors de proportion avec le produit de leur travail, et frappera de préférence la richesse acquise, de telle sorte que les impôts seront prélevés, non plus sur le nécessaire, mais plutôt sur le superflu. D'importantes ressources devront être trouvées, en outre, pour assurer le fonctionnement des œuvres d'assistance et de prévoyance, créées ou à créer, et ces ressources, j’estime qu'elles pourraient être facilement demandées, non pas à des taxes ou impôts nouveaux, mais à la monopolisation de certains services ou industries, telles que Compagnies d’assurances, raffineries de sucres et de pétrole.
Enfin, en matière d’agriculture, ïa Co ambre a voté les lois tendant à organiser le crédit agricole, les sociétés coopératives pour la venté et la transformation des produits de la terre: elle a amélioré le tarif des indemnités à accorder aux propriétaires d’animaux malades et elle a porté tous ses efforts vers l'extension de renseignement agricole, qui doit permettre aux cultivateurs non seule uent de travailler leurs terres de façon plus rationnelle, mais encore de tirer meilleur bénéfice de leurs produits. Dans ce même ordre d’idée S la Chambre prochaine aura à organiser des caisses de secours contre les intempéries (la grêle en particulier), de façon à assurer des indemnités vraiment réparatrices aux victimes de ces sinistres, qui, si souvent, désolent nos régions et découragent si profondément nos agriculteurs* Il conviendra aussi de diminuer les droits de mutation sur la propriété immobilière, alors que ceux sur les valeurs mobilières restent toujours si minimes*
Quelques questions intéressaient tout particulièrement notre arrondissement, notamment la réunion de Bouxhors à la concession de la Haute-Loire, la loi sur les bouilleurs de cru, la création du chemin de fer Brioude-Saint-FIour et le changement d’affectations des réservistes et dos territoriaux des cantons rattachés au recrutement d’Àurillac. Je me suis tout spécialement attaché à les faire aboutir, et n’ai ménagé ni mon temps, ni ma peine. Si, pour la première, je n’ai pu forcer de vives résistances, du moins, pour les autres, j ai obtenu des résultats favorables, que nous sommes heureux de constater aujourd’hui*
La loi sur les bouilleurs de cru a pesé lourdement, pendant trois ans, sur les viticulteurs de l'arrondissement, Elle a de plus mis en relief les moyens arbitraires et L’extrême sévérité dont la régie disposait en vertu de la loi de 1816, tels que les visites dans le domicile des particuliers, et H m possibilité d’obtenir les circonstances atténuantes pour les délinquants en matière de contributions indirectes, Lr>s dispositions iniques de cette loi ont été modifiées dans un sens libéral et plus en harmonie avec les idées du temps.
En ce qui touche le chemin de fer Brio u de-Saint- Flouf, ia Chambre, dans sa séance du 13 avril, et le Sénat dans celle du U, ont voté l’approbation d'une convention de l’État et delà Compagnie ainsique la déclaration d’utilité publique de cette voie ferrêe;
qui intéresse si directement notre arrondissement et plus particulièrement son chef-lieu.
Quant aux réservistes et aux territoriaux obligés de se rendre à Montélimar et à Romans, j’ai pu obtenir leur rattachement aux régiments de Clermont et du. Puy, faire profiter de cette faveur nombre même de jeunes conscrits, et éviter ainsi, aux uns et aux autres, des déplacements lointains et très onéreux.
Tels sont mes actes législatifs ; ils ont été approuvés par l’unanimité des électeurs républicains présents à la réunion publique de Brioude, dans laquelle j’ai rendu compte de mon mandat. Je ne parle point ici des questions intéressant vos intérêts communaux et particuliers, car chacun sait que pas une affaire touchant nos concitoyens ne me laisse indifférent et que mon concours le plus dévoué leur a toujours été et leur reste entièrement ^ qcquis.
Électeurs républicains,
La lutte est entre le progrès et la réaction. Vous ne vous laisserez pas tromper far les insinuations perfides de gens qui vous représentent le régime républicain comme tendant à la désorganisation de l’armée et de la patrie, la ruine de nos finances, la négation de la liberté! Ce sont là de pures calomnies. Noire armée, en effet, est aussi forte et aussi respectée qu'elle ne l’a jamais été ; nos finances sont prospères et notre crédit est tel que notre alliance est partout recherchée ; enfin, la liberté de tous les actes et do toutes les croyances reste entière, et la République française sera longtemps encore la terre classique de la liberté, de la just'ce et du progrès social.
Électeurs,
Vous savez combien je suis peu prodigue de promesses ; à mes actes, inspirés de mes principes républicains et de mon profond attachement aux intérêts du pays, vous jugerez si je suis digne de continuer à vous représenter*
Le 6 mai, vous aurez à choisir entre le candidat radical, qui a fait sur son nom l’union de toutes les forces républicaines de l’arrondissement, et le candidat monarchique, qui a groupé sous sa bannière fleurdelisée tous les ennemis de la République et du progrès.
J ai confiance en votre verdict. L’arrondissement de Brioude ne saurait renier son passé républicain ; U tiendra à honneur de rester à l’avant-garde du parti démocratique de la Haute-Loire, et il affirmera à nouveau, j'en suis sûr, sa foi républicaine, en votant en masse pour le candidat de l’union démocratique radicale.
Vive la République!
Dr L. DEVINS,
Maire de Brioude,
vice-président du Conseil général de la Haute-Loire, Député sortant.
lrs Circonscription du PUY M. VIGQUROUX
Élu au 2° tour de scrutin. — 10.635 voix, r • “
Mes chers Concitoyens,
Pour la troisième fois, je viens solliciter vos suffrages ; mais, cette fois l’équivoque
iel6e par les réacLionnaires sur ma dernière élection est complètement dissipée Les outrages
les menaces, les mensonges et les calomnies qu’ils ont accumulés contre moi, depuis bientôt auatre ans, me désignent clairement à la confiance du parti républicain.
Je n'aurai pas de peine à justifier mon attitude, pendant la législature actuelle, aux yeux des républicains sincères. Quant aux réactionnaires et à ceux qui pactisent avec eux, je ne me soucie pas de leur opinion. Autant j’étais exaspéré, en 1902, de les voir se crampounei a ma candidature, malgré mes protestations et mes désaveux répétés, autant je constate avec joie leur acharnement contre moi ; j’y vois la preuve que j ai bien servi la Repu-
^ En 1.90.0 et en 1902, il était parfois difficile de distinguer les réactionnaires des républicains. Entre la droite et les gauches, il y avait. un parti moyen dont les frontières n étaien pas nettement délimitées et il en résultait bien des erreurs, bien des malentendus.
Aujourdlhui, la situation est plus nette et plus tranchée. Pour se tromper, il faudra vraiment le faire exprès. Dans la Haute-Loire, U n’y aura que deux partis en présence : les
^Tes blancs n’auraient jamais osé lancer un candidat dans la 1- circonscription du Puy, s’ils niaient pas spéculé sur les divisions des républicains. Ils étaient hier es maîtres e la rue et de la place publique et les autorités tremblaient devant eux. Depuis que les républicains ont cessé de s’entre-déchirer, les réactionnaires ont l'oreille basse, car ils ont deja
entendu le glas de la défaite. laîe(„
Républicains, debout! Comme au 16 Mai et en 1885, serrez les rangs. Ne vous laissez
pas arrêter par des différences d’étiquettes ou de programmes. Vos élus de 188o figuraient sur la même liste, malgré que le programme des uns fût modéré et le programme des
Vous avez triomphé au 16 Mai, pourquoi ne triompheriez-vous pas aujourd hmï Alors, vous aviez le Gouvernement contre vous; aujourd’hui, vous n’avez qu’à suivre les républicains éminents qui constituent le ministère le plus remarquable qu’on ait vu “us la troi- Bième République, puisque chacun des hommes qui le composent serait capable de préside
le conseil des ministres. .. j. ia
Ne regardez pas à votre droite ni à votre gauche ; regardez en face les ennemis de la
République. ïi dépend de vous de les réduire pour longtemps à l’impuissance. Restez um= et vous remporterez, le 6 mai, dans la lrS circonscription du Puy, une victoire qui sera prélude de beaucoup d'autres dans le département de la Haute-Loire.
C’est pour cela, qu’avant même de développer mon programme pour la prochaine législature, je fais un appel chaleureux à l’union de tous les républicains, sans distinc m nuances. Pour ma part, il ne m’échappera jamais un mot de reproche a egard de u d’entre eux; j’engage tous mes partisans à suivre inflexiblement cette règle de con du et à tourner tout leur effort contre le candidat des royalistes et de l’action pontificale.
Répandons aux menaces de la réaction par un cri de défi qui lui sera bientôt renvoyé de l'Arzon à l'Emblavès et du Mont-Bar à la Loire, par plus de 12,000 voix républicaines.
Vive la République démocratique!
Louis VIGOUROüX*
2° Circonscription du PUT*
M* Joseph DURAND*
Élu au 1er tour de scrutin* — 9,379 voix.
Chers concitoyens, %
Je viens avec confiance solliciter le renouvellement du mandat législatif que vous m’avez donné le 27 avril f902*
Constamment préoccupé des intérêts et des besoins de nos communes, fai contribué, par de fréquentes démarches, au succès des oeuvres d’intérêt local dont on a bien voulu me confier la défense*
j'ai plus spécialement secondé les efforts de nos sénateurs pour hâter la construction du chemin de fer du Puy à Langogne, et je me suis activement associé aux démarches pressantes des représentants des deux départements intéressés, en vue de la construction delà ligne de Niegles-Prades au Puy, dont le Parlement vient de déclarer Futilité publique et qui est appelée à exercer, sur la situation économique de notre région, la plus heureuse influence*
Républicain de l'école progressiste et libérale, je pense que la République doit, avant tout, rester fidèle aux grands principes libéraux qui sont sa raison d’ôtre, que ses lois doivent être en harmonie avec tes mœurs du pays et que le législateur n’a pas le droit de devancer ou de violenter Popinion en lui imposant sa volonté.
Aussi, fidèle k mon programme, et m’inspirant de votre sentiment unanime qui réclame Légalité pour tous, j’ài voté contre cette nouvelle législation à la fois spoliatrice, antüibérale et antidémocratique, qui refuse à une catégorie de citoyens Pexercice de lu liberté, les dépouille de leurs biens et les destitue du droit d’enseigner, eu mettant à la charge des contribuables un enseignement qui ne leur coûtait rien*
De même, j’ai voté contre la loi de sépara lion des Églises et de l’État qui, sans que le pays ait été consulté et au mépris des engagements les plus formels, a supprimé le budget des cultes, placé l’Église hors du droit commun, en la soumettant à des juridictions d’exception et en lui imposant une organisation arbitraire* CeRe loi, dont les conséquences funestes seront surtout ressenties par les habitants de nos petites communes, auxquels elle imposera des charges trop lourdes, s’est heurtée partout, et particulièrement dans notre pays, à une résistance irréductible* Elle a ouvert une ère de troubles dont il est impossible de prévoir l’étendue et la durée et elle n’est d’ailleurs, aux yeux de ses promoteurs, qu’une étape vers des mesures plus injustes et plus odieuses dont nous entendons chaque jour la menace*
Il faut espérer que le suffrage universel aura le sentiment des dangers que cette loi fait courir à la paix publique et qu’il dictera à ses mandataires les mesures à prendre pour faire respecter le libre exercice du culte et îa liberté de conscience*
Conformément à mon programme, j'ai voté la nouvelle loi militaire qui, en assignant au service une durée uniforme de deux ans, laissera un plus grand nombre de bras disponibles pour les travaux des champs et de l'industrie, et permettra d'enrayer, dans une certaine mesure, la dépopulation des campagnes. Sans doute, le développement de l'instruction permet de hâter l'éducation militaire, mais il deviendra plus indispensable que jamais de préserver l'armée contre les tentatives de ceux qui cherchent à relâcher les liens de la discipline, en prêchant les doctrines meurtrières de Fan ti patriotisme et de l'internationalisme. Il importe que nos gouvernants, rompant avec les traditions funestes de ce ministère tristement célèbre qui désorganisa nos forces nationales, répudient enfin ca régime odieux de la délation qui a surtout exercé ses ravages dans l'armée.
J'ai voté la loi du 12 juillet 1905 sur les justices de paix, qui permet, an moyen de l'extension de la compétence des juges de paix, de réaliser d'importantes réductions de frais de justice»
Au cours de cette législature, quelques lois appelées à exercer directement ou indirectement une heureuse influence sur notre agriculture, ont été adoptées : c'est ainsi que des prélèvements sur les fonds du Pari mutuel ont été autorisés au profit des communes pauvres, pour travaux d'adduction d'eau potable; qu'une disposition nouvelle, classant la morve et le fa rein parmi les maladies contagieuses qui forment ouverture à indemnité, a été introduite dans la loi sur la police sanitaire des animaux domestiques. C'est ainsi enfin que la loi du 1er août 1905 a édicté de sévères répressions, en matière de fraudes dans la vente des marchandises et de falsifications des denrées alimentaires et des produits agricoles.
Mais notre agriculture attend depuis longtemps des réformes plus efficaces, lelles que la réduction et une meilleure répartition des charges fiscales, la réduction des frais de justice, l'amélioration du service de la police sanitaire, pour combattre efficacement les maladies contagieuses des animaux domestiques, l'adoption de mesures et de tarifs propres à protéger les produits de notre sol contre la concurrence étrangère, la révision des tarifs de chemin de fer et enfin l'amélioration et le développement de nos voies de communication.
Mais, en attendant que le Parlement, trop absorbé par la politique antireligieuse, ait pu aborder l'examen de ces réformes, il faut souhaiter que nos agriculteurs usent plus largement des ressources puissantes que leur offrent l'Association et la Mutualité, en adhérant aux syndicats agricoles, aux caisses d'assurance contre la mortalité du bétail, en créant des caisses de crédit agricole et des sociétés coopératives de production et de vente*
Les oeuvres d'assistance, de mutualité et de prévoyance, si propres à améliorer îe sort des humlles, doivent être encouragées et développées, Dans cette ordre 'd'idées, la loi du 5 juillet 1905 a organisé l'assistance aux vieillards, aux infirmes et aux incurables.
D'autre part, la Chambre des Députés a adopté, le 23 février dernier, le projet de loi portant création de caisses de retraites ouvrières et paysannes. Malheureusement ce projet, inspiré par les intentions les plus louables, n'est pas à Cabri de la critique, et le principal reproche qu'on lui adresse, c'est d'entraîner des charges financières colossales sans qu'aucune ressource ait été créée ou prévue. Sur ce point, notamment, la tâche du législateur est loin d'être accomplie et de très difficiles problèmes restent à résoudre. Sans doute, il aurait mieux valu les résoudre avant de faire miroiter aux yeux des travailleurs l'espoir d'une solution prochaine ; mais, au point où en sont les choses, il est impossible de s'arrêter, et ii faudra se remettre au plus tôt à l'étude des moyens d'exécution d'une loi qui n'est que l'application d'un principe de justice sociale. Il conviendra de rechercher si la mutualité ne peut pas occuper dans cette organisation un rôle plus important que celui qui lui a été assigné ; et comme il importe, d'autre part, de ne pas excéder les forces contributives du pays, il faudra s'attacher à ramélioration des finances publiques, en éliminant rigoureusement toutes les dépenses inutiles.
Cette politique d'économies est d'autant plus nécessaire que les dépenses de l’État suivent, depuis quelques années, une progression inquiétante qui n'est pas inférieure à
50 millions par an, que le budget se solde avec un déficit avoué de 91 million?, indépendamment des crédits supplémentaires à prévoir; que ce budget dépasse actuellement 3 milliards 700 millions, ce qui porte à près de 5 milliards, y compris les dépenses départementales et communales, la charge de l'impôt supporté par le pays, et qn’enûn la dette publique consolidée, amortissable ou flottante, dépasse 30 milliards, tandis que la dette viagère exige une annuité toujours croissante de 220 millions.
Mais, pour réaliser toutes les réformes urgentes que le pajs attend de ses mandataires, il faut avant tout mettre un terme à cette politique néfaste, qui tend à séparer le pays en deux camps ennemis, il faut faire cesser ces discordes funestes dans lesquelles le pays laisserait bientôt le meilleur de ses forces au moment où il a tant besoin de tranquillité et de paix pour son développement intérieur et pour sa sécurité extérieure.
Vive la France 1 Vive la République!
Vive la Liberté 1
Joseph DüRÀND,
Docteur en droit,
Conseiller général.
Député sortant
Circonscription d'YSSINGEAtJX.