‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 115 sur 280 · M, RO GH · texte numérisé non relu

M, RO GH

Elu au Ie* tour de scrutin* — 9.665 voix.

Électeurs,

Tous les comités répuplicains delà deuxième circonscription de Nantes qui avaient soutenu M. Roch, aux élections précédentes, sont restés unanimes à présenter sa candidature à vos suffrages au scrutin du 6 mai prochain*

L’attitude politique de notre député et les nombreux travaux auxquels il a participé en ces quatre dernières années lui ont acquis de nouveaux titres à votre confiance*

En politique,

M. Roch a consacré tous ses efiorts et tout son dévouement à l’œuvre d’action et de défense républicaines*

Avec tous les républicains sincères, il a compris que, seule, une politique d'union républicaine était capable de déjouer les tentatives d'une réaction qui, sous quelque masque

quelle se cache, même lorsqu'elle se pare de l’étiquette républicaine^ n'a qu'un but * le renversement de la République.

Cette politique d'union républicaine, à laquelle M* Roch a toujours été attaché, a été celle du vénéré Président de la République, M. Armand Faîlières, dont le nom, comme celui de son prédécesseur, M. Émile Loubet, est synonyme de dignité, simplicité, probité. Elle s'est traduite par des lois et réformes fécondes et durables.

Comme patriote, M, Roch a fait ses preuves* Ancien engagé volontaire en 1870, il n'a jamais hésité depuis, quand il s'agissait d'afsurer l'existence de la France comme nation et de la faire plus grande par une force militaire redoutable, à voter tous les crédits nécessaires*

Lois et réformes d'intérêt général votées par M. Roch .

Loi de deux ans. — La loi de 19Ô1>, réduisant à deux ans la durée du service militaire pour tous les Français sans distinction de naissance, de fortune ou de condition, a supprimé tous les privilèges antérieurs et réduit d'un tiers la lourde charge que les nécessités de la défense nationale imposent aux citoyens* Loin de diminuer, elle a au contraire augmenté nos forces défensives*

Ass istance aux vieillards. — La loi sur l'assistance obligatoire aux vieillards, infirmes et incurables privés de ressources consacre d'une sanction le grand principe de la solidarité, en assurant le secours à domicile à tout Français âgé de plus de soixante-dix ans ou atteint d’une maladie incurable, incapable rie subvenir par son travail aux nécessités de l'existence.

Dans le même ordre d'idées, la Chambre a abordé le grand problème des retraites ouvrières et agricoles* Le projet qu'elle a adopté comporte de nombreuses modifications, mais il fournit du moins une base sérieuse de discussion pour préparer une solution définitive,

La loi sur l'extension de la compétence des juges de paix aura pour résultat de rendre la justice à la fois plus rapide et moins cofirtcûsë, en rapprochant le justiciable du juge*

La réforme du régime ries sucres a abaissé de près de moulé le prix de cette denrée de première nécessité, pour lu plus grand prolit des classes peu aisées.

Séparation des Églises et de l'État * — Enfin la séparation des Églises et de l'État a été la conséquence inévitable des violations constantes du Concordat par l'Église romaine. Elle donne à l’Église la liberté sans limites, lui confère la disposition gratuite de tous les édifices du culte et assure des pensions aux piètres âgés. Comme l'a dit justement M. Falîiêres, président de la République : « Loin d'être, ainsi que le prétendent les adversaires, une arme de guerre contre les croyances religieuses et la liberté éminemment respectable de la conscience, ta bd de séparation n'est et ne sera autre chose qu'un précieux instrument de libe rté ».

Questions intéressant plus spécialement Nantes et la Loire- Inférieure.

1° Questions d'ordre économique et industriel*

Marine marchande . — M* Roch a pris une part importante aux études préparatoires et à la discussion de la dernière loi sur la marioe marchande, du 19 avril courant*

Cette loi, en donnant une activité nouvelle à nos chantiers presque abandonnés, va enfin assurer l'existence de la grande industrie des constructions navales, si menacée depuis

quelques armées et mettre un terme au chômage dont souffrent si cruellement tant de travailleurs de Nantes et de la banlieue*

D’autre part, elle va permettre à l'armement, qui intéresse un si grand nombre d’industries annexes et d’inscrits maritimes, de lutter avec succès contre la concurrence étrangère*

Au cours de la crise que vient de traverser l’industrie des constructions navales, M. Roc h a travaillé de toutes ses forces à en atténuer les effets.

C’est ainsi qu’il a soutenu énergiquement, auprès des pouvoirs publics, les protestations de MM* de la Brossa et Fouché et des ouvriers des chantiers de construction contre l’interprétation erronée donnée par l’Administration des douanes à la loi du 7 avril 1902 et au règlement d’administration publique du 9 septembre suivant qui déterminait les conditions exigées, pour la validité des inscriptions prises par les constructeurs, à l’effet de bénéficier de la prime à la navigation.

Les réclamations faites, bien qu’elles n’ aient pas été accueillies par l’Administration, ne sont pas restées cependant sans résultat. Elles ont permis à MM. de la Brosse et Fouché de former devant le Conseil d’État un pourvoi qui a abouti, par voie de transaction, à une commande d’un grand navire dont leurs chantiers ont bénéficié*

C’est ainsi encore qu’en apportant son concours à la Chambre de commerce, il est parvenu à hâter îa mise en adjudication de matériel destiné aux dragages et à l’approfondisse' meni de la Basse-Loire et qu’il a fait de pressantes démarches en vue d’assurer aux chantiers de Nantes la confection de ce matériel.

En outre, M* Roch est intervenu à plusieurs reprises, avec succès, au Ministère de la Marine, pour accélérer la liquidation des primes revenant aux armateurs, liquidation qui s'effectuait avec la plus grande lenteur.

Il y a quelques mois, le port de Nantes était sur le point de perdre Je service des transports de l'Administration des colonies pour Guyenne, dont il était de vieille date la tète de ligne. L’émotion était née parmi un grand nombre d’industriels et de commerçants de notre ville. Ce n’est que grâce aux énergiques protestations et aux instances réitérées de M* le président de la Chambre de commerce et du député de la deuxième circonscription que Nantes a été maintenu comme port d’attache de ce service.

Salaisons et conserves * — Comme au cours des précédentes législatures, M* Roch s’est occupé tout spécialement de l’industrie des salaisons et des conserves alimentaires*

S’il n’a pu arriver, ma1 gré ses efforts, à obtenir une augmentation des commandes de lard salé que le Ministère de la Guerre a malheureusement une tendance constante à restreindre, il a pu du moins, en maintes circonstances, défendre utilement les intérêts de cette industrie en se faisant, auprès de l’Administration de la Guerre, l’organe des réclamations des intéressés.

Dans les séances de la Chambre des 5 et 6 avril courant, il est arrivé, après une vive discussion, à faire voter par la Chambre des Députés les conclusions d’un intéressant rapport dont it est l’auteur, sur la proposition de loi de M. Le Bail, relative à la protection de l’industrie des conserves alimentaires contre la fraude étrangère.

Cette proposition de loi, qui ne peut^anquer d’ètre adoplée bientôt par le Sénat, aura pour effet de sauvegarder tout à la fois l’existence d’une grande industrie nationale dont l’existence même était menacée et les intérêts des nombreux marins qu’elle fait vivre (voy, rapport de M. Roch et séances de la Chambre des 5 et 6 avril 1906.)

Dans Rintêiètde cette même industrie, compromise également par l’insuffisance de la sardine, il a obtenu de M. le Ministre de la Marine Rengagement de faire procéder à l’essai de nouveaux engins $ont Remploi est préconisé par les commissions techniques auxquelles a été confiée Rélude de cette question (voy* séance de la Chambre du 16 mars 1906, — Discours de M* Roch et réponse de M. le Ministre de la Marine).

Au sein de la Commission des douanes dont il est membre* il a réussi, avec le concours de quelques-uns de ses collègues, à faire ajourner indéfiniment toutes les propositions qui

tendent au relèvement des droits sur les graines oléagineuses, dont l'adoption causerait le plus grave préjudice à l'industrie des conserves alimentaires, à nos huileries, à nos savonneries et aux entrepreneurs de travaux de peinture.

Il a combattu : V les propositions de relèvement des droits de douane sur la stéarine et sur les cafés; 2° la proposition d'augmentation des droits sur le houblon, dont l’adoption aurait causé le plus grand dommage à l'industrie de la brasserie, si importante à Nantes j

La préposition Ghaumet, relative aux viandes salées, dont le vote aurait créé une situation très difficile à l'industrie des s liaisons françaises.

D'un autre côté, il a défendu les intérêts de la raffinerie des ports et a reçu à cette occasion, pour les résultats obtenus, les remerciements de la Chambre de commerce.

11 a réussi à faire admettre par la Commission des douanes une augmentation de droits sur les biscuits. Maïs cette question, pour des raisons d'ordre international, n'a pu être, jusqu'à présent, soumise à la Chambre.

Il a soutenu la proposition tendant à assurer la protection de l'industrie des colles et gélatines, qui intéresse la maison Pilon, Buffet et Durand-Gasselin.

École professionnelle. — M. Roch a insisté à deux reprises (séances de la Chambre du 3 décembre 1904 et 17 novembre 1905), pour la reconstruction de l'école nationale professionm lie de Nantes et, s'il nTa pu parvenir à faire voter un amendement au budget en ce sens, il a du moins amené M. le Ministre du Commerce h des déclarations qui donnent la certitude d'une solution favorable» dans un avenir peu éloigné.

Grands travaux . — Il s’est toujours mis à la disposition de la Chambre de commerce pour les nombreuses démarches qui ont dû être faîtes par cette Compagnie, tant pour la défense des intérêts commerciaux et industriels de la région que pour la réalisation des grands travaux d'utilité publique intéressant le port et la Loire maritime.

ïl a été heureux notamment de prêter son concours assidu à la mise en marche des travaux d'approfondissement de la Loire à 8 mètres, qui permettront bientôt aux navires du plus grand tonnage d'accéder aux quais de Nantes directement et en une seule marée.

Si nos concitoyens ont le souci de mettre les intérêts de notre ville au-dessus des querelles de partis, nui doute que Je plus brillant avenir ne soit réservé à un centre industriel dont le développement dépasse les espérances les plus optimistes, à un port dont le trafic, en quelques années, a plus que triplé et soit une marche progressive et ininterrompue.

2° Questions ouvrières et sociales ;

De même que dans les législatures antérieures, M. Roch s’est attaché spécialement à la défense des intérêts des travailleurs de Nantes et de la banlieue (région).

Chemins de fer . — A maintes reprises il s'est fait, tant k la Chambre qu’au Ministère des Travaux publics et à la direction des chemins de fer de l'État, L’organe des réclamations des ouvriers et employés des chemins de fer, en vue d'obtenir :

\Q Le maintien des crédits proposés au budget des chemins dé fer de l’État, pour l'avancement des ouvriers {séance de la Chambre du 28 décembre 1903) ;

2° La limitation de la durée du travail pouries commis P. V. et leur admission au grade de taxateur dans les conditions prévues par des ordres du jour spéciaux ;

3° Une pension minima de 360 francs pour les vieux ouvriers non classés des chemins de fer de l’État ;

4° Le relèvement des salaires et des garanties d’avancement régulier pour les ouvriers des dépôts (voir séance de la Chambre du 17 février 1905 et lettre du Ministre des Travaux publici du 28 juin 1905) ;

5° L’augmentation de la solde des ouvriers temporaires de l'exploitation des chemins de fer de l’État;

La suppression des notes secrètes;

T L’adoption de l’appareil automatique d’accrochage Boirault, dans le but de prévenir les accidents ;

8° Des modifications dans le mode d’établissement et de calcul des primes d’économie accordées aux mécaniciens et chauffeurs;

0° Enfin, à défaut du vote de la proposition Babier-Berîeaux, l’adoption d’une disposition transaction nêlle élaborée par une Commission d’entente des syndicats et destinée, tout en limitant la dépense, à assurer à tous les agents de chemins de fér, dans des conditions convenables, le bénéfice de la retraite-

Ses interventions réitérées en faveur de toutes les catégories du personnel lui ont valu de nombreuses lettres de remerciements et de chaudes félicitations des syndicats (voir notamment ordres du jour des 5 mars, 7 octobre, 29 novembre 1905),

Tabacs. — Il a continué ses efforts antérieurs pour l’amélioration de la situation des o u vriï rs et ou vrières et des préposés de la Manufacture des tabacs, eu réclamant notamment :

La réduction de la durée de la journée de travail et l’élévation à la première classe de la Manufacture de Nantes,

Fournitures militaires. — Ses nombreuses démarches au Ministère de la Guerre ont eu pour effet de faire bénéficier les ateliers de fournitures militaires de commandes supplémentaires ël d’éviter toute interruption dans ie travail des ouvriers qui y sont employés.

Ses observations à la tribune {séance du 5 mars 1906) ont contribué à hâter lus adjudications [ our le renouvellement des marchés de six ans.

Habillement et campement. — Il a réclamé en faveur des ouvriers et ouvrières et des commis des magasins administratifs de l’habillement et de campement :

1° Le payement des salaires calculés à forfait à raison de vingt-six jours par mois (séanc- dn 2 février 19Ü5);

2° L’augmentation du personnel, pour éviter le surmenage;

S° Le maintien des crédits destinés à assurer l'avancement (séances des 28 et 29 décembre 1903);

4° Le lelèvement des salaires et traitements, de façon à les faire concorder avec ceux que paye l’industrie privée (séances des 3 mars 1905 et 6 mars 1906).

Ses efforts ont abouti à une augmentation de salaires de 30 centimes par jour pour les ouvriers,

p0y tes. — Il s’est associé au vote de toutes les dispositions ayant pour but d’améliorer la situation des agents et sous-agents des postes et télégraphes, et, tout dernièrement (voir séance du 17 mars 1906), il a insisté pour faire bénéficier tous les facteurs des gratifications accordées, à l’occasion du lor janvier, aux facteurs de Paris et de la banlieue seulement.

Inscrits maritimes * — Î1 a pris une part active à l’étude et à l’adoption de toutes les lois intéressant les inscrits maritimes, notamment :

La loi du 30 mars 1904, quia enfin abrogé les dispositions d’exécution relatives à l’admission à la pension de demi-solde des inscrits maritimes de l’embouchure des fleuves ;

La loi <iu 29 décembre 1905, modifiant la lui de 1898, au sujet de la caisse nationale de prévoyance contre les risques et accidents professionnels;

La loi du H avril 1906, concernant les veuves d’inscrits titulaires de pensions dé demisolde ré lées antérieurement à la loi du H avril 1881.

Il > e t tait tout spécialement l’organe des doléances et des réclamations si fondées des pécheurs de la Basse-Loire,

Ses démarches pressantes et réitérées viennent enfin d’aboutir. Les Ministres de

l'Agriculture et de la Marine, reconnaissant l'irrégularité du décret de 1897, ont pris rengagement de faire procéder à l’étude d'une nouvebe réglementation de la pêche dans les eaux maritimes et, en attendant, M. le Ministre de la Marine a décidé de donner des instructions aux agents des eaux et forêts pour qu'il soit sursis à toute nouvelle mesure de répression*

En résumé :

M* Roch a fait preuve d’un constant souci de la défense des intérêts économiques, industriels et ouvriers de Nantes et du département. Il n'a négligé aucune occasion de les soutenir avec compétence et autorité*

Ses adversaires politiques eux-mêmes, — du moins ceux que n'aveugle pas l'esprit de parti, — se plaisent à le reconnaître et à témoigner des services qu'il a rendus.

A cette expérience consommée des affaires publiques, à ce dévouement désintéressé de tous les instants, M, Roch a ajouté une rectitude et une loÿautê constantes d ma son attitude politique.

Seuls, ceux qui persistent, sous des étiquettes trompeuses, à vouloir renverser la République lui font grief do n'uvoîr accepté aucune compromission avec la réaction.

Électeurs républicains!

Tous ceux que préoccupent avant tout les intérêts du pays ; tous ceux qui condamnent une politique d'aventures pleine de périls pour la paix intérieure comme pour la paix extérieure; tous les républicains sincères, de toutes nuances, qui demeurent attachés aux idées que nous avons toujours défendues; tous aurons à cœur de se grouper, le 6 mai prochain, autour de l'honnête homme, du citoyen mêritaut qui a si dignement porté le drapeau républicain.

Aux urnes, pas d'abstention î Vive la République!

{Suivent les signatures .)

3e Circonscription de NANTES.

M, le marquis de DION Élu au 1er tour de scrutin* — 22.88b voix*

Messieurs et chers concitoyens,

Il y a quatre ans, je me présentais à vos suffrages avec une profession de foi très nette, on programme très explicite.

le vons disais :

Je suis partisan résolu de la liberté de conscience, de la liberté d'enseignement, de la liber. j d'association.

Je demande le service^d'un an, après avoir assuré la solidité de l'armée par de puissant; cadres de rengagés.

Je demande que les finances de l’État soient gérées comme les finances d’une société industrielle sérieuse.

Je demande enfin à sortir du gâchis et de la confusion des pouvoirs, pour rentrer dans l’ordre, l’économie et l’égalité devant la loi.

Je suis l’ennemi irréconciliable de ce régime parlementaire qui n’a plus à faire ses preuves d’impuissance et d’ignominie.

Je ne vous ferai pas, mes chers concitoyens, de vaines promesses, mais je m’engage â me montrer inébranlable dans la défense de nos convictions religieuses, du drapeau, de la liberté et des intérêts de la France. . s.

Électeurs et chers compatriotes,

Un Breton n’a pas deux paroles. Ce qu'il a promis, il le tient, envers et contre tons.

Je n’ai manqué à aucun de mes engagements.

A la Chambre, j’ai combattu sans relâche le Gouvernement parlementaire qui, grâce à sa constitution anarchique, est générateur de tyrannie et de guerre civile.

Toutes les fois qu’une majorité sectaire, dirigée parla franc-maçonnerie, a commis des attentats contre les forces vives de la nation, je m’y suis opposé.

J’ai lutté pour la liberté 1

Le 2 4 avril 1903, j’ai été fier d’aller en prison pour elle, les menottes aux mains, comme un malfaiteur.

J’ai voté contre les mesures de proscription ; j’ai voté contre la séparation des Églises et de l’État ; j’ai voté la flétrissure pour le système de la délation instauré dans notre pays par le bloc des mouchards et des sans-patrie.

J’ai mené campagne contre les désorganisateurs de l’armée. Et tandis que les partisans du « drapeau dans le fumier » confectionnaient, dans un but électoral, la loi de deux ans, j’ai présenté avec quelques amis une proposition de loi qui aurait, tout en sauvegardant mieux la défense nationale par des cadres de rengagés, permis de réduire à un an le service militaire obligatoire. Les blocards ont voté en masse contre cette proposition, si avantageuse pour les ouvriers de3 vides et les travailleurs des campagnes.

Aussi longiemps que durera le régime actuel, il n’y aura rien à espérer pour ie pays, Tout ira de mal en pis! Les impôts augmenteront; on ne fera rien de sérieux pour les ouvriers et les travailleurs de toutes catégories; le commerce et l’industrie de la nation seront de plus en plus menacés et l’agriculture plus grevée de charges,

La religion sera traquée, la liberté mise en péril et la patrie en danger !

Pendant la dernière législature, j’ai, de toutes les façons, par la presse, par les réunions publiques, par mes votes, soutenu toutes les tentatives de révision légale de la Constitution actuelle en vue de la nomination du chef de l’État par le peuple directement consulté ; car là est leîalut.

Je continuerai plus énergiquement que jamais. Voilà pourquoi je me représente devant vous.

Messieurs, je fais appel à votre concours. L’heure est grave ! Si ie gouvernement reste entre les mains des blocards francs-maçons, sans-patrie, anarchistes ou collectivistes, c’est la fin de la France. C’est le commerce et l’industrie ruinés; c’est l’agriculture anéantie ; c’est le drapeau déshonoré; c’est l’armée désorganisée ; c’est la liberté violée; c’est l’idée religieuse détruite; c'est la fermeture et la mise à l’encan des établissements du culte, en attendant la confiscation de vos maisons, de vos champs, de vos instruments de travail par le collectivisme triomphant.

L’ennemi du dehors, l’étranger, fort de notre faiblesse, n’aura plus qu’à envahir notre territoire national, à se le partager, pour s’enrichir de no3 dépouilles,

Il ne peut plus y avoir de querelles intestines devant le danger commun. Notre devoir

est de nous unir tous pour opposer au bloc malfaisant des francs-maçons, des mouchards et des sans-patrie le bloc des honnêtes gens, des patriotes, des amis de la liberté.

Notre devise est ; France d’ abord !

De DION,

Député sortant.

Circonscription de FAIMBŒUF.

M. de JUIGNÉ.

Élu au iâf tour de scrutin, — 8,674 voix.

Messieurs et chers électeurs,

Cédant aux vœux de beaucoup d’entre vous et aux instances de votre ancien député, M, Jules Galot, j’ambitionne aujourd'hui l’honneur de vous représenter au Parlement. .

Je ne suis pas un inconnu pour yous. Mon oncle, le comte de Juignè, en me léguant le Bois-Rouaudj me transmit aussi les sentiments d’estime et d’affection que trente ans de communs rapports avaient rendus réciproques entre vous et lui.

Conseiller général d’un important canton, je connais vos besoins et vos sentiments. Pai conscience d’être l’interprète de ceux-ci et de pouvoir servir ceux-là.

Je ne me fais pas d’illusion sur la lourdeur de la tâche qui incombera à votre élu,

G’est la France tout entière à restaurer.

Est-il besoin de retracer ici les ruines accumulées durant la dernière législature?

Vos frères, vos sœurs expulsés;

Vos écoles fermées ;

La liberté du culte catholique entravée ; nos églises menacées;

Notre marine sabotée;

Notre armée divisée par la honteuse délation ;

Notre frontière ouverte à l’ennemi;

Notre agriculture écrasée sous les impôts toujours croissants;

Notre commerce livré sans barrières aux assauts de la concurrence étrangère • ;

Un budget dont les dépenses vont sans cesse en augmentant et qui, à l’heure actuelle, malgré l’accroUsement des impôts, se chiffre par un déficit de 250 millions.

La révolution sociale menaçante à vos portes :

Voilà le bilan de la dernière législature,

Réparer ces désastres sera la lourde tâche de la prochaine Chambre, tâche à laquelle votre élu devra participer.

Mais ces grands intérêts généraux, d’où dépend l’existence de notre grande patrie, ne me feront pas, oublier ceux de notre petite patrie, de notre arrondissement.

Je poursuivrai notamment sans relâche et j’espère mener à bien le raccordement à Bourgneuf des chemins de fer de Vendée, la création dhme nouvelle ligne de chemin de fer entre Nantes et Paimbœuf par Le Pellerin, '

Comme conseiller général et comme membre de la Commission départementale, j’ai été heureux de pouvoir faire obtenir de nombreuses subventions à vos communes et classer de nombreux chemins vicinaux,

Le zèle que j'ai toujours apporté, au Conseil général, à la défense de vos intérêts vous est un eûr garant de celui que je déploierai à la Chambre,

Ces trois intérêts connexes : l'intérêt de l'Église, l'intérêt de la France, l'intérêt de notre région, dans mon cœur et dans ma volonté, passeront toujours avant toute autre comU dération.

Soyons unis par le môme dégoût, par la même haine, contre les francs-maçons qui nous oppriment :

Unis comme catholiques pour reconquérir noa libertés et défendre le seuil de nos églises;

Unis comme patriotes pour protéger notre armée contre les antimilitaristes ;

Unis comme citoyens pour sauvegarder nos intérêts menacés par un Gouvernement protecteur des anarchistes*

Certain d'être en parfaite conformité de sentiments avec vous tous, je résume ici mes aspirations dans ce cri qui contient toutes nos espérances :

Vive la France 1

Le marquis de JUIGNÊ,

Conseiller général du canton de Bourgneuf, Secrétaire do Conseil général,

Membre de la Commission départementale.

lrû Circonscription de SAINT-NAZAIRE»

M, ANTHIME-MÊNÀRD*

Élu au lÉr tour de scrutin, — 11,635 voix*

Mes chers Concitoyens,

Appelé, deux fois déjà, à l'honneur de vous représenter au Parlement, par une majorité qui, de 1.000 voix d’abord, s’est élevée, ensuite, à plus de 6*700 ; bien connu de vous, et vous connaissant bien, je viens solliciter le renouvellement des liens anciens et profonds qui nous unissent.

Je crois avoir mérité votre confiance par ma scrupuleuse fidélité à mes déclarations et à mes engagements antérieurs*

Dès 1898, je vous ai dit ce que devait être, à mes yeux, une République vraiment dighe de ce nom; je vous Fai répété, en 1902, dans les mêmes termes; je n'y change rien aujourd'hui

Je vous disais : Je veux la paix politique et religieuse par le respect des libertés d'enseignement et d'association ;

— Et, pendant trois ans, le Ministère Combes n'a eu d'autre souci que la guerre antireligieuse : il a faussé la loi des associations par sou extension aux écoles qu’il a fermées; par son refus d'examiner les demandes d'autorisation de toutes les communautés qu'il a dissoutes et dont il a pris les propriétés sans que l'ouvrier et le paysan aient vu le premier centime du fameux milliard qu'on leur avait promis ; par la loi du 7 juillet 190li, il a sup-

primé la liberté d’enseignement pour toutes les écoles de France tenues par les congréganistes.

Je vous disais : Je veux, la paix extérieure par le maintien d’une armée et d’une marine étrangères à nos luttes politiques, mais protégées contre l’arbitraire :

Et, pendant trois ans, le Ministère Combes a chargé mystérieusement une société secrète dé « moucharder » l’armée nationale tout entière en lui livrant l’honneur et la vie privée de nos soldats — scandale delà délation, si honteux que le Bloc lui-même a dû désavouer son instrument, le général André, dès qu’il a été découvert.

Pendant trois ans, le Ministère Combes a laissé M. Pelietan désorganiser notre marine et nos arsenaux, retarder la mise en chantier de nos cuirassés et de nos croiseurs (particulièrement au préjudice des chantiers de Saint-Nazaire) et dilapider les fonds du budget de la Marine, au point d’être appelé, par le Président de la Chambre : « Un péril national ».

Je vous disais : Je veux 1’ « équilibre budgétaire ».

— Et le bilan de ces quatre années se règle par un budget qui, pour l'année 1906, se solde par un déficit de 90 millions, selon l’éminent économiste M. Jules Roche, et de 57 millions au moins, d’après l’aveu de M. Poincaré, Ministre des Finances, affiché, ces jours-ci, sur tons nos murs.

Je vous disais * Jo veux la justice sociale par les réformes économiques et ouvrières, vraiment pratiques et raisonnables au profit des petits et des humbles :

— Et pendant trois ans le Ministère Combes, uniquement occupé de cléricalisme, n a pu réaliser ni la réforme de l’impôt, ni les retraites ouvrières»

Les projets de réforme de l’impôt n’ont été présentés que sous des formes inacceptables, et leur examen a été systématiquement interrompu, aussitôt qu’abordé*

Le projet de loi sur les retraites ouvrières n’a été discuté que dans ces derniers mois, à ia hâte, dans les séances du matin, où siégeaient souvent 30 ou &0 seulement d’entre nous; il a abouti à un vote de principe que je n’ai pas hésité à émettre, mais pour la réalisation pratique duquel le Ministre des Finances a déclaré qu’il lui manquait une somme annuelle variant de 276 à 315 millions*

Ayant rappelé sommairement ces faits, je pose à tout homme de bonne foi cette question :

Parmi les 1 2 Mb électeurs qui, il y a quatre ans, m’ont accordé leurs suffrages, en est-il un seul, commerçant, industriel , ouvrier, propriétaire, cultivateur, — qui puisse me reprocher d’avoir refusé ma confiance au Ministère Combes?

Contre ce Ministère se sont élevés, avec nous, des hommes appartenant aux partis les plus avancés, Waldeck-Rousseau mourant, Leygues, Lcckroy, Douraer, Millerand, eux-mêmes.

La séparation des Églises et de l’État n’est plus un projet : c’est une loi votée*

Si la Chambre nouvelle la maintient, il faudra exécuter cette loi.

Il faudra reprendre les inventaires interrompus pendant la période électorale seule ment.

Il faudra, faute d’associations cultuelles constituées, fermer les églises, le 9 décembre prochain.

ii faudra, en toute hypothèse, reprendre les presbytères dans cinq ans.

C’est la discorde et la persécution en perspective; la guerre allumée dans toutes nos communes entre des gens qui ne demandaient qu’a vivre en paix; le comméra et les affaires paralysés.

C’est cette politique que représentent les soi-disant comités républicains démocratiques du Bloc, qui ne sont, en réalité, que des instruments de candidature officielle et de tyrannie au profit de quelques politiciens locaux, contre tout le reste de la population indépendante et libérale*

2e Circonscription de SAINT-NAZAIRE M. le marquis de MONTAIGU

Messieurs,

En 1902, lorsque pour la seconde fois je sollicitais vos suffrages, j’avais déjà le pénible devoir de vous montrer vers quels abîmes la franc-maçonnerie sectaire entraînait notre pays.

Le gaspillage éhonté des finances; le budget en déficit de près de 200 millions; l'armée et la marine volontairement désorganisées par ceux-là mêmes qui avaient mission de les défendre; la délation et l’espionnage établis comme moyen officiel de gouvernement; la persécution religieuse supprimant la liberté de conscience et menaçant de fermer nos églises :

Voilà ce qu’a donné la dernière législature!

Je ne saurais affirmer trop énergiquement ma réprobation d’une pareille anarchie!

Il me paraît superflu d’ajouter que, Français, je veux combattre tout ce qui peut nuire à la grandeur de mon pays ; catholique, je veux pour chacun la liberté de pratiquer sa religion.

Aujourd’hui, dans la lutte engagée entre le bien et le mal, nous devons obéir au mobile le plus élevé et le plus noble, au mobile qui seul doit tracer notre ligne de conduite, au sentiment du devoir.

C’est donc à tous les bons citoyens, à tous ceux qui réclament un Gouvernement honnête que je fais appel.

C’est à tous les bons Français que je m’adresse pour combat Ire ensemble la tête haute, en affirmant sans crainte notre patriotisme et notre foi !

Marquis de MONTAIGU,

Député,

Vice-Président du Conseil général.

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