M. VAZE1LLE
' Élu au 2° tour de scrutin. ~ 11.580 voix.
Mes chers concitoyens,
Au cours de nombreuses conférences, j’ai posé et examiné devant vous les diverses questions qui doivent retenir l’attention réformatrice du législateur : il n’est pas un de vous qui
ne les connaisse, .
De ce programme, établi en 1898 et 1902, un certain nombre de points ont été déjà réalisés, grâce au labeur incontesté des deux dernières législatures. Pour celle qui prend lin, je citerai notamment : l’œuvre de laïcisation ; l’abaissement du droit sur les sucres; un commencement de réforme des prestations, qui devra cependant être amélioré; l’extension de la compétence des juges de paix, préface d’une réforme plus large de notre organisation judiciaire, destinée à rendre l’administration de la justice plus expéditive et moins coûteuse; la réduction du service militaire actif à deux ans, qui, tout en maintenant la force défensive de notre armée, rend à notre production nationale une force considérable de travail ; l’assistance aux vieillards et aux infirmes, qui sera applicable au l"r janvier prochain, premier degré qui déjà donnera satisfaction dans nos campagnes, en attendant une loi de retraites ouvrières plus pratique, mieux adaptée à nos ressources financières que le projet hâtivement voté. Enfin, la séparation des Églises et de l’État est un fait accompli. Par elle, l’activité politique du pays va se trouver libérée d’un poids lourd qu’elle traînait depuis trente ans, à même de se consacrer tout; entière aux questions économiques et sociales, si tous, Gouvernement et particuliers, savent collaborer à l’application loyale, mais ferme, sans provocation comme sans faiblesse, du nouveau régime, qui assure à. la fois la liberté des cultes et l’indépendance du pouvoir civil. Le bien du pays commande impérieusement, sous peine de divisions mortelles, que le prêtre sache se renfermer dans sa mission, dans son églîs®, et ne cherche pas à jouer un rôle politique.
Voici pour, l’œuvre d’hier, voyons celle de demain.
Je ne saurais, ici, faire une longue énumération, forcément incomplète, de touLes les réformes à accomplir, condenser en quelques lignes, préciser des solutions qui exigent, au Parlement, tant d’études contradictoires. Ce qui doit importer au suffrage universel, c’est que son représentant soit imprégné de la haine des abus, de l’esprit de justice, de volonté et de ténacité, pour poursuivre les réformes nécessaires, dans la mesure et dans les limites du possible, des droits intangibles et de la sauvegarde des grands intérêts nationaux; c’est la garantie que tout ce qui doit et pt ut être fait sera fait. Qu’il me suffise donc d’indiquer les principes directeurs du programme dont j’ai été et reste- le dévoué serviteur.
Le parti républicain a conquis le pouvoir et s’y est consolidé : à lui de montrer maintenant qu’il en était digne. Nous devons, républicains, avoir l’orgueil de prouver que la République, mieux qu’aucun gouvernement du passé, est capable de faire une France grande et prospère à la fois, vis-à-vis des nations concurrentes, et jusque dans le plus intime de sa chair, c’est-à-dire jusqu’au plus profond de ses masses laborieuses. Nous devons prouver que nous savons ne pas nous attacher seulement à tel ou tel grand intérêt spécial limité, mais encore embrasser dans une sollicitude égale, dévouée, active, passionnée tout ce qui fait la grandeur d’une nation, sa richesse, la dignité et le bien-être de sa démocratie. Il n’y a pas
d’opposition entre les termes de ce problème : une agriculture, une industrie, im commerce florissants sont la condition première de l'amélioration du sort des travailleurs, et, par une égale réciprocité, Païsance répandue dans le peuple qui travaille, — par l'augmentation de la consommation, — est le stimulant nécessaire à l'accroissement de la production. Ainsi se trouvent déterminés les deux pôles de ce qui doit être Taxe du travail parlementaire : il faut créer, encourager tout ce qui peut favoriser notre production nationale, tout ce qui peut fortifier et développer notre état démocratique.
Toutes les réformes conçues dans ce double esprit, je les appuierai et les défendrai, si hardies soient-elles, pourvu qu'elles ne-soientni de pures improvisations, ni de purs rêves, mais réfléchies et mûrement étudiées.
Au point de vue social, je tiens à affirmer de nouveau que, ri je suis partisan convaincu des oeuvres d'amélioration sociale, je ne les conçois que respectueuses de la liberté individuelle, basées sur la libre association des individus* J'ajoute, pour répondre à des préoccupations légitimes, que je considère le maintien ferme de l'ordre public, le respect dés lois, des propriétés, des droits de tous, comme la condition absolue de la réalisation même du progrès social. Ne pas y tenir la main serait, consciemment ou inconsciemment, favoriser une réaction funeste à la République et à la France.
S'il n'est pas nécessaire de rééditer mon programme dans ses détails, je dois cependant souligner que l'œuvre principale de la prochaine législature sera, de l’aveu de tous, la réforme financière, clef indispensable ài toutes les autres, avec ce triple but : 1° diminution de la charge si lourde qui paralyse l'effort économique du pays, par la création d'un fonds d'amortissement de notre dette, doté de ressources spécialement et irrévocablement affectées; T meilleure distribution de nos dépenses par la suppression des emplois inutiles et coûteux, par la réorganisation de notre système administratif, simplifié et décentralisé; 3° plus équitable répartition de l'impôt, qui proportionne mieux la charge du contribuable à ses forces contributives, sans léser d'ailleurs aucun intérêt respectable. Sur ce point particulièrement, sans rien abandonner de l'idéal de justice que j'ai défendu et dont un avenir prochain démontrera la justesse, je voterai tout ce qui sera une amélioration progressive de notre système fiscal.
Enfin, je ne saurais passer sous silence une question qui a vivement préoccupé le pays depuis un an, La France veut la paix, mais elle sait aussi que le meilleur moyen de la conserver, c'est d'imposer le respect par sa force. J'ai combattu et combattrai encore tous les abus qui peuvent se glisser dans l'admimstrarion de nos armées, mais c'est en vue de les faire plus fortes et plus aptes à défendre la République, la dignité et l'indépendance de noire patrie*
Mes chers concitoyens,
Si, pas plus qu'aucun homme, je ne puis échapper ni à l’erreur, ni à la critique, j’ai cependant conscience d'avoir toujours agi, au Parlement, en représentant soucieux de sa haute responsabilité.
Parmi ceux qui me combattent, il en est qui le font parce qu'ils ont des opinions contraires aux miennes : ceux-là, je les respecte tout en les combattant; il en est qui se sont éloignés de moi parce que je n'ai pas servi leur intérêt particulier : ctux-là, je vous laisse le soin de les juger; il en est enfin qui, bons et loyaux amis de la première heure, mal informés sur le caractère et les causes de mon attitude, ont cru, à tort, à une abdication de ma part ; ceux-là, je les regrette*
Mais qu'ils me permettent de leur dire, suivant un proverbe antique, qu'au-dessus des amitiés personnelles, iî faut p^cer l'amour de la vérité et de la justice. S'ils en sont aussi les serviteurs, forcément l’avenir nous fera rejoindre et réconcilier.
Ouï, nous devons faire respecter la République et ses lois, mais il est d^s violences inutiles, contraires à Pidéai républicain, qu'il faut éviter* L'honneur de la République, c'est d'être en même temps un gouvernement de combat pour la défense du droit, mais aussi un
Gd
gouvernement de paix et de concorde, A l’heure actuelle, j’estime que 1 union de tous les républicains, — non de3 faux ralliés qui ne cherchent à entrer dans la place que pour s’en emparer, — mais de tous les républicains de bonne foi, animés de l’esprit démocratique, s’impose comme une nécessité, pour le salut et la grandeur de la République, pour le salut et la grandeur de la France.
Vive îa République!
Dr VAZE1LLE,
Député sortant.
lr* Circonscription d’ORLÉANS.
M. fUIilER.
Élu au 1er tour de scrutin. — 12.4% voix.
Chers Concitoyens,
Pour la sixième fois, je sollicite le renouvellement du mandat que vous m’avez confié, il y a dix-huit ans. Conscient de n’avoir jamais manqué à aucun de mes engagements, c’est
en toute sérénité que j’attends votre décision.
j'ai toujours été le serviteur fidèle de la démocratie et mes adversaires eux-mêmes ont du reconnaître le dévouement dont j’a ■ ais fait preuve pour la défense de vos intérêts.
S’il me fallait de nouveaux titres à votre bienveillance, vous les trouveriez dans la participation que j’ai prise aux travaux d’une législature exceptionnellement fécondé.
j’ai eu la bonne fortune, dans ma dernière profession de foi, de vous indiquer toutes les grandes lois qui viennent d’ètre votées. Je les rappelle d un mot :
Lois sur les congrégations, dont le développement devenait une menace pour l’Etat. J en
Loi de suppression de l’enseignement congréganiste, qui complète 1 œuvre de laïcité. Loi de séparation des Églises et de l’État, loi toute de liberté et de modération qui, tout en respectant les droits légitimes de la conscience, a déchiré un Concordat qui était une duperie ou un danger.
Loi militaire, qui, tout en donnant à notre armée nationale plus d uomogenéite et plus de force, répartit équitablement la charge de l’impôt du sang, jusque-là si lourd aux enfant 3
^ Loi* d’assistance aux vieillards et aux incurables, qui assure l’exécution du devoir social
desolidarité. , . .......
Loi des Caisses de retraites, . dont la législature prochaine assurera le vote définitif et
l’intégrale application.
Loi d’extension de la compétence des juge3 de paix, qui met a la disposition des peti ■
plaideurs une justice moins coûteuse et plus rapide. ^
Protection du petit commerce contre les gros monopoles, — qui devra être rendue plus efficace, . — et réduction des patentes. J’ai été le président de la commission.
Modification de l’article 103 du code de commerce, donnant aux commerçants et au>
industriels de notre pays les garanties qu’ils espéraient en matière de transport. J’ai été
l’auteur et le rapporteur de cette loi.
Au point de vue local, rapporteur général de la commission des grands travaux publics, j’ai obtenu de mes collègues la construction toute prochaine du canal de Combleux à Orléans et le commencement de la voie navigale de Nantes à Briare.
D’un mot également, j’indique les réformes que devra s’appliquer à réaliser la Chambre
^^Modification de notre système fiscal, prudente mais efficace, de façon que chaque citoyen paye progressivement, suivant scs facultés et suivant ses moyens.
Abrogation définitive de la loi Falloux; obligation aux maîtres des écoles privées de présenter les mêmes garanties et les mêmes diplômes que les maîtres de nos écoles; facilités plus grandes pour les enfants du peuple de parvenir à l’instruction complète.
Réforme; des conseils de guerre*
Diminution des périodes de 28 jours et suppresion des 13 jours*
Extension de la prud’homie*
Retraites ouvrières*
Loi de prévoyance et de protection des ouvriers et employés de chemins de fer* Réduction et même, s’il est possible, suppression des licences des marchands en gros
et des débitants, t ,
Révision du cadastre, extension du crédit agricole, protection et extension de la petite
propriété.
Le cadre d’une profession de foi ne permet d’envisager que les lois générales; pour tous les cas particuliers qui pourraient se présenter, vous ferez confiance au député dont les sentiments démocratiques vous sont depuis tant d’années connus.
Électeurs I
On a reproché à la majorité républicaine du Parlement de s’être préoccupée avec trop
d’insistance du danger clérical.
Les événements démontrent que ce danger n'a pas disparu*
A l’occasion de la loi de séparation, nos adversaires tentent de remettre en question
toutes les lois essentiellement républicaines*
Pour défendre ces lois, qui constituent un patrimoine péniblement acquis, vous me trouverez toujours au premier rang.
On reprend contre nous les attaques d’autrefois, on nous accuse d'être des anumiiitaristes et des antipatriotes, alors que lions avons toujours déclaré qu’une armée forte et disciplinée, loyalement républicaine, est la garantie de la sécurité de la patrie, que nous voulons unie et respectée.
On nous accuse d’être des collectivistes, alors que nous avons toujours inscrit dans nos programmes l’extension de cotte propriété individuelle qui nous apparaît comme la condition et le gage de la prospérité du pays*
Vous ferez justice de ces attaques intéressées, vous affirmerez une fois de plus dans notre pays le triomphe nécessaire d’une République fermement démocratique qui veut le bien du pays, qui a le juste souci de sa grandeur, qui mettra tous ses efforts à la réalisation de la solidarité indispensable*
Républicains, tous unis, sans distinction de parti ou de nuance, vous voua grouperez tous autour du candidat des républicains. Votre union assurera une fols de plus son suects et la défaite irrémédiable des partis qui, par le cléricalisme, conduiraient ce pays à la monarchïc ou au césarisme.
Vive la République 1
Fernand RADIER, Député sortant, Candidat des républicains*
2fl Circonscription d'ORLÉANS,
M, Henri ROY.
Élu au 1er tour de scrutin. — i 0.95 9 voix.
Un congrès présidé par M. le sénateur Viger, composé de 500 électeurs et élus appartenant 5 toutes les nuances de l’idée républicaine et venus de toutes les communes de la circonscription, m’a désigné, par un suffrage unanime, pour être, aux élections du 6 mai, le candidat des républicains.
Celte unanimité me donne un titre plus grand à votre confiance/
Républicain d’origine et de tradition, j’aime la République de toute la reconnaissance que nous lui devons pour nous avoir donné plus de réelle liberté, plus d’égalité, plus de sincère fraternité.
Nous tenions d’elle la liberté de réunion, la liberté dissociation ; par lé vote* de la loi de séparation des Églises et de l’État, elle nous apporte la liberté de conscience.
Les résistances suscitées et entretenues par d* s adversaires iniéressês ne sauraient enlever à cette loi soc véritable caractère de libéralisme et d’équité, de justice et de modération, puisqu’elle permet à chacun de croire ce qu’il veut et de pratiquer ce qu’il croit.
Pour bienveillante que nous Payons pu souhaiter, Inapplication de cette loi doit être stricte et intégrale,
L’État, neutre en maiière de religion, dot être neutre en matière d'enseignement. Nos lois scolaires sont no patrimoine intangible. Le monopole est inutile pourvu que, par des dispositions nouvelles, les mêmes garanties soient exigées des professeurs, qu’ils exercent dans clés écoles libres ou dans des établissements de TÉiat.
La loi sur le service de deux ans a introduit dans l'impôt militaire l’égalité néces saire.
La force de notre armée nationale n’en sera pas diminuée; elle ne saurait non plus être atteinte par des réductions si désirables sur la durée des périodes d’instruction de la réserve et de la territoriale.
Des encouragements constants et des dispositions législatives favorables ont développ é parmi nous Ja pratique de la mutualité et Je sentiment de la solidarité.
Par le vote de la loi sur les caisses de retraites ouvrières, dans laquelle les travailleurs de la ville et de la campagne trouveront les garanties indispensables à la sécurité de leur vieillesse, la République couronnera son œuvre.
Mais, pour appliquer cette loi, il faut des disponibilités financières considérables.
Sans doute, par une gestion plus stricte, par une réduction possible de certaines dépenses exagérées, des économies peuvent être réalisées.
Mais c’est seulement dans une modification de notre système d’impôt qu’on trouvera les ressources indispensables.
Il faudra, dans cette réforme, agir avec résolution, mais avec tact et prudence, J 1 conviendra de tenir comple du tempérament du coniribuable français et de ne pas courir les aventures. Mais il est nécessaire de réaliser cette formule équitable^ inscrite depuis plus d’un siècle dans notre charte civique, que chacun doit participer aux charges publiques suivant ses facultés et ses moyens.
L’agriculture est la première de nos industries nationales : nul ne saurait l’oublier
dans celte circonscription qui, en agriculture et en viticulture, s’honore d’être au premier rang.
. Des lois sagement protectrices, que vous devez à la République, vous permettent de tirer de vos récolres un produit équitablement rémunérateur.
Ces lois, indispensables à votre sécurité, se compléteront par une féglementation sérieuse du marché à terme sur les produits alimentaires, par le maintien des mesures prises contre les abus de l’admission temporaire, par la loi sur les fraudes dans la vente de marchandises et enfin par une législation réellement efficace contre les dégâts causés a< x récoltes par les ravages du gibier.
L’organisation complète du crédit agricole, la constitution de nombreux syndicats qui feront, non pas du commerce, mais de !a coopération, contribueront à votre prospérité.
Enfin, dans notre région tout particulièrement, l’extension du réseau des tramways départementaux et leur raccordement avec les réseaux voisins, l’établissement d’une voie navigable de Briare à Nantes vous apporteraient de nouvelles et bienfaisantes facilités.
Grâce à votre collaboration, g: âce aux conseils particulièrement qualifiés de M. Viger, je saurai, m’inspirant de son exemple, apporter à la défense de vos intérêts une ardeur qui ne se démentira pas.
On ne saurait tout dire dans une profession de foi : au moins ai-je voulu établir les points essentiels sur lesquels s’exercera mon action, si vous me choisissez pour vous représenter.
Par de fréquents comptes rendus de mandat, par ma présence chaque samedi à Orléans, on vous amènent normalement vos affaires particulières, sans cesse à votre disposition, je serai au courant de vos désirs et de vos besoins; toute cause juste trouvera eu moi un fidèle défenseur, tout besoin reconnu un avocat déterminé.
Electeurs I
Grâce aux exagérations maladroites ou criminelles des adversaires de la République, la situation électorale est parfaitement nette ; d'un côté le drapeau de la République, de l'autre la bannière cléricale.
Vous direz, le 6 mai, si vous voidez une République sagement, mais résolument progressive, ou si vous consentez, par une République diminuée et asservie, à conduire fatalement le pays à la monarchie ou au césarisme*
Votre sentiment n’est pas douteux* L’heure est critique, comme aux temps abhorrés de l’Ordre moral* Aujourd'hui comme alors, l'union est faite parmi tous les républicains pour triompher du péril réactionnaire.
Vous ferez justice des calomniateurs qui accusent les républicains de compromettre la patrie par une désorganisation de l'armée.
Ils parlent contre toute vérité et contre tout bon sens* L'armée, c’est la nation en armes, c est nous-mêmes ; sa force est actuellement la garantie nécessaire, au progrès. C’est pourquoi nous condamnons et les doctrines anémiantes et dangereuses des 'antimilitaristes, et les exemples déprimants d'in iiscipliue de ces officiers qui préfèrent Rome à la République*
C'est seulement à une armée loyalement attachée à la République que nous pourrons confier la garde de notre pays et de ses institutions.
C'est vainement aussi qu’on fera surgir devant vos yeux le spectre du collectivisme :
3 es républicains de gouvernement ne sauraient adhérer à de telles théories, puisqu'ils font de 1 extension de la propriété individuelle à un plus grand nombre de citoyens un des gages de prospérité et de progrès*
Républicains 1
Dans la bataille de demain le succès demeurera aux plus disciplinés* Vous vous serrerez d un même cœur aut ur de celui qui a l'hon rieur de porter le drapeau*
Vous vous souviendrez des belles paroles de M. Fallières, president de la République ; « Serviteurs indéfectibles de la démocratie, travaillons sans relâche à faire une humanité toujours meilleure, avec une conscience politique toujours plus haute, et restons fidèlement attachée à la cause du progrès et au culte de la patrie! »
Vive la République I
Henri ROY,
Candidat des républicains*
Circonscription de PITHIVIERS.
M. Georges COCHERY.
Elu au 1er tour de scrutin. — 10.611 voix*
Chers Concitoyens,
Il y a vingt et un ans, les républicains de l'arrondissement de Pithîviers m’ont appelé à combattre h leur tète*
Ensemble, nous avons lutté et nous avons vaincu.
Aujourd'hui, la coalition des partis de réaction, jamais découragés, reprend l'offensive.
Ensemble, nous lutterons encore contre eux, et nous vaincrons.
Je les retrouve en face de moi, adversaires irréconciliables, comme, avec des tactiques diverses, en 1885, en 1889, en 1893, en 1898, en 1902* a
Vous les connaissez, vous les avez vus à l'œuvre.
En regardant d’où ils viennent, vous saurez où ils nous mèneraient s'ils étaient les maîtres.
Vous ne vous laisserez pas égarer par l'équivoque qu ils cherchent à établir.
Ils prétendent m'opposer ma profession de foi de 1902.
Je n'ai rien à y n trancher.
Mais j'ai beaucoup à y ajouter.
Je Yûüs disais, en 1902, je vous dis, en 1906 :
« Je suis, je serai toujours avec les républicains qui ont fondé la République et qui veulent îa fortifier par la pratique des principes républicains...
ci Je l’ai constamment défendue contre tous ses adversaires. »
La lutte est entre la République et le cléricalisme.
Je suis pour la République contre le cléricalisme.
Je respecte toutes les convictions religieuses, J'entends qu'elles puissent être librement pratiquées.
Mais je veux que tous obéissent aux lois de l'État et respectent les droits de la société laïque.
J’ai voté la séparation des Églises et de l'État, qui, loin d’être un acte de guerre contre les croyances religieuses, sera, au contraire, un précieux instrument de liberté,
J1 en réclamerai l'exécution loyale et libérale, mais intégrale et sacs faiblesse.
J'appuierai les mesures nécessaires pour développer et compléter la laïcisation de renseignement.
J’ai vota :
La loi sur l'extension de la compétence des juges de paix, qui assure une justice à la fois pins rapide, plus proche et moins coûteuse ;
La loi sur l'assistance aux vieillards et aux infirmes ;
La loi sur la réduction du service militaire à deux ans, qui répartit, d'une façon égale pour tous j la charge de l’impôt b plus lourd et qui, donnant à notre armée plus d'homogénéité, la rendra plus forte»
l’ai voté enfin un allégement considérable de l’impôt sur les sucres pour maintenir la prospérité de ia culture betieravière.
j'ai mis une inlassable énergie à soutenir tous les. intérêts de notre arrondissement*
La ligne de Beaune à .Étampes ;
Le tramway de Pîthiviers à Toury ?
La caserne de Pithiviers ;
Le rétablissement des tolérances anciennes pour la prise des alouettes;
L'institution d'encouragements de 100 francs par hectare pour la culture du safran ;
L’allocation de crédits considérables pour la remise en état de notre viabilité, que le Conseil générai a déridé de réaliser promptement; — en sont la preuve,
Mail les réformes réalisées ne doivent pas nous faire oublier celles qui restent à accomplir ;
Les réformes fiscales, destinées à établir, sans vexation, sans inquisition, une plus équitable répartition des charges publiques ;
Les réformes économiques et d'ordre social qui, par le développement de la mutualité et des institutions de prévoyance et le vote dé la loi sur les retraites, assureront le triomphe de la vraie solidarité et prépareront une vie paisible, après un long labeur, aux travailleurs des champs et de l'atelier ;
Les réformes administratives, qui diminueront les dépenses publiques;
Les réformes financières, dont la première sera une sévère économie dans la préparation et i 'exécution des budgets ;
Les réformes judiciaires, qui continueront à simplifier ia procéJure, à rapprocher le juge du justiciable, et diminueront les frais des instances, en abrégeront la solution»
II faut surtout que les législateurs n'oublient pas que l'agriculteur est le meilleur pourvoyeur du budget, le plus solide élément de notre puissance financière, comme de noire force m Élitaire,
II faut que tous ses intérêts soient ardemment soutenus, J'ai contribué à rétablissement des droits protecteurs* je les défendrai avec énergie*
11 faut qu’on lui donne enfin, par la constitution de chambres démocratiques d'agriculture, le moy n de faire entendre toujours sa voix et connaître sa volonté*
Il but que, par l'organisation pratique du crédit agricole, on permette à nos campagnes de profiter des larges sacrifices que j'ai obtenus de la Banque de France dans l'intérêt de l'agriculture»
Aucune réforme ne m'effraye, si elle est réellement une réforme, si elle est profitable au pays- et s’inspire d'un véritable esprit de justice*
Chefs Concitoyens,
Je veux le progrès*
Je lutterai contre toutes les tentatives de recul.
J'écarte l'utopie collectiviste*
Je combats de toutes mes forces les révolutionnaires, ceux qui voudraient bouleverser la société, et les agitateurs cléricaux qui, :à propos des inventaires, ont suscité de graves désordres,
CJest un crime de risquer de provoquer la guerre civile.
Je veux le maintien de l’ordre, condition nécessaire du progrès ; la soumission de tous indistinctement aux lois de la République.
Profondément attaché à notre armée nationale, je réprouve avec la même indignation les antimilitaristes d’action et les aniimilitaristes de doctriitf :
Ceux qui ont poussé certains officiers,— heureusement très peu nombreux — à donner l’exemple de l’indiscipline, et ceux qui excitent les soldats k la désobéissance.
La discipline doit être la même pour tous. C’est la condition de la force de notre armee
et de la sécurité du pays. .
Comme Français, comme républicain, j’aime l’armée toujours prête a faire modeste*
ment et vaillamment sou devoir pour la défense du territoire et la défense de ta loi.
Elle est la garantie de la pa:x, la gardienne de nos libertés, la grande école de 1 égalité
et du dévouement ad pays*
Électeurs républicains.
Je fais appel à l’union des républicains pour triompher, le 6 mai, du nouvel assaut tenté par les partis hostiles à la République, et envoyer au Parlement une majorité résolue à maintenir l’ordre et à poursuivre le progrès par la mise en pratique de la devise républicaine :
Liberté* — Égalité, — Fraternité.
Ni réaction, ni révolution. — Progrès et réformes pacifiques.
Tel est votre programme* — G’est aussi Je mien: je Fai suivi dans ie pa^sè, je le suivrai dans Pavenir*
Votre tout dévoué,
Georges GO G H Eli Y*