‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 135 sur 280 · M. LEFÉBURE · texte numérisé non relu

M. LEFÉBURE

Elu au 1er tour de scrutin. — 7./j35 voix.

Mes chers Concitoyens,

Les comités de l’arrondissement de Montmàdy m’ayant fait l’honneur de me désigner comme candidat unique du parti républicain aux élections législatives du G mai, j’ai l’honneur de vous soumettre mon programme politique.

Je soutiendrai de mes votes un Gouvernement économe des deniers publics, mais résolument réformateur et disposé à faire aboutir l’impôt sur le revenu qui, appliqué sans taxations arbitraires, sans mesures inquisitoriales, facilitera le dégrèvement des petits et des moyens contribuables.

Je demanderai le maintien des lois protectrices qui favorisent l’essor de notre agriture, de notre commerce et de notre industrie,

La nouvelle loi sur le recrutement, qui assure le service de deux ans égal pour tous et mie unité d’instruction plus étroite entre les différents éléments de l’armée, doit être appliquée sans défaillance* Je suis aussi partisan de la réduction des 28 jours et des 13 jours, et je demanderai que ces périodes d’instruction militaire soient toujours fixées à des époques differentes de celles réservées aux travaux agricoles*

Confiant dans le loyalisme de l’armée nationale, je m’associerai à tous les sacrifices qui seront demandés au Parlement pour lui permettre de rester la gardienne vigilante de l’honneur de la patrie et de la constitution républicaine*

Je veux la suprématie incontestée du pouvoir civil et je combattrai l’intrusion du clergé dans le domaine politique dont il devra résolument s’écarter, s’il a souci de ses intérêts et de l’ordre public ; mais, partisan d’une entière liberté de conscience pour tous, je ne voterai pas des lois susceptibles de restreindre l’exercice des cultes ou leur enseignement doctrinal* Voulant très sincèrement participer à l’application des réformes sociales destinées à améliorer, dans une large mesure, le sort des travailleurs, je voterai toutes les réformes sociales qui, basées sur le respect de la propriété individuelle, pourront donner aux ouvriers agricoles et urbains la part de bien-être qu’ils sont en droit de réclamer d’une démocratie.

En ce qui concerne les besoins et intérêts locaux des diverses régions de l’arrondissement, qui ont toutes un égal droit à mon dévouement, je m’emploierai énergiquement, avec

le concours de tous vos élus cantonaux et communaux, à leur donner une solution conforme à vos aspirations, et, tous ensemble, nous travaillerons à développer nos voies et moyens de communication, raugmentation de nos garnisons et les encouragements divers auxquels a droit notre arrondissement déshérité.

Mon concours sera acquis à toutes les mesures susceptibles d'améliorer la situation des bouilleurs de cru, de maintenir leurs droits et d'atténuer, ou de répartir avec plus de justice, la lourde charge des prestations.

Enfin, mes chers concitoyens, je prends rengagement formel de faire tous mes efforts pour ramener dans notre région, si cruellement divisée depuis six ans, un calme nécessaire à la prospérité du pays*

Depuis les dernières élections, les adversaires de la République ont tout fait pour aggraver les discordes locales ; je m'efforcerai de les faire disparaître, pour qu'il nous soit donné de retrouver un calme bienfaisant qui a toujours régné dans l'arrondissement de Montmêdy, aussi longtemps que ses destinées politiques furent confiées aux mains d!un vrai républicain.

Vive la République !

Vive l'arrondissement de Montmêdy t

Albert LEFÉBDRE,

Préfet honoraire,

Ancien sous-préfet de i’arrondissemejat de Montmêdy.

Circonscription de VERDUN.

M. Charles HUMBERT.

Élu au let tour de scrutin. — 9.258 voix.

Mes chers Compatriotes,

Les Comités républicains de l'arrondissement de Verdun ont bien voulu, à l'unanimîté, me faire le grand honneur de me désigner comme seul candidat aux élections législatives.

J'ai accepté cette lourde tache avec une légitime fierté et je viens aujourd’hui me présenter à vos suffrages avec un passé sans reproche, une vie toute de labeur, et un avenir dont ce passé peut répondre.

Enfant de notre chère Meuse, j'en sais les désirs et les aspirations. Je connais son patriotisme ardent et les devoirs impérieux que lui crée sa place à R'avant-garde du pays. Je connais aussi ses misères économiques et l'abandon dont notre arrondissement a souffert, durant les quatre années stériles qui viennent de s'écouler.

Et c'est pourquoi je viens vous dire loyalement : « Je vous donne mon activité et tout ce que j'ai pu acquérir d’amitiés qui vous seront profitables 1 *>

La République, comme nous la comprenons, est faite de solidarité, et non pas d'égoïsme de partis. Elle doit comprendre dans un même geste do protection tous les citoyens.

Cette République est si nette et si franche qu'elle n'a pas besoin de s'affubler d'épithète, libérale ou autre.

Elle est la République* tout sunpîemerït ; mais une République à qui nous devons trente-sis années de paix féconde, une République que tous les assauts des réactions coalisées n’ont jamais pu entamer, une République qui va toujours vers ie progrès, vers la lumière, vers T idéal 1

Mes chers Compatriotes,

Mon programme politique, vous le connaissez. Comme nos (rois honorables sénateurs, je dis : « Nt réaction, ni révolution I » et, comme eux, je m’inspirerai des nobles et belles traditions des vétérans de la démocratie dans la Meuse.

Les questions à l'étude desquelles je compte m’attacher, si votre confiance m’honore de vos suffrages, sont nombreuses et importantes.

Lf agriculture f le commerce et Findustrie .

Cjs trois sources de richesse doivent être au premier plan des soucis d’un gouvernement. La fécondité de notre sol national, garantie par des lois protectrices intangibles, JVssor de notre commerce et de notre industrie, ne sont maintenus qu’au prix des plus lourds sacrifices, et il importe que les représentants du peuple s’attachent à une politique réformatrice de l’impôt, sans inquisition ni vexation. Tout remaniement fiscal doit être orienté vers un dégrèvement sincère et profond de la terre. D’autre part, il faut que l’on s’achemine vers la propagation des associations agricoles. Eltes sont, aujourd’hui, au nombre de C’est un progrès qu’il est nécessaire d’accentuer encore, car ces associa¬

tions constituent l’agent le plus puissant du relèvement de l’agriculture française. Je compte aussi réserver tous mes efforts a cette importante question des achats directs de l’armée à l’agriculture, question que j’ai mise en œuvre, et qui n’a pas atteint encore le développement que j’en espère et que nos campagnes meusiennes sont en droit d’en attendre.

Enfin, j’estime que le droit des houilleurs de cru doit être étendu a tous les produits du sol.

L'armée et la République.

En ce qui concerne l'armée, nous devons tout subordonner à la nécessité de maintenir fièrement notre patrimoine d’honneur et notre gloire nationale. Il nous faut une année forte et nous avons l’orgueil de la posséder telle, puisqu’elle a su, en dépit des excitations savamment entretenues par la réaction, résister aux tentatives des partis déchus; puisqu’elle a su, en dépit de l’abominable délation, dont elle a failli être victime, rester en dehors de toutes les querelles, en dehors des voies dangereuses ou on a voulu Pentraîner. G^t admirable instrument de défense, fortifié par l’adoption du service de deux ans égal pour tous, qui assure la cohésion de l’armée active et la perfection des réserves, a su se tenir irès loin de nos discussions politiques. L’armée sait^qu'eïle doit respect et fidélité aux institutions que le pays s’est librement données et, dans le silence et l’étude, elle se prépare à éviter les douloureux retours des Sedan que l’Empire nous a valus; elle a droit, en échange, à notre respect et à notre affection.

J’estime, en outre, que, sans porter atteinte à sa puissance, on peut et on doit réduire les périodes d’instruction des réservistes et des territoriaux, comme les fixer à des époques autres que celles des travaux agricoles.

La liberté religieuse.

Fidèle aux grands principes édictés par la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, j’entends que nul ne soit inquiété pour ses croyances, et que l’exercice du culte, — désormais réglé dans ses détails par la loi de séparation, — ne subisse aucune entrave, ni aucune contrainte. J’estime que les catholiques doivent respect à la loi, mais il convient h

toutes les bonnes volontés de s’unir pour rechercher les moyens d’améliorer le système nouveau qui régit les rapports de l’Église et de l’État. C’est ainsi que je prends l’eimaeement de voter un amendement à l’article 41 de la loi, tendant à laisser aux communes la faculté d affecter elles-mêmes les fonds provenant du budget des cultes, soit au payement du curé de leur paroisse, soit au dégrèvement de la cote foncière de la propriété non

Les réformes sociales.

Depuis plus de trente ans, la République s’est consacrée à l’amélioration du sort des humbles et sa sollicitude s’est justement étendue sur ceux que les régimes défunts avaient, à dessein, négligés. Et c’est ainsi que nous avons assisté à ces admirables progrès qui s appellent 1 instruction obligatoire, la loi de pardon, la législation ouvrière, la 1. i sur les accidents du travail, l’assistance aux vieillards, l’hygiène des travailleurs et la mutualité. Certes, tout cela est bien imparfait encore ! Mais quel chemin parcouru 1 Et comme cela rendra plus facile la besogne qui nous reste à accomplir, la tâche à laquelle il faut que nos efforts soient consacrés I H

Dans cet ordre d’idees, partisan résolu du « homestead », c’est-à-dire de la faculté pour tout Français, de rendre insaisissable une partie de son bien pour y asseoir son foyer’ ] estime que la législature prochaine doit être orientée vers sa consécration légale déjà émise par la Chambre des Députés, dans sa- séance du 13 avril dernier.

D’autre part, il faut que le Parlement solutionne à bref délai la question des retraites ouvrières. Ouvriers des villes, ouvriers des campagnes, travailleurs des usines, des fabriques ou des champs, tous ont droit, après une vie de labeur, à un repos bien gagné; tous ont droit, après des années de travail, à une vieillesse exempte de soucis. Je considère que, en s aidant de la mutualité, on arrivera à résoudre rapidement ce problème. Et mes efforts tendront à cela.

Les travaux publics ,

Je voudrais aussi que nos communes, injustement bannies depuis quatre ans du nombre de celles ont droit à la sollicitude du Gouvernement, puissent avoir leur part des grands travaux qui aident à la prospérité matérielle du pays. Ponts, routes, chemins de 1er d intérêt local, démantèlement de Verdun, aulorisation de construire sur la première zone militaire, réfections multiples,., notre région délaissée a besoin de tout cela pour assurer les débouchés nécessaires aux productions de la terre.

Il ne faut pas oublier que développer les voies de communication d’un pays, c’cst

solliciter les energies productives de l’homme en rendant plus facile l’exploitation des ressources du sol.

Les finances .

Bien que la situation financière de la France nous ait permis de réparer les désastres causés par les régimes passés, j’estime que le Parlement ne saurait apporter irop de circonspection dans l’examen du budget,

Je ne reculerai devant aucune dépense productive; mais je suis déterminé, non seulement a rechercher une sévère économie des deniers publics, mais encore à voter les simpliiicalions de service compatibles avec une bonne administration ou avec une justice moins

Mes chers Compatriotes,

Voila quelles sont les idées maîtresses qui dicteront ma conduite, si vous me choisissez pour votre mandataire.

Voua me connaissez ; vous savez qui je suis.

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libsrlés que nous avons si chèrement acquises depuis plus de cent ans.

{Æ’S&ra ïwu*!» mesure, depuis quatre mois, dues l'arrondissu- , Lotion est de combattre sans injure, sans difumatiou et sans calomnre.

prépare la domination étrangère et nous expose a la guerre cmle i > u + \î » nfvîitimie. dit& « libérale »*

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PC’est la politique réactionnaire, la politique dite « libérale ». 1.|,„|P» vp ut la stabilité gouvernementale, nui. seule, peut aao,1TP1

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