‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 134 sur 280 · U. FERRETTE · texte numérisé non relu

U. FERRETTE

Élu au 1er tour de scrutin* — 9* ^84 voix.

Mes chers Concitoyens,

Je viens solliciter à nouveau l’honneur de vous représenter à la Chambre des Députés*

Élu en 1898, réélu en 1902, avec plus de 2*500 voix de majorité, sur un programme de réformes démocratiques et de défense des libertés, j’ai conscience de ne point avoir failli à mon mandat*

J’ai protesté de toutes mes forces contre cette politique de désorganisation nationale et de persécution des consciences, qui fut celle des derniers ministères dont la France vient de subir le joug*

f ai défendu à la tribune les droits des cultivateurs et des bouilleurs de cru, auxquels le Gouvernement de M* Combes avait imposé le plus insupportable régime d’inquisitions et de vexa lion s. couteu ses .

J’ai lutté pour la fondation des retraites ouvrières et agricoles,— comme je lutterai pour leur réalisation effective, — et j’ai souligné l'imprévoyance de ce gouvernement qui toujours ajournait les réformes promises à la démocratie et ne s’occupait que de préparer au pays une période de guerre religieuse et de discorde sociale.

Je n’ai cessé de réclamer, à la tribune de la Chambre, des économies budgétaires de plus en plus nécessaires ot qui doivent marquer la fin de cette politique de gaspillage et de distribution de ruineuses sinécures qui, en accroissant ind éliminent les dépenses publiques* menace les contribuables de nouveaux impôts et nécessite toujours de nouveaux emprunts*

Électeurs,

Le Bioc no pardonne pas à ceux qui l’ont combattu, comme je l’ai fait en votre nomp avec courage et désintéressement.

Il a organisé dans notre arrondissement une campagne de menaces, de diffamations et de corruption dont la violence et la perfidie répugnent souverainement au caractère franc et loyal de nos populations lorraines*

Les citoyens qui refusent de marcher sous rétendard du candidat officiel sont espionnes et dénoncés par toute la horde des mouchards et délégués administratifs*

Les fonctiono aires qui répugnent à se laisser transformer en agents actifs de la politique du Bloc sont menacés de disgrâce et de révocation.

L’argent des fonds secrets et le produit du trafic des décorations est répandu à profusion dans notre pays et, sous prétexte de controverses électorales* on attire les citoyens

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dans des réunions où l’on ne verse, à défaut d’arguments .et de lumières, que le yIu, la bière et l’alcool*

Les promesses les plus invraisemblables d'emplois publics, de faveurs, de subventions gouvernementales, sont distribuées h quiconque veut bien servir d’auxiliaire ou d’agent à ces tentatives de pression et de corruption de la libre conscience des citoyens.

Électeurs,

Vous avez jugé les bénéfices, vous avez apprécié les fruits de cette politique néfaste du Bloque j’ai toujours combattue et qu’on vous demande aujourd’hui de réhabiliter et d'acclamer sous le nom de M. Bîstcr*

La révolte de toute une catégorie de fonctionnaires contre l'autorité de l’État menace la bonne gestion des services publics ;

Les ouvriers, impatients de voir reculer sans ce^so la réalisation des promesses de réforme qui leur furent faites tant de fois, manifestent leur mécontentement;

Le parti de la Grève générale et de la Révolution sociale, — qui a son représentant jusque dans le ministère actuel, — est à la veille de triompher dans les régions industrielles de la France; il compromet de façon peut-être irrémédiable Tordre et la prospérité du pays*

Il faut que la France républicaine et libre mette un terme à toutes ces folies*

Aussi les élections de dimanche prochain seront elies la réponse éloquente des citoyens libres aux oppresseurs et aux fanatiques du Bloc et de la Révolution*

Elles diront que la France en a trop de la politique de persécution religieuse et de guerre civile.

Elles diront que, sous le régime républicain de la paix et de la liberté, la France en tend garder sa place dans le monde et lui donner F exemple des réformes démocratiques par lesquelles sera réalisé enfin le règne de légalité et do la fraternité.

Et je compte sur vous, électeurs républicains, électeurs patriotes, électeurs libres de l’arrondissement de Bar-le-Duc, pour affirmer encore une fois sur mon nom que tel est toujours voire programme, que telles sont toujours vos aspirations vers le progrès social, vers la paix, vers la liberté reconquise.

Vive la Fiance I

Vive la République!

Vive L arrondissement de Bar-le-Dueï

Henry FEERETTE,

Candidat républicain.

Circonscription de GOMMERCY.

M- GROSDIDIEïL

Elu au l*r tour de scrutin* — 10. 011 voix*

Je viens solliciter, pour le 6 mai prochain, vos suffrages, et vous demander de me continuer le mandat que vous avez bien voulu me confier en 1903.

Vous connaissez mes sentiments républicains, et les votes que j'ai è mis pendant ces trois dernières années les affirment suffisamment.

Les adversaires coalisés de la République explorent, tour à tour, contre moi, la délation, que j’ai blâmée par mes votes, et la loi de séparation, en attribuant à cette dernière un caractère qu'elle n’a pas*

L»‘S catholiques de bonne foi reconnaissent aujourd'hui que la formalité des inventaires (réclamée par des députés modérés hostiles à la loi) n'avait nullement pour but et pour effet de s’emparer des biens des fabriques

Ils reconnaissent également que les églises, étant mises sans délai et sans rétribution à la disposition des associations cultuelles, ne seront fermées que si les curés, qui en possèdent les clefs, le veulent bien. L'attribution dépensions viagères aux ministres des cultes, sans qu’ils aient versé un centime à la Caisse nationale des retraites, constituent, pour ces fonctionnaires, un traitement de faveur.

Enfin, les sommes rendues disponibles chaque année par la suppression du budget des cultes, devant être réparties entre les communes au prorata du contingent de la contribution foncière des propriétés non bâties» seront pour elles une ressource précieuse.

L'agitation faite autour de la loi de séparation a été créée dans un dessein exclusivement politique par les adversaires coalisés de la République, puisque les évêques et les prêtres, qui protestent le plus violemment contre cette loi, réclament en même temps les indemnités qu'elle leur offre.

La Chambre, dans cette dernière législature, a voté un certain nombre de lois très importantes; je citerai :

La loi sur rassis tance aux vieillards, aux infirmes et aux incurables ;

La loi sur la réduction du service militaire à deux ans, qui a fait cesser l'inégalité monstrueuse de la loi de 1889 et réparti d’une façon égaie, pour tous les citoyens, l'impôt le plus saçfê, — l'Impôt du sang, — qui pesait, jusqu’ici, le plus lourdement sur les enfants du peuple;

La loi sur les retraites ouvrières, qui va êlre soumise aux délibérations du Sénat et que le Parlement devra s'attacher à rendra applicable aussi bien aux ouvriers des campagnes qu'à ceux de l’industrie ;

Enfin, le rétablissement du privilège des bouilleurs de cru, que je défendrai dans l’avenir, comme je l'ai fait dans le passé, si vous me faites l'honneur de me conserver votre confiance.

Les chemins de fer de la Woëvre sont enfin concédés d'une manière définitive, et le Conseil général a décidé l'exécution de la ligne Pierrefiite-Itembercourt. Mon concours est acquis à l’étude des autres lignes pouvant intéresser notre arrondissement, notamment celle de Vigneulles à Saint-MüiieL

La Chambre devra envisager, dans la prochaine législature, l’étude et la discussion des questions économiques et sociales. Je me tiendrai également éloigné de ceux qui s'opposent à toutes les réformes et de ceux qui s'imaginent que la société peut être transformée du jour au lendemain comme par un coup de baguette magique,

G’sst par le développement des associations sous forme d% sociétés coopératives» de syndicats de producteurs et de consommateurs, que s’affirmera et se manifestera dévolution sociale qui est en train de se produire.

Mes chers Concitoyens,

Vous avez à choisir, pour vous représenter à la Ghambre, entre deux candidats ;

Un inconnu, appelé par des soi-disant comités républicains do l’arrondissement, mais qui est» en réalité, le candidat de toutes les réactions coalisées et ;déguisées ; nationaliste, monarchique et cléricale ; ses parrains, ceux qui l'accompagnent, vous sont connus et leur patronage seul suffit pour lui donner sa véritable nuance ;

L’aulre, né dans cct arrondissement qu’il n’a jamais quitté! qui a vécu au milieu de vous, qui connaît vos besoins et que vous trouverez toujours prêt à vous rendre service.

Votre bon sens ne saurait s’y tromper, et c’est avec confiance que j’attends votre verdict.

Veuillez agréer, mes chers concitoyens, la nouvelle assurance de mes sentiments les plus dévoués,

René GROSDIDIER,

Député sortant,

Candidat de l’union des républicains.

Circonscription de MONTMÉDY*

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