NIÈVRE
Circonscription de CHATEAU-CHïNON.
M. CHÀNDIQUX.
Élu au 1er tour de scrutin. — 8.717 voix.
Chers électeurs,
Pour la quatrième fois, je viens vous demander le renouvellement du mandat que vous m'avez confié en 1895,
Depuis cette époque, à laquelle l'arrondissement de Cbâteau-Chînon a échappé à la réaction, la République a enfin commencé à appliquer [e vieux programme républicain où se üouvaient énumérées les grandes réformes politiques, économiques et sociales qui devaient assurer Féinancïpation de la démocratie.
Malgré toutes les luttes qu'elle a dû soutenir contre des partis acharnés à sa destruction, la République, toujours victorieuse, fortifiée de plus en plus par le suffrage universel, grâce h 1 union de toutes les fractions du paru républicain, a vu enfin s’ouvrir devant elle une èj e féconde et est arrivée à réaliser d’importantes réformes
Elle a établi Pégalité de tous les citoyens devant Fimpôt du sang, sans cependant oublie1 de venir en aide aux familles dont les enfants seraient les soutiens.
Elle a assuré la liberté de conscience à tous les Français par la loi de séparation; bien plus, par cette loi éminemment libérale, la République a été plus que juste en accordant des traitements et des pensions à des prêtres qui, depuis longtemps, étaient sortis de leur rôle en faisant de la politique et en combattant ouvertement les institutions du pays.
La République a créé renseignement populaire, laïque et gratuit, elle a répandu à profusion les écoles dans les campagnes les plus reculées.
La République a fait cette loi admirable qui permettra, dès le lor janvier 1907, de pensionner les vieillards, les infirmes et les incurables.
Cest U République qui a fait la loi sur les syndicats professionnels. À ce sujet, les ouvriers bûcherons de notre arrondissement se souviendront que, dès 1892, j’ai pris l'initiative de l'organisation de ces syndicats, grâce auxquels ils peuvent aujourd’hui unir leurs efforts pour défendre leurs intérêts.
G'est la République qui a diminué les impôts sur les petites propriétés, sur les droits u enregistrement des petites successions.
C'est la République qui a modifié la loi sur les prestations, supprimé Fimpôt sur le vin et sur le sucre, etc.
C'est à Ja République que la France doit, pour la plus grande partie, ce réseau de chemins de fer, de canaux, de routes et de chemins qui fait l’admiration de tous ceux qui parcourent noire territoire.
C’est la République qui, par des lois bien appropriées, a pu, tout k la fois, relever
d’u.ie' paix féconde à l’abri do laquelle tous les citoyens travailleront au développement de notre pays ^insa prospérité et à 2 propagation des idées républicaines et démocratie.
Voilà le travail accompli par la République elles républicains.
Ne suffit-il pas à répondre à nos adversaires?
Et pourtant, l’œuvre entreprise est encore plus hardie et plus vas i ... , è
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qU 3 La République doit sa protection à la propriété individuelle, garantie indispensable de
il lihprtè de la dignité et de l’activité humaines.
La République veut l’armée forte, prête à toute sa tâche, loin de toutes les diacuMio 8, detoute e passions politiques. Patriotes 1 les républicains le sont plus que per onne mais heur patriotisme n’est ni bruyant, ni tapageur, ils se refusent énerg^mt à Ung la France dans les aventures guerrières. Bien mieux, c est aux républicains ^e.r™t » honneur d’avoir cimenté, autour du Gouvernement de la République, ces ententes mxer a îionales Jtd perLLnt ùu jour de substituer l’arbitrage à la monstruosité et à l'iniquité
deS UR^ublique ne faillira pas à sa tâche. Tout -. travaillant à l’amêlmration du sm de
la démocratie, tout en poursuivant son œuvre de laïcité, de réparation e <LJ- ?
elle continuera à rendre plus forte, plus prospère notre belle France, pays de la liberté, ou naissent toutes les grandes idées émancipation et d’humamto qui rayonn -du mon te. .
Électeurs,
C’est pour appuyer cette belle et féconde politique que je vous demande vos libres suf-
fra ges ; ,
C’est pour continuer la marche en avant que je vous demande ce nouveau témoignage
de confiance. , „ .
Comptez sur tout mon dévouement au peuple et à la République démocratique et
sociale.
CHANDIOUX.
Circonscription de CLAMECY.
M. André RENARD.
Élu au 1er tour de scrutin. — 8.749 voix.
Mes chers Concitoyens,
Désigné à ls unanimité comme candidat du parti républicain par le congrès républicain démocratique, réuni à Clamecy, le 4 mars dernier, je viens solliciter vos suffrages pour le 6 mai prochain.
Vous me connaissez et vous savez que, depuis longtemps, je lutte pour la cause républicaine; déjà candidat aux élections législatives de 1902, j'ai alors obtenu la majorité des suffrages républicains; ce que j’étais à ce moment, je le suis encore, c'est-à dire profondément dévoué à la démocratie des villes et des campagnes.
Je suis de ceux qui estiment que la République doit être, non seulement une République de nom, maie de fait, c'est-à-dire quelle doit s’appliquer sans interruption à réaliser les réformes démocratiques et sociales favorables aux travailleurs de toutes catégories, aux cultivateurs, aux commerçants, à tous ceux, en un mot, qui constituent les forces vives de la nation.
La dernière Chambre a accompli la loi militaire de deux ans, la loi de séparation et la loi sur l’assistance aux vieillards ; la prochaine devra rendre définitive la loi sur les retraites ouvrières et agricoles, en ce moment soumise au Sénat, et réaliser cette grande réforme de l'impôt que je considère désormais comme inéluctable; la terre est surchargée, l'impôt des portes et lenëtres est une absurdité fiscale, la cote personnelle et mobilière n'est basée que sur fapparence des facultés des contribuables, l’impôt des patentes est défectueux surtout en ce qu’il atteint le loyer personnel, déjà irappè par la cote mobilière, tous ces graves défauts de nos quatre contributions &ont reconnus depuis longtemps et la nécessité s’impose de les faire disparaître; U laut transformer complètement notre système fiscal et le remplacer par un impôt général progressif sur le revenu, qui s'adressera non plus aux revenus apparents ou supposés des contribuables, mais aux revenus réels; c'est lui seul qui rétablira l'égalité des charges entre les valeurs mobilières et l’impôt foncier, permettra de dégrever la terre trop lourdement chargée, les patentes trop fortes des petits commerçants, et de supprimer, par la suite, les impôts indirects actuels sur les objets de première nécessité.
Comme H y a quatre ans, je suis encore pattisan du rétablissement du scrutin de liste, de ia iiumination des délégués sénatoriaux par le suffrage universel, du renouvellement partiel de la Chambre et de l'interdiction du cumul des fonctions électives.
Notre arrondissement est essentiellement agricole et vous savez que je me suis toujours vivement intéressé à fout te qui concerne ^agriculture, à tout ce qui peut être utile à sa prospérité, à ses besoins.
Comme mesures propres à donner satisfaction aux légitimes désirs des agriculteurs, je suis partisan de la réglementation des marchés fictifs des bourses de commerce, aussi nuisibles aux producteurs qu’aux consommateurs ; du développement des syndicats agricoles et des sociétés mutuelles contre la mortalité du bétail; de la création de caisses locales de crédit, qui nous permettraient de fonder dans notre arrondissement une caisse régionale de crédit agricole dont nos cultivateurs retireraient grand profit; de la constitution du bien de famille, qui remédierait largement à la dépopulation de nos campagnes.
La durée des périodes d’exercices militaires doit être réduite dans la mesure compatible avec le maintien de notre puissance militaire, car il est indéniable que, tout en poursuivant une politique extérieure réellement pacifique et en développant de plus en plus les relations cordiales que nous entretenons avec presque toutes les nations, nous devons toujours être prêts à repousser une agression toujours possible*
Les fonctionnaires ont pour obligation d’observer le plus parfait loyalisme vis-à-vis du Gouvernement républicain, mais ils ont droit aussi, pour leur avancement, à des règles fixes et précises qui les mettent à l'abri du favoritisme et de l'arbitraire; ils doivent pouvoir jouir des droits accordés à toutes les autres catégories de citoyens, mais je ne pense pas que le droit de grève puisse être laissé à ceux qui assurent ros grands services publics; la nomination des instituteurs doit être remise à leurs chefs naturels et de sérieuses réformes apportées dans le recrutement et l'avancement de la magistrature*
Le contrôle le plus sévère doit être apporté dans les dépenses politiques* tous les rouages adminisiralifs inutiles supprimés et foutes les économies possibles révisées*
Le code de justice militaire doit être révisé dans un sens plus humanitaire et des modifications introduites dans le fonctionnement des conseils de guerre en temps do paix, surtout en ce qui concerne Jes délits de droit commun*
Enfin, la République doit constamment poursuivre son idéal de liberté, de justice* de progrès; toutes les réformes pratiques susceptibles d'amener l'amélioration du sort du plus grand nombre, toutes les mesures, immédiatement réalisables, propres à accélérer l'évolution de notre société dans un sens plus favorable à la démocratie, sans qu'il soit nécessaire pour cela de recourir à des moyens violents, à un bouleversement complet, dangereux pour notre pays, ou à des solutions qui resteront longtemps encore dans le domaine des utopies* doivent être étudiées et réalisées avec le souci consent de Tendre la vio sociale toujours plus douce, toujours meilleure pour îa masse des travailleurs de toutes catégories*
Tel est, mes chers concitoyens, dans ses grandes lignes, le programme politique et économique que j'entendrais suivre si j'étais votre élu ; à vous de dire si vous l'approuves*
Électeurs,
Le 6 mai marquera pour notre arrondissement une date mémorable*
Vous saves que, depuis 1880, il a pour représentant un adversaire de la République, ei voue savez aussi à la suite de quels événements, qu'il n'est pas nécessaire de commenter* ce représentant a été obligé de renoncer à briguer vos suffrages*
Vous ôtes donc en présence d’une situation nouvelle, absolument distincte de celle qui existait depuis dix- sept ans, et il vous appartient de bien réfléchir avant d’accomplir votre acte do citoyens libres et indépendants*
Vous vous demanderez en toute sincérité, avec votre bon sens naturel, s'il est préférable pour notre bel arrondissement de continuer à avoir pour représentant un ennemi du Gouvernement républicain ou si, au contraire, le moment n’est pas venu de nous ranger définitivement sous le drapeau de la République ; vous apprécierez si notre isolement politique dans le département, depuis de longues années, n'a pas été sans causer un grave préjudice à noire pays et si la satisfaction qu'éprouverait la réaction cléricale de faire élire son candidat ne serait pas payée trop cher par la continuai ion de l'abandon dont il souffre depuis si longtemps? J'ai assez de confiance dans votre clairvoyance et votre désir naturel de voir vos intérêts défendus avec autorité et efficacité, pour douter un seul instant de votre détermination.
Pour remplacer l'ancien député de rartondissemeht, les ennemis irréductibles de là République ont choisi un candidat qui doit continuer la même politique d'hostilité contre les pouvoirs publies, d'opposition stérile et impuissante; à vous de dire si vous voulez voufi
prêter plus longtemps aux rancunes et aux manœuvres réactionnaires des partisans d’un passé à jamais disparu*
Quant à moi, fidèle serviteur de la démocratie, j’attends avec confiance votre verdict; si je suis votre élu, vous pouvez être assures que vous trouverez toujours en moi un défenseur énergique do vos droits, dè vus intérêts, et aussi un partisan résolu de toutes les réformes démocratiques et sociales-
Aux urnes et pas d’abst entions î
Vive la République démocratique 1
André RENARD,
Premier adjoint au maire de Clamecy,
Conseiller d’arrondissement.
Candidat du congres républicain démocratique de rarrondissement de Clamecy.
Circonscription de GOSNE.