M, GOUJAT
Élu au 2" tour de scrutin. — 9.7d2 voix.
Citoyens,
Je viens, pour la quatrième fois, vous demander le renouvellement de mon mandat de député*
Vous avez jugé ma conduite à la Ghambre fidèle à mon programme et à vos aspirations, puisque, par trois fois successives, voua m’avez réélu avec des majorités toujours plus fortes*
Cette fois encore, désigné à P unanimité par le Comité républicain d’union socialiste de Co-ne et parla Fédération des comités républicains socialistes, radicaux et radicaux-socialistes de l’ arrondissement, je me présente, la tête haute, devant vous, fier du devoir accompli, et je sais que, me connaissant, vous mépriserez les injures, les calomnies et les diffamations dont je suis et serai l’objet pendant la période électorale.
J’ai la conscience d’avoir toujours défendu les droits et les intérêts de tous mes électeurs, sans aucune distinction, et tous savent que c’est grâce k mon insistance que les cultivateurs, les bûcherons et les vignerons ont obtenu les satisfactions auxquelles ils avaient droit*
Je ne me suis pas moins préoccupé du développement du commerce et de l’industrie dans l’arrondissement ; je me suis également occupé de l’extension de notre réseau de chemins de fer locaux*
Je nié suis, d'ailleurs, toujours tenu en contact avec vous d’une façon permanente, puisque, depuis que je suis votre élu, vous avez approuvé ma conduite au Parlement par plus de âOÛ ordres du jour de confiance, votés dans les réunions publiques dans lesquelles je vous ai, aussi fréquemment que possible, rendu compte de mon mandat*
Quant à mon programme, vous ^connaissez, puisque c’est celui que vous m’avez doqnâ
la mission de suivre aux élections législatives de 1893, 1898 et 1902; c’est encore celui que je me propose de soutenir, si ce n’est qu’il est allégé des réformes que nous avons pu
réaliser, c’est-à-dire i
La loi sur le service militaire réduit à deux ans ;
La loi sur les associations î
La loi sur ta laïcité de renseignement;
La séparation des Églises et de l’État;
La loi sur l'assistance aux vieillards, infirmes et incurables *
La loi accordant la liberté absolue aux bouilleurs de cru, dont j’avais à nouveau affirmé la nécessité à la Chambre des Députés, le 20 avril 1905.
Il nous restera à compléter ces réformes par l’adoption du surplus de notre programme minimum, dont voici les points principaux :
1° Révision de la Constitution dans un sens toujours plus démocratique et plus social.
— Rétablissement du scrutin de liste,
2° Liberté de conscience pour tous les citoyens. — Maintien et respect des lois assurant
la suprématie de l’État laïque. .
3° Vote définitif et d’urgence du projet des retraites ouvrières et paysannes, que] ai déjà
voté à la Chambre.
k° Réforme générale de l’impôt. — Impôt global et progressif sur les gros revenus. — Suppression des impôts grevant la consommation efle travail. — Dégrèvement des patentes
du petit commerce. ...
5" Suspension de l’inamovibilité de la magistrature. - Suppression des conseils de guerre en temps de paix. — Suppression des treize et vingt-huit jours. (Apres avoir voté pendant douze années la suppression des treize et vingt-huit jours (voir Journal officiel), fai voté, le 28 février dernier, les deux propositions réduisant de vingt-huit jours àjquifize jours et de treize à six jours les périodes d’inatructio-i. ( Journal officiel, lor et2 mars 1906.) 6° Enseignement secondaire gratuit pour les enfants sans fortune.
7* Retour à la nation de tous les monopoles de fait (assurances, pétroles, sucres, chemins de fer, mines, etc.). . . . ,
8° Organisation et extension du crédit agricole et du créditouvner. Révision du cadastre.
— Loi contre les accapareurs et les spéculateurs. — Mesures en faveur de l’agriculture. — Réforme de la loi sur la chasse dans un sens démocratique. — Fondation, à la Chambre, d'un groupe de défense des travailleurs bûcherons.
9“ Extension des libertés syndicales. — Réduction de la durée de la journée de travail.
— Repos hebdomadaire. . ,
Voilà de la besogne pour la prochaine législature , mais elle ne saurait effrayer les représentants soucieux de travailler au bien-être et à la grandeur de la démocratie républi-
came et socialiste, .
Nous l’accomplirons, si, dans le pays, comme à la Chambre, nous savons mainteuir le bloc républicain qui a fait aboutir les réformes déjà conquises et voudra réaliser celles qui restent encore à accomplir.
j>ai confiance dans votre clairvoyance et je compte sur vous comme vous puuvez compter sur moi.
Vive la République démocratique et sociale 1
Claude GOUJAT,
Député sortant,
Maire de Cosne*
lre Circonscription de NE VERS* M, MASSÉ.
Elu au lor tour de scrutin. — 11.003 voix.
Citoyens,
Pour la troisième fois, je viens solliciter vos suffrages.
En 1898 et en 1902, déjà, vous m'avez honore de votre confiance et, pendant les huit années que je vous ai représentés, je suis certain de ne jamais avoir manqué aux engagements pris envers le corps électoral, ni trahi mon programme.
Je me suis toujours efforcé de servir la cause républicaine et de défendre les intérêts de notre beau département.
Le comité radical-socialiste de la première circonscription de Nevers qui, en 1898, a pris Y initiative de ma candidature, qui, en 1992, me présentait à nouveau à vos suffrages, a tenu à le déclarer dans un ordre du jour, voté le 25 février dernier, à l’unanimité des 970 délégués présents, ordre du jour qui, tout en me félicitant de mon attitude, de mes actes et de mes votes au Parlement, acclamait ma candidature pour les élections de 1906.
Mon programme, c'est, avec les modifications rendues nécessaires par le vote de certaines lois, celui qu’en 1898 et 1902 déjà vous avez ratifié.
Il comporte notamment:
ln Révision de la Constitution. — Rétablissement du scrutin de liste ;
2° Liberté de conscience pour tous les citoyens. — Maiuùen et respect des lois assurant la suprématie de TÉtat laïque ;
3° Réforme générale de Pimpôt — Impôt progressif sur le revenu, — Suppression des impôts de consommation et des octrois. — Dégrèvement des patentes du petit commerce ;
k° Réforme judiciaire, — Suppression de Pinamovibilitédela magistrature, —Suppression des conseils de guerre en temps de paix ;
5° Organisation du lycée gratuit pour les enfants intelligents et sans fortune ;
6Û Transformation eu services publics de tous les monopoles de fait;
7° Organisation du crédit agricole et du crédit ouvrier, — Révision du cadastre* — Loi contre les accapareurs et tes spéculateurs. — Mesures en faveur de F agriculture ;
S* Extension des libertés syndicales. — Réduction de la durée de la journée de travail, — Repos hebdomadaire ;
9° Vote définitif du projet de caisses de retraites ouvrières assurant unopension à tous les travailleurs de la ville et des champs, lorsque fâge où les maladies les mettront dans Lim possibilité de se suffire à eux-mêmes.
Citoyens,
La République, depuis trente-six ans, a fait beaucoup pour la grandeur et la prospérité du pays. Elle le doit au bon sens, à fa sagesse et à la clairvoyance du corps électoral, elle le doit aussi au dévouement de ses représentants.
Quelles que soient les manœuvres auxquelles se livrent ses adversaires, le parti républicain saura les déjouer.
Sa confiance dans ceux qui font toujours fidèlement servi et auxquels aucun républicain ne saurait adresser de reproches ne peut être ébranlée.
Sur leur nom, encore, il fera trio npher, le 6 nui, la cause de la justice, du progrès et de la liberté.
Vive la République démocratique et sociale î
Alfred MASSÉ,
Vice-président du groupe radical-socialiste de la Chambre, Candidat des comités républicains-radicaux et radicaux-socialistes de la première circonscription de Nevers*
2° Girconscï'iptioii de NEVËRS.
M. ROBUN.
Elu au Ie* tour de scrutin* 5*497 voix*
Citoyens,
Vous avez élu, il y a six mois, le citoyen L.-H. Roblin à une écrasante mjjoritè. Comme il a fidèlement rempli son mandat, c’est à funanimitê que le parti socialiste nivernais a résolu de le représenter à vos suffrages*
Citoyens,
Le programme socialiste n’est pas ce que nos adversaires le disent* Nous représentons le parti des humbles, des travailleurs* Nous voulons simplement que les revenus du travail aillent à ceux qui produisent et, pour cela, nous demandons la socialisation des moyens de production et d’échange et ^organisation des travailleurs en parti de classe pour la conquête des pouvoirs publics.
Adversaires des guerres, nCms estimons que Pentente internationale des travailleurs et des peuples est 1% seul moyen d’obtenir ta paix universelle*
Pour arriver à ce but, à cet idéal, à cette République véritablement démocratique et sociale, nous travaillons incessamment*
En attendant le jour où elle sera complètement réalisée, nous cherchons dès maintenant, par tons nos efforts, à améliorer le sort de la classe ouvrière et nous sommes partisans de lôuEes les mesures destinées à soulager immédiatement quelques-unes de ses misères.
Nous sommes notamment partisans :
De la limitation légale de la journée de travail et du repos hebdomadaire, qui permettent à l’ouvrier de se reposer, de s’instruire, de vivre de la vie de famille et qui diminueront le chômage* véritable fléau de nos campagnes,
De ^assurance sociale garantissant les ouvriers contre les risques de maladie, d'invalidité et de chômage, comme cela existe dans la plupart des pays étrangers*
De ^augmentation du million des mineurs et de sa meilleure distribution par la représentation sérieuse des intéressés àjsa distribution,
De l’instruction intégrale, laïque et gratuite à tous les degrés.
De la création des ressources nécessaires aux réformes par le vote immédiat de l’impôt progressif et global sur le revenu, par l’augmentation des droits sur les grosses successions, par le monopole, aux mains de l’Etat, des industries concentrées indûment entre les mains d’un ou de quelques individus qui rançonnent le consommateur au gré de leurs intérêts (sucre, assurances, chemins de fer, etc.).
De l’application stricte de la séparation dos Églises et de l’État.
Des mesures contre les spéculations éhontées dont les producteurs et les consommateurs supportent toutes les conséquences*
De l’élection des juges qui deviendront ainsi responsables de leurs actes devant le peuple. /
De 1 extension aux travailleurs agricoles de toutes les lois ouvrières qui existent déjà pour les travailleurs industriels.
De l’exploitation des bois domaniaux confiée par l’État aux syndicats bûcherons qui feront eux-mêmes leurs affaires.
De l’institution des caisses rurales de crédit agricole pour les petits agriculteurs et les paysans.
Roblin a voté les retraites ouvrières. Il s’est toujours loyalement conduit à la Chambre
et a fait ce qu’il a pu pour la justice. Il a soutenu énergiquement les intérêls des bûcherons.
Citoyens, ouvriers, paysans, à vous de l’en remercier en lui continuant votre confiance et en portant en masse, dans votre intérêt, vos suffrages sur