‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 143 sur 280 · Circonscription d’AVESNES · texte numérisé non relu

Circonscription d’AVESNES

M, DEFGNTÀINE.

Élu au 1er tour de scrutin, — il . 09i voix.

'des chers Concitoyens,

Depuis plus de douze ans, j’oi l'honneur de vous représenter à la Chambre des Députés et, à chaque élection, le nombre de vus fiers et libres suffrages a augmenté; la belle majorité que vous m’avez donnée en 1902 m’impose le devoir de solliciter encore le renouvellement de mon mandat.

Je n’ai pas à vous exposer un programme nouveau, je resterai ce que jTai été : un républicain sincère, indépendant et dévoué; vous êtes fixés à mon sujet et vous savez tous que le 'candidat démocrate de la 2° circonscription d'Avesnes n’a pas changé en devenant député ; mes principes n'ont fait que se fortifier par l’expérience acquise,

La République a cessé d’être une formule : pendant la législature qui vient de finir, le Gouvernement s’est mis en marche et srest efforcé de réaliser les promesses faites depuis si longtemps; mon devdir a été de le soutenir avec nos amis contre les attaques sans cesse renouvelées de la réaction cléricale.

L’union de toutes les fractions du parti républicain a permis quelques réformes dont nous nous félicitons. J’ai réussi à faire voter, à la Chambre des Députés, certaines modifications nécessaires à la loi sur les accidents du travail ; le payement de l’indemnité journalière dès le premier jour est maintenant chose acquise quand l'incapacité de travail a duré plus de dix jours. La séparation des Églises et de l’État est accomplie : il est regrettable que la mise en application d’une loi respectant la liberté de conscience et assurant le libre exercice des cuites ait soulevé dans certains milieux des protestations tapageuses.

La loi d'assistance obligatoire aux vieillards, aux infirmes et aux incurables a été adoptée; elle entrera en application le lor janvier prochain.

Le service militaire, réduit à deux ans, est devenu égal pour tous. Une loi sur les retraites ouvrières et paysannes a été votée par la Chambre des Dépuré*, elle doit être examinée par le Sénat,

Je reste partisan de la révision de !a constitution en vue d’assurer ïa prépondérance du

suffrage universel et afin de hâter la réalisation de toutes les réformes démocratiques. C'est la mauvaise volonté du Sénat qui a retardé l'adoption définitive de ma proposition de loi destinée à assurer la sincérité et le secret du vote; il n'e t pas admissible que, sous un régime de démocratie, les élus du peuple soient mis en tutelle par le suffrage restreint* Les lois de réforme sociale restent trop longtemps au Palais du Luxembourg, Voilà huit ans que la Chambre des Députés a voté un projet de loi relatif aux retraites et à la réglementation du travail des ouvriers et employés des chemins de fer : il est retenu dans les cartons du Sénat.

Après avoir obtenu l’extension de la compétence des juges de paix, nous devons poursuivre la réduction des frais de justice* Il est aussi nécessaire de faire pénétrer l'esprit républicain dans la magistrature et d’assurer, par une nouvelle organisation, l'égalité du pauvre et du riche devant tous les tribunaux.

L’impôt pèse trop lourdement sur les épaules des travailleurs de l’usine et des campagîtes, un dégrèvement ne peut être tenté qu'en taxant ceux qui détiennent les grosses fortunes et en supprimant, dan^ l'ordre administratif, les fonctions inutiles elles sinécures ; l'impôt doit s'élever avec les revenus, le pauvre doit être dégrevé*

Nous voulons une France pacifique, capable de se défendre contre les appétits des monarques voisins, mais nous résisterons à ce vent rie folie qui nous entraînerait à étendre nos colonies, trop souvent vides de colons et qui deviennent la proie d’agioteurs et de financiers*

Vous savez qu’en dehors de la période électorale, je me tiens le plus souvent possible au milieu de vous et que je vous reste en tout temps inébranlablement attaché de cœur et de pensée. Je veux être plus que jamais le mandataire dévoué de l'industrie, du commerce et de l'agriculture, à la condition que l'intérêt de ceux qui peinent soit sauvegardé*

Citoyens,

J’ai passé ma vie au grand jour; mon programme est celui que vous n'avez cessé d’acclamer; mon attitude, l’expérience que j’ai acqirse dans la vie politique, sont pourvous des garanties; je connais vos aspirations et vos besoins; je ne cesserai de me faire Têclio des déshérités et des travailleurs. Je vous avais promis de défendre la République démocratique, je défie l’adversaire le plus intransigeant do m'accu er de la moindre défaillance* La politique républicaine doit être faite de bonté et d’humanité, c’est vers les petits et les humbles qu'il faut se pencher pour les soutenir par des lois équitables*

En 1902, j'ai fait appel à l'union de tous les républicains, j’ai travaillé au rapprochement de toutes les bonnes volontés, mon seul désir est d'assurer le triomphe définitif de la République démocratique, avec sou cortège de réformes et sa marche incessante vers un idéal de justice, de fraternité et de liberté,

A trois reprises différentes, vous m'avez accordé votre confiance, j'ai conscience d'en être resté digne et je veux continuer à vous servir avec toutes mes forces et tout mon dévouement*

Vive la République démocratique et sociale!

Docteur Paul DEFQtNTÀlNE,

Candidat de la République démocratique*

3° Circonscription d AVESNES.

M. DEHGVE,

Elu au 1er tour de scrutin* — 7.611 voix.

Citoyens,

Les républicains de la 3° circonscription d’Àvesnes, réunis en congrès à Au I noyé, m'ont désigné comme leur candidat à l’élection législative prochaine, et j’ai accepté, en serviteur dévoué de la démocratie, ce poste d’honneur où me portait leur confiance.

En sollicitant vos suffrages, je vous dois de vous faire connaître, ici, comment je conçois le devoir républicain et comment j’entends la représentation de vos idées et la défense de vos intérêts.

C'est au milieu du bloc que je plante mon drapeau, avec ceux qui ne reconnaissent aucun adversaire à gauche et n’admettent aucune compromission à droite*

Grâce à la volonté énergique de ces républicains, la plupart des reformes réclamées dans l'ordre politique ont pu être ébauchées, La loi sur renseignement primaire, assurant à tous le pain de ^intelligence; la loi militaire, établissant le principe de Légalité absolue devant Limpôt du sang ; la toi sur les associations; enfin, la loi libératrice de la séparation des Églises et de l’État, constituent le patrimoine intangible de la République*

Il y a lieu de veiller à l’exécution de ces lois, d'en corriger les points faibles, de demander l’extension de leurs bienfaits, surtout en ce qui concerne Renseignement, que nous voudrions intégral et gratuit, à tous les degrés et par voie de concours, pour les enfants du peuple.

Il est temps aussi que la justice civile se fasse plus expéditive et moins onéreuse, et la justice militaire moins dure aux petits alors qu’elle est plus douce aux autres.

C’est Phonneur de la République d’avoir donné à ceux qui peinent et qui souffrent plus que de vaines consolations. La loi sur les syndicats, la loi sur les accidents, la loi sur l’assistance médicale gratuite; celle sur l’assistance aux enfants, aux vieillards et aux incurables, enfin celte sur les retraites ouvrières, sont là pour témoigner de sa sollicitude.

Sans s’arrêter au rêve généreux de poursuivre la réalisation de l’égalité entre les hommes, égalité que la nature elle-même n’a pas su donner, les républicains devront s’ef* forcer de réduire, dans la mesure du possible, la souffrance et la misère en s’inspirant pour cela des sentiments les plus vifs de solidarité.

Pour assurer le fonctionnement de cette œu^re de prévoyance et de justice sociales, des ressources considérables sont nécessaires. Sans augmenter les impôts si lourds déjà, U serait possible de trouver ces ressources dans la ref.nle de notre système fiscal, assurant une plus juste répartition des charges en demandant plus à ceux qui ont davantage*

Paysan, invinciblement attaché à la terre, j’ai pu, après trente-cinq ans de pratique dans les deux modes de culture, labourage et pâturage, me convaincre que les bénéfices sont loin d’être en rapport avec les efforts et les risques. Mon concours est acquis à toutes les mesures propres à rendre à c tte noble profession sa prospérité d’autrefois. Nous poursuivrons ensemble îa réduction des droits énormes qui pèsent sur les produits les plus utiles, comme le sucre, et nous nous efforcerons de rappeler au principe de Légalité les égoïstes défenseurs du privilège inique des boni leurs de cru.

Je n’oublie pas les intérêts considérables des industries ? si nombreuses et si variées, et

du commerce si actif de notre région. Iis méritent l'ai teütiûn des pouvoirs publics et trouveront en mot un défenseur toujours dévoué.

Tels sont, citoyens, les principes qui me guideront dans mon action, si vous me favorisez du vos suffrages- Je marcherai dans la voie tracée par l’homme éminent à qui vous êtes dem urés si constamment fidèles, heureux si je puis contribuer, pour ma faible part, à rendre la République plus Forte, la Patrie plus glorieuse, la France plus prospère.

Vive la République démocratique 1

Joseph DEH 0 VE,

Conseiller généra!.

Ça n dut a t du Congrès républicain.

lre Circonscription de CAMBRAI.

M. Alfred LE ROY*

Élu au 2° tour de scrutin. — 15.143 voix.

Chers Concitoyens,

Le congrès républicain, en m’appelant à Vio signe honneur de nie présenter à vos suffrages, m'a imposé une lourde charge.

Je ne veux pas me soustraire au devoir qui m’incombe, mais je n’ai pas la prétention, en succédant à M. Rersez, de le remplacer' entièrement.

Une circonscription électorale n’a pas le bonheur de retrouver deux fois un pareil représentant, car il est peu eommu « de rencontrer chez un homme politique autant de valeur morale alliée à un esprit au si averti, autant d’activité au service d’un égal dévouement.

J’ai du moins la conscience d’être prêt à vous donner tout- mon temps, à consacrer sans réserve toutes mes forces, toutes mes connaissances a la dé [en e dé tous ceux qui travaillent et qui produisent : industriels, commerçants, agriculteurs, ouvriers et patrons.

Appartenant à une vieibe famille du Gambrésis dont les opinions républicaines ont traversé sans faiblir les régimes les plus divers, j’ai, depuis l’âge d’homme, résolument lutté pour le triomphe des idées démocratiques, et notre vaillant sénateur, M. Bersez, m’a toujours trouvé à ses côtés pour défendre, notamment dans le canton de Marcoing, la politique qui, depuis le ministère Wuldeck-Rousscau, a réuni, en un faisceau indissoluble, toutes les forces nettement républicaines.

J'estime qu’un candidat qui se présente au corps électoral doit, avant touf, indiquer qucll ; sera sa ligne de conduite, s’il est élu; mais il ne saurait pourtant se désintéresser des grands actes qu’a accomplie, son parti, et à la responsabilité desquels il entend no pas se soustraire

Aussi je liées à déclarer que, défenseur convaincu de la liberté de conscience, je

donne mou .alhésion cjmplèta- à la loi prononçant la séparation d s Églises et dé l’État, cette lui qui, on l’a dît avec .raison; libère en même temps les Églises et l’État laïque'

Appl quée avec cet esprit de tolérance- (fui a présidé à son élaboration, elle montrera, avant qu’il soit longtemps, à ceux qu’on a essayé d’égarer, que la religion n’a rien à faire avec les manifestations bruyantes et séditieuses, fomentées dans un but politique et électoral par des gens p’us soucieux de leur domina; ion que de la sauvegarde de leurs croyances*

Parnn les dernières lois votées par le Parlement et qui vont recevoir leur application dans un avenir prochain, figurent la loi militaire et la loi d’assistance aux vieillards. Toutes deux font un égal honneur à la démocratie :

La première, en ^uppri trient toutes les dispenses, en réduisant uniformément pour tous à deux années la durée du service militaire, donnera à notre armée une homogénéité et une force pins grandes.

La seconde est peut-être la plus glorieuse des lois de la République. Elle est la préface de la solution à donner à cette question des retraites ouvrières et agricoles, qui sera l'une, des principales préoccupations de la prochaine législature.

C’est qu’en effet, la Chambre qui s’en va a envisagé cette question des retraites ouvrières d’une façon un peu trop théorique, en ne créant pas les voies et moyens destinés à la faire passer dans le domaine des faits accomplis.

Ce sera l’œuvre de la Chambre de demain et du Sénat, œuvre de mise au point, comme l’a déclaré Fauteur de la loi lui-même, mais qui comportera des problèmes redoutables et complexes, i! ne faut pas se le dissimuler.

Mon concours sera acquis sans réserves aux solutions les plus larges qui sauront se concilier avec les exigences de notre situation financière.

Celle-ci est loin dJêtre mauvaise, ainsi que Ta démontré l'autre jour au Sénat \L Poincaré, mais II ne faut pas oublier que de son élasticité dépend l’exécution de tomes les lois sociales que la démocratie réclame avec raison. Pour Les réaliser, nous devons pratiquer aillums de larges économies, et nous ne pourrons les obtenir que par une réforme complète de notre système administratif et une sérieuse décentralisation.

La création des chemins de fer, du télégraphe, des téléphones appelle un remaniement des départements et des arrondissements tels qu'ils ont été créés, il y a plus d'un siècle ; il en résultera, sur tous les services, des disponibilités considérables,

INous devons atteindre au mêm but par une refonte complète de notre système d’impôts, et, au premier rang de ceux-ci, des impôts directs, qui frappent si durement la propriété foncière et laissent échapper tant de revenus à leur lourde atteinte.

Je fa voriserai de tous mes efforts un système fiscal qui, poursuivant la suppression définitive des impôts de consommation, aura pour base un impôt sur le revenu, atteignant les revenus à leur source, mais sans déclaration générale et sans recherches Inquisitoriales de la part du fisc*

Parmi les impôts de consommation, je poursuivrai de toute mon énergie la diminution progressive de l'Impôt sur le sucre, pour arriver à sa dispariti m complète* Et j'esume qu’une nouvelle campagne doit être entamée pour obtenir enfin la suppression définitive du scandaleux privilège des bouilleurs de cru.

La plus élémentaire justice exige que, sur ces deux points, nous ayons gain de cause et rien ne lassera mes effort * pour y parvenir*

Je n’ai pai besoin de vous dire que, protectionniste convaincu, j’appuierai toutes les mesuras de défense que réclament nos industries et surtout notre agriculture, et sur lesquelles mon attention a été plus particulière nient appelée depuis que je fais partie de nos comices et de nos sociétés agricoles.

Je me souviendrai aussi qu’une grande nation comme la France n’a pas que d^s intérêts matèiiek à sauvegarder et que le rôle considérable qu’elle joue dans le monde fui crée des devoirs et des obligations qu'elle ne doit pas oublier.

Les événements récents nous ont prouvé qu’il ne faut pas nous laisser endormir par de

séduisantes théories plus ou moins humanitaires. Nous voulons fermement la paix ; mais, pour être on mesure de la conserver* il faut pouvoir l'imposer a ceux qui seraient tentés de Sa compromettre. Pour cela, il ne faut rien négliger pour donner à notre armée et à notre marine nationales la force matérielle et morale dont elles ont besoin pour accomplir leur patriotique mission*

je suis d'avis qu'il faut être impitoyable pour tous ceux qui tentent d’y porter atteinte, soit en donnant l'exemple de l’indiBcipline dans ses rangs, soit en prêchant ouvertement la croisade de Panti patriotisme, il y va du salut de la Patrie et, sur ce terrain-là, tous les bons Français doivent être d'accord.

Électeurs,

Telles ?ent les idées générales que j'ai sur la direction qu’il importe, selon moi, de donner à nos affaires publiques*

Je ne puis même pas effleurer, vous le comprenez, foutes les questions qu’elles font naître, mais je puis vous donner l’assurance que mon dévouement le plus absolu vous est acquis pour qu’elles reçoivent toujours une solution conforme à vos aspirations, à vos désirs et à yos intérêts*

Vive la France I Vive la République î

Alfred LE ROY,

Adjoint au mrûre de Lesdain,

Secrétaire général du Comice agricole de l’arrondissement de Cambrai,

2n Circonscription de CAMBRAI.

M, FIÉVEIL

Élu au 2e tour de scrutin* — il *600 voix.

Citoyens,

Désigné par mon parti, le parti socialiste, pour être son porte-drapeau aux élections legislatives prochaines dans notre circonscription, c’est avec la plus entière confiance que je viens solliciter vos suffrages.

Mon programme? C’est le programme intégral du parti socialiste. Avec ce parti, j'estime que la société actuelle, dans laquelle le progrès et la science, au lieu d'être les rénovateurs de l'humanité, ne servent, au contraire, entre les malus d’une minorité capitaliste, qu'à asservir de plus en plus la classe ouvrière, dans laquelle la justice, Fëgalité^la liberté ne sont que des mots, n’est pas la dernière étape de l'humanité et qu'elle doit disparaître peu à peu pour faire place à une société mieux organisée, dans laquelle tous les avantages, les richesses et les privilèges ne seront plus Fapanage de la minorité qui ne fait rien, quand la majorité qui travaille et peine n’arrive pas toujours à manger en travaillant*

Mais, € n attendant cette, transformation sociale que tous ceux qui travaillent doivent si ardemment désirer, en attendant que la classe ouvrière du monde entier ait plis suffi-

samment conscience de son droit souverain ef h» , -

esclavage moderne il , d sa foiCe’ pour bnser les chaînes de son

esctava0e moaerne, il est des réformes importantes attendues h™,;» i„„ .

travailleurs, qu’il est temps de réaliser. ’ J P 8 lonSte,11P8 P« les

Si vous me faites l'honneur de m’élire, tous mes efforts seront consacrés à faire ,1™ .■ ces réformes, et notamment les suivantes : consacrés à faire aboutir

^u point de vue politique et économique.

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ment selon leurs forces respectives- estim-mt n-nil ,! P 7 , représentés exacte-

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? ' i ’ LOramerce ou atix différentes administrations. J’estime donc qu’ils doivent avoir

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moyen legal pour eux de sauvegarder leur dignité et leurs salaires ’

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noni rl !* Cft l” anS equel VIvaientlePlus souvent les nations. Cette juridiction ne cor-'es-

LnLmLT C?11Ceptl011s modernes de la J^tice; ses sentences sont presque toujours

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supprimés tÜUS ^ sincères' j’eslime *** ** conseils de guerre doivent ê Ire

rnr J° Le ' développement de la science et du machinisme supprime tous les jours un m-and nombre d’ouvriers, remplacés par les machines. De plus „ plus, dans les différentes

placeIrLV'uaSnieuTr’S T' pelles ?u plus perfectionnées rem-

pacent des travailleurs. Les heures de travail n’étant point réglementées au furet à

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vailleumTn Ia “esure Précé!jenfe doit avoir pour corollaire une loi garantissant aux ira •

]a v^rs un minimum de salaire, déterminé d’après les nécessités locales et le coût de

coJ;e^e“ éSalement qi!e t0US !es 0Uvriers’ empl°yés- etc-’ d’un jour

se“P':sdeh|rfieprïpar Stmaii‘e’ et <Iue « joor soit le dimanche, chaque fois que la chose

à l'ouvrier dVrémY™6’ ^ ^ qü’11 n’CSt paS tr°P d’ün jour par semaine pour permettre oo 5 fdler SeÊ fo,ces? se consacrer à sa famille, s'instruire, etc*

suffisant* Sriai fgdement partisan d’accorder au travailleur devenu vieux une retraite c.tte “ -?U UI permeître do vivre sans tendre la main. Je demanderai également que

chamne rdi & S01tj a.';CUj'Iée à tous ies travailleurs indistinctement, aussi bien ceux des uiamp& que ceux de 1 industrie.

Toutefois, en attendant un projet plus libéra), répondant mieux à I a conception du

paru socialiste sut ce sujet, je serai le défenseur énergique du projet récemment voté par

la Chambre, et que le Sénat se dispose à rejeter. ,

9° Dans nos régie- s, il n’est pas rare de voir dus ouvriers belges venir, .dans bon

nombre de ira vaux, remplacer !cs ouvriers français. .

Cenes chacun a le droit et même le devoir de chercher a gagner ra vie partout où ;1 croit devoir le faire. J’ estime, cependant, que cela ne doit pas être au détriment des salaires ries ouvriers français et au profit exclusif des patrons. Je demanderai donc qu une ïoi interdise aux patrons d’employer des ouvriers étrangers a des prix de salaires inferieurs à ceux payés aux ouvriers français.

10» Certains employeurs, même l’État, ont une tendance de plus en plus marquée a remplacer les hommes par des femmes dans certains travaux. Seulement cette substitution a généralement pour conséquence une diminution des salaires: je demandeiai donc qu a travail égal, le salaire soit égal pour les iravaill urs des deux sexes.

11” Dans un certain nombre d’industries, tantôt pour un prétexté, tantôt pour un autre, on fait subir aux salaires, sous forme n’amendes ou autres retenues, des rédactions plus vu

,n°inj’e1S6me queTes salaires ne sont pas trop élevés, et qu'il y a lieu de supprimer les amendes et les retenues, sous quelque forme quVlles soient laites. .

12- Par une anomalie inexplicable, alors que dans les industries les ouvriers sont orivilé'ùés pour leur salaire en cas de faillite de leur patron, les malheureux tisseurs à a main ne le sont pas. 11 y a lieu de faire modifier la loi à ce sujet. Je demanderai donc que les tireurs à la main soient admis au privilège, comme leurs camarades de 1 industrie.

13” Depuis de nombreuses années, on berne les travailleurs des chemins de fer avec la loi Berteaux. Je promets à ces intéressants travailleurs d’apporter toute mon énergie à faire enfin aboutir le vote de cette loi, si impatiemment attendue par eux.

H” Aujourd’hui encore, à part quelques rares exc ptions, i’iustruosion, dans toute son intégralité, n’est accessible -qu’aux enfants des riche-; et la nation et l'humanité perdent des trésors de science du fait que, seuls, les privilégiés de la fortune peuvent acquérir l’instruction, toute l’instruction. Je suis donc partisan de rendre 1’ nsiruction scientifique

et professionnelle gratuite à tous les -mgies.

15“ Depuis bien longtemps, on nous parle de l’impôt sur le revenu, mais, sous prétexté qu’il est vesatoire, inquisitorial, mais en réalité parce qu'il frapperait surtout ev gros es fortunes qui détiennent le pouvoir, ou me fait que nous en parler sans nous le donner jamais. Cette situation doit changer. Il faut que lesimpô s indirects ou directs qui oppriment la classe ouvrière, la petite culture elle petit commerce soient supprimai i ou forte ment allégés et remplacés par l’impôt progressif sur les revenus dépassant 3.000 lianes.

Au point de vue ricole*

Je serais partisan de la suppression du privilège des bouilleurs de cru, si bénévolement rétabli dernièrement, privilège qui pèse surmut sur nos populations du Nord. Je voudrais en ore qu’une loi fut vo:ée, accordant au fermier locataire une indemnité po .r la plusvalue donnée à la terre, reprise par lui usée, et rendue fertile par sou dur labeur.

Pour leur permettre de continuer à travailler, il serait également uti e qu une oi interdise de saisir les bestiaux et les instruments aratoires indispensables aux petits cultivateurs, accablés sous les infortunes : incendie, grêle,, inondations, ma.adie des

bestiaux, elc, . .

Estimant, d’autre part, que l’union fait la force, surtout pour les faibles, je. me mettrai

tout entier à la disposition des cultivateurs pour les aider à s’organi eren syn ucat, organisation qui leur permettra de se soustraire à ['exploitation dont ils sont souvent 1 oojet.de la part des gros sucriers et des spéculateurs.

Citoyens t

C’est avec ce programme* plutôt économique que politique, que je me présente à vous, restitue, en effet, que la République, qui a su résister aux tentatives multiples d’étranglement de ses adversaires déclarés ou hypocrites, est maintenant suffisamment armée et suffisamment forte pour résister à tous les assauts que l’on serait encore tenté de diriger contre elle, et qu'elle a désormais pour devoir d'entrer résolument sur le terrain économique pour faire aboutir les réformes qui sont sa raison d’être et qui doivent améliorer le sort du peuple, soulager ses misères.

Si vous me faites l'honneur de m'élire, vous trouverez toujours en moi, non seulement l’ardent défenseur des lois et des libertés républicaines, mais encore le représentant résolu à aller toujours de l’avant pour l’amélioration intellectuelle et matérielle des masses, jusqu’à leur complète émancipation*

Vive la République sociale I

Eug, FIÊVET,

Maire de Gaudry, Conseiller général.

ire Circonscription de DOUAI,

M, GONÏAUX.

Élu au 2e tour de scrutin, — 10.152 voix.

Chers Concitoyens,

Aux élections législatives de 1902, au premier tour de scrutin, 6,647 suffrages républicains-socialistes et ouvriers se sont groupés sur mon nom et sur celui du citoyen Joseph Reregnaucourt.

Le cercle démocratique de Douai, n’ayant pas pris position au premier tour, décida, en Assemblée générale, de demander Je maintien de ma candidature pour le second tour et que, dans ce cas, il l’appuierait énergiquement.

Fort de cet appoint démocratique et vu le faible écart de voix entre les deux candidats républicains de gauche, les comités qui soutenaient ma candidature décidèrent son maintien au second tour,

8.QÛÜ voix se groupèrent ainsi sur mon nom, affirmant leur foi nettement sociale et démocratique, en même temps qu'ils manifestaient leur volonté de voir les intérêts de la région énergiquement défendus du haut de la tribune parlementaire*

Un congrès des groupes républicains-socialistes et ouvriers vient à nouveau de me choisir comme candidat dans la première circonscription de Douai,

J’ai le devoir de vous exposer le programme que j’entends défendre, si vous me faites l’honneur de m’envoyer à îa Chambre,

Usera sincère et net, les travailleurs comme moi n’ayant pas l'habitude d’envelopper leurs pensées dans l’artifice des périphrases,

À tous ceux qui constituent la démocratie, c’est-à-dire à tous ceux qui travaillent et qui

produisent, aux ouvriers de toutes les corporations manuelles et intellectuelles, aux petits commerçants, aux petits cultivateurs et maraîchers, je tiens à dire toute ma pensée.

Je suis républicain, je suis socialiste.

Ces deux mois se complètent, en ce sens que le second n’est que l'épanouissement du premier, puisque le socialisme se propose d’apporter dans l’ordre économique la justice et l’équité que la République prétend réaliser dans l’ordre politique.

C’est vous dire, que loin de considérer toutes les formes do Gouvernement comme également méprisable», je prétends être irréductiblement attaché à la forme républicaine que je considère comme indispensable à l’éclosion de notre idéal social. C’est donc en républicain et en socialiste que je m’adresse à vous aujourd’hui.

Je tiens à déclarer que je ne serai jamais le prisonnier d’aucun ministère : chaque fois que le Gouvernement sera enclin é favoriser le Midi au détriment de la région du Nord, ou qu’il se montrera hostile aux légitimes revendications de la classe ouvrière, je serai

Travailleurs de la plume.de l’usine, de la mme.de la verrerie, de 1 atelier, delà batellerie, fonctionnaires et ouvriers de l’État, vous me connaissez; je suis nu des vôtres, appartenant depuis plus de quinze ans au syndicat de ma corporation, dont j’ai l’honneur d’être secrétaire-général. J’ai étudié les revendications de la classe ouvrière.

J’ai compris qu’il importait de donner au travailleur, vieilli au service de son patron, la retraite garantie de scs vieux jours; à l’ouvrier victime d’an accident de travail, l’indemnité égale au préjudice subi dès le premier jour de l’accident; de poursuivre la réglementation

des salaires et la limitation des heures de travail.

Je suis décidé à défendre, non pas seulement les intérêts des mineurs, comme certains adversaires se plaisent à l’insinuer, mais ceux de tous les ouvriers sans aucune

Je me tiendrai, si vous me faites l’honneur de m’envoyer a la Chambre, au courant des travaux de vos congrès corporatifs, je me rendrai à votre appel, chaque fois que vous le jugerez nécessaire, pour étudier avec vous les réformes que vous désirerez voir porter à la tribune parlementaire.

Une nouvelle et longue énumération du programme des réformes que mon parti a rédigé serait fastidieuse. Vous méconnaissez assez pour compter sur moi comme je compte sur vous*

Cultivateurs et maraîchers,

On vous dira probablement que nous sommes des partageux, on répandra parmi vous et contre nous la calomnie et Toutrage.

Si nous sommes partisans de l’appropriation des grands moyens de production, nous ne prétendons pas arracher le lopin de terre du petit propriétaire ou la chaumière qui représente souvent le produit de toute une vie pénible de travail.

Vous avez pu vous rendre compte que ceux qui ont toujours cherché à vous ameuter contre nous profitaient de la crainte qu’ils avaient parfois réussi à vous inspirer pour se faire les plus fervents défenseurs de la grande propriété, qui vous ruine et vous

exproprie. , , ,

Si je suis élu, comptez sur moi pour me rendre dans vos groupements, dans vos syndicats, pour étudier avec vous les moyens propres à employer pour faire aboutir vos djiéances, et vous faire rendre jusiiee dans les questions d’affaissement de vos propriétés et de vos champs en culture.

Si je suis élu, je poursuivrai : .

Le dégrèvement de l’impôt foncier pour les petits propriétaires - la suppression de l’odieux privilège des bouilleurs décru; — la suppression des saisies de récoltes et des instruments de culture; — la suppression de l’impôt de consommation sur les sucres qui vous préoccupent tant ; — les mesures propres à amener la consommation de 1 alcool de betteraves pour Téclairage et ie chauffage ; — la suppression des frais de justice*

En un mot, l’ensemble des lois seules capables de bénéficier à la petite culture et non aux grands propriétaires fonciers*

Petits commerçants,

C’est à tort aussi qu’on a essayé de nous représenter comme vos ennemis, La crise ^ue vous subissez est le résultat du régime social actuel et se manifeste, dans Pordre commercial, par le développement des grands magasins, comme il se présente, dans Pordre industriel, par le développement des trusts*

Vous pouvez compter sur ma sollicitude pour rechercher à la Chambre, si je suis élu :

L'abaissement des patentes et des licences pour les petits commerçants et les débitants; l’application des patentes multiples aux grands magasins et aux déballages, et toutes les lois cipables d’atténuer ou de supprimer la crise dont vous êtes victimes.

Citoyens,

En ce qui concerne le service militaire je poursuivrai son abaissement progressif, jusqu’à ce que la paix internationale permette de supprimer les armées permanentes.

Je voterai la suppression des périodes d’instruction militaire pour les réservistes et les territoriaux.

Quant à 3’enseîgnement, je le veux vraiment démocratique, laïque et mis à la portée de tous les enfants du peuple.

Les petits fonctionnaires, les employés de commerce^ des postes, des chemins de fer, les instituteurs, peuvent compter que, si je suis élu, je serai leur homme.

Enfin, je veux la démocratie forte, instruite, arrachée à l'obscurantisme clérical et prête à son émancipation intégrale.

Électeurs,

Vous savez que les candidats vous promettent toujours beaucoup; vous devez savoir si vos intérêts ont été aussi bien défendus qu’on vous Lavait promis.

Quant à moi, je prends l'engagement de travailler énergiquement à la défense de vos intérêts, à la réalisation des réformes démocratiques et sociales, et de rendre compte publiquement de mon mandat, pour vous permettre de me juger sur mes actes.

C’est dans ces conditions et dans ces termes que ma candidature se présentait devant vous en 1902, c’est encore dans ces conditions de loyauté et de franchise que j’attends, citoyens, les résultats des élections de mai 1906*

Vive la République sociale 1

Charles GONIAUX,

Membre de la Commission du travail, Candidat républicain •socialiste.

2* Gireonacription de DOUAI*

M* Louis GU1SUIN*

Élu au 2e tour de scrutin. — 7,842 voix*

Mes chers Concitoyens,

Le congrès républicain réuni à Somain, le 6 mars dernier, m'a désigné « à l'unanimité » comme candidat à l'élection législative du h mai 1906* Je viens, sous ce patronage autorisé, solliciter vos suffrages avec confiance.

Vous me connaissez depuis longtemps,

Enfant du pays, conseiller municipal ou maire de Nomain depuis vingt ans, fai su, par une infatigable propagande, faire, d'une commune qui appartient presque tout entière à la famille la plus conservatrice du pays, une commune profondément attachée aux institutions républicaines*

Cultivateurs,

Ouvrier de la terre comme la plupart d’entre vous, c’est en connaissance de cause que je pourrais me porter, en toute circonstance, le défenseur éclairé de vos intérêts.

Ma constante préoccupation sera de rechercher les encouragements nécessaires pour favoriser la production du blé, de l'élevage du bétail, de la culture de la betterave*

Les lois qui essaient à l’heure actuelle de permettre à nos agriculteurs, et en particulier aux producteurs de graines de betterave, de lutter contre la concurrence étrangère, me paraissent complètement insuffisantes et nécessiter de sérieuses améliorations * Je réclamerai la suppression de tout impôt de consommation sur les sucres et le vote de la loi protégeant la culture de la chicorée, loi restée en suspens devant le Sénat.

le m’élèverai avec la dernière énergie contre les mesures qui consacrent le privilège des bouilleurs de cru et violets! le principe de l'égalité devant l'impôt*

Je m'engage à demander le dégrèvement de la petite propriété, et une organisation plus complète du crédit agricole, qui permette aux cultivateurs de trouver de l'argent à un taux d’intérêt en rapport avec les revenus de !a terre qu'ils fécondent de leur travail journalier*

Électeurs,

La plus grande injustice règne à l'heure actuelle dans la répartition des charges publiques* Je n'hésiterai pas à examiner les réformes d'impôt, même les plus hardies, pourvu qu'elles aient comme résultat de dégrever les petites fortunes, pour frapper davantage ceux dont les facultés financières sont plus considérables*

Je voterai sans retard « la loi Berteaux n en faveur des employés de chemins de fer et la loi des retraites en faveur de tous les travailleurs, telle qu'elle est sortie des délibérations de la Chambre* Si cette loi n’accorde pas au monde du travail toutes les satisfactions qu'il est en droit d'attendre, elle vaut mieux, à mon avis, que le néant de l'heure actuelle, et pourra être améliorée par la suite, lorsque les ressources de l’État seront devenues plus considérables*

Absolument respectueux de la liberté de conscience, je suis convaincu que la religion doit être libre»

Je considère comme des lois de défense républicaine la loi scolaire, la loi sur les associations, la loi sur la séparation des Eglises et de l’Étal, qui ont pour effet Rassurer la suprématie du pouvoir laïque et d’affranchir la société civile de toute ingérence confessionnelle, sans gêner le libre exercice d’aucune religion*

Je ne perdrai pas de vue que nous avons besoin, pour sauvegarder l’intégrité du territoire et noire indépendance, d’une armée et d’une marine fortes et respectées, mais aussi étrangères aux querelles politiques que dévouées à leur pays et à la République* Républicains,

Les élections du 6 mai revêtent une importance particulière. Nous allons assister à l’effort le plus considérable que la réaction ait jamais tenté contre les institutions républicaines*

j’espère que les républicains de !a 2* circonscription de Douai sont suffisamment éclairés par Pexpêrierce du passé pour ne pas se laisser tromper une nouvelle fois;

La propagande électorale, contrairement à ce qui s’est fait jusqu’à ce jour dans cette circonscription, ne consistera que dans l’exposé de mes idées et de mon programme*

Seuls, ceux qui ont le mépris de l’électeur sèment leur or pour acheter des voix. JTai trop le respect de votre dignité pour songer à employer de pareils moyens*

J’attends votre verdict avec confiance* Si vous faites de moi votre député, vous aurez au Parlement un représentant qui aime passionnément le peuple et la République*

Vous pouvez être assurés que je remplirai tous nies devoirs envers la démocratie laborieuse de la ville et de la campagne. Fils de paysan, cultivateur moi-môme, je n’oublierai pas mon origine, et mon ambition sera d’en rester toujours digne*

GUISLAJN,

Maire de Nom a in,

Officier du mérite grieole,

Délégué cantonal,

Membre de ia société des agriculteurs du Nord

1™ Circonscription de DUNKERQUE

M* Florent GUÏLLÀ1N,

Mes chers Concitoyens,

Depuis dix ans, j’ai l’honneur de yous représenter à la Chambre des Députés, d'y défendre les intérêts agricoles, industriels, commerciaux de votre région, d’y servir, en votre nom, les Intérêts généraux de la France et de la République. Je vous demande de m e renouveler mon mandat*

Vous connaissez toute ma vie politique; je n’ai jamais dévié de la ligne de conduite que vous m’avez tracée en approuvant par vos votes réitérés les déclarations que je vous ai faites en 1896, en 1898 et en 1902* Vous m’avez envoyé à la Chambre comme républicain progressiste; je mis resté, pendant ces dix années, fidèle à mon parti, au programme que

vous aviez sanctionné, aux principes d’ordre, de liberté, de justice et de solidarité sociale qui soüt l’essence même de la République.

J’ai soutenu le Gouvernement lorsqu’il faisait son devoir en résistant, — trop rarement, — aux injonctions subversives du parti de la désorganisation sociale, du parti collectiviste. Je l’ai combaitu lorsque, par ses complaisances pour les collectivistes, par sa condescendance pour les jacobins sectaires, il portait les plus graves atteintes aux libertés républicaines, il laissait libre carrière aux artisans de haine et de désordre.

Vous êtes témoins des conséquences désastreuses de quatre années de mauvais Gouvernement i vous direz si j’ai eu raison de tâcher de les prévenir par mes votes.

La liberté de Renseignement gravement atteinte; le Concordat, qui nous avait donné cent ans de paix religieuse, brutalement rompu et la séparation de l'Église et de l'État votée sans consultation préalable du pays; les réformes sociales, tapageusement promises aux électeurs, presque oubliées, passant au second plan, obligées de céder leur tour aux lois anti-libérales; le gaspillage des finances publiques toujours croissant; le budget ne pouvant s’équilibrer que par l'emprunt; l'unité morale de l’armée compromise par un abominable système de délation qu’avait organisé le Gouvernement lui-même; la désertion devant Tennemi et le mépris de la patrie prêchés, pendant plus de trois ans, dans les casernes et même dans des écoles publiques, sans que le Gouvernement, par peur de ses alliés collectivistes, ail osé frapper les propagateurs de ces infâmes doctrines; les fonctions publiques livrées à l'arbitraire et au favoritisme; Tamirchie dans les administrations publiques impunément organisée par la grève générale des services publics; les menées révolutionnaires de la Confédération générale du travail encouragées par la faiblesse du pouvoir; les grèves violentes, les émeutes avec pillage et incendie, se déchaînant sur le pays, tel est le bilan du régime que le parti radical, uni au parti socialiste, a imposé au paye pendant la dernière législature. Voulez-vous, en envoyant au Parlement un radical ou un collectiviste, prendre la responsabilité de la continuation d’un tel régime?

Le premier devoir du Gouvernement, dès la constitution de la nouvelle Chambre, sera de rétablir Tordre, d’imposer le respect de la loi* Je l’y aiderai énergiquement, si vous m’envoyez de nouveau au Parlement.

La loi d'assistance obligatoire aux vieillards et aux infirmes, que nous avons votée, devra être complétée par d'autres lois de prévoyance sociale.

Le projet de loi sur les retraites ouvrières, voté par la Chambre, a été déclaré inapplicable par ses auteurs mêmes, à cause surtout des dépenses exagérées qu’il imposerait et que ne pourraient supporter, ni le budget de TÉtat surchargé et déjà en déficit, ni les ouvriers, dont les salaires seraient frappés de retenues abusives, ni l'industrie, le commerce et l’agriculture, dont la puissance d’expansion se trouverait paralysée par de trop lourds impôts. Le Sénat, dont la majorité vient de se prononcer contre les principes de l’obligation, renverra sans doute dans quelques mois à la Chambre un projet mieux étudié et plus libéral. Je vous disais, en 1902, que cette grave question doit être résolue au moyen du libre concours des intéressés et des sociétés de secours mutuels subventionnées par l’État; si je redeviens votre député, je m’efforcerai de faire prévaloir ce système. Eu même temps, j’appuierai de mon vote toute solution qui, ne limitant pas à la forme « retraite » les encouragements des pouvoirs publics à la prévoyance, donnerait le choix aux ouvriers, pour l’accepter, entre la constitution d’une retraite de vieillesse et Tacquisition d’un bien de famille au début de leur vie active.

J’ai contribué au vote d’une bonne loi sur la caisse de prévoyance des marins. D’autres lois sont nécessaires pour améliorer la situation des inscrits maritimes. Je m’efforcerai de les faire voter.

ïl faut que la loi sur la séparation de l’église et de TÉtat soit appliquée dans un large esprit de concorde. Elle devra être, au besoin, corrigée par la suppression des dispositions dangereuses que, mes amis et moi, nous avons en vain combattues au cours de la discussion .

Je continuerai à lutter contre les utopies collectivistes et contre le socialisme douce-

reux, insinuant, plus dangereux encore que le socialisme^ violent, qui, par l'intervention abusive de FÉtai dans le fonctionnement du commerce et de l'industrie, met des entraves au développement de la richesse publique et rend plus difficile la réalisation des réformes sociales les mieux justifiées.

Je contribuerai par mes votes à ce que les finances publiques soient administrées avec prudence et économie- La nouvelle Chambre devra mettre fin au gaspillage qui conduit à l'augmentation des impôts, déjà trop lourds pour les forces du pays.

L'impôt sur le revenu global, que les candidats radicaux et socialistes ont mis de nouveau dans leur programme de 1906, bien que le Bloc en ait reconnu les dangers et y ait, en fait, renoncé pendant qu'il détenait le pouvoir, ne peut être appliqué qu'au moyen d'investigations iracassières dans les affaires privées de chaque citoyen. L'industrie et 1’agnculiure en supporteraient surtout le fardeau, au détriment des intérêts des travailleurs eux-mêmes. Il pourrait d'ailleurs, aux mains d'une majorité soumise aux socialistes, devenir un instrument de spoliation et de ruine. Je commuerai à le combattre, comme je l'aüoujours combattu depuis dix ans. Mais je reconnais la nécessité d'une amélioration profonde de notre système fiscal, et je contribuerai à ia réaliser.

Je travaillerai à écarter de l'armée et de la marine les influences déprimantes de la politique et à augmenter leur fo cc matérielle, leur cohésion et leur force morale, conditions nécessaires de Pindépen dance de la patrie.

Notre Nord n'a pas, dans la Chambre des Députés, la représentation numérique à laquelle lui donnerait droit l'importance de sa population. La refonte de notre système électoral s'impose. Le scrutin de liste, avec représentation proportionnelle des divers partis, nous assurera, pour la défense de nos intérêts économiques, l'influence que nous pouvons légitimement revendiquer*

Port de Dunkerque.

Depuis trente-huit ans, j'ai consacré toutes mes forces à l'extension et à l'amélioration du port de Dunkerque. J?ai été le collaborateur dévoué de M, Jean-Baptiste Trystram dans cette grande œuvre. Après avoir exécuté, de 1868 à 1881, comme ingénieur du port, les premières améliorations, la darse n° i, l'écluse de i'Üuesr, Ta ppro fondisse ment du chenal par les dragages, l'installation du balisage et de l'éclairage des accès du port, après avoir conçu et préparé les nouveaux agrandissements réalisés aujourd'hui, en vertu de la loi du 31 juillet 1879, j'ai pu, étant directeur de la navigation au Ministère, continuer de rendre service à vos intérêts en faisant décider la construction de l'écluse Trystram et l'allocation par l'État des ressources nécessaires, puis en conduisant à bonne fin l'exécution d *s travaux qui ont rendu possible l'installation de nos chantiers de construction navales, enfin en préparant les extensions nouvelles que, devenu député, j'ai fait déclarer d'utilité publique par la loi du 3 décembre 1903.

Les expropriations nécessaires pour l'extension du port sont faites. Ces travaux viennent de commencer. L'avenir du port de Dunkerque est asâuré pour près d'un siècle. Au fur et à mesure des besoins du commerce, de nouvelles darses pourront être successivement décidées et exécutées. Je ferai tous mes efforts pour obienir, au cours de la nouvelle législature, de nouveaux subsides de l'État pour les extensions nécessaires.

Port de Gravelines .

A Gravelines, grâce à la loi de déclassement que j'avais obtenue du Parlement et aux c édits alloués sur ma demande pour compléter la participation de la ville aux dépenses, ^agrandissement du bassin à flot est en cours d'exécution. En même temps, j'ai pu obtenir, pour le Grand-Fort-Phîlippe, la construction d'un appontement nécessaire à nos pêcheurs, ^'approfondissement du seuil et l'élargissement du passage de l'écluse d’entrée du bassin

de Gravelines, ainsi que les travaux nécessaires pour délivrer le bassin à flot de la servitude d'écoulement de FÀa, viendront plus tard compléter ramélioration du port*

Marine marchande.

Dans l'intérét de nos chantiers et de nos armements, j’ai pris une part des plus actives aux travaux de la Commission extraparlementaire qui a préparé de 1903 à 1905 un projet de loi sur la marine marchande. Puis, j’ai défendu ce projet, dabord devant la Commission du budget, dont j’avais l’honneur d’être Puo des vice-présidents et enfin devant la Chambre, Grâce à la loi promulguée le 12 avril 1906, d’une paî t, nos chantiers de Dunkerque auront bientôt repris une féconde activité, au grand avantage des nombreux ouvriers qui y trouveront un travail continu. D’autre part, les voiliers comme les vapeurs armés à Dunkerque pourront soutenir la concurrence des marines étrangères dans le monde entier, Ceîte loi ne nous donne pas encore tous les avantages désirés par les industries maritimes. Je tâcherai de la faire améliorer pffr une loi complémentaire.

Agriculture .

Je continuerai mes efforts pour aider à la prospérité de l’agriculture de notre région*

Un nouveau débouché pour l’écoulement des eaux de dessèchement de la 4e section de Wacteringues va être acquis, suivant le projet que j’en avais conçu, par la construction d’un siphon sur le canal de Fumes, en même temps que ce canal sera mis en état de mieux desservir les intérêts agricoles du canton Est paria construction d’une nouvelle écluse d’entrée, accessible aux bateaux de 300 tonnes.

Je joindrai mes efforts à ceux de la députation des départements intéressés, pour la suppression du privilège des bouilleurs de cru.

J’ai obtenu de la Chambre le vote d’une augmentation des droits de douane sur les chicorées, et, du Gouvernement, la promesse d’une réglementation efficace de l'admission temporaire, de manière à rendre impossible les fraudes actuelles. Je veillerai à ce que cette promesse soit tenue à bref délai.

Mes chers Concitoyens,

C’est pour appliquer ce programme politique et économique que je vous demande vos suffrages en vous réitérant Passurance de mon absolu dévouement.

L’heure est grave. Tous les bons citoyens doivent s’unir pour résister aux fauteurs de désordre, pour rétablir la concorde et la paix publique, pour instituer, sur des bases solides, les œuvres d’assistance et de prévoyance, pour consolider et accroître notre puissance militaire, pour rétablir l’équilibre de notre budget, pour assurer au commerce, â l’industrie' et à l’agriculture de notre pays une nouvelle ère de prospérité.

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