‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 144 sur 280 · F. GD1LL41H · texte numérisé non relu

F. GD1LL41H

Vice-Président de la Chambre des Députés, Candidat républicain progressiste

2° Circonscription de DUNKERQUE.

M. Henry COCHIN.

Élu au 1er tour de scrutin — 10*367 voix.

Messieurs les Électeurs,

U y a plus de douze ans que j’ai l'honneur de vous représenter à la Chambre des Députés, et je crois pouvoir dire que mon dévouement constant et affectueux ne vous a jamais fait défaut. Je viens, pour la quatrième fois, avec une entière confiance, vous prier d’affirmer sur mou nom vôtre attachement aune politique de concorde, de travail, de liberté et de patriotisme*

Jamais le retour à cette politique n’a paru plus nécessaire. Pendant plusieurs années, le pouvoir a été aux mains d'une coalition tyrannique, qui gardera dans l’histoire le nom brutal de « bloc », gouvernement jacobin, qui, pour assurer sa domination, n3a pas craint d’organiser, avec l’aide occulte de la franc-maçonnerie, l’odieux régime de la délation.

Le pays souffre du trouble profond, de l’esprit de suspicion et de haine qui sont les conséquences de cttte politique néfaste. L’inquiétude est partout Les excitations révolutionnaires rendent chaque jour plus difficiles les rapports naturels du capital et du travail, — égarent parfois les e-prits jusqu’à conduire aux pires excès : pillages et incendies, — renouvellent à tous moments cette menace terrible : la grève générale, qu’on devrait appeler la ruine, ou ta misère générale.

Pour amener à ce point les ànif'S honnêtes des travailleurs, on a cherché à les corrompre jusqu’à leur faire oublier qu’il est une | atrîe et que nous devons l’aimer. Il était réservé à notre temps de connaître la secte abominable des a nlï patriotes, de voir des Français outrager le drapeau delà France et prêcher, aux soldats chargés de la défense de leur pays, la désertion même en présence de l’ennemi.

On sait combien d'outrages a soufferts notre armée nationale, dont la force et la discipline sont les garanties nécessaires et uniques à la fois de la dignité de notre pairie et du main lien de la paix.

Par des lois successives Jes Chambres ont porté atteinte aux libertés les plus néeesnaires, liberté d association, liberté d’enseignement, liberté de conscience, et enfin elles ont voté, en décembre 1905, la loi portant séparation des Églises et de l’État. Ainsi a été rompu brusquement, sous de vains prétextes, sans négociations diplomatiques, sans même de dénonciation régulière, un traité solennel conclu entre le Gouvernement français et le chef de la religion catholique, — ce Concordat qui, pendant cent ans, avait assuré à la France la paix religieuse.

Ou n’oubliera jamais, surtout dans la Flandre française, l’émotion profonde, les douloureuses circonstances qui ont marqué la première application publique de la loi de séparation. Cette loi détestable inquiète les consciences des croyants, jette le désordre dans le pays tout emier. Pour mettre fin aux maux qu’elle a causés, rétablir la paix qu’elle a troublée, une seule voie est ouverte : la reprise des relations entre le Saint-Siège et le Gouvernement de la République française, pour la conclusion d’un nouveau Concordat.

Messieurs les Électeurs,

Tels sont les effets de ïa politique sectaire. Il est temps que la République se ressaisisse, renonce à des luttes sans merci et fasse appel au dévouement de tous. Je voudrais, quant à

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moi, pouvoir travailler sans arrière-pensée au* grands et graves intérêts que les luttes stériles nous font négliger. 11 nous faut revenir à la bonne pratique financière, aux budgets discutés en leur temps, débarrassés des excès de la surenchère électorale; continuer l’amélioration delà législation agricole, favoriser surtout la culture du lin, la consommation du sucre, les emplois industriels de l’alcool, défendre les cultivateurs et les industriels du Mord, ces grands pourvoyeurs de notre budget national, contre la coalition sans scrupule des bouilleurs de cru,

11 faut nous préoccuper surtout d'améliorer la situation des travailleurs, ouvriers, petits cultivateurs, petits commerçants. L’assistance a déjà été établie en faveur des vieillards et des infirmes; elle le sera bientôt en faveur des familles nombreuses. Le devoir de la prochaine Chambre sera de réaliser les retraites ouvrières, sans surcharger l’industrie et ^agriculture d’un impôt nouvWu, sans prélèvement obligatoire sur le salaire de l’ouvrier. Pour approcher du résultat désiré, tous les efforts doivent tendre au développement de la mutualité, instrument nécessaire de la véritable fraternité,

Ces réformes et tant d’autres 11e pourront jamais être menées à bien que par l’entente de Ions les bons citoyens; unis dans la volonté du bien public, faisant le sacrifice de toutes préférences, rancunes, intérêts personnels, pour l’hmneuretla prospérité de laRépublique, la grandeur et le bonheur de la patrie.

Henry COCHIM,

Député sortant,

Conseiller général du Mord,

Maire de Salut- Pierrebrouek.

lrî! Circonscription d’HAZEBROUGK

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