‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 185 sur 280 · SEINE · texte numérisé non relu

SEINE

1er Arrondissement de PARIS, M* Maurice BARRES.

Élu au i*r tour de scrutin. — - 6.520 v©ix.

Mes chers Concitoyens,

Tons les Comités qui out assuré successivement le triomphe de M. Edmond Archdeacon et des quatre Conseillers municipaux de l 'arrondissement m’ont fait l'honneur de m’offrir, à Fuoanimité, la candidature au siège laissé vacant par la mort de notre très cher et très regretté ami .

11 ne m’est pas permis de décliner cet honneur, puisque mon nom semble utile pour maintenir l’union entre tous les républicains patriotes et libéraux, entre tous les hommes de travail et de raison, qui veulent barrer la route à la révolution menaçante.

Je me présente comme le candidat de P Anti-bloc contre le Bloc,

Le Bloc a livré l'armée et toutes les administrations au plus odieux système de délation.

Le Bloc a lié partie avec ceux qui bafouent Fidêe de Patrie et qui excitent les soldats à rindiscipline. Il a laissé en souffrance, sur terre et sur mer, les intérêts de ïa défense nationale.

Le Bloc, par la manière imbécile et hypocrite dont il a mené la Séparation, nous prépare une guerre religieuse.

Enfin, le Bloc, cédant aux plus bas calculs électoraux (et servant les intérêts de Pétrangcr) excite criminellement les haines sociales (qu’il faudrait apaiser par une sage politique de réformes progressives) .

Déjà la révolution commence d’éclater sur plusieurs points du territoire. L’autorité semble complice ou désarmée, Ce n’est pas étonnant. Les malheureux qu elle devrait frapper ont été égarés, grisés et armés par les politiciens qui sont aujourd’hui à la tête du gouvernement.

Les dangers de cotte situation ne sont nulle part mieux sentis que dans le 1ÛT arrondissement, qui est un admirable centre d’activité où retentissent tous les malaises publics.

Le rôle d’un élu du îer arrondissement est de défendre les intérêts du commerce et du travail. Mais que serviraient des progrès législatifs, si les dépenses toujours accrues et les grèves continuelles venaient ajouter aux charges des contribuables, en même temps que les troubles sociaux et religieux arrêteraient, les transactions!

Citoyens!

Voilà assez de stériles désorganisations! A quels travailleurs français profitent-elles?

Diminuent-elles la misère, la maladie, le chômage, la mortalité, qu’il appartient à des républicains de combattre par des institutions sociales pratiques?

Toute cette anarchie favorise simplement quelques centaines de républicains exploiteurs qui vivent des troubles publics.

Assainissons la République. Balayons la Franc-Maçonnerie.

Réconcilions tous les Français autour de l’idée de Patrie.

It faut quêtons les braves gens, exaspérés par la tyrannie maçonnique et parlesmenaces anarchistes, défendent, le & mai, leur drapeau, leurs libertés et leur travail.

A bas le Bloc et la Franc-Maçonnerie!

Vive la France t Vive la Rè-pub'ique! Vive le 1“ Arrondissement!

Maurice BARRÉS-

2° Arrondissement de PARIS

M. l’Amiral BIENA1MÉ.

Elu au 1er tuur de scrutin. — 6.982 voix

Appelé par votre confiance à défendre au Parlement les intérêts généraux du Pays, j’ai conscience d’avoir fidèlement rempli mon devoir.

J’ai voulu, là encore, servir la cause de la République, de la Liberté et de la Dcmo-

Gratie i

J’ai eu le souci, en toute occasion, de sauvegarder les intérêts de la Ville de Paris et, par conséquent, ceux de notre bel arrondissement.

Le Commerce et l’Industrie ont trouvé en moi un représentant dévoué et je me croirais indigne de solliciter à nouveau vos suffrages, si j’avais négligé, en quelque circonstance, la cause si intéressante de la classe des ouvriers et employés, qui constitue le corps même de la Nation*

Je vous soumets donc mon programme. — Je le défendrai en toute loyauté et c’est en mandataire actif que je compte lo faire triompher, si vous me faites l'honneur de me continuer votre confiance.

Dans le domaine politique .

Reviser la Constitution par une Constituante. Y insérer la garantie des libertés essen Celles : liberté politique, liberté de conscience, liberté d’enseignement, liberté du travail, toutes aujourd’hui à la merci d’un coup de majorité.

Modifier le mode d’élection du Président de la République et le soustraire à la domina-

tiou dos Chambres.

Rétablir le scrutin de liste avec la représentation proportionnelle Organiser la responsabilité effective des Ministres.

Supprimer au Sénat ses pouvoirs de Haute Cour de Justice.

Dans h domaine financier.

S’opposer à tout impôt nouveau, à moins qu’il ne soit compensé par des dégrèvements correspondants*

S’opposer à tout emprunt sous quelque forme que ce soit.

Rétablir l’équilibre budgétaire par un sérieux contrôle des dépenses publiques et éviter le système détestable et coûteux des douzièmes provisoires.

Rechercher des économies, de manière à atténuer les charges qui pèsent trop lourdement sur notre commerce et notre industrie et forment le principal obstacle au développement de la richesse publique et à la solution des problèmes sociaux.

Réglementer strictement l’initiative parlementaire en matière de dépense.

D&îîs le domaine social ,

Lutter contre le collectivisme.

Rechercher et appliquer la solution des problèmes qui intéressent la classe des ouvriers et des petits employés ; Organisation du travail, assistance, retraites, institutions de prévoyance et de mutualité, participation aux bénéfices dans les cas oû elle est possible, protection du travail national, repos hebdomadaire, toutes ces réformes devant eo poursuivre principalement avec Paide de l’État et du Capital.

Etendre la prud’homie à toutes les classes de travailleurs.

Dans le domaine commercial et industriel .

Réformer le système des patentes*

Re viser les tarifs de douane*

Développer les voies de transports économiques*

Remanier les tarifs des chemins de fer et des voies navigables et obtenir, entre les différentes organisations de transports, des tarifs soudés et bien étudiés avec lesquels nous pourrions reconquérir, au profit de notre marine marchande nationale, les frèts qui aujourd’hui ont avantagea emprunter les voies maritimes étrangères.

Organiser la représentation commerciale et industrielle à l’étranger.

Dans le domaine de la défense nationale*

Lutter contre la propagande internationaliste et antimilitariste dans l’Ecole et dans PÀrmée.

Assurer à la défense nationale le maximum d’effet utile compatible avec les sacrifices de toutes sortes que le pays est toujours prêt à consentir pour elle.

Compléter au plus vile la loi du service de deux ans, trop hâtivement votée, dans un but de réclame électorale, et sans le concours du Conseil supérieur de la Guerre, par deux autres lois organisant, — la première: l’entraînement de la jeunesse avant son entrée au service, — la seconde : la formation d’un noyau solide de soldats et de sous-officiers, grâce auxquels il serait possible d’abaisser rationnellement la durée du service militaire actif.

Chers Concitoyens,

Tel est le programme que je soumets à votre verdict et à l’approbation des citoyens qui placent au-dessus de tout esprit de parti et de secte :

L’idée nationale,

L’amour de la Patrie,

L’attachement a son indépendance, à sa prospérité et à sa grandeur, et qui voient la réalisation de ces aspirations dans la hépuldique basée sur la Liberté, la Justice et la Fraternité*

Vive la République I

Amiral BIENÀÏMÉ,

Député sortant,

Candidat républicain*

3e Arrondissement de PARIS.

M. Pl'ECH»

Élu au 1er tour de scrutin. — 9. 5 06 voix.

Mon cher Concitoyen,

Dans une prétendue présentation de M* Dausset aux électeurs du IIIe arrondissement, présentation qui constitue un véritable libelle, on affirme ;

i° Que la Chambre de 1902-1906 a indéfiniment ajourné les réformes sociales ;

2° Que j’ai favorisé la délation et une soi-disant. institution de délégués administratifs;

3° Que la majorité républicaine s'est livrée à un gaspillage effréné de nos finances et que la dette publique nationale s’élève à 43 milliards;

4° Que je suis à la Chambre le président d’un groupe dont les opinion* sont violentes et sectaires ;

5° Q ie je suis l'esclave des partis révolutionnaires et que je me sois associé a des agissements qui o it favorisé le désordre et l’anarchi \

Autant d’affirmaiions, autant d’au lacicux mensonges*

1° L’oeuvre de la législature dont ’es pouvoirs expirent le lfir juin prochain, a été, au contraire, en matière de réformes sociales, incomparablement plus féconde qu'atiCvine de celles qui l ont précédée.

Elle a voté entre autres :

a) La loi ponant de trois ans a deux ans la durée de la présence sous les drap* aux et l’égalité la plus complète de ions les citoyens français au regard du service militaire, le plus sacré, mais au>si le plus lourd d+$ devoirs;

h) La loi sur l’assistance obligatoire pour Ie> vieillards, les invalides et les infirmes. Celle loi, qu éiait à l’étude depuis 1898, qui n’est en rien, — c n traire m eut à ce que déclare le libelle en qu* sdon, — l’œuvre du Conseil municipal de Paris et qui sera applicable à partir dit 1er janvier prochain, dans quelqu s mois, donne droit, sans exiger de personne la moindre cotisation, à un minimum d’existence matérielle pour tous ceux qui, par suite d’infirmités ou par suite de 1’àge, se trouvent dans l’impossibilité de se suffire;

c ) Une loi sur les enfants assistés, qui accorde des secours pour permettre à la mère pauvre de garder et nourrir ses enfants ou de les placer en nourrice ;

d) Deux lois, une sur la réhabilitation, l’autre sur l’amnistie défaillis;

e) Une loi sur les habitations à bon marché et une autre loi qui permet à fout d oyen

français de se constituer im bien de famill ■ : maison, jardin et endos, absolument insaisissables;

/) Une loi réglementant la vente des objets abandonnés chez les ouvriers et les industriels ; et une autre loi limitant la responsabilité des hôteliers logeurs;

g) Une loi sur l'extension de la compétence des juges de paix. Cette loi, sur ma proposition, a abrogé 1rs vieilles ordonnances contre lesquelles protestaient depuis si longtemps les hôteliers et les débitants de vins;

k) Une loi qui diminue le chiffre de la patente de tous les commerçants et indu sir tels des huitième et septième clause et d’un certain nombre de ceux qui app rtiennent à la six'ème classe;

i) Une loi qui réduit de quinze centimes à dix centimes le tarif des lettres ;

j) Une loi votée sur ma proposition et à mon rapport, qui autorise les bijoutiersjoailliers et orfèvres à transiger toutes leurs contraventions.

J’en passe et des meilleures.

Je ne meniionneraï que pour mémoire la foi sur les retraites des ouvriers, des employés, des artisans, des petits commerçants et des peiits industriels parce que cette loi n’est encore votée que par la Chambre, qu'elle est soumise à l’examen du Sénat et qu’elle n'est pas défini ve.

Est-il vraiment raisonnable de dire et u’imprimer que les réformes sociales, au cours de la Jègisiaiure de 1902-1906, ont été indéfiniment ajournées?

2Û J’aurais, dit-on, favorisé la délation et îa soi-disant institution des délégués administratifs ?

Or, d’une part, j’ai voté, le 28 octobre 1904, le jour où pour la première fois U question a été soumise au Parlement, l'ordre du jour flétrissante les procédés inadmissibles signales à la tribune » ; ordre du jour qui a, en fait, renversé le Ministre de la Guerre. D'autre part, j’ai été, du premier au dernier jour, l’un des soutiens les plus constant du ministère Bouvier, lequel résolument élevé contre ce qu’on a appelé les délégués administratifs.

Les affirmations du libelle me sont-elles pas ainsi un outrage h l'évidence?

3& Le gaspillage serait effréné et notre dette publique s’élèverait à 4$ milliards I 1 II faut faite d’une ignorance ou d'une mauvais-?, foi singulières pour imprimer de pareilles inexactitudes. Notre dette publique, la dette de TÉlat français, tsiille depuis douze ou quinze ans autour oe trente et non de quarante-trois milliards. Le compte en est facÜ à établir :

Treize milliards que muE a laissés l’empire; cinq milliards de rançon de guerre ; six milliards environ dépe ses de 1871 à 1876 pour la réfection de nos forces militaires de terre et dr mer ; environ six milliards dépensés de 1886 a 1888, lors de l'effort considérable que, sous l’impulsion de M. de Freycinet, on a fait pour nos chemins de fer, nos routes, nos ports, nos canaux.

Voilà les trente milliards. — Les deux dernières législatures tdy sont absolument pour

rien.

Ajoutons que depuis, sans augmenter sensiblement cette énorme dette, le Parlement a fait des sacrifices énormes pour la rèfect on de notre artillerie la défende de nos côtes et les points d’appui de notie flotte.

5° Je suis, dit-on, président d’un groupe aux opinions politiques violentes et sectaires. Vraiment I — Ce groupe au contraire a été formé, à côté des autres de gauche, comme un groupe de pondération et d'union républicaines. Ne suffit-il pas pour édifier les électeurs à cet égard, de rapp 1er que le vice-président du groupe que j’ai l’honneur de présider est le citoyen Baudin, ancien président du Conseil municipal de Paris, ancien Ministre des Travaux publics, et que le groupe compte au nombre de ses membres le citoyen Dubief, Ministre de l'Intérieur du cabinet Bouvier?

5° Je suis, dit-on, Test lave des révolutionnaires et des anarchistes?

Je ne suis l’esclave de personne, idaueun groupe, d’aucune faction, d -aucune coterie. Je ne relève que de ma conscience et de l'opinion générale de ce x qui m’ont fait l’honneur de

m’envoyer à la Chambre et dont je m’efforce de rester le mandataire scrupuleusement Gdèle et dévoué.

Est-il possible déposer plus loyalement que je l'ai fait devant mes électeurs, en réunion privée comme en réunion publique, mes sentiments et mes vues sur toutes les questions, même les plus délicates et les plus irritantes?

Sur 1rs huit heures de travail dans l'industrie privée, par exemple, qu’ai-je répondu aux groupes ouvriers qui m’o it souvent interrogé au cours de la présente période électorale.

J’ai déclaré que îa société actuelle repose sur le grand principe de la liberté des conventions et des contrats ; que les pouvoirs publics ne peuvent toucher à ce principe que dans des circonstances exæèpt ion nelies, lorsque l’ordre général, un intérêt d’humanité, ou les bonnes mœurs le commandent ; que les ouvriers comme les patrons ont reçu de la loi de 1884 le droit de se syndiquer, précisément aün de pouvoir se mettre en mesure de faire valoir leurs prétentions et leurs droits respectifs ; que c'est par l'accord entre les deux éléments de la pro [action, capital et travail, — dont l'antagonisme est funeste, dont l' union seule est féconde, — qu’on doit arriver, pas à pas, à améliorer les conditions de la durée de îa journée du travail et du taux des salaires.

j’ai insisté sur ce point que la solution de cette grande question dépasse les limites dJun seul pays; qu'elle présente au premier chef un caractère international; qu’un changement brusque réalisé en France > alors que Félat des choses ne serait pas modifié à l’étranger, placerait la production nationale dans des conditions d’infériorité manifeste nuisible à tous, aux patrons comme aux ouvriers et employés; que le devoir dTun Gouvernement, sa raison d’être, c'est d’assurer Tordre public, la liberté de la circulatio \ et la liberté du travail.

Mon cher Concitoyen,

Ma politique, c’est la politique d’ordre et de progrès social incessant, continu, nécessaire, à laquelle se sont associés avec tous les républicains, des hommes dont la prévoyance égale l’autorité ï les Carnot, les Poincaré, les Bouvier. Ces hommes éminents sentent bien qu i c'est par la République et par les républicains seuls, que la Fi ance peut sortir de la crise sociale qui tourmente, d'ailleurs, toutes les nations du monde.

Commerçants, industriels, travailleurs du IIIe arrondissement, gardez-vous de la panique que les adversaires irréductibles de la République cherchent à semer dans vos rangs eu moyen des plus criminelles manœuvres. Ne tombez pss dans le piège grossier qui vous est tendu. Ne cédez pas à un mouvement de mauvaise humeur que vous regretteriez demain.

Frapper au cœur, par vos bulletins de vote, la République et les républicains, à P h eût e solennelle que nous traversons, ce serait do mer au désordre un suprême aliment, ce serait risquer des réactions formidables* ce serait trahir, avec vos propres intérêts, les intérêts même de la patrie.

Vive la République I

Louis P U ECU.

Député sortant.

lro Circonscription du IVe arrondissement de PARIS. M. A. FAILLI OT.

JÉlu au ltr tour de scrutin.. — A. 038 voix.

Comité républicain socialiste anticollectiviste anti-ministériel.

Programme politique.

1 — Révision de la Constitution. Le régime républicain restant hors de cause.

2!— Liberté de conscience. Liberté individuelle. Liberté de propriété (telles qu’elles

ressortent de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen, Assemblée nationale, août 1799).

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