‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 190 sur 280 · UNION DES COMITÉS RÉPUBLICAINS ET SOCIALISTES · texte numérisé non relu

UNION DES COMITÉS RÉPUBLICAINS ET SOCIALISTES

Citoyens,

Les républicains de la 2° circonscription du 4e arrondissement m’ont olTert de combattre

pour la République. . ,,

Des amis qui n’ont jamais déçu ma confiance m’ont affirmé que mon devoir était a ac

cepter et j’ai accepté dans le but de rallier sur mon nom toutes les forces delà démocratie, l’ai toujours obéi à ma conscience d’honnête homme et de sincère républicain.

Tout jeune, soldat de t’armée de la Loire, j’ai vu la France, livrée pour la troisième fois, par ta folie césarienne et plébiscitaire, à l’invasion étrangère, se raidir dans un suprême de cléCGQse*

Devant mon pays abîmé, mes convictions républicaines se sont, plus encore, accentuée*.

J’ai apparié ensuite, au service de la justice, toute ma bonne volonté, toute ma pensée et tout mon cœur d'homme, dans ïe sens le p’us large et le plus humble de ce mot.

Ceux ! à qui m'ont suivi dans nu carrière de magistrat ont déjà deviné tout mon programme.

J'envisage le problème social en républicain de volonté bonne et sûre.

Chaque réforme doit se réaliser avec cet esprit de fraternité, de solidarité, que Pou doit exiger d'un républicain.

Ü faut aujourd’hui vouloir' que le bien-être, et tout au moins le nécessaire qui découle du droit à la vie, appartienne au plus humble du corps social.

Le parti républicain, qui a déjà relevé la France devant elle-ménte et a fait d'elle une France pacifique, aimée et respectée par ses voidns, doit poursuivre sa marche vers le progrès par l'amélioration délibérée du bien-être général.

Dans la charge que je vous demande de me coufi r, il est une chose que je considérerai comme une satisfaction plus directement personnelle ; ce sera de collaborer activement au travail de réformes dans l’Administration de la justice.

0 n’est pjs nécessaire que la justice soit hautaine, fc >1 astique et cassante.

Sans cesser d'être respectueux de la Loi, les tribunaux d iraient s’efforcer de mieux connaître et comprendre ceux que des égarements, et surtout le malheur, ainsi que les iniquités du contrat social, conduisent devant eux.

Ce vœu n’est que la conséquence d'observations relevées p r les criminologistes et les études de l'économie sociale.

Si vous m'envoyez à !a Chambre, j'y continuerai, comme dans mon petit tribunal, à mener énergiquemem Lardent combat en faveur de la justice juste et miséricordieuse, simple et pratique, contre la justice juridique, cette plaie sociale.

Citoyens, le mandataire de la 2^ circonscription du IVe arrondissement manquerait aux obligations qu'il vous doit, s'il méconnaissait les intérêts de votre centre de travail, de commerce et d’industrie.

Ces intérêts, je ne les oublierai certes pas, si j’ai l'honneur d'être député de Paris.

Et maintenant, en avant pour la République démocratique et sociale, celle où se fondront toutes les classes dans m magnifique élan de fraternité humaine*

Pré idc ut MÀGNAUD.

lrû Circonscription du V* arrondissement de PARIS. M. VI VI ANI.

Élu au 2e tour de scrutin, — 5.762 voix.

Concentration républicaine. — Union des comités radical et radical socialiste et socialiste.

Cher Citoyen,

Vous connaissez.

Je me présente à vou?, tel que je fus toujours, républicain socialiste,

Républicain, je veux qu * toutes les conquêtes de la Révolution Foient maintenues. Socialiste, je veux que la République ne soit pas seulement un mot, un système purement poli ti que, — mais qu’elle assure le suc és des revendications les plus humaines.

C63 déclarations pourraient suffire si la. mauvaise foi ou Piguorance de quelques-uns ne m’obligeaient à des précisions que je suis loin de redouter.

On dit que, socialiste, je suis, avec les hommes de mon parti, adversaire de la propriété.^

C’est un mensonge.

-La propriété acquise par le travail, par l'effort individuel, e t respectable et sacrée. Elle est le bien suprême de l’homme, Bien loin de la vouloir détruire, les socialistes veulent, par le retour à la nation des monopoles monstrueux que détient la haute finance, la rendre accessible à tous ceux que l’état économique actuel prive de ressources et par conséquent dô sécurité. Ils veulent, en attendant le terme de cette évolution, la défendre, telle qu’elle est, aux mains de ceux qui Pont gagnée, aux mains du paysan, aux mains du pe-it commerçant, Ce n'est pas p^r les socialistes que le petit commerce est menacé et exproprié, c'est par le haut commerce dont les spéculations et les accaparements sèment partout des ruines, On dit que les socialistes veulent détruire la patrie*

C’est un mensonge*

Je Yeux, les socialistes veulent, la paix entre l s ho ornes, !a paix entre les peuples. A une époque où toutes les nations se pénètre nt, Victimes de -.^organisation internationale de la haute finance et h haute industrie, ils lui opposent l'organisation internationale des travailleurs, instrument de paix entre les Érats* Mais ils aiment la patrie, notre mère commune* Si la patrie n a pas encore distribué la justice égale à tous ses enfants, c’est s r a patrie qu ils comptent pour réaliser cette justice. Il faut donc que ce Eté pairie vive. Et si l’effroi a bk calamité d’une guef re survenait, les socialiste.*, comme tous les autres citoyens, défendraient, sans discuter l’origine du conflit, la France, et avec elle l’héritage de liber te et d’égalité que la Révolu tien nous a transmis.

Préparer 1 évolution pacifique vers la propriété sociale dans une patrie aimée et défendue par tous ses enfants* — - Y* ilà notre idéal*

Cependant, citoyen, ce n’est pas seulement pour un idéal que vous votez, — c’est pour un plan dè réformes urgentes, mûres, que la prochaine législature pourra faire aboutir* A ces réformes, il faut l’effort commun de tous U s républicaine, etc’esi à loue les républicains qi e je m’adresse pour les faire trio nph r*

Par lie politique»

Réforme du Code civil dans le sens de l’égalité sociale, — du Code de procédure civile dans le sens de Ja gratuité et de la simplification, — du Code pénal dans le sens de la justice et de la pitié sociales, — du Code militaire dans le sens de la suppression en temps de paix des conseils de guerre*

Révision du Code de commerce et suppression des sanctions qui atteigne t le faîî i dans sa qualité de citoyen.

Réforme judiciaire, — le jury com ctionnel*

Abrogation de la loi sur les candi J attires muîtip-es.

Rétablissement du scrutin de liste avec la représentation proportionnelle;

Abrogation de la lui Fa lloux.

Révision de la Constitution.

Paris dans le droit commun*

Parti e éco n 9 m ique *

Transformation en services publics, — par le rachat, — des moyens de transport, de crédit, des monopoles actuellement détenus par le haut commerce et la haute industrie, des assurances*

Défense de la liberté nationale contre les trusts et associations de ( api aux. Reconnaissance du droit syndical k tous les salariés et emp’oycs sans distinction*

Caisse de retraites pour les travailleurs*

Réduction, en principe, de la journée de travail à huit heures. Minimum de salaire,

établi régionalement par les syndicat j ouvriers et patronaux. , .

Repos hebdomadaire à des jours différents pour tous les salariés et employés, impôt progressif sur le revenu pour arriver au dégrèvement des impôts qui frappent

1C ^EYattendTnTrevTsï Tde la loi des patentes dans un sens favorable au petit commerce. Application du décret de 18!|8 sur le marchandage.

Assurance contre tous ks risques des maladies et des chômages. .

Révision de la loi 4e 1867 sur les sociétés, pour arriver à créer des actions-travail qui permettent aux salariés de participer aux bénéfices et d’être représentés dans les conseils d'administration el les assemblées d’actionnaires.

Citoyen,

Ces réformes urgentes, que la volonté des hommes peut faire bientôt surgir, quel que soit leur idéal , les répub] cains et les socialistes ne peuvent pas s y opposer.

1 * vous dum iï!1& Ig droit d’aller l^s défendra p .

Vous assurerez, eu me confiant ce mandat, le triomphe de la democraue, auss. ennemie des violences démagogiques que du conservatisme aveugle ^ égoïste.

Vous as mrerez le triomphe de la paix sociale, non par des .usils, des juges, d g ôiiers, — mais par le progrès pacifique et êteruel.

Ronn VIVIAN!.

Avocat à la Cour d’appel Ancien député du Ve arrondissement, Candidat de la concentration républicaine.

2° Circonscription du V' arrondissement de Pans M. DESPLÀS.

Elu au 1“ tour de scrutin. — 5.915 voix.

CONSENTRATION RÉPUBLICAINE.

Citoyrns,

Choisi comme candidat de concentration par k-sc unités républicains radiMOcialistea de la circonscription, je viens vous demander de ratifier c; choix par vos suflrages, au

SCrU U mandat ‘de député comportait autrefois an vaste programme, «prirnDt les vœux et asoirations du pays. I! n’a plus à être reproduit, non pas parce que le parti républicain ab n lonnè, comme le prétendent mensongèrement ses adversaires mua ^parce qu il>, pour notable partie, réalisé, malgré les obstacles que lui ont opposés ceux qui repio

IM" pour ne pas reconnaître

ce que les représentants du parti républicain, oubliant leurs préfére^es ^rson^les ^ des solutions immédiatement acceptables par tous, ont fait pour satisfaire le pays et

assurer un meilleur sort au plus grand nombre. Les libertés politiques définitivement conquises; l'œuvre de laïcité accomplie; Renseignement populaire largement répandu; le service militaire diminué, joi ut à une sollicitude toujours plus grande pour la condition du soldat ; la liberté de conscience assurée p:ir le renoncement de TÉtat a se mêler des choses du culte et la faculté laissée aux citoyens « de croire ce qu’ils veulent et de pratiquer ce qu’ils croient »; la sollicitude des pouvoirs publics étendue sur les enfants ; n nourrice, assistés et moralement abandonnés; l'obligation de l'assistance aux vieillards; les droits des travailleurs n connus et respectée garanties données aux ouvriers contre les risques industriels, le principe de la retraite pour les travailleurs affirmé; enfin T ia paix assurée et affermie par une politique loyale et conciliante, en même temps que ferme, qui, en recherchant l’estime des nations voisines, a mérité leur amitié*

Telle est l’œuvre du parti républicain depuis vingt ans.

Cette œuvre, qui constitue un progrès considérable, est encore insuffisante. 11 faut l’élargir, la compléter. C’est la tâche qui incombe aux députés de demain.

11 est tout un ensemble de réformes à accomplir. Elles ont été précisées dans le programme adopté par la fédération des Comités radicaux et radicaux-sorialîstes de la Seine, et se caractérisent par rattac hement au vieux programme politique républicain et par ia résolution énergique de poursuivre les réalisations démocratiques.

^ Ce programme est le mien.

Dans l'ordre politique, il se prononce pour la révision démocratique de la Constitution, avec la résolution de faire prévaloir, en matière budgétaire notamment la souveraineté du suffrage universel*

Il veut la suprématie absolue du pouvoir civil et il entend réaliser, par la laïcisation intégrale, dans tous les services de l'État, des départements et des communes, cette formule libérale et décisive ; les églises libres dans l’État Lïqtie souverain*

Dans l’ordre fiscal et économique, il déclare qu'une réforme profonde de l’impôt est nécessaire, frappant de façon progressive le luxe et le superflu, et dégrevant le travail sous toutes ses formes, à la boutique, à l’usine et aux champs* — Révision de la loi encore injuste des patentes. Limitation au 46 degré dePhéritage en ligne collatérale, avec maintient de la liberté de tester*

Dans Tordre judiciaire, il réclame la justice gratuite, égale et commune pour tous. Le vieux système judiciaire doit être réformé, les frais judiciaires réduits, le code civil mis d’accord avec nos besoins et nos mœurs, et le code militaire révisé dans le sens d’une atténuation de peines que ne nécessite plus l’éducation du soldat et qui seront appliquées par une magistrature ayant compétence et impartialité.

— Extension de la juridiction des prud'hommes.

Dans l’ordre social, ce programme dit que la propriété individuelle, étant l’expression et la garantie de la liberté humaine, doit être respectée, mais, qu’en revanche, les monopoles particuliers doivent revenir à la nation et constituer le domaine industriel de l’État, domaine exploité désormais, non plus au profit de quelques-uns, mais au profit de tous.

Il reconnaît à l’État le droit d’i utervenir dans les rapports du capital et du travail, soit pour rétablir l’équilibre des forces so haies inégales, soit pour diminuer les conflits et les résoudre juridiquement (Développement de l’arbitrage. Fusion de la loi de 1884 sur les syndicats et de la loi de 1901 sur les associations).

Pour compléter l’œuvre de la mutualité, ce programme accepte toutes les réformes de nature à assurer le loisir et le bien-être des employés et ouvriers (Habitations à bon marché. — Repos hebdomadaire. — limitation des heures de travail en tenant compte de la nature des industries et de la concurrence étrangère), leur indépendance 'conomique (Association et participation aux bénéfices), et à les prémunir contre les risques naturels ou sociaux (maladie, vieillesse, accidents du travail, chômage)*

Dans l’ordre de la politique extérieure, il affirme l'idée de patrie et veut la France assez forte, et par là môme assez respectée, pour quelle puisse vouloir passionnément la puix sans jamais être obligée de U subir,.

Pour Paris et le département de la Seine. — Je serai le défenseur des intérêts parisiens et particulièrement des finances de la ville de Paris, avec lesquelles le Parlement prend vrai' tient trop de libertés.

D'une manière générale, j’accepte le programme des Chambres syndicales du commerce et de l’industrie,

La ville de Paris, maîtresse de sou budget et de ses services dans les limites compatibles avec Trinité nationale. — Révision de la loi de 18J|9 sur l'assistance publique.— Augmentation notable de la part de Paris dans le prélèvement sur le pari mutuel. — Déclaration d'utilité publique de Paris port de mer.

Citoyens,

Voila les réformes essentielle' sur lesquelles le parti républicain entend exercer sou action politique et législative.

Leur réalisation soulève un grave problème financier qui mettra les questions budgétaires au premier rang des préoccupations de la prochaine ass mblée. Il ne faudra pas perdre de vue, en effet, le lien étroit qui existe entre les dépenses et l'impôt, entre l'impôt et le développem ni économique du pays.

(Test à Taccoinplissemcnt de ces réformes que je consacrerai mes études et mes efforts, si vous m'honorez de vos suffrages,

J*bi la co ivictîon que la majorité d'entre vous partage ces sentiments et qn’ea co nmuniou d'idées avec moi, elle affirmera, le 6 mai prochain, sa volonté de voir la République poursuivre sa politique de rayonnement pacifique au dehors, et, au dedans, son œuvre de progrès, de justice et de solidarité.

Vive la République l

Georges DESPLAS,

Candi iat de la concentration républicaine.

Circonscription du VP arrondissement de PARIS.

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