L. PRACHE
Docteur endroit, avocat à la Cour d’a. pef, Député sortant.
Loi de deux ans.
Mes chers Concitoyens,
Mes adversaires me font grief de n’avoir pas voté ta nouvelle loi militaire du 21 mars 1905.
Je tiens à m’en expliquer,
Quoi eng grment avais-je pris, à ce sujet, vis-à-vis de vousî
11 figure dans mon programme de 1902. Je h re produis textuellement :
« Quant à l’élude des lois militaires, je l’abord, rai avec ie vif désir d’alléger les charges que le service obligatoire impose, mais en m’inspirant de l’avis de c eux auxquels incombe plut particulièrement la responsabilité de la défense nationale. »
La loi a été soumise deux fois à l’examen de la Chambre.
Lors dé la première discussion, en 1901, j’ai voté l’article 32 qui réduit à deux ans la durée du service militaire, montrant par là que je n’étais pas hostile aux principes de la loi.
Je u’aî pu vot r l’tnsemble, ni en 1904, ni en 1905, parce que le Ministre de la Guerre s’est refusé à nous donner l’avis du Conseil supérieur de la guerre. Et il n’a pas voulu réunir ce Conseil, ni le consulter, parce qu’il savait que le généralissime et les inspecteurs généraux, commandants d’armée, notamment le général de Négrier, cummandant des armées de l’Est, estimaient qu’une loi sur 1er crut, ment devait être précédée du vote d’une loi sur les rengagements et les cadres.
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Le vice de la loi de deux an*, telle qu’elle a été votée, esi l’affaiblissement des troupes de couverture et de cavalerie, l’appauvrissement des unités*
Le remède consiste à renforcer le noyau permanent des unités, décadrés très solides, composé^ de sous-officiers, de caporaux et d’une quantité suffisante de soldats rengagés.
À cette condition, 1a sécurité do la frontière de l’Est est garjmie ; on peut aussi espérer avoir des effectifs suffisants et ne pas réduire les unités à l’état de squelettes,
A cette condition seule, l’on est assuré que les unités rempliront, leur mission, qui est de constituer des écoles d’instruction en temps de paix et des cadres aux réservistes en cas de guerre,
Pourquoi n’a-t-oo pas fait précéder la loi sur le recruteme t d’une loi sur les cadres et les réengagements ?
Parce que, pour avoir des rengagements, il faut accorder aux rengagés des primes et des soldes suffisantes, en même temps que leur garantir, pour l’avenir, des pensions et l’attribution d’emplois dans ses services publics.
On a ré duit à deux ans le service militaire, mais on n’a pas voulu laisser voir, avant les élections, que ceîte réduction entraînerait une dépense le 40 à 50 millions nécessaires pour payer les hautes payes, les primes de rengagement et les pensions.
Pourra-t-on s’assurer des rengagements en nombre suffisant? Là est la question et peut-être le danger*
Mes adversaires me disent que j’ai voté contre la loi on compagnie de 42 ou 45 réactionnaires irréductibles.
A qui fera-t-on croire que MM. Krantz, Lannes de MontebeUo, d’Alsace, Jules Roche, Raibertî, le lieutenant-colonel Roussel, M, Spronck, Cayaign ic et d’autres encore sont des rèactîom aires?
Voici en quels termes M. Kranîz s’est justifié de foïi vote devant ses électeurs, dans une réunion le la fédération républicaine, à Fougerolles, le 14 mai 1905 :
« H doit y avoir dans Paffi Jie une attaque contre moi à raison de mon refus de voter la loi ngjitairé de deux ans. J’en revendiqué hautement la responsabilité. — Sous S’Empire, le Corps législatif avait repoussé le projet du maréchal Niel, —Ch st un sentiment analogue qui a f it voter celle îoi à un Parlement que deux ministères ont trompé* J’ai eu l’honneur d’être Mi htre de la Guerre et je représente le département frontière* Je sais quels sont les devoirs qui peuvent incomber demain et je me serais considéré comme un criminel si j’avais voté une loi qui peut compromettre la sécurité de notre pays* * {La Dépêche de Franche-Comté, nn du 16 mai 1905.)
De son côté, M* de Montebello s’explique ainsi dans sa circulaire aux électeurs de la première circonscription de Reims :
« Je n’ai pas voté le service de d ux ans, — et je revendique hautement la responsabilité de cette attitude, — parce que je voulais donner pour préface indispensable à cette réforme une loi sur Rengagement et le réengagement des sous- officiers et soldats, parce que je voulais que, préalablement au service de deux ans, l’on,organisat des cadres nécessaires pour que la nouvelle armée fût bien une armée et non pas « un troupeau »*
Vous ne nu n voudrez pas, j’en suis sûr, de m’étre inspiré de Ravis d’un ancien Ministre de la Guerre et d’anciens officiers, mes amis politiques, qui sont restés en rapport avec les chefs de l'armée; j’ai suivi leur exemple ; j’ai tenu ma parole vis-à-vis de vous. A un intérêt électoral, j’ai p éféré l'intérêt de la défense nationale* J’aitends sans crainte vo^re jigement
L* PRACHE,
1" Circonscription du VIP arrondissement de PARIS M. LEROLLE.
Élu au 1er tour de scrutin. — 6.101 voix.
Mes chers Coucitoye if,
Convaincu d’avoir fait tout m n devoir, je viens vous demander de me maintenir au poste Je combat où voire confiance m’a p'acé pour la défense de vos droits et de vos intérêts, pour le service de la patrie.
Vous avez vu l’œuvre ou bloc : l'armée en proie à la dèlaiion, notre France soumise à 1 espionnage des délégués, le gouvernement des loges substitué au libre gouvernement du pays, la fermelure de milliers dé col s libres préparant le monopole de l’enseignement les entreprises sectaires aboutissant à la loi hypocrite de séparation, le gaspillage des finances la guerte religieuse ei la guerre sociale
En voilà assez !
Finissons-en avec la mesquine tyr mnie d’uu p irti qui a partout créé l’auarcht et nous livre au collectivisme destructeur.
Demain il nous faudra réparer le mal qui a été fait :
Assurer la défense de nos frondé es, en rendant à l’armêa et à la marine toute leur force morale et matérielle, en arrêtant la propagande odieuse de l’a ntipa triolisme.
R tablir l’ordre financier p tr l’économie, pir la simplification du rouage administratif et favoriser, dans la sécurité qui leur est nécessaire et dans l’équitable répartition d s charges, le développement de notre comm rce et de notie industrie.
Garantir la paix sociale en rest <uram les vrai.; principes sociaux, en opposaut aux utopies décevantes les réformes possibles, an aidant aux œuvres de la mutualité, eu pénétrant nos loi^ et nos mœurs toujours de plus de justice et de plus de fraternité.
Ramener la paix religieuse, en revendiquant contre les lois sectaires la liberté d'association et la liberté d’enseignement ; en renouant, pour le règlement des affaire religieuses en France, et pour notre protectorat à l’étranger, nos relations officielles avec le°Saint- Si'g
Vous savez mes votes, mes discours à la Chambre et dans le pays. Vos nombreuses marques de sympathie m’ont largement récompensé de mes eflbris; elles me sont une nouvelle force pour l’avenir.
Affirmez doue, par votre vote, qu’à l’heure grave où nous sommes, nous restons plus que jamais unis dans l’amour de la patrie, dans la fidélité à no; traditions d'honneur, pour assurer ensemble, avec tous nos intérêts légitimes, le respect de nos libertés et de nos croyances.
Paul LEROLLE,
Député sortant.
2e -OirconsQriptiûïi du VII0 arrondissement de PARIS. IL Maurice SPRÜN.CK.
Élu au 1er tour de scrutin, — 4,415 yoix.
Mes ch prs Concitoyens,
Le 13 m i 1900, par 3.541 voix, vous me faisiez limon u* de me choisir comme votre conseiller municipal. Deux an; après, le 27 avril 1902,, far 4.380 voix, vous me no.omiez votre député.
Fort de la confiance gramüSîànte que vous m’a ez topj ours témoigné ^ je me présente aujourd'hui de nouveau à vos suffrages.
Depuis six an?, nous menons ensemble le combat couine l'o Meuse o igarchie qui s'est emparée de la France, qui l'asservi), qui Fexptoilr, qui la déshonore.
C'est contre cette oligarchie, — qui s'intitule impudemment républicaine, mais qui ment à toutes les tr dirions do la République, — que je vous convie, mes chers coacitOjehs, à protester sur mon nom.
Dans tout fe pays, le Gouvernement, avec terreur, commence à voir se soulever la colère des hommes libres.
il s'agit de savoir si vous, électeurs parisiens, VvUS prendrez part à cette révolte de la conscience nationale.
Jamais situation politique ne fut plus net e et plus simple.
Il s’agit de savoir si vous ôtes :
Pour la patrie contre les internationalistes,
Pour le respect des libertés religieuses eontoe les attentats d s sectaires fran.sm-içona,
Pour P union féconde de tu us les Français contre les profiteurs des guerres civiles,
Pour ie drapeau tricolore contre tes haillons rougis ou noirs de lanarchie,
Pour la Marseillaise contre la Carmagnole ou l'Iniernarionale,
Pour la souveraineté du peuple contre la tyrannie du bloc,
Pour la démocratie républicaine contre la honteuse démagogie des Combes* des Pelletait , des Hervé ou des Clpmencem,
Pour les honnêtes gens contre les mouchards.
Depuis six ans, les criminels oi les tous qui nous gouvernent se sont acharnés à détruire noire industrie et noire commerce, à épuiser nos finances, à désorganiser notre armée et notre na rine, à avilir notre magistrature, à exaspérer les discordes religieuses, à violer le droit de propriété individuelle.
Voulez-vous que les attentats cmtïnuent, qu'ils s'aggravent encore ?
Voulez- vous, au contraire, avec noua :
La révision de la Constituiion de 1875, a l’abri de laquelle s'est établie une désastreuse confusion dos pouvoirs, et dont les républicains de vieille date, comme M. iules Roche, proclament aujourd'hui k faillite ;
Une politique de rigoureuses économ es, de manière à rétablir l'équilibre de nos budgets et à éviter la banqueroute menaçante ;
Le respect Intégral et absolu, — dans les lois et dans les actes de l'autorité administrative, — de la liberté de conscience, de la liberté de renseignement, outragées par le cléricalisme maçonnique ;
La nécessaire réorganisation de l’armée et de la manne, et la cessation des abominables campagnes dirigées contre le drapeau et contre l’idée de patrie ;
La réinstallation de nos agents diplomatiques près du Vatican, qui permettront à la France d’assurer avec digniié, — ainsi que tons les autres pays de l’Europe, — la paix religieuse entre nos nationaux et les garanties indispensables à nos protégés étrangers ;
L’amélioration économique et sociale du sort des travailleurs, — non par de’ vaines promesses ou par de dangereux et trompeurs projets législatifs, — mais pratiquement, par l’extension de la personnalité civile des syndicats professionnels et le développement des associations mutualistes?
C’est là le programme que, en 1902, je soumettais à votre approbation,
C’est celui que vous avez approuvé.
C’est celui que j’ai rigoureusement suivi.
A vous de dire si vous l’approuvez toujours, et si vous voulez, une fois de plus, faire triompher dans notre arrondissement la République véritable, probe, libérale et patriote 1
Vive Paris ! Vive la France 1 Vive la République I
Maurice SPRONCK,
Député sortant.
1" Circonscription du VIII * arrondissement de PARIS. M. Denys COCHIM.
Élu au lar tour de scrutin, — 7 .058 voix.
Messieurs les Électeurs,
Pour la quatrième fois, je viens vous demander vos suffrages.
Je le fais avec confiance. — - J'ai travaillé beaucoup, pendant ces douze années, pour défendre de mon mieux vos idées et vos intérêts.
Les majorités toujours croissantes que yous m’avez accordées m’ont permis de croire que vous étiez satisfaits de mes eûorts ; et ce témoignage est l'honneur de ma vie*
Pendant cette dernière législature, j’ai combattu sans relâche le Gouvernement de M. Combes et ce qu'on a appelé le Bloc.
Le Bloc, c’est la tyrannie, pendant qu'il pèse sur Je pays, et c’est, à brève échéance, le désordre et l'émeute, C’était hier la délation dans l'armée, la destruction de l'enseignement libre, la guerre religieuse follement déchaînée, les charges fiscales toujours augmentées, les conditions de la vie de plus en pins dures pour la petite industrie et le petit commerce, les promesses prodiguées aux classes laborieuses, mais sans résultats utiles, car tout est à refaire et à recommencer dans l'étude des retraites ouvrières. Enfin, l’abandon des devoirs de l'État. L'État, gouverné par le Bloc, a été intraitable devant les cornettes de religieuses, mais toujours prêt à capituler devant l'indiscipline des arsenaux, devant l’entêtement des bouilleurs décru, devant l'envahissement des syndicats de fonctionnaires, devant les sommations venues des loges maçon îqu es*
Voilà ce que le Bloc nous a apporté hier.
Et aujourd'hui, on parle de barricades,
C’est un Ministre qui en parle ; et qui annonce à l’émeute que, pour cette fois et un peu tartfi il a passé de l’autre côté de !a barricade!
Ne comptez pas sur les poliûques de cette école pour sauver la société.
Comptez sur vous-mêmes, patriotes et hommes de bon sens, et que vos votes fassent connaître votre volonté,
Vous voulez que la République soit libérale, et vous avez condamné, sous le Bloc, la tyrannie et la délation.
Vous ne voulez aucunement, comme on nous en accuse, que l’Etat soit asservi à l’Eglise; mais vous ne voulez pas non plus qu’il en soit l’ennemi1, vous avez réprouvé la rupture'du Concordat, inique et odieuse dans les procédés, désastreuse dans les conséquences, .
Vous êtes résolus à améliorer sans cesse par la mutualité, par les retraites, par 1 assistance en cas d’accident on de maladie, par l’aide donnée aux familles nombreuses, par l’instruction largement répandue, le sort de la classe ouvrière. — Mais vous savez bien qu’on ne sert pas les ouvriers en menaçant la propriété et en ruinant l’industrie nationale. Ces procédés-là appauvrissent tout le monde à la fois. II faut que la propriété se transforme, a dît le socialisme. — Qu’entend-on par là ?
La propriété ne se transforme pas, elle se supprime, — elle est ou elle n’est pas; voilà la vérité.
Partisans de la liberté et de la propriété individuelles, vous n’attendez rien de bon de l’usurpation du tontes les industries par l’État collectiviste, ni de la métamorphose de tous les citoyens indépendants en fonctionnaires syndiqués.
Enfin, vous aimez la paix: qui ne l’aime pas? Mais votre esprit pacifique n’est pas né d’une haine mal dissimulée contre les vertus militaires. Vous êtes patriotes; ennemis par conséquent de cette politique socialiste qui s’est montrée (j’avais le droit de le dire un jour à la tribune) anglaise à Fachoda et allemande au Maroc, et qui, sous prétexte d’humanité, est toujours prête à abandonner le droit de la France. Vous voulez la paix, noire dignité sauve et nos droits respectés.
Si j’ai bien compris vos sentiments et vos idées, comptez encore sur mon dévouement, messieurs les électeurs, pour continuer à les défendre fidèlement devant la Chambre.
Dcnys COGHIN.
2" Circonscription du VIII* arrondissement de PARIS
M. MAURÏCE-BWDER.
Élu au lsr tour de scrutin. — 3.810 voix.
Mes chers Conoiloyens,
Si les élections prochaines ne devaient servir qu’à affirmer une fois de plus nos liens d’estime et de mutuelle affection, à coup sûr, devant votre inlassable fidélité à porter depuis trente-cinq ans, sans un jour de défaillance, vos suffrages sur le nom de mon père, puis sur le mien, j’aurais pu me dispenser de vous adresser aujourd’hui une nouvelle profession de foi*
Mais, messieurs, si flatteuse que demeure pour moi la perspective d’être appelé une
huitième fois à représenter un corps électoral tel que le vôtre, j'estime que, dans les graves circonstances actuelles, le scrutin du 6 mai ne saurait avoir de portée et de répercussion fécondes que s’il revêt avant tout le caractère de votre éclatante réprobation pour cette politique de tyrannie biocarde et maçonnique au nom de laquelle nous avons vu la patrie et l’armée chaque jour vilipendées et bafouées, nos officiers et nos soldais traqués et exposés à d’hmominieuses délations, l’indiscipline et la désertion prônées à nos conscrits et enfin sousle couvert de laquelle de haineux et malfaisants politiciens ont pu engager la plus infâme campagne contre nos traditions séculaires de liberté et de croyances religieuses.
Cette politique d’infamies qui, avec l’augmentation chaque jour croissante de nos impôts, — le déficit do nos budgets, -- la trahison des intérêts des petits commerçants et des véritables travailleurs, — l’asservissement de 1a magistrature, — constitue l’unique et lamentable bilan d’une législature qui s’effondre dans la boue et sous le mépris universel, à n’en pas douter, messieurs, voua aurez à cœur de la flétrir avec la dernière énergie, et voire solennel verdict dira ainsi que, contre le bloc des francs-maçons, des sectaires et des mouchards se dres te enfin, compact et résolu, le bloc des honnêtes gens, cest-à-dire 1 armée de tous ces vrais Français qui n’ont de plus noble préoccupation que de contribuer, sous un régime de tolérance, de liberté et de respect de leurs convictions, au relèvement
de la France et à la prospérité nationale.
Dans ce pays où, grâce aux plus criminelles excitations, l’anarchie est partout déchaînée, c’est seulement par F union et l’esprit de sacrifice que les bons citoyens remporteront la victoire comme c’ust seulement, messieurs, en nous rapprochant de plus en plus de ceux qui souffrent et qui peinent pour leur apporter un peu plus de bonheur, de bien-être et de justice sociale, que nous mettrons en déroute ces sinistres charlatans, professionnels de l’émeute et de la guerre civile, qui, après s’être servis des ouvriers pour se hisser au pouvoir n’ont rien de plus pressé, une fois leurs poches bien garnies, que d’abandonner a la pire des misères uu aux plus douloureux chômages ceux qui se sont laissés bercer par leurs utopies et leurs mensongères chansons.
Ici du moins, messieurs et chers concitoyens, comme par le passé, vous saurez payer d’exemple, et, dans ce 8U arrondissement, fidèles au drapeau d’honneur et de patriotisme dont, depuis vingt -deux ans, vous m’avez confié la garde, tous en masse et sans abstentions, le 6 mai prochain, vous irez à la bataille pour assurer à la Côte de Paris et au cri de : « Vive la France I, » la sécurité de demain, la sauvegarde de la liberté et le salut de notre pairie faieu-aimée.
* MAUElCE-BlNDÉfL
irfl Circonscription du IXe arrondissement de PARIS
* M, Georges BEHRY,
Élu au 1er tour de scrutin. — 5.367 >oix-
Mes chers concitoyens,
Voici treize ans que j’ni l’honneur d’être *otre représentant à la Chambre des Députés, après être resté dix ans conseiller municipal du quai lier de la Chaussée-d’Antm.
Ayant conscience d’avoir rempli fidèlement les mandats successifs qm m ont été confiés, je me représente, de nouveau, à vos suffrages.
Vous n’attendez pas de moi n’est-ce pas, une longue profession de foi?
Je suis, aujourd’hui comme hier, un républicain aimant avec passion la liberté et la patrie, et abhorrant les sectaires qui, en érigeant la délation en principe de gouvernement, ont compromis la défense nationale et déchaîné la guerre civile, en France.
D’ailleurs les assauts réitérés que j'ai livrés au ministère Combes vous en disent plus, à ce sujet, que ne pourrait le faire une profession de foi.
Mais là ne s’arrête pas mon œuvre.
J ai compris que je n avais pas le droit de me cantonner exclusivement dans la politique et que je devais apporter ma participation aux réformes réclamées par le pays.
C’est ain^i que j’ai obtenu ia loi des patentes qui améliore le sort des commerçants de détail, et que, comme rapporteur général du budget du commerce, j’ai aidé au développement de notre enseignement commercial et de nos exportations à l’étranger.
J’ajoute que la première proposition déposée, dans cette législature, en faveur du timbre à deux sous, émane de votre député, qui n’a cessé la lutte qu’aprôs victoire complète.
rlout le monde a suivi ma campagne en faveur de l’amnistie des faillis, ces parias plus malheureux que coupables, amnistie que j’ai fait voter, à trois reprises, par la Chambre, et dont le Sénat est une nouvelle fois saisi.
Les employés de commerce se souviennent que, sur leur demande et la mienne, le Parlement a retardé d’un jour le payement des billets dont l’échéance tombe le lendemain d une füte légale coïncidant avec un dimanche, de façon à leur conserver le coagé auxquels ils ont droit.
Enfin les anciens militaires savent ce que j’ai tenté, avec succès, pour eux, et les consommateurs de gaz n’ont pas oublié quels efforts j’ai déployés afin d'éviter la régie à la ville de Paris.
Je ne veux pas allonger une énumération, inutile d’ailleurs, car les électeurs de cet arrondissement suivent de trop près les journaux pour ignorer mes interventions.
Si vous me confiez un nouveau mandat, je continuerai à défendre, avec toute mon énergie et 1 autorité que j’aî acquise, les intérêts du commerce et de l’industrie qui me sont particulièrement chers, et ceux de la démocratie auxquels j’ai été plus utile que les fomente urs de grèves et les faux amis du peuple, qui se servent de îuï, mais ne le servent pas.
U appartient aussi à vos élus d'arfèter le budget sur la pente fatale où il est engagé, s ils veulent soustraire le pays à une faillite générale. Je m’emploierai énergiquement à cette tache.
Mes chers Concitoyens,
L6s grandes majorités avec lesquelles vous m’avez toujours élu m’ont puissamment soutenu dans mes travaux parlementaires : groupez-vous plus nombreux que jamais autour de moi, le 6 mai prochain, afin de me donner encore plus de force pour me permettre de contribuer efficacement à assurer, en même temps que le triomphe de vos revendications, la paix intérieure dans ce pays, et le respect de la France à l’étranger.
Vive la Frdnce ! Vive la République !
Georges BERRY,
Député sortant,
Républicain indépendant.
2° Circonscription du IXe arrondissement de PARIS
M. Georges BERGER.
Elu au ltr tour do scrutin. — 8.067 voix.
La majorité des électeurs de la 2' circonscription du IX* arronr lisse ment de Paris m’a fait la faveur d approuver mon programme de candidat républicain, libéral et indépendant en 1880, 1893, 1898 et 1902. 1 ’
J’ai toujours été fidèle à mes engagements. C’est de cette façon que j’ai répondu à la confiance dont le corps électoral n’a pas cessé de m’honorer.
■ Je rae suis tenu 'constamment à la disposition de mes concitoyens sans me préoccuper de savoir s ils étaient partisans ou non de ma politique. Je ne les ai importunés ni par d obsédantes visites, ni par des promesses banales.
Mes votes ont été inspirés par un souci constant des intérêts vitaux du pays et du
respect de nos libertés essentielles soumises au droit commun. Je n’ai cessé de défendre ces libertés.
Je réprouve le sectarisme; Ta franc- maçonnerie, qui en est l’émanation, accomplit dans I ombre une œuvre que je considère comme néfaste. Elle a abandonné les voies de la fraternité humaine pour célébrer, fans ses loges, le culte de tous les égoïsmes. Comment ne point rappeler, à ce propos, que c’est au Grand-Orient qu’a été conçu et mis en pratique l odieux système de délation que rien ne saurait justifier ni même faire excuser?
Je ne saurais admettre le socialisme d’État. Celui-ci fait obstacle aux initiatives fécondes ,eS ‘T1'31! , rs de r°ut!l et de ia Pensée, qu’anime l'amour-propre de puiser leur énergie ans eur in dépendance. D'ailleurs, je connais les inconvénients et les périls de l’extension dans le domarne économique, des attributions des pouvoirs publics. L’État ne représenté que le pouvoir exécutif: soldat pour la défense nationale; - policier pour le maintien de iordie ; — juge pour l’application des lois.
Je répudie le socialisme collectiviste, qui tend à annihiler les attitudes et les efforts
diversifies de l’individu. M, Léon Bourgeois a dénoncé dans le socialisme collectiviste une conception irréalisable.
Je condamne les sectes internationalistes et antimilitaristes qui, traînant le drapeau ICO ore dans la boue, s associent en une négation monstrueuse de la patrie.
J ai cru devoir vous faire cet exposé succinct, avant de déclarer que :
Je briguerai pour la cinquième fois, lors des prochaines élections législatives, le mandat de député de la 2e circonscription du IX0 arrondissement de Paris.
J’aurais failli à l’accomplissement d’un devoir si, de mon plein gré, j’avais songé à deserter 1 arène parlementaire avant que le dernier mot n’eût été dit au sujet de questions d une gravité exceptionnelle, à l’étude et à la discussion desquelles j’ai pris part Je place aux premiers rangs de ces questions l’application de la loi votée de la séparation des Eglises et de I Etat, et le projet de loi des retraites ouvrières qui ne pourra être solutionnée ueiinitivement qu?au cours de la prochaine législature.
La séparation des Églises et de l'Êtat. — Un ancien séminariste, que les écarts du suffrage universel ont conduit successivement à devenir un personnage politique, puis un ministre, et ensuite un simulacre d’homme d’État placé à la tête du Cabinet qui succéda a celui de Waldeck- Rousseau, a été le fléau de l'a France.
M. Combes s’est montré pire qu’un renégat; il a eu la prétention de supprimer toute manifestation intime ou publique de l’esprit religieux, en dehors d une célébration polichèrement surveillée des cultes. Sa haine jacobine a commencé par s’attaquer aux ordres religieux les plus inoflensifs, sous prétexte de régulariser légalement leur existence, comme si l’application du droit commun ne suffisait point. 11 avait laissé supposer qu il lerait examiner à part le cas de chaque congrégation ; mais il a procédé, de complicité avec une majorité docile, à .le féroces exécutions en masse. Mon libéralisme s’est senti outragé.
M Combes a songé ensuite, après mûre préméditation, à rompre les liens séculaiies qui unissaient les Églises à l’État. 11 n’a pas daigné se rappeler qu’une telle réforme ne pouvait être abordée loyalement qu’avec le secours d’une tolérance qu’il avait aidé a détruire dans notre pays.
J’ai donc voté contre l’ensemble de la loi de la séparation des Eglises et de 1 ttal, au sein de la Commission, dont je faisais partie, et de mon banc de député.
Cette loi, si mitigée qu’elle eût été par rapport à la première élucubration du cabinet Combes, est inopportune. Elle est un tissu d’articles qui placent les religions elles cultes, plus étroitement que jamais, sous la férule d’une tyrannie d’État.
L’esprit général de cette loi, qui froisse les consciences libérales, m’a conduit à voter particulièrement contre l’article 3, concernant les inventaires. Cet article aurait pu être considéré, en temps ordinaire, comme une mesure conservatoire, si les pouvoirs publics n’avaient pas laissé se propager le bruit que le crochetage des tabernacles serait ordonné, au besoin ; s’ils s’étalent interdit, dès le début, de mettre en mouvement d’autres agents que ceux désignés par la loi ; enfin s’ils avaient pris la précaution de sonder le terrain sur lequel ils allaient précipiter leurs opérations, sans attendre que le principal règlement d’administration publique reconnu nécessaire eût été inséré au Jotirnal officiel. Plutôt que d’employer la force armée à des sièges d’églises et de provoquer ainsi l’effusion du sang, il eût été élémentairement préférable, dans le cas où le clergé et les fidèles se seraient refusés à l’ouverture des portes des sanctuaires, de dresser des procès-verbaux de carence, et de se contenter des inventaires qui sont régulièrement établis par les fabriques, d’accord avec les mairies.
Le vent de révolte qu’on avait laissé attiser longuement les colères des croyants et les défiances du inonde libéral, s’est mis à souffler en tempête, si bien qu’un grand nombre de personnes, atteintes dans leurs convictions les plus respectables, en sont venues à considérer l’article ,3 comme un décret de spoliation. Le Gouvernement portera la peine de sa faute /les élections prochaines le prouveront, et cela sera le châtiment des politiciens sans scrupule qui, pour assouvir jusqu’au bout leur passion antireligieuse, conduisent le pays et la République aux abîmes.
La loi de la séparation et la disper.-ion irraisonnée des congrégations font, dans 1 ordre économique, un tort considérable aux milliers de fabricants ei d’ouvriers que faisaient vivre et prospérer les fournitures des cultes.
Au point de vue artistique, je suis de ceux qui ressentent très vivement les coups portés à l’éloquence de la chaire; à la musique sacrée; aux arts religieux du dessin. L’irritation des artistes est aussi profonde que justifiée.
Les retraites ouvrières. — Je me suis abstenu dans le vote de l’ensemble de la loi des retraites ouvrières par la Chambre.
Je n’aurais pu voter contre, sans risquer de paraître renier mes principes de partisan convaincu de sages mesures législaiives susceptibles de concourir libéralement à préserver de la misère la fin de la vie des travailleurs.
Je n’ai pas voté pour , parce que, à mon avis, le projet de cette ioî n’a pas été présenté sous des formes acceptables par les intéressés eux-mêmes, et concordantes avec les droits et les avantages qui résultent do la léglslaEion actuelle pour les mutualistes, en lesquels je vois les représenta ni s les plus autorisés de la prévoyance dans notre pays.
Les articles de la loi que ie Sénat va discuter à son tour ont ;a prétention de contraindre Je* salariés industriels et agricoles au versement obligatoire de cotisations d nt la loi fixe la quotité*
Le principe de jj’pbligatioa a été soumis à la consultation de 032 syndicats ouvriers, bourses de travail, associations industrielles et agricoles ouvriès es/ Ce principe a été repoussé par 1.45? de ces groupes enquêtés*
Je juge inadmissible de concéder à l’État le pouvoir d’intervenir dans l’emploi du salaire du travailleur* Je repousse tout système de contrainte.
La prévoyance mérite de n’ètre eue -utagée que par des méthodes respectueuses de la liberté de chacun. Pas plus qua cette autre vertu qui s’appelle la tempérance, la prévoyance ne constitue un acte dont l'obligation stricte puisse être décrétée.
Âmes yeux, la prévoyance est essentiellement du ressort des sociétés de secours mutuels, puissamment aidées par l'Etat, pourvu que ces sociétés aient organisé un service de pensions de retraite. Il suffirait aux ouvriers de verser librement aux caisses de ce services de pensions de retraite. Ces mêmes caisses recevraient les cotisations patronales. Les montants des versements i raient majorés de 50 0/0 par l’Éta r, à condition toutefois que cette allocation officielle ne puisse dépasser, par an et par sociétaire, un quantum à déterminer*
Lavais ébauché, sur ces données, en collaboration avec deux de mes collègues de la Chambre,, un amendement que je reprendrai lorsque le projetée loi reviendra du Sénat.
C’est ainsi que les mutualistes pourront devenir légion. Il* accroîtront la force du mutualisme, la plus humaine des institutions confraternelles, en faisant étendre l’action commune jusqu’à la prévoyance*
Il convient de remarquer que le Gouvernement a déclaré qu’il lui était impossible d’indiquer et d’évaluer les voies et moyens de l’application de la loi des retraites, telle qu’e le vient d’être volée paria Chambre avec un aveuglement électoral auquel j’ai refrisé de m’associer. Afin de justifier ma conduite, je ferai observer que la loi du U juillet 1901, qui alloue aux vieillards, aux infirma et aux incurables des secours mensuels de 5 à 10 francs, aura des conséquence* financières qui sans être encore tout à fini connues, paraissent déjà redoutables* Je me demande, avec une inquiétude qu'explique mon souci de bien servir les intérêts privés des travailleurs et les intérêts généraux de la fortune publique, si la loi des retraites ouvrières, telle qu’elle a été votée par la Chambre, ne nous fera pas faire un saut terrible dans l'inconnu, à moins que le Sénat ne la modifie en se rendant compte des charges ruineuses dont cette loi menace le pays.
Mes doctrines. « — Quitte à rêpêser ce que j’ai déjà affirmé, je suis respectueux de toutes les croyances religieuses et de toutes les doctrines philosophiques, car je vois dans la liberté de conscience la plus absolue la condition première du régime républicain. Mais je réprouve l’étroit sectarisme qui prétend ériger l’incrédulité en dogme.
Je défends la liberté d’association, qui est la force des sociétés modernes, ainsi que la liberté d’acquérir et de posséder, accessible à tous*
Je suis un apôtre de la liberté de Renseignement, inséparable de celle des consciences et de celle du père, qui a le droit d’élever ses enfants suivant ses traditions de famille. Je considère l’Université comme un service public et non point comme un pouvoir public; j’accepte néanmoins un certain contrôle de sa part, mais pourvu que Lécole enseigne le dévouement à la patrie*
Je suis resté fidèle à ina profession de foi de 1902 en insistant, au cours de la présente législature, pour que les libertés fondamentales et les droits imprescriptibles des citoyens
soient très effectivement garantis et préservés des agressions arbitraires du pouvoir, comme iis doivent et peuvent l’être, dans une démocratie, par une révision des lois constitutionnelles et une refonte de la procédure criminelle.
La désorganisation de notre défense nationale, alors que toutes les autres nations faisaient les plus grands sacrifices pour augmenter leurs forces et perfectionner leurs armements, a été un crime de lôse-patrie imputable au ministre André et au ministre Pelletan. J’aiderai de toutes mes forces à ce que nos armées de terre et de mer redeviennent, sans délai puissamment outillées; quelles soient laissées silencieusement à leurs travaux; qu’intactes à tous les degrés de la hiérarchie militaire, elles demeurent inaccessibles désormais au favoritisme, à l’intrigue et à la délation.
Notre diplomatie doit être partout et toujours la diplomatie pacifique et fière d une
France pesant son poids dans le monde.
Je souhaite que les syndicats et les unions syndicales soient dotés des libertés propres à étendre leur rôle économique; qu’il soit promulgué une loi pouvant fournir un type de contrat de participation aux bénéfices ; et que, pour développer cette sorte de contrat, des avantages et des encouragements soient accordés aux particuliers, sociétés et groupements
qui l'adopteraient. .
Je sollicite que les pouvoirs publics, sans perdre de vue les intérêts généraux de notre commerce et de notre industrie, donnent un constant appui à la main-d’œuvre nationale.
Si le principe de l’impôt sur le revenu venait à être pris en considération, je demanderais que cet impôt soit établi par cédules sur les revenus, sans être global ni progressif, sans déclaration obligatoire, ni inquisition ; qu’il soit un impôt de remplacement et non de superposition, proportionnel, d’après les signes extérieurs de ta richesse, aux facultés de chacun, avec dégrèvement des petites patentes, des petites cotes foncières et des taxes
frappant les petits loyers. -a
Je dénonce au mépris des bons citoyens l’institution honteuse de délégués charges de représenter, auprès des départements ministériels et de nos grandes administrations publiques, je ne sais quelle bande noire disposant de faveurs et de fonds qui alimentent une propagande occulte à l’avantage du parti radical-socialiste. M. Rouvier a flétri, du haut de la tribune, les agissements et l’existence de cette institution, qui date du règne oppresseur de Monsieur Combes,
Quelques-uns de mes votes et quelques-unes de mes propositions. — En ne m’associant pas au vote des fonds secrets, qui a précédé de peu de jours l’avènement du nouveau Président de la République, j’ai moins prétendu faire une manifestation que voulu être logique : la transmission du pouvoir présidentiel pouvait constitutionnellement amener la formation d’un nouveau Cabinet ; j’ai tenu à savoir entre quelles mains les fonds secrets seraient rsmis.
J’ai voté la diminution des taxes sur les vélocipèdes, devenus de véritables instruments de travail .
J’ai protesté contre l’in suffisance de l’indemnité accordée aux sous-agents des Iostes et Télégraphes de Paris et de sa banlieue. ( Journal officiel, 1™ séance du 17 mars 1906).
J’ai signé l’amendement qui a été adopté pour décharger les obligataires souscripteurs de divers emprunts de Panama des droits réclamés par l’administration de l’enregistrement.
J’ai demandé, au cours de la discussion de la loi des retraites ouvrières, que les concierges et gardiens d’immeubles soient compris dans la catégorie des employés attachés à la personne, tels que les domestiques et gens de maison, qui sont classés parmi les bénéficiaires de la loi des retraites. La Chambre, loin de formuler la moindre objection, m a applaudi {Jour liai officiel, séance du 22 novembre 1905).
Je me suis associé à tous les votes en faveur du petit commerce de Pans, notamment
dans les questions de patentes. ,
J’ai voté pour l’amnistie des condamnés de la Haute-Cour et j’ai maintes fois intercède
en faveur de délinquants en matière de contributions indirectes, que j’avais reconnus être des commerçants inconscients de leurs minimes délits*
Je me suis opposé au rétablissement du privilège des bouilleurs de cru, agissant ainsi en fervent défenseur des intérêts du Trésor ainsi que de ceux des commerçants de boissons en gros et en détail* Je ne saurais admettre une violation aussi flagrante du principe de l'égalité devant l'impôt.
La situation financière. — L’État dépense trop largement l’argent des contribuables, en services parasitaires et en frais de personnel administratif encombrant eL superflu. Le manque d’économies est l’un de nos acheminements vers la ruine. En 1874, les dépenses ordinaires payées par les impôts n’atteignaient que 2 milliards 554 millions de francs. Dix ans plus tard, en 188â3 le budget des dépenses avait grossi jusqu’à 3 milliards 116 millions. Le budget des dépenses de 1905 a atteints milliards 623 millions, malgré les conversions de 1894 et de 1902, qui avaient procuré un allégement total de 10,2 millions par an, et la loi de finances de 1900 qui avait retiré du budget de la France les dépenses de l’Algérie ; soit une économie de 34 millions par an. Et puis, voici le budget de 1906, qui est augmenté de 80 raillions par rapport à celui de 1905, ce qui l’élève à 3 milliards 703 millions ; cela veut dire que l’État enlève aujourd’hui aux contribuables un million par jour de plus qu’en 1893 I Nous approchons de quatre milliards comme chiffre des dépenses publiques, en comptant celles qui sont soldées par fonds d’ emprunts. Pendant ce temps, la fortune de la nation française a diminué ; des milliards restent inactifs dans les coffres de la Banque ; et beaucoup d’industries essentielles souffrent d’une crise économique qui les condamne à un équilibre instable 1 J’en ai dit assez. Ma conclusion est que l’État et le Parlement doivent nécessairement être plus ménagers de la dime énorme qu’ils prélèvent sur les contribuables- Je m’emploierai, dans la mesure do mes moyens, à corriger cet état de choses qui, avec la diminution de la natalité et l’exode de nos capitaux, nous crée une déplorable infériorité par rapport aux grandes nations étrangères.
Je me permets de rappeler incidemment que j’ai été, pendant onze -ans, membre et vice-président de la Commission des Douanes ; que,, pendant sept années, j’ai ôté élu et réélu membre et vice-président de la Commission du Budget. Je ne saurais évaluer le nombre de rapports dont j’ai été chargé : rapport du budget des beaux-arts et de celui des affaires étrangères ; rapports concernant les tarifs douaniers ; rapports relatifs à l'approvisionnement des places fortes, lorsque je faisais partie de la Commission de l’année; rapports relatifs à beaucoup de questions parisiennes, notamment à celle des adductions d’eaux de sources. Je m’honore enün d’avoir siégé dans un grand nombre de Commissions importantes, au nombre desquelles je compte, en dernier lieu, celle de la séparation des Églises et de l’État.
Questions (Fart. — En ma qualité de président de la Société de l’Union centrale des Arts décoratifs et de président de la Socfété des Amis du Louvre que jLi créée, j’ai eu la bonne fortune de fon 1er, après quinze années d’efforts, et avec l’aide de dévoués collaborateurs, le musée des arts décoratifs, qui manquait à la France, et qui, dans son genre, est le plus beau du monde. Ce musée est une œuvre grandiose d'initiative privée. Il occupe Te pavillon de Marsan et l’aile du Louvre attenante, le long de la rue de Bivoli. Le Parlement a accordé, pour une durée de quinze années, la concession des locaux, dont les travaux d’appropriation onteouié trois millions, sans que l’État ait accordé la moindre subvention. En ajoutant à cette somme la valeur des collections, qui dépasse six millions de francs, c’est un cadeau de plus de neuf millions de francs qui est échu à la France artistique et industrielle; c’est un essor immense donné à la recherche des applications pratiques ol somptueuses de l'art à l’industrie, dans lesquelles notre pays cessera d’autant moins d’exceller. Si la confiance des électeurs de ma drconscription, parmi lesquels je compte de nombreux artistes et arti-
sans en tous genres, me renouvelle le mandat législatif, je ferai usage de ce dernier afin de parfaire ce qui a été si brillamment commencé.
Messieurs les électeurs et chers concitoyens, l’honneur et la fortune de la France sont en péril : nous tous qui souffrons moralement et matériellement d'un régime qui, négation flagrante et constante des Droits de l’Homme et du Citoyen, opprime noire patriotisme et nos aspirations libérales en ajournant l’avènement d’un état républicain capable d’imposer sa respectabilité au monde entier, unissons-nous afin d’opposer un bloc d’opposition vraiment français au bloc internationaliste, franc-maçon et sectaire qui prétend nous dominer.
Georges BERGER,
Député sortant,
Membre de PI asti tut, C&j
. - Candidat républicain, libéral et indépendant*
lr0 Circonscription du Xe arrondissement de Paris* M. GROUSSJER.
Élu au 2ü tour do scrutin* — 7.537 voix.
M. Groussier a adhéré au programme du parti socialiste (section française de Pin ternationale ouvrière).
Aucun document concernant cette élection n’est parvenu à la Commission.
2? Circonscription du Xe arrondissement de PARIS.
M.£TOURHADE.
Élu au 2° tour de scrutin* — 6.106 voix.
Chers concitoyens,
“!WV m Jfcr
i^ A vous, plus qu’à tous autres, je dois des explications sur mon origine, sur mon passé, sur mes idées, afin que vous puissiez vous faire vous-mêmes une opinion sur mon compte. ^
Je suis né le 5 novembre 1850, à Paris. Fils d’un modeste fonctionnaire, fai fait mes études aux lycées d’Orléans et de Versailles. Reçu à [Saint-Cvr, j en suis sorti comme "souslieutenant en 1870. J’ai pris part à plusieurs combats du siège de Paris, y ai été blessé le 2! octobre et proposé pour la Légion d’honneur ce jour-là. Nommé lieutenant, puis capitaine, j’ai passé les cinq dernières années cle ma vie militaire en Algérie, dans l’administration des affaires indigènes. Proposé de nouveau pour la croix, pendant l’insurrection du Sud-Oranais, je me suis marié, puis ai donné ma démission pour entrer, en 1882, dans l’industrie des transports, où je suis encore.
Pendant cinq ans consécutifs, j’ai été président de la Chambre syndicale de ma corporation, et, en 1899, j’ai été désigné comme candidat à la Chambre de commerce de Paris.
L’année suivante, les électeurs du quartier de la Porte-Saint-Denis m’envoyèrent à l’Hôtel de Ville comme Conseiller municipal.
En 1902, mon mandat municipal fut transformé en mandat législatif.
Tel est mon passé.
Depuis 1882, j’habite au milieu de vous. En outre de mes occupations commerciales, j’ai fait tous mes efforts, dans mes actes publics ou privés, pour m’inspirer toujours de l’équité, qui doit guider tout honnête homme. J’ai cherché à faire un peu de bien autour de moi, chaque fois que je l’ai pu. Ne doit-on pas, en effet, s’estimer heureux quand on a pu rendre service à son prochain 7 Être bon et juste sont les qualités que je cherche le plus à posséder.
En politique, si j’avais une maxime, elle serait : Fais ce quedois, advienne que pourra.
Profondément attaché à la forme républicaine, je souhaite pour mon pays une République moins sectaire, où la liberté ne soit pas l’apanage de quelques-uns, mais la propriété de tous. Moins d’appétits, plus de désintéressement et de probité de la part des représentants du peuple et des gouvernants,
Quant aux réformes, moins de promesses aussi; moins de haine surtout entre le capital et le travail : au lieu de séparer chaque jour davantage les patrons et les ouvriers, on doit chercher à faire comprendre aux premiers qu’ils ont des devoirs envers ceux qui les aident à édifier des fortunes, quelquefois scandaleuses, et aux seconds, qu ils ne doivent pas considérer de parti pris les patrons comme leurs ennemis de toujours, La participation aux bénéfices amènera certainement la disparition des grèves, et la maind’œuvre elle capital y trouveront leur compte. En un mot, écarter fout ce qui divise et pratiquer tout ce qui rapproche.
Sur le terrain de la défense nationale je continuerai à lutter contre les sans-patrie et les antimilitaristes, qui, en discutant et en niant chaque jour la patrie, préparent constamment l’affaiblissement de la France et par suite l'invasion.
Pespère que la prochaine législature remettra un peu d'ordre et d’économie dans nos finances, ce qui permettra de donner une forme possible aux retraites ouvrières*
Librement consenti entre employeurs et employés, le repos hebdomadaire deviendra sûrement alors une réalité*
Quant a la journée de 8 heures, c’est une chimère pour la presque totalité des professions. ïly a, il est vrai, des limites au travail, en deçà et au eïà desquelles on ne peut s’engager, sans porter atteinte, soit à la liberté du travail, soit aux forces de l’homme.
Pour l’enseignement, la liberté du père de famille doit rester entière, A. 1 école, Famour de la patrie doit être enseigné par le maître, comme le respect de la famille et la ' notion du bien, du beau et de Futile. C’est en sonnant davantage l'éducation et l’instruction de Fenfant qu’on fera plus tard de lui un bon citoyen et un véritable républicain.
Enfin, la réforme principale qui permettra toutes les autres sera la révision loyale d’une constitution qui perpétue les maux dont, souffre le pays*
Telles sont, mes chers concitoyens, les idées générales de celui qui sollicite de vous le renouvellement de son mandat
Elles peuvent se résumer en trois mots :
République, liberté, travail.
H. TQURNADE,
député sortant.
lre Circonscription du XIe arrondissement de PARIS. M. ÂLLEMÀNEi
Élu au 2° tour de scrutin. — 5.100 voix.
Aux travaille tirs de France,
Ci toyen s j
Les élections législatives vous dorment l'occasion d'affirmer, une fois de plus, avec une force accrue, votre volonté d’émancipation complète.
Cette émancipation n’est possible que par l’avènement de la propriété sociale. Tant que les moyens de production seront détenus par une classe, tant que cette classe capitaliste, maîtresse des grandes usines et des grands domaines, dominera et exploitera ie travail, il n’y aura pour vous ni liberté, ni sécurité, ni bien-être. Vous vous exténuerez pour fournir au capital ses rentes, ses loyers, ses fermages, ses dividendes, ses dîmes multipliées et accumulées. C’est votre substance qui fera la richesse de vos maîtres, c’est votre passivité qui fera leur force.
>!i n’est qu’un moyen de vous affranchir, tfest de substituer à la propriété capitaliste la propriété collective, qui, gérée par vous et pour vous, fera de vous tous, serfs modernes du salariat, des producteurs associés et libres.
Citoyens,
Cette unique solution du problème de la servitude, de la misère ouvrière et humaine, le parti socialiste est le seul qui la reconnaisse, la proclame, la poursuive avec vous et pour vous, travailleurs, ouvriers et paysans. Ou plutôt, ce parti, c’est vous-mêmes, c’est votre classe devenue consciente et passant enfin de la résignation a la revendication.
Tous les autres partis vous combattent ou rusent avec vous. Ou bien ils essayent de vous arracher les premières libertés péniblement conquises et de vous rejeter en pleine servitude et en pleines ténèbres. Ou bien ils vous endorment et vous trompent par d’illusoires programmes qui, en maintenant la propriété capitaliste, maintiennent le principe de toute" oppression et de toute exploitation. À tous ces partis, vous opposerez l’entière revendication du prolétariat, la grande idée révolutionnaire du travail souverain.
Républicains, et résolus à défendre les trop rares libertés politiques du prolétariat contre toute entreprise de réaction, vous signifierez que la République politique doit être complétée par la République économique, que la liberté du citoyen n’est assurée et pleine que là oïl est garantie la liberté du producteur, et que les ateliers où le capital tient les salariés sous sa loi communiquent à toute la eité une contagion de servitude.
Hommes de pensée libre, et résolus à émanciper les sociétés humaines de toute tutelle cléricale, les esprits de toute tyrannie dogmatique, vous rappellerez à tous que la liberté de pensée est supprimée en fait dans une société qui met la conscience des prolétaires à la merci des possédants et qui refuse aux travailleurs, ravalés à n’être que les instruments passifs de la production, l’emploi quotidien de leurs forces intellectuelles.
Hommes d’action, et résolus à arracher à l’État, par la force de votre organisation politique et syndicale, toutes les réformes qui peuvent alléger un peu vos souffrances et accroître la liberté de votre mouvement, vous direz bien haut que les réformes immédiates, — limitation à huit heures de la journée de travail; extension du droit syndical à tous les employés de l’État, du département, et de la commune; assurance sociale contre tous les
risques, du chômage à la maladie ; impôt progressif sur le revenu et les successions; retour à la nation des monopoles, dont le capital a fait ses plus hautes forteresses ; scrutin de liste avec représentation proportionnelle, — ne valent pour vous que comme moyen d’accroître votre puissance de revendication totale et d'abattre tout l’édifice du capitalisme exploiteur. Vous vous grouperez donc tous, travailleurs des usines ou des champs, en un grand parti de classe, en un parti socialiste réalisant pour tous les producteurs la propriété commune des moyens de production.
Citoyens,
Comme le socialisme seul peut fonder la justice entre les hommes, il peut seul fonder la justice et la paix entre les nations. A l’heure où les combinaisons occultes des diplomaties et les convoitises des classes possédantes multiplient les risques de conflit, vous ne vous bornerez pas à signifier à tous, gouvernants et possédants, que vous ne voulez pas de la guerre, qui no serait que la diversion criminelle des privilèges menacés et des classes aux abois, vous rendrez la guerre impossible en chassant du Gouvernement ceux-là seuls qui y ont intéi êt et en installant au pouvoir votre propre classe.
Il faut que l’internationale ouvrière agisse et se dresse pour sauvera la fois 1 indépendance des nations et la paix du monde. 11 faut qu’elle assure, dans la liberté inviolable des peuples, le libre développement du prolétariat universel. ...
Préparez-vous donc, citoyens, à conquérir, au nom du socialisme, le pouvoir politique, instrument nécessaire de l’affranchissement du travail et de l’humanité. Vous êtes, dès maintenant, assez conscients pour faire sentir votre force dans toutes les régions et pour exproprier du pouvoir la classe ennemie. Allez donc à la bataille avec vigueur, avec confiance. Les élections prochaines peuvent et doivent être pour vous, pour la République du travail, une grande victoire.
Vive la République sociale!
Vive le socialisme international 1
Pour le Conseil national ;
Les secrétaires du Conseil national ;
(Suivent les signatures,)
Les secrétages du groupe socialiste an Parlement ;
V, Dejeante, M. Devèze.
Vu, le candidat *
J. ÀLLEMÀME.
2e Circonscription du XP Arrondissement de PARIS M. Édouaru LOCK.RJV Élu au VT tour de scrutin, — 1(M>05 voix.
Citoyens,
Le Candidat que P Union républicaine socialiste de la 2“0 circonscription du Xi"10 arrondissement présente une fois de plus, et avec côtière confiance, à vos suffrages, est le citoyen Édouard Lockroy, dont jamais le moindre soupçon n’a terni la probité politique.
Quatre fois réélu, depuis 1889, par la 2m« circonscription du XPe Arrondissement, il a toujours été, au Conseil municipal comme au Parlement, un des plus ardents et des plus fidèles défenseurs delà Démocratie et de la République.
Tous les républicains qui veulent la République grande, forte et respectée ; tous ceux qui veulent la paix sociale par la Liberté, la Justice et TÉgalité devant la Loi, la protection du travail et des travailleurs, voteront pour le citoyen Edouard Lockroy.
Citoyens,
Toutes les réactions monarchiques et cléricales livrent un furieux assaut à la République; jamais elle ne fut plus en péril : A vous de la défendre, en votant tous pour le citoyen Édouard Lockroy.
Vive la République démocratique et sociale ï