CHARLES BENOIST
Député sortant.
2® Circonscription du VP arrondissement de PARIS. M. PRÀCHE.
Mes chers Concitoyens,
La législature de 1902 s’achève dans une lamentable agonie,
La coalition qui Y a dominée s’est vouée au service des passions aveugles, des préjugés de secte, des intérêts du coterie
Elle a imposé au pouvoir exécutif une humiliante tutelle.
Por son fait ou grâce à sa complaisance, nos services publics, — même Tannée et la marin q — ont été livrés à toutes les tentatives de désorganisation. Le favoritisme, la délation, l'épuration sont passés à l'état de système.
J'ai été l'adversaire résolu de cette coalition qui s'est donnée à elle-même le nom de « Bloc. r>
VA combattu la polique tracassière, brutale et pernicieuse du Broc; j'ai combattu ses lois sectaires.
Vous m'avez approuvé, j'en ai la certitude; je vous demande de me conserver votre confiance.
M’attarderai-je à une longue profession de foi ?
Vous nn connaisses; j'ai, pendant huit ans, représenté, à THôtel de Ville, les électeurs du quartier Sa'nt-Germain-des Prés ; depuis huit ans, je suis votre député.
Par mes déclarations antérieures et par les actes de ma via publique, vous savez de quels principes, de quelles idées je me suis toujours inspiré et j'eufends m'inspirer encore.
Vous savez que je suis républicain et que je Tai toujours été; que j'ai toujours été et que je suis un libéral et un progressiste.
À mes yeux, la République doit être le gouvernement du pays par lui-même, un gouvernement de paix et de liberté. Elle doit la justice à tous ; elle ne doit de faveurs à personne.
Elle a pour première obligation de garantir tous les droits reconnus à l'homme et au citoyen, par conséquent la liberté de conscience dans toutes ses manifestations. Elle a pour devoir esrentil de protéger les faibles contre les forts.
II faut en finir avec les Ministères qui se laissent diriger ei surveiller par des sectes et des coteries, qui font aux consciences une guerre systématique et abdiquent devant les intc nationalistes et les fauteurs de discordes civiles.
Il faut mettre un terme à l’arbitraire et à la tyrannie qui régnent dans noa administrations, à l’anarchie et à l’esprit de révolte qui les envahissent, aux désordres qui menacent nos finances.
Il est temps de se préoccuper de notre commerce et de notre in iustrie nationale.
A la prochaine législature s’imposera le vote des diverses lois relatives au sirt des t availlcurs, telles que la loi sur le repos hebdomadaire et une loi améliorant U étendant les juridictions professionnelles et de conciliation.
J’aborderai l’examen de toutes ces lois avec le souci de garantir à l’industrie et au travail I indépendance, la sécurité, la justice et la protection auxquelles ils oot droit. Pour la loi sur les retraites ouvrières, je reste persuadé qu’il convient de rechercher avant tout les éléments d une solution pratique dans le jeu normal et le développement de la mutualité.
Dans l’ordre politique, 1 s lois nouvelles sont nécessaires pour empêcher et réprimer los fraudes électorales, substituer au scrutin uninominal le scrutin de 1 sse avec représentation proportionnelle et opérer une large décentralisation.
Enfin, sa,;s toucher au principe parlemen'aire de notre Constitution et pour permettre au Président de la République d’user, avec une indépendance mieux garantie, des droits qu’elle lui confère, j’sdmeis qu’on élargisse la base de son collège électoral, en adjoignant, par exemple, les membres des Conseils généraux aux membres du Parlement.
Vive la France I Vive la République !