PARTIE SOCIALE
Réformes d'ordre général .
Achèvement méthodique d'un code du travail, de la prévoyance, de l’assurance et de l’assistance sociales.
Élaboration d’une législation d’ensemble destinée à régler les rapports du capital et du travail, en assurant notamment, par voie législative :
1° Le repos hebdomadaire et la limitation des heures de travail jusqu’à la journée de huit heures, garantie par une entente internationale;
2° La protection des l'emmes et des enfants dans l’industrie, notamment le repos légal avec secours, six semaines avant et après l’accouchement. L’égalisation des salaires de l’homme et de la femme à travail égal ;
3Û L’hygiène et la police des ateliers, ainsi qu'un meilleur fonctionnement de la loi sur les accidents du travail ;
à0 Le développement de l’organisation syndicale par la refonte des lois de 1884 et de 1901 applicables aux travailleurs des services publics comme à ceux de l’industrie privée ;
5Û La reconnaissance du contrat collectif de travail ;
6° L’établissement de l’arbitrage obligatoire en cas de grève ;
7° L’assurance contre le chômage ;
8° L’organisation du crédit aux travailleurs de tout ordre ;
9Û L’obligation, pour toute société industrielle, d’attribuer au travail un certain nombre d’actions ou de parts de fondation donnant aux ouvriers le droit d’intervenir dans les réunions d’actionnaires, de telle sorte qu’il n’y ait plus dans la même entreprise deux classes inégales, l’une qui possède sans travailler, Tautre qui travaille sans posséder;
10° L’obligation, pour tout soumissionnaire de travaux de l’État, de la ville ou du département, d’inscrire dansle cahier des charges les clauses garantissant à l’ouvrier le moyen d’exercer ses droits et de défendre ses intérêts, notamment un salaire mininum normal ;
il 5 L’application des prix de série au salaire de tous les travaux faits dans les établissements dépendant de l’État ou travaillant pour lui, dans les prisons, ouvroirs, couvents, colonies pénitentiaires, maisons d’assistance par le travail, etc ;
12° L’institution légale des conseils du travail et des conseils d’arbitrage. Mesures législatives pour faire respecter effectivement le droit des .ouvriers à se syndiquer et le droit des syndicats à défendre leurs intérêts d’égal à égal avec le patronat ;
13° Le vote définitif de la loi réglant les rapports des chemins de fer avec leurs agents, en prenant pour base la « loi Berteaux » et le « projet transactionnel » ;
14° La réforme profonde de l’institution des économats, notamment l’interdiction des payements en nature ;
15° L’extension des bourses du travail ;
16° La participation de l’État aux mesures prises ou à prendre, dans l'intérêt de la santé publique, contre les logements insalubres, contre la tuberculose, comme l’alcoolisme, etc. Le développement des habitations hygiéniques à bon marché;
17° L’encouragement au mutualisme, au coopératisme, au synditalisme, et généralement à toutes les initiatives tendant à faire passer le travailleur du rôle de salarié à celui d’associé, sans recourir aux moyens violents et par le seul usage des deux armes légales dont il dispose : le bulletin de vote, instrument d’émancipation politique; le syndicat, instrument d’émancipation économique.
Réformes d'ordre municipal comportant les sanctions légistatives.
Réforme de la législation qui restreint les droits de Paris en matière municipale.
Reconnaissance du droit, pour la Ville de Paris, d'exploiter directement les service* d'éclairage, de transport en commun, etc.
La Ville de Paris replacée sous le droit commun, au point de vue budgétaire, pour les services de l'instruction et de l'assistance.
Révision de la loi de 18£|9 sur l'Assistance publique ; allègement des charges que la Ville supporte abusivement, augmentation de la part contributive de P État. Augmentation de la quote-part de Paris dans le prélèvement sur le Pari mutuel*
Reprise de l'étude de Paris port de Mer.
Étude des moyens d'utiliser, pour l’agriculture, les ordures ménagères (transport en province à prix très réduits, traitement chimique, etc.), tout en sauvegardant l'industrie du chiffonnier.
Suppression des octrois avec le concours de l'État.
En cas de transformation ou de suppression de services publics, tels que les octrois, mesures à prendre pour préserver le petit personnel ouvrier ou employé contre une brusquo perte d'emploi.
Suppression de la zone militaire de Paris,
(Suivent les signatures)
lrc Circonscription du XI Vô Arrondissement de PARIS,
M. MESSIMT
Elu au 2° tour de scrutin. — 11,894 voix
COMÏtlé d'uniqîï républicaine radicale-socialiste.
Pendant quatre années, les républicains de gauche n'ont cessé de lutter pour la victoire des idées laïques et démocratiques. Ils peuvent être justement fiers de l'œuvre accomplie depuis 1902.
Compacte et disciplinée, tirant sa force d'une union que des défections isolées, des dissensions passagères et des déclarations bruyantes sont impuissantes a rompre, la majorité républicaine tout entière a contribué à mener h bien une tâche qu'aucune législature précédente n'avait jamais égalée.
Mais le parti Radical-Socialiste, qui, pas un jour, n'a interrompu sa constante recherche de la justice sociale et son noble effort vers le progrès démocratique, peut justement revendiquer la plus large part des réformes accomplies : îî peut affirmer que, sans sa volonté tenace, sans son énergie jamais lassée, sans l'élan admirable qu'il a su donner aux troupes républicaines, la liste ne serait pas si longue des succès -remportés au prix de batailles sans cesse renouvelées.
Mous sommes sûrs que la démocratie saura reconnaître le rôle utile et fécond que les radicaux-socialistes ont joué dans cette lutte de quatre années.
Le parti clérical a subi d'irrémédiables défaites; lescésariens et les néo-boulangistes, après avoir vainement tenté de confisquer à leur profit le monopole du patriotisme, sont aujourd'hui réduits à changer de nom une fois encore. L'étiquette ronflante du nationalisme a fait son temps î
Nous no cesserons, pourtant,, de nous tenir constamment prêts à repousser les tentatives variées des factions qui s’appuient sur toutes les puissances oppressives du passé. Le Parti Radical-Socialiste défendra avec énergie l’œuvre d’émancipation politique, intellectuelle et morale, couronnée par la séparation des Églises et de l’État : à cette œuvre de laïcité, il fera produire tous ses fruits.
Mais il portera parallèlement son effort vers la conquête de la justice sociale. Sans violence*, par le jeu pacifique d’institutions transformées, nous aspirons à créer des circonstances économiques telles que le prolétariat y puisse efficacement faire valoir ses droits, acquérir la propriété de son outil et la rémunération légitime de son labeur, améliorer constamment sa situation morale et matérielle.
Parti de réforme sociale, c’est a ce but et 'à cette fin que nous tendrons en poursuivant, pendant la prochaine législature, la réalisation des réformes précises, et très nettement définies, qui sont inscrites à notre programme de 1906,