ALBERT-POULAIN
Circonscription de R.ETHEL M. SANDRIQUE
Éiu au 2e tour de scrutin. — 8.135 voix.
Mes chers Concitoyens,
Je ne m’attacherai pas à indiquer une série interminable de réformes dont la réalisation entre plus ou moins dans le domaine de la fantaisie.
je me contenterai de citer celles qui me paraissent fes plus urgentes ,
r Rétablissement du scrutin de liste ?
2* Renouvellement partiel de la Chambre des Députés ;
3° Impôt progressif sur le revenu ;
4° Suppression des prestations et leur remplacement par des cemîmes généraux!
5° Mise en vigueur de la loi sur les retraites ouvrières et agricoles1 seul moyen d assurer aux travailleurs la sécurité de la vieillesse, et de remédier à la dépopulation 'de nos campagnes ;
6° Réforme de l’impôt foncier par la révision des lois fiscales dans un sens plus démocratique et sans effets inquisitoriaux;
T Suppression ou réduction des périodes de 28 et de 13 jours, dans îa mesure aussi large que le permettra la nécessité de la défense nationale.
Enfin , au point de vue général, je veux, à l’intérieur, un gouvernement sage et tolérant, franchement orienté vers le progrès économique et social, une armée républicaine forte et respectée; à l’extérieur, une politique de paix ferme, nettement française, sans agression comme sans capitulation.
Albert SANDRIQUE,
Député sortant,
Candidat républicain.
Circonscription de ROGROI M. DüNAIME
Elu au 2 4 tour de scrutin, — 4,801 voix.
Mon cher concitoyen,
Pai Phonneur.de solliciter de votre confiance le renouvellement du mandat que vous m’avez confié depuis 1893,
Votre accueilli chaleureux, les sympathies de plus en plus nombreuses que vous me témoignez, fa conviction que j'ai d’avoir fait mon devoir, me permettent d’espérer que nous sommes, de plus en plus, en parfaite communauté d’idées.
Vous m’avez vu à J'œuvre au cours de trois législatures, et vous m'avez trouvé invariablement acquis à toutes les réformes, à touies les légitimes revendications de la Démocratie.
La législature qui vient de finir a fait aboutir des lois d’une portée considérable, notamment :
Le service militaire égal pour tous et réduit à deux ans ;
La loi sur l’extension de la compétence des juges de paix, rendant la justice plus rapide et moins coûteuse ;
La loi sur l'assistance obligatoire aux vieillards, aux infirmes et aux incurables dénués de ressources.
Elle a fait faire un grand pas au problème des retraites ouvrières et paysannes. Le projet est soumis au Sénat et il n’est pas douteux que sur cette question si urgente, l’accord s'établira facilement entre les deux Chambres, puisque l’eutente est faîte sur le principe.
Elle a réalisé enfin la séparation des Églises et de l’État, par une loi libérale et équitable qui consacre l’indépendance de la société civile et des Églises, et qui, pour tous les hommes de bonne foi, assure a tous les croyants le libre exercice de leur culte.
On s’est efforcé de défigurer cette loi d’affranchissement, de vous troubler par des affirmations volontairement inexactes et de vous démontrer que la République est persécutrice de la liberté de conscience.
Vous ne vous laisserez pas tromper.
Tous ceux de nos concitoyens qui entendent conserver et pratiquer la foi de leurs ancêfres peuvent être assurés que nul ne songe à le leur interdire.
En procédant à la séparation des Églises et de l’État, la République n’a pas entendu faire do la loi une oeuvre de haine, mais une œuvre de liberté. Elle n’a songé à aucun moment à tyranniser les croyants, à supprimer la religion. Elfe entend au contraire que toutes les religions soient respectées et que nul ne puisse en entraver l’exercice.
En face des déclarations inexactes de nos adversaires, j’ai le droit d'invoquer le témoignage de M, Ribot, qui ne peut être suspect, et qui, le 7 mars 1906, disait, s’adressant aux catholiques :
t< Une loi qui a donné au Saint-Siège le droit de nommer sans contrôle les évêques, une loi qui vous permet à vous et à vos évêques de vous réunir et de gouverner les intérêts de l’Église catholique, une loi qui vous remet la jouissance des églises sans aucune condition de payement de loyer, sans rien d’humiliant et sans fixer de délai, c'est une loi qui peut ne
pas vous convenir, mais ce. n’est pas une loi de violente persécution. La loi sera exécutée, je l’espère, et après tons les remous violents, elle deviendra une œuvre de paix. »
L’œuvre de la prochaine législature est toute tracée.
Elle devra d’abord assurer l’application loyale et sans violence de la loi de séparation. Délivrée enfin des querelles confessionnelles, la Chambre nouvelle aura à cœur :
1° De faire passer définitivement dans la législation la loi sur les retraites ouvrières et paysannes;
2° De compléter la loi sur les syndicats professionnels en augmentant leur capacité juridique, notamment en leur donnant le droit de possè3er ;
3° D’assurer la plus stricte économie dans le budget;
4° D’opérer une large décentralisation des services administratifs, permettant de réaliser des économies et se traduisant par l’extension des pouvoirs des assemblées départementales et communales ;
5° De résoudre le problème de la réforme générale de l’impôt inégalement réparti, de l’asseoir sur de nouvelles bases, sans vexation ni inquisition, en demandant moins au nécessaire et davantage au superflu, en supprimant les impôts iniques : portes et fenêtres, prestations, etc.
Si, une fois de plus, vous me confiez la mission de vous représenter, mon concours est acquis à toutes ces réformes.
J’espère que tous les républicains sincères et loyaux, pénétrés du même esprit, ^tous animés de la commune volonté de sauvegarder les institutions républicaines, sauront s unir pour marquer aussi le but à atteindre et pour aboutir à ce programme.
Mon cher concitoyen,
Vou 4 me connaissez depuis longtemps. Vous savez que j’ai été toute ma vie un indépendant, que je ne suis l’homme d’aucune coterie, d’aucune chapelle.
Je veux une République tolérante, ouverte à toutes les bonnes volontés, respectueuse.
de tous les droits. .
l’ai toujours pensé, et je l’ai prouvé lors de regrettables incidents, que la République doii être le régime de la franchise, de la justice et de la lumière, et quelle n'a pas le droit d’abandonner une part essentielle de l'autorité à certaines associations sans mandat.
Enfin, résolu lient opposé à toutes les doctrines qui tendent à détruire ou à affaiblir le sentiment patriotique, j'estime que l'armée nationale doit être respectée et laissée en dehors de nos divisions polit ques, pour qu’elle puisse se consacrer à l'oeuvre de la défense du pays.
\u scrutin du 6 mai, vous vous garderez, j’en suis certain, des extrêmes et des fanatiques.
Vous n'irez ni à la réaction, ni aux utopies du collectivisme.
Vous resterez fidèle aux traditions du parti républicain.
Par votre vote, vous indiquerez nettement que vous entendez poursuivre, grâce à funion active et vigoureuse des républicains, la réalisation des progrès démocratiques.
Taueods avec confiance votre verdict souverain.
Vive la République I Vive l'arrondissement de Rocroil
Henri DUNÀiME,
Député sortant,
« Vice-président du Conseil général.
Circonscription de SEDAN M. LASSAILÉ
Élu au 1er tout de scrutin, — 7.710 voix.
Citoyens p
Vous êtes appelés de nouveau à vous prononcer, 1g 5 mai, sur la direction économique et politique du p;iys par le choix de votre mandataire à la Chambre des Députés.
Par deux fois successives vous m'avez témoigné votre confiance. 3e crois aujourd'hui avoir, plus que jamais, rempli consciencieusement le mandai que vous m'aviez confié. Mes actes et mes votes vous sont connus, ils témoignent de mon fidèle attachement à cette politique républicaine al socialiste mise en pratique par !e bloc républicain, politique féconde en réformes qui a fait aboutir, en cette dernière législature, et malgré les efforts ou résistances de la réaction, les lois suivantes :
Laïcisation de l'enseignement
Réduction du service militaire à deux ans, d'où l’abolition de certains privilèges.
L'assistance à la vieillesse.
Retraites ouvrières et paysannes votées par la Chambre.
Séparation des Églises et de P État, loi qui était une revendication primordiale du parti républicain, loi toujours ajournée mais devenue un fait accompli, grâce à nos efforts dans le sens le plus large et le plus libérai.
Aujourd'hui, plus que jamais, deux politiques sont en présence, se dégageant nettement des compétitions, des déclamations de cette période électorales,
Dsun côté, la politique républicaine socialiste, ferme et hardie en ses projets généreux, dans son noble but, décidée même à défendre, de mieux en mieux et par tous les moyens, la justice et le droit dans une forme républicaine autant que sagement réformatrice dans sou mode d'application : c'est la poliiïque que nous nous étions engagés à pratiquer et que noua avons toujours loyalement suivie.
D'autre part, existe la politique de piétinement ou de recul, de favoritisme et de privilèges, déguisée sous les étiquettes les plus diverses, comme celles où Ton arbore un républicanisme de circonstance et où Ton se livre aux surenchères patriotiques; po nique, en un mot, de toutes les réactions, formant bloc contre les aspirations légitimes de la démocratie agricole et industrielle; politique, enfin, qui prétend barrer la route au progrès et doit amener fatalement les pires cataclysmes dans notre pays assoiffé de justice et de vérité.
Si vous pensez que les réformes déjà accomplies doivent être rames en application et si vous estimez qrfil y a lieu d’en créer de nouvelles, nous déclarons que' sans abandonner une parcelle du programme de notre parti, programme qui est la conclusion finale de l'idéal républicain et dont nous avons mai mes et maintes fois développé devant vous le plan aussi vaste qu'humanitaire (mais l'œuvre d'une législature est faialement restreinte), nous vous disons, qu'en nous continuant, comme nous l'espérons, votre confiance, nous nous efforcerons de faire a i opter, dans la législature prochaine :
Le scrutin de liste avec représentation proportionnelle, lequel seul, à noire avis,
permettra défaire représenter exactement, fidèlement, au Parlement les aspirations du
Pait,|.a suppression, si possible, ou tout au moins la réforme complète des Conseils de guerre, si indulgents p mr les officiers rebelles, si durs, si sévères pour les petits soldats, pour les enfants du peuple. Nous demanderons la sup près -ion de ces cours martiales, parce qu’elles constituent comme un anachronisme, comme un dernier vestige des années mercenaires d’autrefois, et sont la honte actuelle de notre armée nationale.
Suppression des 28 et 13 jours, quoique déjà votée par les représentants socia-
llSlS Le droit d’assoc ation pour les fonctionnaires de l’État et des communes, afin de leur permettre de pouvoir se defendre contre le favoritisme et les actes arbitraires tont ils sont trop -ornent victimes, et pour qu’ils puissent développer légalement les œuvres de solidarité, telles que les mutuelles, le- amicales, etc., qu’ils ont déjà fondées.
La réduction des gros traitements.
L’assurance mutuelle et sociale avec l’appui de l’État, contre tous les risques de maladie, de chômage frappant les travailleurs de l’agriculture et de l’industrie.
La reforme complète de l’impôt, trop lourd pour les pauvres, mais qui devra porter su' tout, de laçon progressive, sur le revenu, sur les grosses successions, ce nouveau genre d’im ôt devai t enfin fournir les fonds nécessaires pour le fonctionnement des lois d’assistance et de retraites ouvrières, toutes deux votées, et dont la première entrera en vigueur le 1er janvier 1907.
Limitation 5 dans la mesure du possible, de la journée de travail.
Biiumutiou des irais de justice.
Abrogation des lois établissant Fi ufédoriié civile de la femme.
Pour les travailleur» des champs :
Organisation méthodique du crédit agricole.
Crè dion de prud’liommëé agricoles.
Création le Caisses do secours contre les sinistres agricoles.
Loi ei concours de FÉtat pour permettre ^organisation de coopératives agtîcoles*
Fusion d^s services îles ponts et chaussées et vicinaux pour effectuer la suppression des prestations, ou tout au moins leur remplacement par des centimes départementaux.
Citoyens,
Quoi qu’en disent et quoi que pourront dire nos adversaires (car ils ne manqueront pas, selon leur ueu louable habitude, de recourir aux calomnies de la dernière heure pour ne pas nous laisser le temps d'y répmidre), vous connaissez la conduite et les actes de votre élu dr< 1898 ei de 1902. Les camarades ouvriers socialistes et les républicains sincères qui m’ont déjà, par deux fois différentes, accordé leurs suffrages, peuvent témoigner qu'en toute circonatancô j’ai fidèlement suivi, Parlement, mon programme politique, et qu’en toute occasion je me suis efforcé de faire donner satisfaction ù Ibhfs lègîtkM» demandes ou revendications. Chaque fois que je fus requis, pour un obj t d utilité publique, par exemple, je n’ai jamais recherché si la personnalité qui m’a tressait cette requête, avait été pour moi nn ami m un adversaire politique. Fai toujours su demeurer un mandataire équitable et serviable. C’est donc en toute confiance que j’ attend s le verdict du suffrage universel.
Vive la République déinoçraiique ç,t modale I