‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 222 sur 280 · M. LEFORT · texte numérisé non relu

M. LEFORT

Élu au 2e tour de scrutin. — 7.193 voix.

Mes chers Conoîtoyens,

Désigné, par Tunanimité des comités démocratiques de Rouen, comme candidat du parti républicain pour la première circonscription, j’ai l’honneur de me présenter à vos suffrages.

Je crois avoir le droit de dire que ma véritahle profession de foi est dans mon passé, et que mon existence entière est la garantie de la confiance que vous pouvez mettre dans mon dévouement à la République et à la ville de Rouen.

Toute ma carrière professionnelle s’est accomplie au lycée Corneille, et j’ai partagé entre la gestion des affaires municipales et les œuvres d’instruction populaire le temps que ne me prenaient pas mes fonctions universitaires.

Si vous me faites l'honneur de m’élire, je serai à la Chambre des Députés ce que j’ai toujours été dans toutes les circonstances : un républicain fidèle aux traditions de la Révolution française, épris de justice, de tolérance et de progrès, un serviteur dévoué de la ville de Rouen,

L’œuvre des deux dernières législatures a été féconde. La loi sur les associations, la loi sur la réduction et sur l’égalité du service militaire, la loi sur l’assistance obligatoire aux vieillards et aux infirmes,- la loi sur la1 séparation des Églises et de l’État, ont été promulguées. „

L’application devra en être assurée avec fermeté.

La loi supprimant l’enseignement congréganiste devra être complétée par l’abrogation définitive de la loi Falloux et par la facilité donnée à tous de participer à l’enseignement supérieur.

D’autres grandes réformes, indispensables à un pays qui veut vivre d un régime vraiment démocratique, s’imposent à la prochaine Chambre :

La réforme fiscale, par l’établissement de l’impôt sur le revenu et la diminution méthodique des impôts de consommation, qui sont contraires aux principes de, la Déclaration des Droits de l’homme et pèsent si lourdement sur les classes laborieuses ;

Les lois sociales, telles qae la mise en pratique de la loi sur les retraites ouvrières ; l’assurance des travailleurs contre les risques du chômage et autres ; le développement de l’enseignement professionnel ; la protection du salaire des femmes mariées ; le repos hebdomadaire ; le projet Berteaux, sur les agents des chemins de fer; la mise en harmonie de la loi de 1884, sur les syndicats professionnels, avec la loi de 1901 sur les associations; l’application de plus en plus complète de l’arbitrage dans les grèves et la répression sérieuse des violences, d’oCt qu’elles viennent ; le développement de la mutualité ; la défense du petit commerce ; la suppression des conseils de guerre en temps de paix ; la réduction des frais de justice ; la diminution du nombre des sous-préfectures et des tribunaux ; la suppression totale du privilège des bouilleurs de cru ;

Tel me semble être l'ensemble des réformes politiques, économiques et sociales que devra poursuivre la Chambre nouvelle.

Partisan irréductible de cette politique extérieure qui a donné à la France ce qu’elle n’avait jamais connu sous les monarchies ; trente-cinq années de paix continentale ininterrompue, j’estime qu’il faut maintenant l’alliance avec la Russie et rendre plus étroite encore l'entente cordiale avec l’Angleterre, l’Italie, 1 Espagne et les États-Unis^

Avec tous les républicains, je veux la patrie libre, prospère et honorée ; je veux son armée forte et respectée, ses soldais fidèles A leurs devoirs: militaires, sous le commandement de chefs fidèles eux-mêmes à la démocratie et à la discipline.

Enfin, -je m'efforcerai d’être, tant à la Chambre qu’auprès des pouvoirs publics et des grandes administrations, le défenseur vigilant de nos intérêts régionaux, industriels, commerciaux et maritimes, particulièrement vis-à-vis des Compagnies de chemins de fer .

Électeurs républicains,

Je répudie hautement toute compromission avec les partis de réaction, de discorde civile et d’anarchie, quel que soit le masque sous lequel ils abritent leurs menées antidémocratiques.

Je vous demande de vous unir sur mon nom pour que votre vote soit une protestation contre les procédés électoraux des cléricaux et des nationalistes ■ la corruption, 1 intimidation et la calomnie, qui faussent les manifestations du suffrage universel et le déconsidèrent.

Électeurs républicains de la ville de Rouen, c’est à vos seuls suffrages que je fais appel.

Achille LEFORT,

Professeur honoraire de l’Université,

' Officier de l’instruction publique,

Chevalier de la Légion d’honneur.

2e Circonscription de ROUEN.

M. le marquis de POMEREU,

Élu au liT tour de scrutin, — 11.235 voix.

Mes chers concitoyens,

Je me présente de nouveau â vos suffrages, avec la conscience d’avoir loyalement rempli mon mandat.

A tous ceux qui m’ont aidé et soutenu dans ma tâche, j'adresse mes remerciements et P expression de mon dévouement-

Ami de Punion et de la concorde, j’ai tenu, pendant toute cette législature, à me mettre à la disposition de tous, m’efforçant d’apporter mon concours à chacun, sans distinction d’opinions.

Au moment où l’union s’impose, plus forte que jamais, eulre les hommes d’ordre contre la révolution menaçante, je suis prêt à rentrer au Parlement avec la même indépendance, le même souci de défendre vos droits et de protéger le commerce, l’industrie, l’agriculture de notre grande rêg'on.

Adversaire résolu des aventures fiscales (telles que l’impôt sur le revenu), je m’opposerai à toute aggravation des charges des contribuables.

Je veux la liberté d’enseignement, de travail et d’épargne; la diminution des frais de justice; le maintien des droits protecteurs; Inorganisation sérieuse d’une police pour la défense de nos campagnes.

Je reste convaincu que, pour venir utilement en aide aux populations des villes et des champs, il faut favoriser la mutualité, lui accorder de larges subventions qui permettront de mettre à Fabri du besoin les ouvriers atteints par l’âge et par la maladie.

Électeurs,

Fidèle à mes promesses et à mes engagements, j’ai, sans défaillance, défendu la

liberté. »

J invite aujourd’hui à me suivre tous ceux que blesse et qu’humilie dans leur conscience et dans leur âme de patriotes la politique d’oppression, de guerre religieuse, de délation.

Je lutterai de toute mon énergie contre les menées audacieuses des antimilitaristes et des francs-maçons I

Je reste au premier rang pour combattre les hommes qui troublent l’ordre social et menacent la propriété, l’armée et la patrie I

Marquis de POMEREU,

Maire du Héron,

Conseiller général de la Seine-Inférieure, Député sortant.

3"'" Circonscription de ROUEN M. MAILLE,

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